Arles, la question de l’Autre

Reportage : Christian Tortel, Jean-Pierre Magnaudet, Raël Moine
Montage : Harold Horoks. Mixage : Bruno Haetjens

(Pour l’expo Martin Gusinde, Indiens Terre de Feu, le chant Yamana accompagne une cérémonie d’initiation Ciéxaus (1923). Collection Musée ethnologique de Berlin.)

Parmi les 35 expositions des Rencontres d’Arles (jusqu’au 20 septembre 2015), nous avons choisi de nous attarder sur les Indiens de la Terre de feu et la diaspora noire à travers ces figures méconnues. Deux expositions très différentes mais originales par le regard du photographe, l’Allemand Martin Gusinde dans le premier cas, le Sénégalais Omar Victor Diop dans le second.

« Photographier, c’est une attitude, une façon d’être, une manière de vivre. », confiait Henri Cartier-Bresson à Pierre Assouline en 1994, une attitude voire un engagement qui convient tout autant à Martin Gusinde qu’à Omar Victor Diop, bien que ces deux photographes n’aient pas vécu ni à la même époque ni sous les mêmes latitudes. Martin Gusinde a documenté des peuples aujourd’hui disparus et Omar Victor Diop a donné son corps pour une histoire…

Des photos comme seuls témoignages d’une culture disparue
Martin Gusinde était un missionnaire qui a fait un travail d’anthropologue auprès d’Indiens aujourd’hui disparus. Son travail, fruit de quatre voyages, est particulièrement émouvant. Il révèle comme à fleur de peau toute la profondeur d’une culture, à travers ses rites. D’autant que le dernier représentant du peuple Selknam de la Terre de Feu, Virginia Choinquitel, qui vivait en banlieue de Buenos Aires (capitale de l’Argentine) est décédée en 1999.

Un regard pop au secours de l’Histoire
Quant à Omar Victor Diop, c’est un jeune photographe sénégalais, représenté par la galerie Magnin-A, dont le travail s’inspire d’une manière particulièrement créative à l’autoportrait en série comme aux trajectoires de personnalités méconnues de la diaspora noire, qui ont réussies à se libérer de l’esclavage (Olaudah Equiano, Frederick Douglass, Pedro Camejo). Sa mise en image, que l’on a découverte lors de Paris-Photo au Grand Palais en novembre 2014, sait allier une pose classique et un regard pop à travers des accessoires universels, ceux du football.

En prolongement :
Site des Rencontres d’Arles :
Sur Culturebox : Arles 2015 : les pérégrinations photographiques de Stephen Shore
Pour Martin Gusinde, lire le livre des éditions Xavier Barral
Site du photographe Omar Victor Diop.

Des papillons, les ailes du désir

Fort d’Aubervilliers
J’ai rencontré
Une enfant, une liseuse
Des papillons plein les yeux
Elle était sur un mur…
Un mur qui se dépliait
Comme un livre leporello
Tout en accordéon de notes rouges
Se déployant dans l’alentour
Tout autour de la Terre
Bleue comme une orange
Sautillant de lignes en murs
Image rêvée
Désir d’envol
Sur des ailes de papillon.

Fort d’Aubervilliers
J’ai rencontré
Une enfant, une liseuse
Des papillons plein les yeux
Elle était sur un mur…

read dream jeff aerosolCréation au Fort d’Aubervilliers par Jef Aérosol (juillet 2014). (c) Photo Jean-Paul Etchegaray.

… Un mur qui se dépliait
Comme un livre leporello
Tout en accordéon de notes rouges
Se déployant dans l’alentour
Tout autour de la Terre
Bleue comme une orange
Sautillant de lignes en murs…

… Image rêvée
Désir d’envol…

écrit Lamartine en 1823 dans son poème Le papillon, publié Dans les Nouvelles méditations poétiques :

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté !
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté !

