Brazza côté slam féminin : « J’ai oublié de hacher mes rêves. »

Brazza slame et l’ignore superbement.
Ces slameuses sont deux amies : Aurore Boréale et Robinson Solo, réunies depuis 2008 dans le collectif Styl’oblique. L’une écrit des textes de rage, l’autre aussi. Rage de l’enfermement familial. Le slam les a accueillies quand elles étaient à la peine, rejetées par leur milieu, l’un très religieux tendance protestante, l’autre catholique et père inspirateur de sa haine. Parmi leurs dernières scènes, la soirée de Miss Congo et une volonté affichée de féminisme chez les organisateurs. Seul bémol : à 4h du matin, elles attendaient toujours d’être payées. Elles ont dû se mettre en colère pour toucher leurs 50 000 francs CFA (75 euros) pour un spectacle qui avait nécessité une semaine de travail.
Elles répètent dans la rue, les squares, au milieu des gens. Pendant la période scolaire – qui ne commence que le 1er octobre – elles jouent dans les écoles.
« Certains vivent dans les mots des autres, ils dépaysent leur rêve, le slam c’est notre lutte à nous », raconte Robinson Solo, « un nom doublement solitaire ». Elle porte un tailleur qu’elle a dessiné, look de jeune dirigeante d’entreprise, cheveu lisse. Quand elle parle, elle parle le slam comme une seconde langue : « On ne veut pas cueillir les étoiles. On est sœurs d’armes. On n’a que des mots, c’est tout ce qu’on a. »
Aurore Boréale, sœur en slam, look longues tresses et bagout de belle tenue, textotteuse effrénée, a plusieurs dizaines de textes à son actif. Beau sourire de celle qui égrène la conversation de multiples : « Il-n’y-a-pas-de-problème ». Quand elle n’écume pas les rues à la recherche d’un cyber dans le désert urbain de Brazza le dimanche, elle raconte la galère pour trouver une scène dans la capitale. Il y a bien le CCF, c’est à dire l’Institut français, qui draine quelques têtes d’affiche. Pour le reste, il n’est pas toujours aisé de se faire reconnaître comme artiste.
Ses textes rappellent les derniers poèmes de Sony Labou Tansi, et sa rage rugueuse dans la râpe des mots. C’est moins politique, plus sentimental, mais très dévastateur pour les tenants du conformisme.
Africultures a publié quelques lignes de son slam :

« Dehors la barbarie a enseveli sous son poids

Tout élan d’espoir

La vie n’est plus qu’une pénitence

Jonchée de peines intenses

Ces peines qui perdurent si bien

Lutter contre elles n’est que peines perdues… »

Elle y mêle quelquefois des mots du sango de Centrafrique, pays d’origine de sa mère, qu’elle a étonnée pour répondre à ses reproches… alors que sa mère ne lui avait jamais appris la langue. C’est en écoutant les discussions avec ses oncles que le sango avait infusé. Plusieurs années après la révolte est entière : « Nous ne sommes pas de ce monde, de cette société étriquée qui fait semblant ».
Robinson, quant à elle, fait entendre un peu de lingala ou de kituba dans ses textes en français.
« Le slam c’est notre passeport pour la liberté. », dit-elle pour finir, avec cette merveilleuse parole : « J’ai oublié de hacher mes rêves. »

Au Congo, des kits solaires

Paradoxe du Congo : des kits solaires sont disponibles pour palier les coupures intempestives de courant, certes à des prix inaccessibles pour le commun des mortels congolais (1 000 euros), mais dans les cordes d’institutions, de ministères ou autres qui paient jusqu’à 10 fois plus dans l’année pour acheter de l’essence destinée au fonctionnement de leurs générateurs d’électricité, très pollueurs.

Au Congo, les atalakus…

« Au Congo, les atalakus jouent le rôle de chauffeurs de salle pour les artistes… et monnaient parfois leurs services auprès des politiques. »
Lire l’article de Jérôme Besnault de Jeune Afrique.

