Quatre ans après le séisme, Haïti impose son actualité
Contexte : Haïti se prépare à commémorer, le dimanche 12 janvier 2014, le 4e anniversaire du violent séisme qui a causé la mort de 300 000 personnes, autant de blessés et 1 million et demi de sans abris (Alterpresse).
Aujourd’hui, dans la capitale, les « déplacés » sont encore entre 170 000 et 200 000 à vivre sous les tentes.
Alors qu’au-delà de la frontière, d’autres sont devenus « invisibles » après une décision de la Cour constitutionnelle de la République dominicaine qui a décidé de retirer la nationalité à des centaines de milliers d’enfants et petits-enfants d’immigrés nés sur le sol dominicain. Ce jugement qui supprime le droit du sol concerne notamment plus de 250 000 descendants d’Haïtiens, qui deviennent ainsi apatrides (RFI)
Vu de Paris, quelques évènements dans l’agenda haïtien :
Mardi 7 janvier, réédition par les éditions Zulma de Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain
Mercredi 8 janvier : sortie du recueil de poèmes d’Evelyne Trouillot, Par la fissure de mes mots (éd. Bruno Doucey)
Jeudi 9 janvier, à Paris à 19h, projection en avant-première du documentaire Haïti, le retour d’un sauveur, de Teddy Albert, suivi d’un débat en présence du réalisateur, organisé par la mairie de Paris, France Ô, Haïti Mémoire et Culture et Beau comme une image. L’adjudant Mathieu Desert, pompier martiniquais, a fait partie des premiers secours intervenus à Port-au-Prince le 13 janvier 2010 après le séisme. Il revient sur les lieux pour retrouver ceux qu’il a sauvés, rencontrer ses collègues haïtiens et se rendre compte de l’avancée de la reconstruction. A l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, 5 rue Lobau, 75004 Paris. Réserver au bcicom@bcicom.org
Le documentaire Haïti, le retour d’un sauveur sera diffusé sur France Ô, dimanche 12 janvier, 22h35
Diffusion France Ô, dimanche 12 janvier, Lavilliers, dans le souffle d’Haïti, réalisation Axel Charles-Messance
Vendredi 10 janvier, à partir de 6h30, en direct de Port-au-Prince, Journée spéciale sur France Culture.
Vendredi 10 janvier, 19h, projection à la SCAM du documentaire de Jean-Claude Riga, Haïti, la Terre, produit par Nordfilms, avec RTC Télé Liège, RTBF, WIP, CCBW, DGD, FWB :
« Deux ans après le tremblement de terre, May travaille dans les camps de Port au Prince où elle écoute, impuissante, les témoignages de femmes abandonnées à leur sort : la faim, la soif, le viol. À 28 ans, May France vit toujours chez ses parents, on s’y s’active à reconstruire la maison familiale avec des moyens dérisoires. May rencontre Johnny qui la véhicule d’un camp à l’autre et devient son confident… »
Vendredi 10 janvier, à 11h, à Paris, à la chapelle du Val de Grâce messe pour l’écrivain Jean Métellus, et de 18h à 23h, Veillée d’hommage de la communauté haïtienne d’Ile de France : Salle ACDS de Neuilly (Espace St-Pierre), 121 avenue Achille Peretti, 92200 Neuilly sur Seine (métro : Les Sablons). Contacts : Elliott Roy 06 85 30 92 39 ; Pegguy Bazile 06 18 92 53 70 ; Paul Baron 06 09 90 07 16
Samedi 11 janvier, 10h, recueillement pour Jean Métellus, salle Coupole au crématorium du Père Lachaise
Samedi 11 janvier à Paris, conférence L’eau et l’assainissement en Haïti : SESAM un cas pilote, par François-Marie Perrot, Pdg de LYSA, organisée par l’association Haïti Mémoire et culture. A 15h30 au Centre culturel irlandais, 5 rue des Irlandais, 75005 Contact : www.haitimemo.org
Dimanche 12 janvier à Lyon, concert pour les enfants d’Haïti avec la maîtrise de l’Opéra de Lyon, sous la direction de Karine Locatelli, avec Grégory Kirche au piano, organisé par Lyon Partenariats Haïti. Entrée libre, participation aux frais libre. A 16h au Goethe-Loft, 18 rue François Dauphin, Lyon 2ème.
