[Centenaire Césaire] Les jeunes tambouyés sont prêts !

Découverts sur le site du collège Aimé-Césaire, de Fort-de-France, les préparatifs pour la journée consacré au poète, le 27 mars 2013 :

Sources : France-Antilles et Collège Aimé-Césaire.

Articles précédents sur Papalagui [Centenaire Césaire] :

Une plongée dans les archives du Parti communiste (27/02/13)

Palabre en Négritude, de Layla Metssitane (27/02/13)

Grand télescopage au Salon du livre (26/02/13)

Un nouveau « Cahier » à Paris (26/02/13)

Le Brasier du verbe, par Brigite Kloareg (24/02/13)

Théâtre sur les quais à la Gare Saint-Lazare (23/02/13)

150 choristes pour un hommage (21/02/13)

Frantz Absalon (19/02/13)

15 ans dans le 13e arrondissement (15/02/13)

Centenaire Césaire : ce qui nous attend (work in progress) (07/02/13)

[Centenaire Césaire] Une plongée dans les archives du Parti communiste

Oui, Aimé Césaire était adhérent aux Jeunesses communistes dès l’Ecole normale supérieure de Paris ; Oui, il a été le premier intellectuel français à le quitter avec fracas ; Oui, ses onze ans au PC ont été les plus florissantes de son engagement poétique, telles sont quelles unes des vérités racontées dans ce livre d’enquête de David Alliot, auteur d’une des rares biographies consacrées à la période 1945-1956 du grand homme de la Martinique :

Articles précédents sur Papalagui [Centenaire Césaire] :

Palabre en Négritude, de Layla Metssitane (27/02/13)

Grand télescopage au Salon du livre (26/02/13)

Un nouveau « Cahier » à Paris (26/02/13)

Le Brasier du verbe, par Brigite Kloareg (24/02/13)

Théâtre sur les quais à la Gare Saint-Lazare (23/02/13)

150 choristes pour un hommage (21/02/13)

Frantz Absalon (19/02/13)

15 ans dans le 13e arrondissement (15/02/13)

Centenaire Césaire : ce qui nous attend (work in progress) (07/02/13)

[Centenaire Césaire] Palabre en Négritude, de Layla Metssitane

Inspirée par le Maroc et l’Afrique, Layla Metssitane propose une mise en scène « Palabre en Négritude, Autour d’Aimé Césaire » au théâtre Rutebeuf de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ce 28 février à 20h30.
Pièce, montage : Écriture des passerelles, par la Compagnie Théâtre des Hommes.
Mise en scène, Layla Metssitane.
Avec : Dominik Bernard, Xavier Carrar, Layla Metssitane et le groupe Fake Oddity.

« En 2004, je suis retournée au Maroc, ça faisait longtemps que je n’y étais pas allée. Là-bas, au cours d’une lecture, on m’a offert Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire et pour moi c’était comme un cri, ça me parlait. C’était aussi un moment où j’étais dans une quête d’identité culturelle, « qui je suis ? d’où je viens ? » ». (Layla Metssitane dans Le Courrier de l’Atlas).

Lire également l’interview (Jeune-Afrique, 27/06/2011) de Layla Metssitane à propos d’Aimé Césaire et de sa précédente adaptation théâtrale, Stupeur et tremblements, d’Amélie Nothomb.

[Centenaire Césaire] Grand télescopage au Salon du livre

A faire démentir le proverbe Abondance de biens ne nuit pas, le Salon du livre de Paris, proposera au même moment, samedi 23 mars 2013, plusieurs hommages à Césaire, avec dans trois des tables-rondes l’écrivain Alain Mabanckou… Comment va-t-il se partager ?

1. Au stand B54, du ministère des outre-mer, « Variations Césaire » réunit de14h30 à 17h30 des « auteurs de la diversité », tels que présentés dans un communiqué :

  • Césaire par Alain Mabanckou (Congo/France)
  • Une saison au Congo par Jean‐Michel Martial (Guadeloupe)
  • Césaire, poète par Daniel Maximin (Guadeloupe)
  • Moi, laminaire… par Jean‐Michel Martial (Guadeloupe)
  • Césaire, l’homme de la Caraïbe, par Suzanne Dracius (Martinique) et Jean Métellus (Haïti)
  • Cahier d’un retour au pays natal par Jean‐Michel Martial (Guadeloupe) et Amkoullel (Mali).