… Sur des ailes de papillon.

ou d’un ange qui tombe amoureux d’une trapéziste comme dans Les ailes du désir, film de Wim Wenders (1987)

 

Recommandé : À la recherche de Vivian Maier

À voir absolument : À la recherche de Vivian Maier, un film qui enquête sur une personnalité hors du commun, méconnue jusqu’en 2007, alors découverte par John Maloof. Le film pose cette question : pourquoi l’une des photographes de rue parmi les plus importantes par le talent, parmi les plus ignorées du public et du monde de l’art a-t-elle pris 120 000 photos pendant trente ans – qu’elle n’a pas exposé ! – alors qu’elle gagnait sa vie comme nounou en Amérique ? Une démarche obsessionnelle, mais aussi le parcours d’une femme libre.
(photo Vivian Maier)
Ce documentaire de Charlie Siskel et John Maloof qui nous plonge dans la part d’ombre de Vivian Maier, que des professionnels comparent à  Lisette Model, Helen Levitt ou encore Diane Arbus et Garry Winogrand.
Née à New-York en 1926, elle passe une partie de son enfance en France, à Saint-Julien-en-Champsaur, près de Gap (Hautes-Alpes) avant de revenir dans sa ville natale en 1951, et de réaliser ses premières photographies. En 1956, elle s’installe à Chicago où elle demeure jusqu’à sa mort, dans l’anonymat, en 2009.

Cartier-Bresson, la source africaine

Ce soir je revois comme un aveugle ébloui l’exposition Henri Cartier-Bresson (1908-2004) au Centre Pompidou. Elle est classique dans sa chronologie, superbe dans son parcours, le parcours d’un homme qui a fait son œil au contact des peintres à Paris et dans son premier voyage en Afrique. A Paris, en 1925, il rencontre René Crevel, Max Jacob et Elie Faure. Il est attiré par le surréalisme. Il prend des photos, qu’il détruira pour la plupart, sauf une plage de Dieppe, que l’on considère comme sa première photographie, en 1926 :

L’année suivante, il étudie la peinture dans l’atelier d’André Lhote. Et en 1931, à 23 ans, il part à l’aventure en Côte d’Ivoire, où la maladie aurait pu l’emporter. Il prend des photos. De retour en France, il se consacre à la photographie. La découverte d’un instantané du Hongrois Martin Munkacsi, représentant trois enfants noirs courant vers les vagues, au Congo, est une « révélation ». C’est aussi l’unique photo qu’il accroche dans son appartement.

En 1931, Henri Cartier-Bresson découvre cette photo de Martin Munkacsi dans Arts et métiers graphiques, représentant trois enfants noirs courant se jeter dans les vagues du Tanganyika. Tout dans l’image le subjugue : le contraste des corps sur l’écume, leur harmonie dans l’espace, leur dynamique. Elle lui rappelle non seulement son expérience de l’Afrique, mais elle lui montre surtout ce qu’il est possible de faire avec un appareil photo. « J’ai soudain compris que la photographie peut fixer l’éternité dans l’ instant, dira-t-il plus tard. C’est la seule photo qui m’ait influencé. Il y a  dans cette image une telle intensité, une telle spontanéité, une telle joie de vivre, une telle merveille, qu’elle m’éblouit encore aujourd’hui. La perfection de la forme, le sens de la vie, un frémissement sans pareil… » Il renonce alors à la peinture pour se consacrer à la photo. Il décide de reprendre la route, cette fois-ci pour photographier : Europe de l’Est, l’Italie, le Sud de la France, l’Espagne.

[Source : dans la collection Découvertes de Gallimard, Henri-Cartier-Bresson, Le tir photographique,  de Clément Chéroux (commissaire de l’exposition au Centre Pompidou, l’écouter sur France-Culture).]

Le mouvement saisi par Martin Munkacsi (1896-1963) qui influença Cartier-Bresson est-il aussi celui que peint en 1909-1910 Henri Matisse (1898-1967) avec La Danse, (Saint Petersbourg, Musée de l’Hermitage) ?

et plus près de nous dans le temps, non plus le mouvement mais un regard commun, vers quoi ? de ces trois garçons photographiés par Caroline Blache à Pointe-Noire (Congo) :

photo que l’auteur a voulu nommer, en hommage à HCB, « L’instant décisif » :

 

Exposition Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 9 juin 2014, de 11h00 à 23h00 Galerie 2 – Centre Pompidou, Paris.

