Parabéns Mia Couto, prix Camões !

Belle et méritée récompense : l’écrivain mozambicain Mia Couto est lauréat du prix Camões, doté de 100 000 euros, le plus important prix de la littérature lusophone.

« Le jury de l’année 2013 a rendu hommage à une « vaste œuvre de fiction », caractérisée par « l’innovation stylistique, ainsi qu’une profonde humanité » ayant réussi à « passer du local au global, rapporte Courrier international. Mia Couto est connu pour sa recréation de la langue portugaise, utilisant le lexique et le vocabulaire des diverses régions du Mozambique, produisant ainsi un nouveau modèle d’écriture africaine. »

Bozon ? Vous avez dit bozon, comme c’est bizarre…

Le 20-heures de France 2 consacre un sujet aux nouveaux mots de l’édition 2014 du Petit Robert :

Le présentateur David Pujadas : « On mesure paraît-il l’évolution d’une société à ses mots, et bien ce cru serait assez instructif… » Il lance Sébastien Vibert qui enchaîne… Après Triple A et Fadette, le chef du service société-culture en vient à… Bozon de Higgs.

Bon réflexe de Pujadas, perplexe : « avec un z ou un s ? »

Réponse du chroniqueur, sûr de lui : « avec un z« .

Après le sujet suivant, David Pujadas rectifie :

« le Boson c’est bien avec un s, vérification faite par la régie… »

Truffée de bosons, l’édition du 13-heures ne s’était pas trompée :

et notre bon vieux TLF (Trésor de la langue française) nous explique pourquoi, Boson vient du physicien indien Bose :

 

Une odeur fine et suave d’héliotrope…

Une odeur fine et suave d’héliotrope s’exhalait d’un petit carré de fèves en fleurs, elle ne nous était point apportée par une brise de la patrie, mais par un vent sauvage de Terre-Neuve, sans relation avec la plante exilée sans sympathie de réminiscence et de volupté. Dans ce parfum non respiré de la beauté, non épuré dans son sein, non répandu sur ses traces, dans ce parfum chargé d’aurore, de culture et de monde, il y avait toutes les mélancolies des regrets, de l’absence et de la jeunesse.

Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe, volume 1, Livre VI, chap. 5, p. 391

[Centenaire Césaire] Les répétitions de Une saison au Congo au TNP de Villeurbanne

Une saison au Congo, l’une des quatre pièces de théâtre d’Aimé Césaire, moins connue que La Tragédie du Roi Christophe, sera l’objet d’une création monumentale au TNP à Villeurbanne, ce 14 mai 2013 avec 37 artistes sur scène, essentiellement noirs (Congolais, Burkinabés, Antillais, Lyonnais). La pièce de Césaire, écrite en 1966, autour de la figure charismatique et martyre de Lumumba, traite de l’Afrique, de la décolonisation, et du rôle de l’Occident, dans un registre politique et poétique. Mise en scène Christian Schiaretti (Molière du metteur en scène 2009), conseiller Daniel Maximin.
[Le TNP est une scène emblématique dans l’histoire du théâtre et de la décentralisation culturelle. Il a été dirigé de 1951 à 1963 par Jean Vilar et reste marqué jusque dans sa programmation actuelle par cet esprit « élitaire pour tous » et une volonté affirmée de « service public » qui s’est traduit par un taux de remplissage de 94% au cours de la saison 2012-2013.]

La première création avait été réalisée dans la complicité d’Aimé Césaire par Jean-Marie Serreau en 1967 au Théâtre de l’Est parisien. Autre création par l’homme de théâtre turc Mehmet Ulusoy, en 1988 au Festival de Fort de France (Martinique) puis au Théâtre de la Colline en 1989.
La pièce commence ainsi :
Dans le quartier africain de Léopoldville, deux ans avant l’indépendance du Congo, un attroupement d’indigènes autour d’un bonimenteur, futur Premier ministre du Congo, Lumumba

« Mes enfants, les Blancs ont inventé beaucoup de choses et ils vous ont apporté ici, et du bon, et du mauvais. Sur le mauvais, je ne m’étendrai pas aujourd’hui. Mais ce qu’il y a de sûr et de certain, c’est que parmi le bon, il y a la bière ! Buvez ! Buvez donc ! D’ailleurs, n’est-ce pas la seule liberté qu’ils nous laissent ? On ne peut pas se réunir, sans que ça se termine en prison. Meeting, prison ! Écrire, prison ! Quitter le pays ? Prison ! Et le tout à l’avenant ! Mais voyez, vous-mêmes ! Depuis un quart d’heure, je vous harangue et leurs flics me laissent faire… Et je parcours le pays de Stanleyville au Katanga, et leurs flics me laissent faire ! Motif : Je vends de la bière et je place de la bière ! Si bien que l’on peut affirmer que le bock de bière est désormais le symbole de notre droit congolais et de nos libertés congolaises ! »

Fin mai, une version commentée par Dominique Traoré Klognimban pour les lycéens dans la collection Entre les lignes est annoncée par l’éditeur Honoré Champion :

[À noter : Une diffusion de la pièce est prévue sur France Ô, le 26 juin 2013, date du centenaire d’Aimé Césaire.]

« Le rhum qui fait friser mes cils… » (Marie-Hélène Poitras)

« De retour à Montréal depuis pas même 48 heures, encore sous l’envoûtement du contraste : la lumière rose et or de Port-au-Prince déposée sur l’agitation de la ville comme un geste tendre. »
Ainsi débute une impression de voyage en Haïti de Marie-Hélène Poitras, publiée dans Zone d’écriture, et qui montre visiblement qu’elle n’en est pas revenue…

[Centenaire Césaire] Tro Menez Are, une randonnée pour la langue bretonne

Un oiseau jaillit

crissements

des mots sur le tableau

Ul lapous o tiflukañ

war an daolenn zu

gerioù iwe o strinkañ

(Alain Kervern, L’Archipel des Monts d’Arrée, photographies Gabriel Quéré, La Part commune, 2006)

[À gauche, la comédienne Mireille Fafra ; à droite, la chanteuse Brigitte Kloareg]

Le site de l’association Tro Menez Are.

Les livres d’Alain Kervern sont sur le site des éditions La Part commune, car les haïku japonais peuvent aussi s’écrire en breton :