L’arme du style du lauréat Laurrent

Avec Les Découvertes (Minuit), Eric Laurrent est le lauréat du prix Wepler Fondation la Poste 2011. Dans le genre maniérisme élégant, ironie de Proust, madeleine de la langue française, entre curiosité précieuse du mot rare et amplitude du geste littéraire, le tout au service d’un récit initiatique, à l’amplitude assumée, Les Découvertes est l’un des plus beaux styles de cette rentrée !

À l’île Maurice, Tintin et Kapitenn Mirenn reprennent du service

Après un premier album des aventures de Tintin en créole mauricien (Le Secret de la Licorne, Papalagui, 31/08/09), Shenaz Patel récidive en traduisant Le Trésor de Rackham le Rouge, toujours chez l’éditeur réunionnais Epsilon éditions.

On retrouve avec plaisir la plume de l’auteur du Silence des Chagos (L’Olivier, 2005) et de Paradis blues (Théâtre, 2009) donner vie et répliques et jurons au Kapitenn Mirenn (Haddock alias Sounouk à La Réunion devient donc Murène à Maurice), alors que les Dupondt sont baptisés Zimo et Zimaz.

Rakam Ti-Rouz, devient le 17e titre en créole (réunionnais ou mauricien) de l’éditeur Éric Robin à La Réunion.

À lire, Papalagui, 30/10/11 : Tintin en créoles, des traductions pleines de trouvailles.

Lire Fanon à Censier, Interroger le présent de Fanon à Chaillot

Le 19 novembre, l’Université Censier (Paris III) organise une journée d’études : Lire Frantz Fanon aujourd’hui.
Le 28 novembre 2011, Médiapart propose le débat : Frantz Fanon, au présent (au Théâtre National de Chaillot, à 20h30).

L’université Censier (Paris III) organise une journée d’études (10h-17h) ce 19 novembre Lire Frantz Fanon aujourd’hui. En partenariat avec la Fondation Frantz Fanon et l’Université de la Réunion.

Adresse : Université Paris III Censier : 13 rue Santeuil 75005 Paris / Salle Las Vergnas 3ème étage.

Programme :

Matin, président de séance : Daniel-Henri Pageaux

10h : ouverture par Mireille Fanon Mendès France, présidente de la Fondation Frantz Fanon.

10h15 : présentation de la journée par Carpanin Marimoutou.

10h25 : Françoise Vergès, Université de Londres, présidente du CPMHE, « Lire Fanon aujourd’hui », conférence inaugurale.

11h : Seloua Luste Boulbina, Collège international de philosophie et Université Paris VII Denis Diderot : « Une crise de possession ».

11h35 : Elsa Dorlin, Université Paris I, Panthéon Sorbonne

12h10 : Présentation de la réédition par La Découverte des œuvres de Frantz Fanon par Thomas Deltombe

Après-midi, présidente de séance : Françoise Vergès

14h: Matthieu Renault, EHESS : « Frantz Fanon ou le voyage des théories en situation (post)coloniale ».

14h35 : Mourad Yellès, INALCO, Paris : La théorie fanonienne dans le champ littéraire algérien. De la « théorie des trois phases ».

15h10 : Carpanin Marimoutou, Université de La Réunion : « Interroger l’œuvre de Frantz Fanon depuis un espace de créolisation ».

15h45 : Michel Gironde, Université Paris IV : « Peau noire, masques blancs de Fanon et Le Labyrinthe de la solitude de Paz : points de vue croisés sur l’ouverture à l’autre ».

16h20 : lecture de textes de Frantz Fanon

Interroger le présent de Fanon à Chaillot

Débat organisé par Médiapart : Frantz Fanon, au présent, 28 novembre 2011 au Théâtre National de Chaillot, à 20h30. En partenariat avec l’Institut du Tout-Monde, la Fondation Frantz Fanon et le Théâtre National de Chaillot.

Adresse : 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris (entrée place du Trocadéro)

Présentation : 50 ans après sa mort, quel usage pouvons-nous faire, aujourd’hui, de la pensée de Frantz Fanon ? En quoi la vie de ce Martiniquais d’origine, inhumé en terre algérienne en 1961, médecin psychiatre, écrivain, théoricien et combattant anticolonialiste peut-elle nous aider dans notre saisie et conduite du présent ?