2. Au stand U70, à 15h, l’Institut Français intitule sa rencontre : « Aimé Césaire : postérité et continuité d’une œuvre », avec :

  • Alain Mabanckou (écrivain)
  • Romuald Fonkoua (universitaire)
  • Gabriel Okoundji (poète)
  • Gerty Dambury (écrivain et dramaturge)
  • Nimrod (écrivain, poète)
  • Bruno Doucey (poète et éditeur)
  • Lectures de Jean-René Lemoine
  • Animation : Guy Registe (journaliste A3 Telesud/Radio France)

« Il s’agit, par les interventions de poètes et romanciers se réclamant de l’héritage césairien, de mettre en évidence cette résonance dans leurs œuvres respectives. La présence d’essayistes permettra également de mettre en lumière toute la singularité et la modernité du poète martiniquais né il y a exactement cent ans. »

3. Un Césaire peut en cacher un autre, un pays natal ne peut revenir qu’en littérature, confirme Philippe Lefait qui réunit à 16h30 sur le stand Z82, de la scène des auteurs, pour deviser sur le thème « Écrire le pays natal » avec deux écrivains francophones, l’un né au Congo, l’autre en Roumanie : Alain Mabanckou et Dumitru Tsepeneag.

4. Finalement, de 16 h 30 à 17 h, on se réunira autour de Valérie Marin La Meslée, avec Le Point et France Culture, qui recevra Suzanne Dracius et Jean Métellus pour une rencontre… « Césaire, l’homme de la Caraïbe ».

 

[Centenaire Césaire] Théâtre sur les quais de la Gare Saint-Lazare

Dans l’année du centenaire Césaire, la compagnie Téat’Lari (Théâtre des cultures créoles), dirigée par l’homme de théâtre martiniquais Jean-José Alpha, organise deux manifestations gratuites à Paris, en partenariat avec la SNCF et l’UNESCO :

La Gare Saint-Lazare, Claude Monet, 1877

Gare Saint-Lazare (Césaire est arrivé en septembre 1931 à Paris à la gare Saint-Lazare, via Le Havre) :

– Quatre représentations et tournages de Paroles et Silences (textes d’Aimé Césaire et de J.J Alpha), en public, sur les quais de la Gare St Lazare, initialement prévues les 21, 22 et 23 mars 2013, sont reportés d’une semaine aux 28, 29 et 30 mars.

– Conférence d’André Lucrèce, auteur de Aimé Césaire, Liturgie et poésie charnelle (éditions l’Harmattan), sur le thème : « Aimé Césaire, poète de la nature et de l’humain », le vendredi 22 mars à 13h (et non le 21 mars), dans les salons de la Gare St Lazare.

À l’UNESCO, journée « Centenaire Aimé Césaire », vendredi 17 mai 2013.

Les organisateurs invitent les associations et organisations à participer à ces évènements. Plus d’informations, auprès de Jean-José Alpha, en Martinique, tél. : 06. 96.38.54.82

Marseille : révisez vos classiques !

Avant la dernière ce dimanche 13 janvier 2013 à la Maison de la Poésie, puis une prochaine tournée, on ne saurait trop recommander aux Parisiens, tristes d’être absents de Marseille pour le lancement des festivités de la capitale européenne de la culture, d’aller passer deux heures avec Philippe Caubère, seul en scène pour interpréter le texte admirable d’André Suarès, Marsiho (Marseille en provençal). C’est de la langue française de haute tenue, « un objet de trop pure lumière et de trop haute beauté », pour citer le texte lui-même [voir l’extrait infra], de la prose qui résonne comme alexandrin, à la précision sidérante, écrite en 1931, d’une actualité manifeste, servie par un Caubère époustouflant, alliant avec éclat tous les registres, complice, poétique, lyrique, coléreux, majuscule, joueur, jouissif, pensif. Jamais portrait d’une ville n’a mérité une si belle intention. Marseille a son portrait dressé sans complaisance mais avec quel amour !

Divers tableaux se succèdent nous offrant le meilleur d’un texte et d’un grand diseur, qu’il soit aux prises avec le mistral, dans un lupanar, dominant la cité de son verbe chaleureux et moqueur, ou s’insinuant dans les parlers des bouges.

Le texte est disponible aux éditions Jeanne Laffitte, « un bloc de soleil » a écrit l’auteur de Boudu sauvé des eaux, René Fauchois à sa sortie. Ainsi pp. 40-41 :

« De toutes les villes illustres, Marseille la plus calomniée. Et d’abord, Marseille calomnie Marseille. Chaque fois qu’elle tâche à n’être plus elle-même, elle grimace, elle se gâte au miroir de sa lie. Elle n’est jamais si laide que dans la louange de ses farceurs, les gens de lettres qui ont quitté Paris ou Lyon, pour passer l’hiver entre le Vieux-Port et la Plaine.