Et le documentaire de Dieudo Hamadi, que le festival Cinéma du réel a présenté et primé en mars dernier. Dans ce film immergé dans une réalité inédite (en 2011, l’élection présidentielle en République démocratique du Congo), « Gaylor, pasteur sans-le-sou (comme une majorité des neuf millions d’habitants de Kinshasa) se métamorphose en atalaku, « crieur » en lingala. Il fait affaire avec le député le plus offrant dont il assure la publicité dans la rue et pour qui il déniche des musiciens qui composeront la chanson de sa campagne. »

Au Congo, une critique d’art ou une critique d’art africaniste ?

De quelle culture est-on quand on regarde un œuvre d’art ? Question magnifique pour une  superbe séance aujourd’hui aux Ateliers Sahm de Brazzaville. Le thème : l’exposition Ron Mueck à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. L’intérêt : neuf œuvres seulement, certaines monumentales, d’autres lilliputiennes, toutes hyperréalistes. Trouble garanti tant le spectateur est constamment sur la brèche, entre réel/surréel, vivant/inanimé, matériau/sujet.


Après le diaporama des reproductions des sculptures de l’artiste australien, lecture de la présentation par le commissaire de l’exposition puis visionnage du petit film (2’21) sur « La femme aux fagots » (« Woman with sticks »), commentée par le cinéaste américain David Lynch, l’artiste japonaise Erina Matsui, le photographe français Gautier Deblonde, le marchand d’art britannique Anthony d’Offay. Enfin, écoute de l’émission de critique La Dispute, de France-Culture, enregistrée le 1er mai dernier.


Dans le petit film consacré à « La femme aux fagots », les mots de l’artiste japonaise Erina Matsui déclenchent une vague de questions chez les apprentis critiques congolais et camerounais. Elle dit : « J’imagine qu’elle construit un barrage comme un castor. Je pense que c’est un castor qui s’est transformé en humaine car au Japon le raton-laveur peut se transformer en être humain. C’est ce que j’imagine. C’est l’esprit japonais. » Et l’esprit africain, qu’imagine-t-il ? se demandent les critiques de l’atelier…

Landry : « Voit-on une œuvre au prisme de notre culture ? Ou bien : quelle culture choisit-on de taire quand on regarde une œuvre ? Dois-je la regarder comme une œuvre du monde ? Dois-je avoir un postulat africaniste ? Me couper du monde ? »
Job : « Faut aller au-delà… »
Sigismond : Il faut être capable de mettre l’œuvre dans son contexte. La voir selon sa culture, ce n’est pas réducteur.
Ruth : la voir dans un contexte européen, c’est s’ouvrir ? dans un contexte africain, c’est se fermer au monde ? Que faut-il faire ?
Landry : On est dans le faux. Y a-t-il une lecture universelle ? [Je dirais « univoque »] Y a-t-il une lecture large ? [Je dirais « élargie »]. En critique, chacun peu apporter sa part.
Sigismond : Plutôt qu’une possibilité, envisageons un éventail de possibilités. Dans la critique du film de Van Gogh de la série « L’Art en question », Erwan Bomstein-Erb a sillonné plusieurs pistes pour analyser La Nuit étoilée, ce qui lui permet d’appréhender plusieurs aspects de l’œuvre. Il la contextualise. Il ne s’est pas focalisé sur des références prises dans l’histoire de l’art mais aussi en astronomie, en architecture. Nous devons avoir une culture étendue.
Ruth : Je ne veux pas que l’on confonde culture et tradition.
Job : Tu ne l’as pas enfermé dans une culture…
Ruth : Pour peindre sa Nuit étoilée, Van Gogh n’a pas fait un saut en Afrique.
Sigismond : S’il parle du « sublime dynamique » c’est qu’il a lu Kant. Toute sa culture est convoquée. Nous ne sommes pas des critiques africains. Nous sommes Critiques.
Landry : J’enferme la critique dans l’africanisme ? Maintenant, un critique peut être dans le dilemme culturel. Imaginons que le cubisme de Picasso soit revisité par des Africains.
Christian : la culture abacost…
Sigismond : je peux regarder Picasso selon le prisme africain.
Ruth : La même œuvre mais nous allons nous exprimer différemment.
Sigismond : Imaginons un critique d’art ouest-africain, qui a connu le cheval et le sabre, et un critique d’art d’Afrique centrale qui n’a pas connu ni le cheval ni le sabre, comment vont-ils décrypter Guernica ?

