Exploration du flux : un essai poétique fort et juste

Flux d’images, flux d’infos, « flux » migratoires, frontières, flux corporels, Marina Skalova répond par un flux d’écriture et de mots qui emporte la narratrice et nous avec dans la bonde.
Entre colère et impuissance, un essai poétique bref, fort et juste…

« …ce que la langue peut encore
à part polluer davantage 
les mots sur le papier coûtent cher
comment ne pas ajouter au bruit

entre les anémones

ce que peut la littérature face à ce présent
pas grand-chose sûrement

et cette chose
les vagues la recouvrent… »

Marina Skalova, « Exploration du flux », Le Seuil, coll. Fiction & Cie, avril 2018, p. 60, 61

Glissant interrogé en présence de… toutes les langues du monde

Pierre Nepveu [écrivain et universitaire québécois]. — Vous dites : « J’écris en présence de toutes les langues du monde, même si je ne les connais pas. » Comment définissez-vous cette présence-là, de quelle présence s’agit-il, comment se manifeste-elle, par quelles modalités ? »
Édouard Glissant. — Elle ne se manifeste évidemment pas de manière linguistique. Ce que je veux dire c’est que dans les traditions des littératures du monde, qu’elles soient d’ailleurs orales ou écrites, la fonction du poète a toujours été, plus ou moins visiblement, d’affirmer l’unicité excluante de la communauté (…) par rapport à toute autre communauté possible, d’une part. D’autre part, il est tout à faire clair que presque toutes les littératures du monde ont reposé sur l’idée que la langue de la communauté est une langue élue. (…)
Dans ce contexte l’écrivain, jusqu’au XIXe siècle, écrit de manière monolingue. (…)
Si j’écris un texte en Californie [où j’ai peur des tremblements de terre], il sera différent d’un texte que j’écris en Martinique [où je ne pense jamais aux tremblements de terre]. Il sera en suspens dans le tremblement. Il aura une autre connotation ; je n’écris plus de manière monolingue. J’écris avec ce nœud de relations, et je répète que ce n’est pas une question de connaissances des langues ni de pratique des langues. (…)
La langue que j’aime le mieux parler c’est la langue italienne, parce que quand je parle italien je ne suis pas atterré de faire des fautes. Ça m’est complètement égal de faire des fautes en italien, et faire des fautes ou ne pas faire de fautes, ça m’est complètement égal. Mais quand je parle en anglais, je me dis oh ! oh !, j’ai peut-être fait une faute, là. Il y a quelque chose qui soudain me coince. Ça c’est le problème de la Relation (avec peut-être la charge de prévention qui m’anime), qui n’a rien à voir avec le fait de parler ou de ne pas parler, de connaître ou de ne pas connaître, d’être obligé de parler ou de ne pas être obligé de parler une langue, mais qui est la situation actuelle du monde, qui est la situation actuelle de la relation culturelle et de la relation de sensibilité, d’esthétique (et de langues) dans le monde actuel. Et c’est pour cela que je dis que j’écris en présence de toutes les langues du monde. »
Édouard Glissant, Introduction à une poétique du divers, Gallimard, 1995
pp. 47-49

Au théâtre : « Un dimanche au cachot » (Chamoiseau/Pliya)

Un dimanche au cachot, un superbe récit roman de Patrick Chamoiseau (2007) sur la reviviscence de la mémoire par la langue. Un écrivain sur de nombreuses scènes (migrations, théâtre, mémoire).
Il faudra maintenant compter avec l’adaptation théâtrale du « Dimanche… », signée José Pliya, qui prend en compte le seul personnage de l’Oubliée, chabine enceinte et magnifique.
Une mise en scène par Serge Tranvouez qui focalise efficacement sur le non espace d’un cachot esclavagiste.
Une interprétation à la fois fine et puissante de Laëtitia Guédon accompagnée avec justesse par le musicien Blade MC Alimbaye. Pieds nus sur des galets disposés en silhouette humaine, la comédienne (par ailleurs directrice des Plateaux sauvages, dans le XXe arrondissement de Paris) réussit à faire de la langue de Chamoiseau une superbe « matière de l’absence » (titre de son livre de 2016) pour aujourd’hui, en écho aux enfermements contemporains.

