[Centenaire Césaire] Tro Menez Are, une randonnée pour la langue bretonne

Un oiseau jaillit

crissements

des mots sur le tableau

Ul lapous o tiflukañ

war an daolenn zu

gerioù iwe o strinkañ

(Alain Kervern, L’Archipel des Monts d’Arrée, photographies Gabriel Quéré, La Part commune, 2006)

[À gauche, la comédienne Mireille Fafra ; à droite, la chanteuse Brigitte Kloareg]

Le site de l’association Tro Menez Are.

Les livres d’Alain Kervern sont sur le site des éditions La Part commune, car les haïku japonais peuvent aussi s’écrire en breton :

L’esclavage, côté négriers (le musée de l’Armateur au Havre)

La ville du Havre, bombardée en 1944, a réussi à conserver une maison de négociants, construite en 1790. Elle témoigne d’un patrimoine et d’une classe sociale, celle de grands commerçants, enrichis par la traite négrière. Car, comme Nantes ou Bordeaux, Le Havre a un passé négrier. Dans la cité normande, l’esclavage est vu sous l’angle des commanditaires du commerce triangulaire. D’où cette impression ambivalente lors de la visite : un riche patrimoine, conservé en l’état, est le témoin en creux d’un marché honteux. À visiter notamment le 10 mai, journée commémorative de l’abolition de l’esclavage dans l’Hexagone, commémoration fixée le 27 avril à Mayotte, le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion.

Reportage : Images : Leïla Zellouma ; son : Bernard Blondeel ; montage : Harold Horoks.
Interview : Elisabeth Leprêtre, Directrice des musées historiques de la ville du Havre.

Voir la Maison de l’Armateur. sur le site de la ville du Havre.

La force de vie de Mimi Barthélémy

Avec Dominique Sylvain, avec un documentaire de Roland Moreau Mimi Barthélémy, la voie de la conteuse… Avec le sésame des contes de Mimi Barthélémy : « Messieurs-dames la société… »… Avec le chanteur Belo : « Quand reviendras-tu nous voir ? », a-t-il demandé en créole… Avec la belle parole des militants associatifs haïtiens qui organisaient cette veillée : Elliott Roy, Paul Baron, Peggy Bazile, avec la confession émouvante de Moïse Geoling, avec la poésie de Gérald Bloncourt, avec la guitare d’Amos Coulanges, les tambours de rythme banda d’Atissou, le « Yé krik ! — Est-ce-que la cour dort ? » de Luc Saint-Éloi, le phrasé de douce rocaille de Praline Gay-Para, avec les interviews d’Élodie Barthélémy et de Maurice Barthélémy.

« Honneur et respect ! » …

La disparition de Mimi Barthélémy, un hommage de Jacques Nesi

« Jamais elle ne s’est inscrite dans la sinistrose ambiante, elle n’est jamais arrivée à couvrir Haïti de  l’opprobre et de la malédiction où conduisent les luttes des élites pour le pouvoir et la perfidie des tyrans. L’action de Mimi Barthélemy ne saurait être considérée comme celle d’une conteuse faisant écarquiller seulement les yeux des enfants avant de regagner leur lit le soir, mais prolonge un combat permanent d’affirmation de l’identité haïtienne, loin de la désintégration de l’Etat occultée par des soudards élevés au rang de dirigeants mêlés aux  fêtards et aux Etats puissants. Projeter une image spécifique à Haïti, déployant sa force, sans chercher à l’isoler dans un particularisme vindicatif, aux termes de longues années d’exclusion, tel est le sens de son oeuvre. Ainsi, la disparition de Mimi Barthélemy est une catastrophe pour Haiti. »

extrait d’un hommage de Jacques Nesi, prononcé lors d’une émission spéciale de Kòn Lanbi, à Paris ce 28 avril 2013, texte intégral sur le site du Collectif2004 images.

Veuves ou orphelines, les femmes, notre avenir

En ce dimanche ensoleillé, ma libraire est absente du marché.

Son camion est en panne, dit son voisin vendeur de statuettes africaines.

Je repars avec mes cabas de fruits et légumes, poisson et fromages. Veuves et orphelines.

Dans la nostalgie des moments passés à feuilleter tel ou tel recueil de poésie, bonheur de la découverte insolite en ce lieu de dépôt presque aléatoire, furetage et carottage du passé. Souvenir qui convoque des bribes de mémoire, tel L’enlèvement des Sabines, épisode de la mythologie romaine relaté par Tite-Live, durant lequel les premiers hommes de Rome prennent des femmes en les enlevant à leurs voisins les Sabins, thème qui a inspiré les peintres de la Renaissance puis Jacques-Louis David, avec Les Sabines, tableau de 1799 :

Dans Histoire Romaine, de Tite-Live, trad. Désiré Nisard, 1864, chapitre 3 « La fondation de Rome et le règne de Romulus », l’amateur lira :

« Les mêmes Sabines, dont l’enlèvement avait allumé la guerre, surmontent, dans leur désespoir, la timidité naturelle à leur sexe, se jettent intrépidement, les cheveux épars et les vêtements en désordre, entre les deux armées et au travers d’une grêle de traits : elles arrêtent les hostilités, enchaînent la fureur, et s’adressant tantôt à leurs pères, tantôt à leurs époux, elles les conjurent de ne point se souiller du sang sacré pour eux, d’un beau-père ou d’un gendre, de ne point imprimer les stigmates du parricide au front des enfants qu’elles ont déjà conçus, de leurs fils à eux et de leurs petits-fils.