Participants : Elsa Dorlin, philosophe ; Nicole Lapierre, socio-anthropologue; Pap N’diaye, historien ; Louis-Georges Tin, porte-parole du CRAN. Edwy Plenel présentera cette soirée, le débat sera animé par Joseph Confavreux, journaliste à Mediapart.

Inscriptions : debats@mediapart.fr (merci d’indiquer le nombre de places souhaitées)

 

 

Photos à la Une (texte de la chronique Culture n°7 du 11/11/11)

En ce 11 novembre, notre regard s’arrête sur des photographies historiques.
1. Photo record à la Une : 4,3 millions de dollars. La plus chère du monde en ce mois de novembre 2011 est une photo des rives du Rhin par Andreas Gursky, connu pour ces photos grandioses, répétitives, vertigineuses où l’homme est minuscule devant un monde globalisé. Lors de la vente aux enchères du 8 novembre 2011, Christie’s à New York a battu le record mondial avec la photo Rhein II (1999) avec 4 338 500 dollars, soit 3,1 millions d’euros (actualités).
Voir le palmarès des dix photos les plus chères au monde, sur evous.fr, la galerie qui le représente, la Galerie Matthew Marks, la fiche Gursky du Centre Pompidou, un article détaillé du blog Phototrend, le point de vue de Henri Peyre Andreas Girsky ou la photographie du grandiose, les conseils de Télérama pour devenir collectionneur.
2. Photo symbole à la Une : la couverture du livre La France noire (La Découverte), créditée Getty images, première agence mondiale de la vente de photos, selon Le Monde.
C’est une photo parmi une série de cinq titrées « Jeune femme portant coiffe », sans nom de photographe, ce qui a autorisé le recadrage et le traitement sépia du document, dont l’original est plus grand, comme on peut le constater sur le site en accès libre de Getty images, dans la catégorie « glamour ».
Parmi d’autres utilisations de cette photo, une version d’un « rire à gorge déployée » est proposée pour l’affiche du First Friday du New Jersey, une rencontre d’échanges dans le réseau communautaire noir américain.
Probablement un mannequin inconnu par un photographe inconnu. La 4e de couverture représente un soldat des Troupes de marine (voir le feuilleté) ce qui, le jour du 11 novembre rappellera le Soldat inconnu, voire la Soldate de la beauté noire…
3. Photo Paris à la Une, avec l’un des rassemblements les plus importants de l’année, qui draine une multitude de galeries et de photographes, avec l’Afrique côté cœur, l’Amérique et les pays du Nord côté argent. Sotheby’s qui a mis en vente à 43 950 € ce vendredi à Paris une photo d’Irving Penn, Femme scarifiée du Dahomey, 1967, Fondation Irving Penn.
Dans une autre vente aux enchères à Paris, le 12 novembre, Women in Moroccan Palace, une autre photo d’Irving Penn, a été adjugée 361 000 euros.
Paris Photo est accompagné de différentes manifestations Off et de ventes aux enchères où la suprématie nord-américaine occupe les esprits. Parmi ces salons Off, la première édition de Fotofever avec ses 40 galeries invitées.
4. Photos de film à la Une : L’Ordre et la Morale, de Mathieu Kassovitz, au cinéma le 16 novembre (voir la bande-annonce). L’affiche actuelle (Mathieu Kassovitz dans le rôle de Philippe Legorjus) est quelquefois associée à une affiche qui représente Alphonse Dianou, interprété par Iabe Lapacas, debout attendant un hélicoptère de l’armée.
Mais la première affiche qui était présentée en début de tournage (Cinéma Teaser, 3/09/10) était plus complexe, moins épurée, de face et non de profil ou de dos. Les deux drapeaux, français et indépendantiste, encadrent les deux héros, de face. Elle a été écartée, la symbolique des deux drapeaux, hier et aujourd’hui, n’étant plus la même, puisqu’ils coexistent aux frontons des mairies calédoniennes. L’affiche actuelle privilégie une symbolique où seul domine l’accablement d’un héros survivant.

Simon Liberati, prix Femina 2011

Le prix Femina a été décerné à Simon Liberati pour Jayne Mansfield 1967 (Grasset), choisi au 1er tour par le jury par 9 voix contre 3 à Colette Fellous pour Un amour de frère (Gallimard).

Le Femina étranger récompense l’Américain Francisco Goldman pour Dire son
nom (Christian Bourgois) et le Femina essai à Laure Murat pour L’Homme qui
se prenait pour Napoléon (Gallimard).

Voir les dernières sélections du Femina 2011.