Dans la salle des Plateaux sauvages accueil enthousiaste et public lycéen captivé en ce 22 mai, jour de commémoration de l’esclavage en Martinique.
Prochaines dates au Théâtre des Quartiers d’Ivry et au Tarmac à Paris.

Le roman très haïtien d’un auteur new-yorkais

Avec un proverbe créole pour titre, Dieu ne tue personne en Haïti, avec un autre proverbe en épigraphe, qui justifie la liberté à tout prix, le New-Yorkais Mascha Berlinski n’a pas raté son séjour à Jérémie, cité des poètes et des élections truquées.
Très documenté, le deuxième roman de l’ancien journaliste américain n’est cependant pas qu’une enquête journalistique (ce qui serait déjà intéressant), c’est aussi un roman d’initiation, puissance 4 car au cours de l’intrigue de 497 pages quatre protagonistes seront littéralement transformés par différentes épreuves dont la plus dramatique sera le séisme de janvier 2010, c’est aussi un conte philosophique et un guide (journalistique et loufoque) des élections en Haïti.

Le rêve d’un juge : construire une route

On n’en voudra pas à Mascha Berlinski de nous concocter cette histoire d’un style de bric et de broc, où certains passages sont très travaillés, d’autres moins, tant la narration avance comme un polar tendu vers la résolution de cette énigme : un jeune juge intègre peut-il se présenter aux élections, alors que tout autour de lui s’y oppose, des catastrophes naturelles à la corruption chronique, pour réaliser son rêve et celui de sa communauté : construire une route pour désenclaver cette cité de l’ouest ? Ce suspense est tenu de bout en bout. La route rêvée, formidable carburant à histoires… pour un pays avec un grand H.
H comme Haïti, H comme histoires, tel est bien le fil de ce roman fait de dizaines de péripéties passionnantes et de personnages attachants…

Au pays du vaudou, de superstitions qui n’ont qu’un lien distant avec la religion et d’une quête de la liberté qui remonte à plus de deux siècles (car l’indépendance du premier état noir d’Amérique en 1804 n’a pas assuré l’émancipation de tous), Mascha Berlinski n’est pas passé à côté de l’essentiel : écrire un roman haïtien depuis Jérémie, cité de naissance du général Dumas, père de l’auteur des Trois mousquetaires.

Minustah, une arme ou un fruit ?

Entre 2007 et 2011, il a vécu en Haïti avec son épouse, alors membre du personnel civil de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), précise l’éditeur français, Albin Michel.
Minustah, un acronyme chargé comme une grenade (une arme ou un fruit ?). La Mission en question, déployée du 1er juin 2004 au 15 octobre 2017, est à l’origine de quelques plaies qui se sont ajoutées aux blessures endémiques telles l’introduction supposée du choléra (ce que la Mission conteste) et des violences sexuelles perpétrées par des Casques bleus.
Dans le cas de Mascha Berlinski, les quatre ans passés à Jérémie et Port-au-Prince lui ont permis d’écrire un roman à plusieurs voix, et qui prend place aux côtés d’œuvres d’écrivains fascinés par ce pays indépendant avant beaucoup d’autres : Victor Hugo, Lamartine, Victor Schœlcher, Alejo Carpentier, Graham Green, Aimé Césaire, Édouard Glissant, jusquà cet autre Américain, auteur d’une trilogie historique d’envergure, Madison Smartt Bell…

À noter que la route de Jérémie n’est pas à cette date totalement terminée…

Mischa Berlinski, Dieu ne tue personne en Haïti, Albin Michel, trad. de l’anglais (États-Unis) Renaud Morin

Mai est un mois pluvieux (à Jérémie, Haïti)