Ces bouffons ont naturellement fait de Marseille l’image la plus bouffonne : Marius et la bouillabaisse, bagasse et té mon bon, l’ail et pechère, qu’ils prononcent péchère, César Coin de Reboul et Misé Favouille. Les histoires marseillaises valent les histoires juives, et à peine si elles sont moins basses. Les fesses de l’homme-singe et le bas ventre de ses guenons, les derniers échos de la digestion, l’ignoble indécence et le rire fécal en font presque tous les frais. Et les excès ridicules de la parole, l’énormité des propos ne sont guère moins loin de l’excrément. Le théâtre de cette gaîté est un égout. Qu’on est loin de l’heureuse galéjade : le français la dénature. La langue française est un objet de trop pure lumière et de trop haute beauté pour les saillies d’une allégresse presque enfantine. »

Roméo et Juliette, version théâtre (David Bobee), version cinéma (Rachid Djaïdani)

Roméo et Juliette, version théâtre

Le Roméo et Juliette de Shakespeare retraduit par Pascal et Antoine Collin, mis en scène par David Bobee est présenté au Théâtre de Chaillot dans un mixage de formes dansées, théâtrales et chantées en arabe. Des deux clans, Capulet et Montaigu sont des communautés disparates, dont le point commun est d’être marginales : « Une communauté de 14 personnages dans leurs diversités, dans leur beauté, explique le metteur en scène en résidence à Chaillot. Des acteurs à l’image de nos sociétés contemporaines, belles de leur mixité, vont tenir les rôles de cette tragédie. Dans Hamlet [sa précédente création en 2010 avec force acrobaties, rock, décor futuriste et macabre], les minorités étaient présentes, évoluant sur le plateau en périphérie d’un noyau familial blanc, autour du rôle-titre, ici, pour Roméo et Juliette ce sera l’inverse les Capulet comme les Montaigu seront interprétés par des acteurs d’origine arabe, Roméo comme Juliette, arabes ou d’origine tous les deux, pour éviter toute opposition grossière et inefficace, mais poser tout de même quelques questions. »
Les acrobates hip-hopeurs ont un accent latino-américain. L’origine arabe des comédiens n’est pas manifeste. On retiendra la remarquable exécution d’un chant en langue arabe par la comédienne syrienne Hala Omran (lady Capulet).
Nous avons suivi Jean Boissery. Né en Nouvelle-Calédonie, le petit neveu de l’écrivain Jean Mariotti, n’a jamais quitté complètement son pays natal, malgré son départ du Caillou en 1967.
Non seulement, il y revient pour transmettre son savoir-faire d’artiste mais il y pense même lorsqu’il joue en face de la tour Eiffel, au Théâtre de Chaillot, un Capulet aux multiples registres.

Roméo et Juliette, version cinéma

Rengaine, premier film de fiction de Rachid Djaïdani joue lui aussi avec les marges de la société. Contrairement à David Bobee qui ramène ces marges (sociales, linguistiques, migrantes) au cœur de l’action, sur le plateau, Rachid Djaïdani filme en gros plans, très gros plans. Il n’a pas besoin de les ramener au cœur de l’action, elle sont déjà omniprésentes. Une économie de moyens comme une intention d’auteur lui font choisir de s’intéresser aux marques sur le visage de Slimane (Slimane Dazi) : comment ce grand frère d’un tribu de quarante va assumer le « non » à sa sœur Sabrina (Sabrina Hamadi), « non » elle ne peut pas se marier avec un renoi, Dorcy (Stéphane Soo Mongo). Rachid Djaïdani filme un thème de théâtre classique façon black/beur, comme un combat de boxe, sport qu’il affectionne.

Au festival d’Avignon, « Very Wetr », «cet exotisme de pacotille», dit le site Evene

Lire sur le site Evene la critique comparatiste d’Etienne Sorin et Patrick Sourd (« Cherkaoui, Chopinot, Bel, Belaza… La danse dans tous ses états ») :

« La chorégraphe nous donne sur un plateau du Y a bon Banania en invitant le groupe Wetr (on prononce Ouetch), découvert lors d’un voyage en Nouvelle-Calédonie-Kanaky (…) Super Régine, mais est-ce une raison pour les exhiber hors de l’environnement de cette rencontre, donc dans un autre contexte forcément ridicule et se contenter de les regarder danser ou jouer au foot depuis le bord du plateau, un sourire ravi digne d’une touriste attendrie prenant des photos ? Pour être tout à fait honnête, quand elle ne lit pas sur son Ipad des textes, elle danse en solo dans un costume signé Jean-Paul Gaultier qui lui donne une allure de sauvage punk. Bref, un foutage de gueule dans la joie et la bonne humeur. Sauf qu’on avait oublié de prendre un acide pour tripper sur cet exotisme de pacotille. »