« Si cette parenté, dont nous sommes les liens, si nos mariages vous sont odieux, tournez contre nous votre colère : nous la source de cette guerre, nous la cause des blessures et du massacre de nos époux et de nos pères, Nous aimons mieux périr que de vivre sans vous, veuves ou orphelines. »

Ferrailler pour battre le record de traversée du Pacifique

Quand l’actualité du Pacifique rattrape la fiction des Caraïbes…

Paraît aujourd’hui au Diable Vauvert dans sa traduction française (par Sara Doke) le livre palpitant — et hautement recommandé — de l’Américain Paolo Bacigalupi, un roman d’anticipation pour adolescents. Les ados héros du roman, eux, rêvent d’un ailleurs à la fin du XXIe siècle, de beaux clippers et d’une morale de vie dans une Louisiane dévastée par les chamboulements climatiques et les tempêtes tueuses de villes.

A été annoncée hier une tentative de record du Pacifique à la voile par l’équipage d’Alain Thébault, sous le titre publié dans Le Télégramme : « L’Hydroptère veut y retourner » : « Alain Thébault et ses trois équipiers (Yves Parlier, Jacques Vincent, Jean Le Cam) se lanceront, à partir de la fin mai, à l’assaut du record de la traversée du Pacifique entre Los Angeles (Californie) et Honolulu (Hawaï) avec l’Hydroptère.

« L’enjeu sera de contrôler la vitesse du bateau, de ne pas être trop déraisonnable », a expliqué Thébault lors d’une présentation de son projet à Paris. Il a rappelé que l’Hydroptère -un trimaran de 18,28 m à foils – est capable de vitesses très élevées puisqu’il a franchi la barre des 50 nœuds (92,6 km/h). L’objectif, sur une distance d’environ 2.200 milles en route directe, sera de maintenir « une vitesse raisonnable de 30-35 noeuds » pour ne pas casser. Thébault et ses compagnons voulaient tenter de battre le record l’an dernier mais ils étaient arrivés trop tard à Los Angeles pour bénéficier d’une bonne fenêtre météo. Ils avaient dû renoncer. »

Cent cinquante choristes normands chantent Césaire

Parmi les hommages à Aimé Césaire à l’occasion de l’année du centenaire de sa naissance, saluons à la veille du 5e anniversaire de sa disparition, le 17 avril 2008, la performance des 150 choristes de six chorales de Normandie (les chorales Gloria N’Kembo, d’Hérouville (dont la jeune soliste Edmée Doudy) , À cœur joie, de Ouistreham, le Violet Calix bridge gospel et Arpador, toutes deux de Caen, et À cœur joie, de Normandie. Elles ont interprété l’œuvre de Lorenz Maierhofer, « Ethno-Messe pour la paix », sous la direction du chef de chœur Denis Thuillier (remarquable, comme on le voit dans le reportage de France Ô). Il s’agit d’une pièce pour chœurs, solistes et percussions, composée de chants gospels, africains, amérindiens entre lesquels sont incorporés des textes d’Aimé Césaire. Ceux-ci ont été lus par la comédienne Karinn Helbert..

En novembre prochain, 70 de ces choristes feront le voyage de la Martinique pour chanter Césaire avec des chœurs de son île natale.

À l’origine de ce projet un couple franco-congolais, qui a créé une association humanitaire pour venir en aide à l’éducation des jeunes de RD Congo, association humanitaire Kiamvu-Le pont.

Chef de chœur : Denis Thuillier, comédienne lectrice de Césaire : Karinn Helbert, Percussionnistes : Ne Nkamu Luyindula, Aimé Kifoula, Pianiste : Noël Letertre.

Voir le site dédié à cet événement.

Prix Ouest-France Etonnants voyageurs 2013 (sélection finale)

Sur les dix sélectionnés, cinq ont été choisis par un jury composé de dix jeunes lecteurs français, âgés de 15 à 20 ans :

Emmanuelle Bayamack-Tam, Si tout n’a pas péri avec mon innocence, P.O.L

Jean-Luc Coatalem, Nouilles froides à Pyongyang, Grasset

Hubert Haddad, Le peintre d’éventail, Zulma

Aïssa Lacheb-Boukachache, Scènes de la vie carcérale, Au Diable Vauvert

Michelle Tourneur, La beauté m’assassine, Fayard.

Décision, lors d’Étonnants voyageurs, le 18 mai 2013.