Mai est un mois pluvieux. Heure après heure, l’eau dégringole des toits, rend les feuilles de manguier collantes, éclabousse bruyamment les larges feuilles de bananiers, dévale le stipe annelé des palmiers. À l’extérieur de la ville, les gens vont et viennent, trempés et accablés, de chemins boueux en maisons de terre ruisselantes, les femmes nouant un sac plastique sur leur tête. Des rivières jaunes éparpillent des détritus en dévalant les collines. Des cochons trempés fourragent dans les ordures. Les vêtements moisissent. Jeunes et vieux se blottissent dans l’embrasure des portes et sous les portiques, à regarder la pluie, à jouer aux dominos ou à fixer avec une patience de ruminant les caniveaux qui débordent. La pluie lessive les coteaux, transforme la couche arable en boue qui envase les trois rivières : la Grand’Anse, la Voldrogue et les Roseaux. Les rivières montent, et leurs eaux brunâtres grisent la mer. C’est à cette époque qu’un voilier de Pestel sombra dans la mer agitée : sept morts. Un glissement de terrain près des Corberas coupa la route de Port-au-Prince.

Mischa Berlinski, Dieu ne tue personne en Haïti, p. 241, roman traduit de l’anglais par Renaud Morin (éditions Albin Michel). Sortie le 3 mai 2018.

Le viol, arme de guerre en Syrie : « Ne pas se résigner à l’impunité »

En Syrie, en matière de viol de guerre, cela fait longtemps que « la ligne rouge » a été franchie. Mais, malgré les horreurs entendues ce dimanche 11 mars 2018 à l’Institut du monde arabe (IMA), malgré les violences sexuelles subies, accompagnées d’humiliations, de souillures physiques et psychiques d’un perversité incroyable et, accessoirement d’une langue profondément dégradée, violences quelquefois collectives, même devant la famille, malgré les nombreux rapports qui attestent de ces crimes de masse (de guerre ? contre l’humanité ? génocidaires ?), il se peut que « l’on ne se résigne pas à l’impunité », comme l’ont appelé de leurs voeux les invités de l’éditeur Farouk Mardam-Bey et de la bibliothécaire Racha Abazied.

La question tabou du viol a été levée en France par le documentaire de Manon Loiseau et Annick Cojean, Le cri étouffé. Une pétition qui demande «la libération des milliers de femmes encore en prison en Syrie» a recueilli plus de 98 000 signatures.
À l’IMA de très nombreux sympatisant.e.s et, au-delà, des spécialistes de toutes les disciplines, du psychanalyste au poète, de la militante pour l’éducation des femmes à l’universitaire ainsi qu’un public attentif et bouleversé sont venu.e.s témoigner de leur « solidarité avec les femmes syriennes ».

Un espoir ?

Après sept ans de guerre, après sept ans de « viol, comme arme de destruction massive », on se dit néanmoins que tout espoir n’est pas vain. Un espoir fondé sur le travail de terrain d’associations comme Women Now qui a perdu nombre de militantes dans le bombardement en cours de La Ghouta mais qui continue son inlassable travail d’émancipation comme sur le travail de juristes, d’universitaires, de sympathisant.e.s de la première heure (voir en France l’association Revivre) ou plus récents, telle Catherine Coquio, professeur à Paris 8, adhérente du « Comité Syrie-Europe : Après Alep » .

L’objectif de ce dimanche solidaire était de « mettre sous le feu des projecteurs le calvaire des femmes syriennes » (Racha Abazied) alors que « le viol est pire que la mort » dans une société traditionaliste et patriarcale (témoignage d’une étudiante recueilli pour Libération par Hala Kodmani) dont les victimes seraient « plusieurs dizaines de milliers » (Catherine Coquio).
Or, « les Syriens sont très fatigués de dévoiler leurs plaies pour que le monde bouge ». (Mariah al Abdeh, Women Now for Development). Parmi ces plaies ouvertes, « le viol d’une femme est le viol contre une famille, c’est un message de terreur qui lui est adressé » (Mariah al Abdeh).