Diffusion France Ô, dimanche 12 janvier, 22h35, Haïti, le retour d’un sauveur, de Teddy Albert
Diffusion France Ô, dimanche 12 janvier, Lavilliers, dans le souffle d’Haïti, réalisation Axel Charles-Messance
Mardi 14 janvier, « Quatre ans après le séisme en Haïti : Quel impact pour la population et quelles conséquences sur les politiques publiques ? » Conférence-débat le mardi 14 janvier 2014, de 14h30 à 17h30, au ministère de l’Economie et des Finances, 139 rue de Bercy, Paris (75012). Contact : IRD-DIAL.
Mardi 14 janvier à Suresnes, 20h30, concert Musiques pour Haïti par l’orchestre de chambre lituanien SV Kristoforo et le chœur de chambre Jauna Muzika avec au programme, des œuvres de Haydn, Bridge, Kutavicius, Elie, Naujalis… Libre participation au profit des projets d’éducation musicale en Haïti de l’association Patrimoine sans Frontières. A 20h30 à l’église Notre Dame de la Paix (Cité-Jardins), Place de la Paix, 92150 Suresnes.
La réédition en poche de La Piste des sortilèges

La réédition en poche chez Vents d’ailleurs du livre culte de Gary Victor, La piste des sortilèges. L’édition originale était épuisée. La version poche est sortie à la rentrée (que la déesse des oxymores me pourchasse…), il trainait, oublié, sous des piles de livres qu’une nouvelle rentrée (celle d’hiver) m’obligeait à ranger… Il est tombé, pour rebondir ici sur ce Mur. En cette semaine des quatre ans d’après séisme, s’il y a un livre à lire et à relire, la nuit bien sûr (tout autre moment serait déplacé) c’est bien La Piste des sortilèges, roman magnifique de l’imaginaire incandescent haïtien… où Sanson Pipirit un ami à Persée Persifal le Juste se lance dans une hallucinante course-poursuite. Il doit ramener le Juste du pays sans chapeau, le royaume des morts.
La mort de l’homme de lettres haïtien Jean Métellus
L’une des grandes figures des lettres haïtiennes de la diaspora, le poète et médecin neurologue Jean Métellus est mort le 4 janvier 2014 à l’âge de 76 ans des suites d’une longue maladie. Né à Jacmel en Haïti en 1937, il vivait en France depuis son exil en 1959 lorsqu’il a fui la dictature de François Duvalier.
Il est édité tardivement, à l’âge de 41 ans, d’abord en poète par Maurice Nadeau avec son premier recueil Au pipirite chantant. Il sera romancier avec Jacmel au crépuscule (1981), La famille Vortex (1982), Une eau forte (1983) et dramaturge avec Anacaona (1986), Colomb (1982), essayiste avec Haïti, une nation pathétique (1987), De l’esclavage aux abolitions, XVIIe ‑ XXe siècles, en collaboration avec Marcel Dorigny (1998).
Jean Métellus est l’auteur d’un livre d’entretiens avec Jacques-Hubert de Poncheville
Sous la dictée du vrai (1999) ; de sa direction du Groupe de Recherche sur les Apprentissages et les Altérations du Langage (GRAAL – sic), il écrit Voyage à travers le langage (1996), et Vive la Dyslexie !, coécrit avec Béatrice Sauvageot (2002).
Cet homme exquis était un grand collectionneur de peintres haïtiens.
Prix :
- Grand Prix International de Poésie Léopold Sédar Senghor (2006)
- Le Grand Prix de poésie de la Société des Gens de lettres (2007)
- Prix International de Littérature francophone 2010 Benjamin Fondane (2010)
- Grand Prix de la Francophonie de l’Académie Française 2010
Honneurs :
- Chevalier de la légion d’honneur (2008)
Extraits du recueil Au Pipirite chant (Partie I)
Poème éponyme :
« Et le paysan haïtien enjambe chaque matin la langue de l’aurore pour tuer le venin de ses nuits et rompre les épines des cauchemars
Et dans le souffle du jour tous les loas sont nommés.