Valentine Goby et la mémoire coloniale : un roman plus efficace qu’un essai

Avec La fille surexposée, édité par Alma, Valentine Goby pratique l’effet de loupe historique qui brûle les ailes du souvenir, un tissage romanesque qui vaut bien des essais savants. Une petite-fille de militaire colonial ouvre la boîte de Pandore de la mémoire familiale sous forme de bribes de papier, parmi lesquelles une « Khadija, femme mauresque ». Une photographie, une image à double détente, pour usage personnel et pour inscription dans l’archétype collectif des rapports coloniaux, dominants-dominés. Une pute d’avant les effluves et volutes romantiques d’un David Hamilton, une femme pour les étrennes de quelque militaire colonial, en somme, une bête de somme sexuelle. La petite-fille porte un nom qui donne des ailes à la mémoire, Isabelle. Elle croise sur son chemin de curiosité un artiste marocain à la créativité enragée, une rencontre, un entrecroisement où le fil de trame n’est jamais perdu… Une écriture un pas en avant, aimantée par la curiosité, un pas en arrière dans le rétroviseur mental. Le lecteur  est captif de ces rets d’images façon Épinal du Sud méditerranéen, façon bordels de la mémoire coloniale.

Présentation par l’éditeur :

De 1900 à 1950 se multiplièrent les cartes postales coloniales : femmes-objets « couleur locale » ou costumées selon les standards aguicheurs du moment. Aujourd’hui l’artiste marocain Miloudi Nouiga balafre de peinture ces photos dans un geste doublement provoquant dénonçant à la fois le colonialisme d’hier et la censure présente des intégristes musulmans.

Valentine Goby s’inspire de cette révolte. Elle raconte le voyage d’une carte postale. L’image passe successivement du photographe qui prend le cliché dans les années 1920 à la prostituée marocaine qui pose, au soldat français qui achète la carte dans une boutique de Casablanca, années 1940 puis enfin à la petite fille française du militaire qui la retrouve aujourd’hui dans les papiers d’un héritage.
Que voit-on vraiment ? De quoi, de qui parle-t-on ? Valentine Goby poursuit ainsi sa quête romanesque où le corps tient une place primordiale.
La carte postale représentant la « fille surexposée » s’est projetée dans une peinture de Miloudi. Elle figure en couverture de ce livre et dans le musée imaginaire des révoltes de Valentine. On retrouve dans ce texte envoûtant la passion de celle-ci pour « les multiples mensonges de l’image » depuis sa construction voici cent ans jusqu’à sa reconstruction aujourd’hui en passant par toutes les métamorphoses de l’histoire.

La fille surexposée est le septième volume de la collection « Pabloïd ». Inspirée d’une idée de Pablo Picasso, cette série comprend : Le baiser peut-être de Belinda Cannone, Au début de François Bégaudeau, Moi, j’attends de voir passer un pingouin de Geneviève Brisac, Chacune blesse, la dernière tue d’Anne Rabinovitch, La montre de l’Amiral de Dominique Pagnier et American gothic de Xavier Mauméjean.

Djibouti, des rêves plein les étoiles : une image du sublime contemporain

Cette image de migrants au clair de lune gagne le World Press Photo

© John Stanmeyer ANP/AFP

Par Culturebox (avec AFP)

Une photo de migrants africains, téléphones tendus vers le ciel dans l’espoir de capter une dernière fois du réseau, a gagné le premier prix du plus prestigieux concours de photojournalisme, le World Press Photo.

La photo de l’Américain John Stanmeyer, illuminée uniquement par le clair de lune et les écrans de téléphones de ceux qui sont sur le point de partir chercher « une vie meilleure », a été prise en février 2013 sur une plage de Djibouti, lieu de transit des migrants en provenance de la Somalie, de l’Éthiopie ou de l’Érythrée.

La photo de John Stanmeyer « est connectée à tant d’autres sujets : elle ouvre la discussion au sujet des technologies, de la mondialisation, des migrations, de la pauvreté, de l’aliénation, d’humanité », a déclaré un membre du jury, Jillian Edelstein. Une autre membre du jury, présidé par Gary Knight, de l’agence photo VII, assure que cette photo donne une image différente des migrants : « Tellement de photos des migrants les montrent débraillés et pathétiques, mais cette photo n’est pas tant romantique qu’elle est digne », a déclaré Susan Linfield.