Le viol et après…
Conséquences, selon Eric Sandlarz, psychanalyste : « Pour traverser un viol, les personnes (femmes ou hommes) se dissocient comme si elles n’étaient plus là, elles ont donc du mal à le raconter. Elles ne peuvent oublier et, au mieux, elles gardent une blessure ouverte qui ne peut cicatriser ». Pour ce thérapeute du Centre Primo Levi : « Il y a des violences dans le pays d’accueil (des réfugiés) accrues par l’Etat qui sont le prolongement de celles subies dans le pays d’origine, telles que les humiliations. ». Selon le clinicien, « ce qui importe au pervers, au tortionnaire, c’est de détruire la victime et qu’elle retourne dans sa communauté avec ce message. Or si la personne violée est mal accueillie dans sa communauté notre travail ne sert à rien. L’espoir est de changer la parentalité, la conjugalité, les changer c’est lutter contre la dictature. »

Ne pas se résigner à l’impunité

Pour Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France : « le viol est utilisé comme une arme de terreur, mais il faut lutter contre l’impunité du viol. »
Une ambition que le juriste Joël Hubrecht conforte en rappelant l’évolution de la jurisprudence internationale : « À Nurenberg, aucun dignitaire nazi n’a été poursuivi pour viol. » En revanche, rappelle ce chercheur associé à l’Institut des Hautes Études sur la justice, « l’utilisation stratégique de la violence sexuelle » a été un motif de condamnation ou d’aggravation des peines prononcées par le tribunal international pour l’ex-Yougoslavie, en 1993, comme par d’autres tribunaux internationaux dans d’autres guerres (Rwanda, Congo).
« La violence de la procédure est très brutale pour les victimes. Le viol des hommes est un tabou dans le tabou. La particularité de la Syrie est la configuration familiale face à la violence du régime. Nous sommes au début d’un long processus, mais il ne faut pas se résigner à l’impunité. »

Des témoignages recueillis par Samar Yazbek

Deux comédiennes (Darina Al-Joundi et Leyla-Claire Rabih) ont lu des extraits du livre de Samar Yazbek,  تسع عشرة امرآةTessa achara Imara ») [Dix-neuf femmes] (en français prochainement).

La poésie de Nouri al-Jarrah

La comédienne Dominique Blanc a lu ce poème de Nouri al-Jarrah, extrait de son recueil Une barque pour Lesbos et autres poèmes (قارِب إلى لسبوس); traduit de l’arabe par Aymen Hacen pour les Éditions Moires.

[O Syriens qui souffrez, ô Syriens qui êtes beaux, ô 
frères Syriens qui fuyez la mort, vous n’arrivez pas à bon
 port à bord des barques mais naissez sur les plages avec
 l’écume.
 Vous êtes de la poussière d’or périssable, de la poussière
 d’or liquéfiée, dépréciée, estompée.
 D’abysse en abysse au creux de la mer des roumis, avec
 l’étoile de mer et son frère le calamar errant, les vagues
 vous envoient à la lumière de la Grande Ourse.
(…)
Syriens mortels, Syriens qui frémissez sur les côtes,

Syriens errants partout sur terre, ne vous remplissez pas
 les poches de terre morte, abandonnez cette terre et ne
mourez pas.

Mourez dans la métaphore, ne mourez pas 
dans la réalité. Laissez la langue vous enterrer dans ses
épithètes, et ne mourez pas pour être mis en terre.

La terre n’a de mémoire que le silence. Naviguez partout et
 gagnez le tumulte de vos âmes. Et derrière la tempête et
les dégâts, levez-vous dans toutes les langues, dans tous 
les livres, dans toutes les causes et l’imagination, agitez-
vous dans chaque terre, levez-vous comme l’éclair dans
 les arbres.]

 

À noter, à Paris : l’association Renaissance des femmes syriennes (RDFS) tient une permanence le premier dimanche du mois de 15h à 18h, à la Maison des femmes.

 

Seules les femmes syriennes

Par froid piquant, place de la République, à Paris, en ce samedi de janvier, des femmes syriennes juchées sur un bus couvert de photos de disparus réclament la libération des détenus de leur pays, au moins leur jugement par un tribunal civil.
Une petite foule écoute les témoignages des femmes syriennes. Voilées ou pas, gantées ou pas, frigorifiées certainement.