Nous écoutons l’émission de France-Culture, La Dispute, consacrée à Ron Mueck, enregistrée le 1er mai 2013.

Sigismond : C’est la preuve qu’un critique doit avoir une large culture, invoquer plusieurs exemples. Et chacun défend sa position.
Job : je ne suis pas d’accord avec le critique pour qui Mueck c’est le Musée Grévin. Mais c’est une bonne émission.
Landry : oui les avis sont différents, en dispute. On a le devoir d’être vrai par rapport à notre histoire et notre culture. Corinne Rondeau est cultivée par ses références mais semble profane.
Jean-Euloge : elle parle de culte, de nouveau culte pour cette procession de spectateurs qui se pressent au devant des œuvres.
Ruth : Corinne Rondeau se laisse emporter par ses sentiments.

Au Congo, figures surréalistes

Pourquoi le gardien de cette institution porte-t-il des gants en laine parfaitement cocasses ici à Brazzaville ? « Pour me protéger des moustiques. », me répond-il.

Dévoré par les mêmes moustiques (ou d’autres, difficile à dire), l’ami Landry, au verbe facile, trouve refuge dans l’humour : « J’ai le corps tout moustifaillé. »

Dans une rue du centre-ville, je demande à une dame où se trouve la Banque du Congo.
– Traversez, c’est tout droit, puis à gauche.
– Merci madame.
– Le renseignement est payant.
– Combien ?
– 1 000 francs [1,5 euro]
– Votre renseignement n’a pas de prix.
Elle sourit.

Entendu à un carrefour, entre deux conducteurs en colère : « Il n’y a qu’un-seul-chef-ici- c’est-Sassou. »

La grammaire n’est pas qu’une chanson douce, dussions-nous amender un académicien. Serait-elle la clé de l’âme ? En lingala, être se dit « kozala » et avoir « kozalana », c’est-à-dire littéralement « être avec ». Autant d’être est un signe. De quoi ? Poursuivons l’étude du lingala avant de répondre.

Avenue de l’indépendance, la librairie de la Coupole vend peu de livres. Et aucun de la rentrée littéraire.

 