Une image d’espoir 

John Stanmeyer, né en Illinois aux Etats-Unis, a notamment travaillé en Asie pendant de nombreuses années et a couvert les ravages provoqués par le tsunami et la guerre civile au Soudan, notamment. Selon son site internet, il se concentre sur les injustices sociales, la pauvreté et les droits humains. L’image de John Stanmeyer, qui travaille pour l’agence photo VII, a été prise pour le National Geographic.

Deux photographes travaillant pour l’Agence France-Presse ont en outre été récompensés des premières places dans deux catégories de « photo uniques » : Philippe Lopez dans la catégorie « Actualités chaudes » et Jeff Pachoud dans « Magazines sportifs ».

Le cliché de Philippe Lopez, réalisé aux Philippines après le passage du typhon Haiyan, montre une procession religieuse de femmes sur fond de paysage dévasté après le passage de ce typhon, qui a fait plus de 8.000 morts. « Cette photographie résume la ferveur d’un peuple qui continue à avancer malgré l’ampleur de ce désastre », a déclaré à l’AFP Philippe Lopez, actuellement au bureau de Hong-Kong . « Je suis heureux que le jury ait retenu une image d’espoir », a-t-il souligné.

Jeff Pachoud, du bureau de Lyon (est de la France), a, lui, été distingué pour une image prise lors d’une course de chiens de traîneau. Photographiée depuis un hélicoptère, l’image montre des concurrents au milieu d’un paysage immaculé. « Je me souviens de ce moment particulier où les meilleures conditions de prises de vues ont été réunies pour restituer ce décor surréaliste », explique le photographe. Près de 100.000 images ont été soumises au jury par 5.754 photographes de 132 pays. Le jury a choisi de récompenser 53 photographes de 25 nationalités dans neuf catégories.

Lire la critique de Slate.fr : Photo de l’année 2013 : le choix surprenant du jury du World Press.

Trois rapprochements parmi d’autres :

Djibouti, des rêves plein les étoiles est une image du sublime contemporain, comme nous le suggère deux essais et une peinture :

1. Dans Survivance des lucioles (2009), Georges Didi-Huberman écrit :

« Dante a, autrefois, imaginé qu’au creux de l’Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s’agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l’histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s’agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l’obscurité, telles des lucioles. »

2. Dans La littérature et le sublime, sous la direction de Patrick Marot (Presses Universitaires du Mirail, 2007), Jean Bessière, citant Jacques Derrida, rappelle que « L’« Analytique du sublime » est le moyen, pour Kant, dans l’examen de la démesure, de dire le pouvoir de l’homme — celui qui peut imaginer, penser, sentir sa propre petitesse, et cependant être la mesure du démesuré. »

3. La photo des migrants aux portables levés vers la lune, évoque le sublime de  La Nuit étoilée de Van Gogh (1889) :

Rosângela Rennó et les traces de la mémoire

À Paris Photo, la photographe brésilienne Rosângela Rennó a été récompensée du Prix du livre de l’année, organisé avec la Fondation Aperture, pour A01 [COD.19.1.1.43] — A27 [S | COD.23], titre code, numéro d’enquête de police sur un vol resté impuni : la disparition et la mutilation de 751 photos, et 195 autres documents dans le département d’iconographie de la Fondation de la Bibliothèque Nationale du Brésil lors d’une grève des employés en 2005.
Ce vol spectaculaire s’est déroulé sans effraction, mais avec d’évidentes complicités internes et un choix judicieux des oeuvres dérobées. Leur remplacement par des archives d’autres photographies a retardé la découverte de ce délit à grande échelle contre la mémoire d’un pays, ces photos étant inscrites au registre Mémoire du monde par l’UNESCO.

Dans une table ronde de la « Plateforme  » de Paris photo, vendredi 15 novembre, Rosângela Rennó a dénoncé cet « effacement et cette amnésie historique », dénonciation qui prend la forme d’un livre remarquable, justement primé, qui représente le dos des photos retrouvées mutilées. La photographe joue sur le paradoxe : ne pas montrer la photo mutilée mais son dos, son verso, soulignant ainsi l’absence et le regret d’une mémoire trafiquée, dérobée. Les auteurs du forfait n’ont pas été identifiés mais les soupçons s’orientent vers des professionnels de la photo, qui connaissent le prix du patrimoine. Car la mémoire a un prix. Ce qui a fait dire à Rosângela Rennó à Paris Photo, et ce qui constitue un autre paradoxe : « C’est le marché de l’art de la photo qui a suscité ces cambriolages. »

