Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit La Croix

Lire la critique dans La Croix, intitulée « la cure de jouvence kanake de Régine Chopinot », par Marie-Valentine Chaudon : « La chaleur des voix et des guitares irradie la pierre du Cloître des Célestins, l’énergie des rythmes et des pas emporte le public. La danse du Wetr estompe les kilomètres et les différences. Un art du bout du monde aux vibrations universelles. »

Tombouctou, demi-tour !

« Sur le plan culturel, les nations civilisées du monde formaient une file en tête de laquelle trônait Tombouctou, mais un jour dit « Demi-tour ! » et Tombouctou se retrouva en queue. » Amadou Hampaté Ba, cité par Tor-A. Benjaminsen et Gunnvor Berge dans Une histoire de Tombouctou (traduction du norvégien Yves Boutroue, éd. Actes Sud, 2004).

À Nouméa, la fermeture de la librairie Montaigne

La fermeture à Nouméa ce lundi 2 juillet 2012 de la librairie Montaigne fiche un sacré coup au moral. Pour qui l’a fréquentée (elle avait été créée en 1958), c’était la référence, centre de gravité de la vie littéraire locale.

« Une librairie qui disparaît, c’est toujours très triste. C’est un lieu de rencontre, d’échange et de promotion de la création locale. L’âme d’une librairie, c’est tout ça, explique son ancien gérant, Pierre Faessel, libraire chez Montaigne de 1987 à 2009 qui avait notamment développé un fonds de bande dessinée et de science-fiction. »

« La librairie Montaigne a été rachetée en 2004 par Bruno Cogniard, un professionnel issu de la grande distribution, explique le quotidien du Caillou, Les Nouvelles calédoniennes. Nous avons connu une chute du chiffre d’affaires de près de 25 % ces derniers mois et les fêtes de fin d’année ont été très mauvaises. »

[Amazon est une entreprise de commerce électronique américaine créée en 1995 basée à Seattle, filiale française ouverte en 2000, effectif mondial : 17 000 personnes.)]

Autre raison invoquée : les difficultés de stationnement, et un moral en berne :

« Alors que l’As de Trèfle (autre librairie de la capitale calédonienne) recrute encore deux vendeurs, une dizaine de personnes seraient concernées par la fermeture de la librairie Montaigne. Lorsque l’on évoque l’avenir de l’enseigne, Bruno Cogniard reste pessimiste. « Aujourd’hui, personne ne veut d’une librairie. » », conclut l’article de Stéphanie Chenais.

Tombouctou : Voyage au pays des 100 000 manuscrits

C’était en novembre 2005, à Tombouctou, à l’occasion de l’université des Cinq continents et de la francophonie. Des ministres étaient venus de la capitale du Mali, Bamako. Des étudiants de l’ensemble de l’Afrique devaient bénéficier d’une semaine de séminaires sous l’intitulé : « Penser la diversité en termes de création et de professionnalisation ».

Un thème qui prend toute sa valeur à l’heure où l’obscurantisme gagne du terrain. Après la destruction des mausolées de la cité des 333 saints, le péril pèse sur les 100 000 manuscrits de Tombouctou.

À consulter, la page Tombouctou du site de l’UNESCO.

Lire l’article (accès réservé abonnés) dans Le Monde (29.06.12) de Jean-Michel Djian : « Tombouctou, épicentre du nouvel obscurantisme islamiste africain ».

À consulter le site malien Afribone.

Le premier roman en shikomori, langue des Comores

« Il aura fallu plus de 25 ans depuis le tout premier roman paru aux Comores en 1985 pour que cet archipel francophone et arabisant ose publier un roman en langue locale, le comorien, un parler fortement imagé proche du swahili.

Autobiographique, le roman signé Mohamed Nabhane retrace l’histoire d’une enfance déracinée et fait revivre le garçon de 11 ans qu’il a été dans les années 1960, parti étudier en Egypte, avec son père, un frère et un cousin.

Mtsamdu Kashkazi, kusi Misri signifie en shikomori (langue des Comores) « Mutsamudu, saison des pluies et saison sèche en Egypte ». Mutsamudu est la capitale d’Anjouan.

Paru la même année que la première traduction du Coran en comorien, en 2011, le roman s’est vendu à un millier d’exemplaires, une performance aux Comores, pays de l’Océan indien comptant 735 000 habitants et moins peuplé que Marseille.

Un deuxième tirage est en cours, ainsi qu’une traduction en français. »

La suite de cette dépêche AFP sur Comoresonline.net

Le roman est édité par Komedit.

Lire également l’article de Aboubacar Ben Said Salim sur Al-Watwan.

L’ambassadeur français refuse de serrer la main de Jean-Claude Duvalier (Radio Kiskeya)

Après le poète Anthony Phelps, c’est à l’ambassadeur français en Haïti, Didier Le Bret, de mettre à l’index l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, alias Baby Doc, comme le rapporte Radio Kiskeya, le 23 juin 2012 [Papalagui, 25/06/12].

« Ce rare incident diplomatique entre Didier Le Bret et l’ancien tyran s’est déroulé samedi, en présence de témoins, chez les frères de Saint-Louis de Gonzague, à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de cette école congréganiste phare.