Au Congo, ça circule un peu, beaucoup… à la folie

Circulation boulevard Sassou N’Guesso, à Brazzaville. Double voie où des balayeurs s’échinent chaque jour à partir de 6h30 à épousseter les bordures d’un bitume écumé par un flot ininterrompu de bagnoles, de camions de chantier chargés ras la gueule, de taxis verts et blancs innombrables. Sisyphes du macadam payés 2 000 FCFA (3 euros) par jour par « l’Association de monsieur Hugues », prénom du maire de Brazzaville. Sauf qu’ils ne sont plus payés depuis deux mois, sans explication, et qu’ils balayent, balayent, balayent sans fin un sable fin qui revient revient revient au milieu de la pollution carbonique, sonore et poussiéreuse des bagnoles, bagnoles, bagnoles…
Circulation des photos du collectif Elili : Francis Kodia dont l’une des photos avait été choisie pour l’affiche du festival Étonnants voyageurs en février dernier aimerait se cantonner à son travail de photographe. Or, il doit batailler pour se faire connaître. Il rechercherait bien un agent en Europe, mais ne sait comment s’y prendre. Il me demande ce que je pense de ses photos. « Qu’elles circulent ! » est ma réponse. Le collectif cherche à « documenter le Congo ». Je les verrais bien aux Rencontres d’Arles. En décembre à Brazzaville se réuniront pour la première fois plusieurs collectifs de photographes africains, venant du Cameroun, du Togo, de Côte d’Ivoire.
Circulation des idées : Aimé Césaire était « homme d’ensemencement » (Cahier d’un retour au pays natal) et homme de circulation, comme le montre le film de Sarah Maldoror, Aimé Césaire, le masque des mots (1976) qui vient d’être montré à Brazzaville. Réalisation chaotique, même lourde, mais les spectateurs présents auraient apprécié un débat après le film. Doctrovée Bansimba, peintre, a vibré à l’écoute de l’incipit de « Calendrier lagunaire » : « J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires…» où elle voit le fleuve Congo, « blessure » entre les deux Congo. Je me retrouve comme après ma balade de dimanche dernier : le Congo, la blessure la plus rapprochée du soleil [Papalagui, 8/09/13]. J’ai toujours le texte avec moi comme une dizaine d’autres poèmes aimés. Je lui donne le texte qu’elle recopie.
Circulation des films en atelier : on me réclame des copies, demande dont la pudeur contraste avec la voracité de découvrir, savoir, apprendre.
Aujourd’hui deux films. Le premier porte sur « La Nuit étoilée », de Vincent Van Gogh (1889). L’ensemble des peintres et critiques des Ateliers Sahm  est réuni. On souhaite une seconde projection de ce court-métrage didactique de la série « L’Art en question ». Je fais circuler la série entière de dix films. Circulation de fichiers.
Second film : le long métrage de Patricio Guzmán, Nostalgie de la lumière (2010), puissante parabole sur la mémoire et le passé. Liens avec Les Enfants des Mille jours, présenté le 11 septembre (le Chili et les témoins de la dictature plusieurs décennies après, leur mémoire obstinée) [Papalagui, 11/09/13] ;  liens avec Van Gogh et sa recherche du beau dans la première Nuit étoilée (Nuit étoilée sur le Rhône, 1888) et sa recherche de sublime (l’homme infiniment petit devant l’infini des éléments comme totalité) dans sa seconde Nuit étoilée, un an avant son suicide. La Nuit étoilée est une profonde méditation sur la modernité, Nostalgie de la lumière, un grand poème du sublime pour vivre le présent. Je passe le film à Matthieu Boyce de l’Institut français très latino-américanophile…
« Certificat de circulation » est omniprésent dans le film de Thierry Michel, vu ce matin, Congo River (2006), tant les autorisations multi-tamponnées pour remonter le fleuve côté Kinshasa ne suffisent pas toujours. Le film fleuve dépasse un peu son auteur, qui n’arrive pas à tenir son parcours (narratif et fluvial), malgré de belles séquences.
Circulation des camions la nuit. Sur un terrain près de l’Institut français du Congo, des tractopelles creusent creusent creusent de 19h à 4h30. Pourquoi la nuit ? Les camions de déblais évitent les embouteillages. Pourquoi creuser ? Pour préparer la construction de deux immeubles de 14 étages reliés par une passerelle, avec héliport au sommet et appartements ministériels dedans. Source : le gardien à l’entrée.

Circulation numérique difficile à Brazzaville : le réseau ne fonctionne pas toujours et quand il fonctionne, il n’est pas toujours suffisant pour… avoir accès à Internet. C’est comme avoir un visa et rester bloquer à la douane. Quant à supporter un flux de films, ça tient du miracle. Du coup, de nombreux outils pédagogiques disponibles sur le Net ne circulent pas au Congo, ce qui à tendance à maintenir même les plus curieux dans la routine.