باص الحرية

Dans la foule, les uns et les autres circulent en terrain de connaissance. Certains Syriens comme certains Français ne comptent pas leur temps depuis sept années pour informer de la situation dans ce pays aux quatre guerres, aux 465 000 morts et disparus (bilan début 2017). On se salue, on s’embrasse, on parle peu, on écoute les femmes du « Bus de la liberté » (باص الحرية), c’est le nom qui les réunit. Elles sont avocate, médecin, mère, femme, sœur. Plusieurs ont des nouvelles contradictoires sur le sort d’un proche, vivant ? mort ?

Dans le bus, les femmes syriennes racontent l’absence qui les tourmente. Elles souhaitent un soutien. On se prend à imaginer une véritable solidarité et une place de la République noire de monde. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

un jour, un détenu

Le grand écrivain Elias Canetti, dans « Le livre contre la mort » (traduit de l’allemand par Bernard Kreiss), un inédit que publie ces jours-ci Albin Michel, imagine un bienfaiteur, Jahrmann, « donner ses propres années en partage » : « Afin de prolonger leur existence, un homme entreprend d’offrir à des personnes dont il a reconnu la valeur quelqu’unes de ses propres années. Une longue vie lui a été prophétisée ; il sait qu’il fêtera son centième anniversaire. »
Imaginons que nous donnions un jour de notre vie à un détenu syrien. Un jour, un détenu. Ce serait un bel acte de solidarité. En France, l’espérance de vie est de 82 ans. En Syrie, l’espérance de vie est passée de 75,9 ans en 2010 à 55,7 ans en 2014, soit vingt ans d’espérance de vie en moins en quatre ans ! (Le Monde, 16/03/2015)

les sauver, se sauver

Alléger la peine d’un détenu en lui accordant un jour de notre vie. En additionnant les jours donnés, peut-être pourrions-nous remonter le temps.
Et les sauver.
Même les morts.
Même nous, qui regardons faire cette tragédie depuis mars 2011.

Il y a bien eu l’Argentine… Les Mères de la Place de mai avaient manifesté ainsi pendant 40 ans pour avoir des nouvelles de leurs enfants disparus et assassinés. Un jour, leur nouveau président a engagé son pays sur la voie de la justice.

A défaut de justice ou d’utopie, il reste à s’afficher, une photo de détenu en mains devant « le bus de la liberté » conduit par les femmes syriennes, lui-même couvert de photos.
A défaut de solidarité massive (car la France pratique la solidarité individuelle, pas la solidarité collective, on le voit tous les jours à Paris, à Calais, dans la Roya), il reste le beau geste de s’associer photo contre photo avec ces femmes syriennes venues dire leur peine et celle d’autres femmes et de leurs familles.
Alors, laissez-moi le penser, solidaire et solitaire, peut-être est-ce leur beauté, leur courage, leur détermination, leur parole qui sauvera le monde. Car seules les femmes syriennes.

Trump : que d’éclat (boussures) !

Quand un président américain élu en 2017 traite Haïti, Salvador et des nations africaines de « pays de merde », les écrivains haïtiens répondent par l’indifférence, l’analyse historique ou l’humour.

A lire successivement le Washington Post, qui a rapporté ces propos indignes le premier, ou dans Le Monde du 12/01/2018, Lyonel Trouillot : « La majorité de ceux qui ont élu le président Trump l’ont élu pour qu’il dise ce qu’il dit n’avoir pas dit, pour faire ce qu’il fait. », toujours dans Le Monde du 16/01/2018, ou encore James Noël qui a adressé une lettre ouverte « au plus ancien et au plus gonflé bébé de l’Amérique » (Le Soir, 21/01/2018).

Avec humour, le dramaturge Guy Régis Jr, a réagi depuis sa résidence d’écriture de Limoges : « Franchement, comment continuer à vouloir être écrivain, faire métier dans les mots, si l’homme le plus puissant du monde (…) fait des best-sellers avec rien qu’une phrase… » À lire dans Le Populaire du Centre du 24/01/2018 cette belle tribune, pleine de fantaisie, intitulée ironiquement « J’aurais préféré être Trump ».