Jean-Claude Duvalier a été samedi au centre d’un incident diplomatique chez les frères de l’instruction chrétienne Saint-Louis de Gonzague où l’ancien dictateur s’est vu refuser la poignée de main qu’il voulait échanger avec l’ambassadeur de France, Didier Le Bret, a rapporté un témoin privilégié à Radio Kiskeya.
Cette scène s’est produite dans l’enceinte de l’établissement congréganiste lors de la cérémonie commémorative de son 122e anniversaire qui coïncidait avec les cinquante ans de vie religieuse du frère Serge Larose, ancien responsable de l’institution. »

La suite sur le site de Radio Kiskeya.

Anthony Phelps vs JC Duvalier : son éditeur français affiche sa solidarité

Après la prise de position du poète Anthony Phelps qui vient de refuser d’être honorer par le président d’Haïti Michel Martelly [Papalagui, 16/06/12], son éditeur français, Bruno Doucey, s’est associé à ce refus dans un communiqué publié le 24 juin, intitulé « Contre l’impunité de Jean-Claude Duvalier en Haïti » :

« Pour exprimer son indignation devant l’impunité dont continue de jouir l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, le grand écrivain haïtien Anthony Phelps vient de refuser d’être honoré par le président d’Haïti Michel Martelly. « Je ne saurais accepter un hommage en temps qu’auteur de Mon pays que voici, tant et aussi longtemps que Jean-Claude Duvalier ne sera pas traduit en justice » a écrit Anthony Phelps au président Martelly le 15 juin dernier.
Agé de 83 ans, et vivant en exil au Québec depuis plus de 45 ans, après avoir connu les geôles du dictateur, Anthony Phelps associe une œuvre magistrale à une droiture d’esprit qui fuit résolument toutes les compromissions. Nous qui venons de publier son anthologie
personnelle, invitation à découvrir 50 ans d’une œuvre poétique colossale, sommes solidaires de cette courageuse démarche. Tous les haïtiens connaissent son livre culte Mon pays que voici, hymne à son île natale, publié en pleine dictature, et son refus de cette décoration est une véritable onde de choc. Son geste est l’honneur de la littérature
haïtienne. »

Chronique Culture du 22 juin 2012

Cet été j’espère troquer mes guêtres pour des tongues, des claquettes (comme on dit à Nouméa) ou des savates deux doigts (comme on dit à la Réunion)… ainsi que raconté en chronique culture, sur France Ô ce vendredi 22 juin 2012.

1. J’irai à travers les vastes océans, en commençant par l’Indien du côté de l’Afrique du Sud et de Soweto avec le Buskaid Soweto String Ensemble, c’est-à-dire l’Ensemble à cordes de Soweto, écouté hier à la Cité de la musique à Paris, parmi un parterre de parents, d’enfants de toutes couleurs, et de mioches allaités entre deux cris aigus..

Buskaid ? Car en anglais to busk c’est faire de la musique dans les rues. Cette école de musique classique créée à la fin de l’apartheid en 1992 vient d’ajouter à son répertoire le compositeur français du 18e siècle, fils d’esclave, le Chevalier de Saint-Georges (Lire dans Le Monde l’article de Benoît Hopquin, Soweto et le musicien français fils d’esclave).

Dans le film de Mark Kidel, Soweto Strings, on voit le travail quotidien et quelques prestations, dansées ou simplement jouées comme les mélodies élégiaques pour orchestre à cordes op.34 du compositeur norvégien Edvard Grieg, ou des danses à deux quand l’orchestre joue Rameau.

L’ensemble à cordes Buskaid Soweto jouera dimanche salle Gaveau à Paris, et mardi à Toulouse.

2. Du symphonique au polyphonique, de l’Indien à l’océan Pacifique qui sera présent en Avignon, festival qui n’est pas que théâtre mais aussi danse avec Very Wetr spectacle d’un groupe très connu en Nouvelle-Calédonie depuis sa création il y a vingt ans lors du festival des arts du pacifique aux îles Cook.

Le Wetr est l’une des grandes chefferies de l’île de Lifou. Le groupe travaille depuis trois ans avec la chorégraphe Régine Chopinot, grande figure de la danse contemporaine. « Le spectacle est découpé en six tableaux de douze minutes. Sur scène, on est onze danseurs et Régine Chopinot. On a eu trois semaines de résidence-création en mai, à Hnathalo », a expliqué Joseph Hnamano aux Nouvelles Calédoniennes.

L’enjeu est une création qui part du registre traditionnel et guerrier, où les danseurs sont vêtus de tutus en pandanus, où les chants sont polyphoniques, les percussions végétales, pour créer Very Wetr, costumes Jean-Paul Gaultier.

3. Puis direction les Caraïbes version Cuba, Cuba libre, piano libre avec Roberto Fonseca qui vient de sortir l’album Yo, et nous propulse avec ses invités dans les hybridités transatlantiques, jazz-funk, chants ancestraux, harmonies mandingues, rythmes gnawas.

Enregistré ici en concert à Londres tout récemment :

Roberto Fonseca le virtuose, petit chapeau grand talent, sera la semaine prochaine en concert, le 28 juin à Orléans, et le 18 juillet à l’Olympia au festival Nous n’irons pas à New-York.