Au pipirite chantant le paysan haïtien, debout, aspire la clarté, le parfum des racines, la flèche des palmiers, la frondaison de l’aube. »
(…)
« Pour brûler un solfège d’épines, de fantômes et de chenilles prêts à enseigner la mort
Une toile d’araignée soudain me dispute les grâces des loas et bascule les pylônes du houmfort
Au pipirite chantant mon cœur est tourmenté, ma tête embrigadée par la vaillance des vœux… »
Extrait du poème Rires et larmes d’un enfant noir (recueil Au pipirite chantant), qui lui a valu d’être l’un des rares poètes noirs à être publié dans l’Anthologie de la poésie française du XXe siècle (Gallimard, Folio) :
« Et l’enfant noir en sortant de l’école s’arrête devant les vitrines, regarde les jouets, et les narines rappellent le souvenir d’un nouvel an, rappellent un plat préparé par
la mère, la mère infatigable, la seule magie de la maison, la mère qui fait réciter les leçons avant de prendre sa bible pour implorer la grâce, la mère
exemplaire, la mère invaincue, la mère qui tient tête à toutes les saisons aux monstres des banques, aux lois des tribunaux
Et cette mère apprend à l’enfant l’oubli des soucis
le secret de toute force
Elle apprend aussi à l’enfant à désirer en tout temps la puissance
Cette mère s’est installée dans son enfant pour boire ses larmes, pour lui apprendre à rire, à désirer invinciblement
Et puis à l’enfant elle a dit : Deux ruisseaux sur mes joues sont creusés le long de mes narines pour pleurer à ta place et je te lègue toute ma force de rire pour
l’avenir »
Notice Jean Métellus sur le site Île en île.
Au marché du dimanche, il y avait Apollinaire, il y avait Césaire…
Au marché du dimanche, il y avait Apollinaire, il y avait Césaire…
« Ta langue, le poisson rouge dans le bocal de ta voix. » Calligrammes, 1918 ;
« Qu’est-ce la beauté sinon l’affiche lacérée d’un sourire sur la porte foudroyée d’un visage ? » Et les chiens se taisaient, 1958.
Dans ce fracas, un désir
Ce qui nous fait bouger dans le vaste monde comme dans notre bibliothèque, qui double le monde et le densifie dans la dimension d’un dé à coudre jamais aboli ?
Le désir de connaître, le goût du risque, un appel pour une bascule dans l’inconnu (Comment vivre sans inconnu devant soi ? se demande le poète René Char), la soif d’absolu, l’envie de vivre pleinement, un appétit, un attrait pour l’immersion, une exigence qui va de soi, la mécanique simple en apparence d’un tour du monde, la curiosité ardente du beau, sous toutes ses formes, dans toutes ses qualités, ce désir farouche d’aller mieux au monde, le penchant pour ce presque rien d’un sourire échappé, geste complice à l’appui, moment de petit bonheur, existence précaire de nos variables sentimentales, conviction qu’un amour s’étend, s’étend… peut s’éteindre aussi, mais que l’amour tout court s’étend, c’est notre seule chance, pirouette maladroite, atout salutaire, humain… hypothèse que l’étayage de notre volonté par des bricolages d’émotions est un bel échafaudage, que nos fraternités s’imposeront contre les murs de mesquinerie, les hiatus, les escroqueries, les petites ou grandes voyoucraties, car, que diable ! Maeterlinck nous l’avait enjoint : « Il faut vivre, parce qu’il n’y a pas d’heures sans miracles intimes et sans significations ineffables. »
Avec l’auteur du bien nommé Trésor des humbles, tirons-nous parti nous aussi de « l’obscurité lumineuse des écrits purs » ?
Tirons-nous parti de la formule magique de René Char, toujours : « J’aime qui m’éblouit puis accentue l’obscur à l’intérieur de moi. » ?
Tirons-nous parti du poème d’Aimé Césaire, Configurations :
« Rien ne délivre jamais que l’obscurité du dire
Dire de pudeur et d’impudeur
Dire de la parole dure.
Enroulement de la grande soif d’être
spirale du grand besoin et du grand retour d’être
nœud d’algues et d’entrailles
nœud du flot et du jusant d’être. » ?