On devine par exemple en transparence la trace fantomatique des croiseurs de la marine brésilienne au XIXe siècle, photos dont l’auteur, le Français Marc Ferrez, est par ailleurs représenté dans l’espace de l’Institut Moreira Salles, qui propose l’exposition « Regard sur les villes », et les trois grandes cités, Rio, Sao Paulo et Brasilia. Un ensemble édifiant sur les villes, la nature et leur frontière, notamment dans les photomontages en trompe-l’œil de Caio Reisewitz. Ici Casa Canoas (maison d’Oscar Niemeyer) :

Sur le travail de Rosângela Rennó, voir le blog Lunettes rouges.

Au Congo, Kisukidi et Varda, deux femmes puissantes

Aux Ateliers Sahm de Brazzaville, projection de l’émission de télévision d’Arte, Philosophie, animée par Raphaël Enthoven, qui a invité Yala Kisukidi, spécialiste de Bergson et de philosophie française contemporaine pour parler de « Création », sujet fort à propos dans un atelier sur la critique d’art. La belle intelligence de l’agrégée et docteur en philosophie séduit le groupe.

Des questions clés sont notées : « Peut-on créer à partir de rien ? Est-ce dans l’art que s’exprime le mieux l’acte créateur ? »

Des affirmations sont reprises : « L’émotion nous pousse à créer / La pensée de la création a tendance à privilégier le geste, l’acte au détriment de l’œuvre. / Pour Bergson, tout acte de création partirait d’une contrainte. »

Les apprentis-critiques savent-ils que le père de Yala, Albert Kisukidi, est traducteur de l’hymne national de la République démocratique du Congo (Kinshasa) « Debout Congolais » en kikongo comme « Telema Besi Congo », qu’elle a accompagné ? Nous verrons lors d’une prochaine séance. Nous devons préparer la visite du collectif de photographes Elili dans le quartier Bacongo, nous travaillons sur une photo d’Agnès Varda :

Cette enquête sur la mémoire intime d’une photo prise par la cinéaste sur une plage de galets donne un film magnifique, Ulysse, remarquable d’introspection sensible, d’empathie pour le monde comme pour ses voisins. César du meilleur court métrage documentaire en 1982. Après la mémoire meurtrie d’une nation, le Chili, la veille, cet autre documentaire déplace les lignes internes.

 

[Congo, J-1] : Faire sa valise…

À la veille d’une Rencontre internationale d’art contemporain, organisée aux Ateliers Sahm de Brazzaville et avant de s’embarquer pour un atelier de critique d’art, ce 4 septembre, donc demain, il s’agit de faire sa valise…

Valise muette :

Mot-valise :

En haut, la couverture de la BD de Shaun Tan, Là où vont nos pères (Dargaud, 2007), remarquable récit graphique mais muet sur l’exil. Ci-dessus, une photo-montage de l’artiste polonaise Beata Bieniak.

Grappe de valises :

Ci-dessous, la couverture du livre de Fabrizio Gatti, Bilal sur la route des clandestins (Liana Levi, 2008), le récit d’un journaliste infiltré parmi les clandestins de Dakar à Lampedusa.

La Boîte-en-valise, de Marcel Duchamp

La boîte-en-valise (1936-1968) est conçue comme un musée portatif, autour de l’univers condensé de la boîte des surréalistes et du principe de cabinet de curiosité. L’œuvre est composée d’une valise contenant 69 reproductions des principales œuvres de Duchamp, dont de nombreuses photographies et les répliques miniatures des ready-made La Fontaine et Grand Verre. (Wikipédia)

[Congo, J-4] : Gordon Parks, un photographe américain

Aux rencontres de la photographie d’Arles, parmi une cinquantaine d’expositions, arrêtons-nous un instant sur celle consacrée aux photos et films de Gordon Parks (1912-2006) : « L’histoire américaine » nous plonge dans l’Amérique de la pauvreté et de la discrimination. L’auteur du film Shaft était aussi un formidable cadreur d’instants qui ont fait sa vie et ses engagements pour un monde plus juste. À voir jusqu’au 22 septembre.