Au Congo, Kisukidi et Varda, deux femmes puissantes

Aux Ateliers Sahm de Brazzaville, projection de l’émission de télévision d’Arte, Philosophie, animée par Raphaël Enthoven, qui a invité Yala Kisukidi, spécialiste de Bergson et de philosophie française contemporaine pour parler de « Création », sujet fort à propos dans un atelier sur la critique d’art. La belle intelligence de l’agrégée et docteur en philosophie séduit le groupe.

Des questions clés sont notées : « Peut-on créer à partir de rien ? Est-ce dans l’art que s’exprime le mieux l’acte créateur ? »

Des affirmations sont reprises : « L’émotion nous pousse à créer / La pensée de la création a tendance à privilégier le geste, l’acte au détriment de l’œuvre. / Pour Bergson, tout acte de création partirait d’une contrainte. »

Les apprentis-critiques savent-ils que le père de Yala, Albert Kisukidi, est traducteur de l’hymne national de la République démocratique du Congo (Kinshasa) « Debout Congolais » en kikongo comme « Telema Besi Congo », qu’elle a accompagné ? Nous verrons lors d’une prochaine séance. Nous devons préparer la visite du collectif de photographes Elili dans le quartier Bacongo, nous travaillons sur une photo d’Agnès Varda :

Cette enquête sur la mémoire intime d’une photo prise par la cinéaste sur une plage de galets donne un film magnifique, Ulysse, remarquable d’introspection sensible, d’empathie pour le monde comme pour ses voisins. César du meilleur court métrage documentaire en 1982. Après la mémoire meurtrie d’une nation, le Chili, la veille, cet autre documentaire déplace les lignes internes.

 

[Congo, J+6] : De l’art à la critique de l’art, avec Thomas Bernhard

Des arbres à abattre de Thomas Bernhard, est repris au Théâtre de la Colline à Paris du 11 au 28 septembre 2013 dans une mise en scène de Claude Duparfait et Célie Pauthe, avec Claude Duparfait, Laurent Manzoni, Annie Mercier, Hélène Schwaller, Fred Ulysse avec la participation d’Anne-Laure Tondu.

« Lors d’un “dîner artistique”, le narrateur, Alceste moderne et double à peine déguisé de l’auteur, observe l’intelligentsia viennoise, avec qui il avait rompu depuis presque trente ans. Comme la plupart d’entre eux, il a assisté le matin même aux obsèques de Joana, artiste marginalisée qui s’est suicidée. Ce réquisitoire à l’humour désintégrateur se nourrit d’une quête brûlante : retrouver la vraie promesse de l’art, celle d’une pleine respiration. »

 

Même théâtre, même auteur : un second roman de Thomas Bernhard, Perturbation sera adapté et mis en scène par Krystian Lupa du 27 septembre au 25 octobre 2013 avec John Arnold, Thierry Bosc, Valérie Dréville, Jean-Charles Dumay, Pierre-François Garel, Lola Riccaboni, Mélodie Richard, Matthieu Sampeur, Anne Sée, Grégoire Tachnakian.

« Thomas Bernhard est un des auteurs de prédilection de Krystian Lupa, dont on a vu à La Colline Factory 2 et Salle d’attente. Pour son second spectacle en français, le metteur en scène polonais a choisi Perturbation : l’histoire d’un chemin initiatique, celui d’un fils qui suit la tournée de son père, médecin de campagne, et découvre, de maison en maison, de secret en secret, le désarroi multiforme des vies humaines. »

Au Congo, Les Enfants des mille jours

En ce jour, du 40e anniversaire du coup d’État, le 11 septembre 1973, diffusion aux Ateliers Sahm de Brazzaville, du film Les Enfants des mille jours, de Claudia Soto Mansilla et Jaco Bidermann. Témoignages d’anciens sympathisants des années Allende au Chili (1970-1973). Émouvant de projeter dans ce pays un documentaire sur le travail de la mémoire, la parole empêchée, la démocratie renversée.

by Iskrafilms