Oui ! nous sommes au monde, et notre choix est d’en faire quelque chose, une œuvre d’art disait Foucault. « Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues », écrivait Antonio Gramsci le 1er janvier 1916 cité par la comédienne Sophie Bourel aujourd’hui même. Et que cette œuvre soit fille bâtarde de haute bâtardise à un siècle de distance d’un Paul Gauguin ébranlé par tant de beauté tropicale du côté de la Martinique et d’une Sophie Calle demandant justement à des aveugles en son génie artiste si singulier : « Qu’est-ce que, pour vous, la beauté ? »
Même alors, ce que nous sommes dans cet espace d’un cillement, dans cet espace inexploité, quand cette nuit remue, au cœur de notre boîte d’allumettes,
hein, Batraville grand et généreux brûleur de mots au pays de Toussaint Louverture !
vains tisons de nos passions, nous sommes cette minuscule réalité augmentée de nous-mêmes, cette laminaire, algue éponyme avec Césaire en mémoire vive ! ou possiblement telle écorce de bois-fouillé, pirogue d’Haïti donc, fait minuscule dans une nouvelle frontière.

(Une du quotidien français Libération, le 15/01/2011)
Ô faille, nous le pressentons. Oui Spinoza ! au bord des larmes nous éprouvons avec les femmes d’un camp pandémoniaque de Port-au-Prince que penser mieux augmente le degré d’être, merci Gary Victor, grand pisteur, et dès lors que nous vivons l’instant en devenir, nous sommes d’ici, dans le cul-de-basse-fosse de la Voix lactée, ici et maintenant, et avec tous ceux qui nous ont précédés, ici et partout, et qui nous suivront, nous sommes de ce carrefour, poètes et legbas de nos petites misères, îlets gordiens aux amarres tissées un peu beaucoup passionnément.
Hein, Glissant ! hein, Fanon ! dont nous sommes les fiers et fieffés zélateurs, nos utopies parfois en berne, souvent hissées haut, qui nous propulsent car nous ne voguons bien que de plein vent. Avec Patrice Chéreau qui prenait date : « Je dis que l’avenir c’est du désir pas de la peur. »
Dans ce fracas, nous sommes faits de désir, faits entièrement de désir. Désir d’être. Comme ce désir de liberté, désir majuscule, dessiné, calligraphié en frontières d’un pays, la Syrie…
Question d’image, Varan persiste et signe
Faisant fi de toute inflation, insensibles à toutes les lois de l’économie, même informelle, négligeant volontairement les conseils les plus avisés, les Ateliers Varan remettent le couvert des « Dimanches de Varan » pour le tarif de 5 euros, café et croissant compris (un croissant par personne, faut quand même pas pousser mémé dans les orties) pour deux dimanches consécutifs, en janvier, les 12 et 19, de 10h à 14h.
Nous sommes désolés de signaler à la cantonade que la philosophe Marie-José Mondzain, aura carte blanche, ni plus ni moins, sur le thème : « Le cinéma et les contre-pouvoirs ».
« Il s’agira d’interroger les liens possibles ou impossibles des gestes cinématographiques avec une pratique révolutionnaire. » Au-delà de cette intention qui pourrait nous fourvoyer si nous n’y prenions garde, sachez que le 12 janvier c’est Eric Baudelaire qui s’y collera, à propos du travail de Masao Adachi dans sa relation à l’Armée rouge japonaise à la cause palestinienne [le cinéaste japonais a réalisé en 1971 Armée rouge – Front Populaire de Libération de la Palestine : Déclaration de guerre mondiale], et le 19 janvier on parlera Godard, ce qui ne peut pas faire de mal.

Et comme nous ne sommes jamais assez armés en de telles circonstances, vu le coût dérisoire de l’entrée des Dimanches de Varan, on pourra toujours investir dans la lecture de Homo spectator : voir, faire, voir, essai de Marie-José Mondzain que Bayard a réédité récemment. Par la même occasion, quelques consultations, voire des lectures véritables d’articles de l’intéressée seront mises à profit, tel l’entretien accordé à regards.fr en janvier 2008 : Qu’est-ce qu’une image ? Et même la conférence mise en ligne par Le Monde, il y a dix ans : Qu’est-ce que voir une image ? où l’iconologue se demandait déjà : « Qu’est-ce qu’un spectateur et quelle est sa place ? Est-il toujours reconnu quand on lui donne à voir dans sa situation de sujet de la parole et de la pensée ? »
On retrouvera Éric Baudelaire parmi les signataires du quatrième numéro des Carnets du Bal, Que peut une image ? avec douze autres contributions inédites.

[Les 26 janvier, 2 et 9 février, le critique et universitaire Frédéric Sabouraud essaiera de « Donner matière au temps »]
Devoir de vacances
TRADUIRE en allemand, anglais, arabe, lakota, lingala, swahili (au choix) :
– L’élève : Les racines des mots sont-elles carrées ?
– Le professeur : Carrées ou cubiques. C’est selon.
La leçon, Eugène Ionesco.
Dany Laferrière : « Le premier pays d’un écrivain c’est sa bibliothèque »
Premier entretien télévisé, ici sur France Ô, le 19/12/2013, de l’écrivain canadien d’origine haïtienne Dany Laferrière après son élection au premier tour de scrutin, jeudi 12 décembre, à l’Académie française.
Premier non-français élu à l’Académie (les autres étrangers avaient acquis la nationalité française au préalable).
Plus jeune immortel (Jean-Christophe Rufin était jusqu’à présent le benjamin).
Son intronisation, habit vert, épée et discours, ne devrait pas avoir lieu avant le printemps 2015.
Dany Laferrière a appris son élection à l’Académie française à Port-au-Prince où il participait à la Foire du livre [Papalagui, 12/12/2013] :
[Le monde est une figure de style]
« Ça a commencé comme ça. » Au distributeur de la poste d’Odéon, moi, blafard comme la lune encore plein les yeux, je les vois pas venir, deux jeunes roms jouent la surprise et me piquent un bon butin, j’ai pas le temps de respirer. Embrouille parfaite. Travaillent-ils pour eux-mêmes ? Pour un réseau ? J’en sais fichtre rien.
Dans la journée, j’apprends qu’un certain Jean-Marie a été condamné pour ses propos rapides et visqueux sur les Roms qui, dit-il « comme les oiseaux » volent « naturellement ». Condamné à 5 000 € d’amende par le tribunal correctionnel de Paris qui l’a déclaré coupable d’injure publique envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie. Travaille-t-il pour lui-même ? Pour un réseau ?
[Je continue le Voyage… « Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. » Marie-jeanne… anagramme imparfaite de l’autre, des paroles et des actes qui s’inversent sans équivalent. Le monde est une figure de style.]
Sur ces entrefaites, Laferrière, élu sans coup férir à l’Académie, au premier tour de scrutin, débarque au jité et mets les points sur les i : le Canada c’est le Canada, le Québec, c’est le Québec. Les Québécois apprécieront cet amour de la patrie. Il balance « le français comme butin de guerre ». Ah Kateb ! Nedjma notre amour… de la langue. Quel style Yacine.
Dany, le plus jeune des immortels, le premier « non-français » élu à l’Académie, les autres étrangers avaient acquis la nationalité au préalable. Dans le bureau du secrétaire perpétuel, j’avais maté auparavant cet immense tableau d’une séance des années 30, Pétain au milieu, oui Pétain… élu puis exclu de l’illustre Compagnie, au milieu d’hommes, que des hommes blancs et chenus. Laferrière a su profiter d’une ouverture comme Toussaint. Coup de panache, il s’est engouffré dans la brèche. Élu. Bravo l’artiste. Une victoire à célébrer jusqu’au bout de la nuit.
[au bout du petit matin, je lis sur FB la mésaventure d’Anderson Laforêt : « Vendredi 20 décembre 2013, J’ai été pillé hier soir à Petion-Ville vers 10h. Ils ont emporté ma valise contenant tous mes matériels de travail incluant mon laptop. Je continuerai toujours à aimer mon pays malgré tout…ma foi est inébranlable. »
C’est pas beau, ça ? Kimbé rèd ! Y a que les liens qui nous tiennent…]

