Roméo et Juliette, version théâtre (David Bobee), version cinéma (Rachid Djaïdani)

Roméo et Juliette, version théâtre

Le Roméo et Juliette de Shakespeare retraduit par Pascal et Antoine Collin, mis en scène par David Bobee est présenté au Théâtre de Chaillot dans un mixage de formes dansées, théâtrales et chantées en arabe. Des deux clans, Capulet et Montaigu sont des communautés disparates, dont le point commun est d’être marginales : « Une communauté de 14 personnages dans leurs diversités, dans leur beauté, explique le metteur en scène en résidence à Chaillot. Des acteurs à l’image de nos sociétés contemporaines, belles de leur mixité, vont tenir les rôles de cette tragédie. Dans Hamlet [sa précédente création en 2010 avec force acrobaties, rock, décor futuriste et macabre], les minorités étaient présentes, évoluant sur le plateau en périphérie d’un noyau familial blanc, autour du rôle-titre, ici, pour Roméo et Juliette ce sera l’inverse les Capulet comme les Montaigu seront interprétés par des acteurs d’origine arabe, Roméo comme Juliette, arabes ou d’origine tous les deux, pour éviter toute opposition grossière et inefficace, mais poser tout de même quelques questions. »
Les acrobates hip-hopeurs ont un accent latino-américain. L’origine arabe des comédiens n’est pas manifeste. On retiendra la remarquable exécution d’un chant en langue arabe par la comédienne syrienne Hala Omran (lady Capulet).
Nous avons suivi Jean Boissery. Né en Nouvelle-Calédonie, le petit neveu de l’écrivain Jean Mariotti, n’a jamais quitté complètement son pays natal, malgré son départ du Caillou en 1967.
Non seulement, il y revient pour transmettre son savoir-faire d’artiste mais il y pense même lorsqu’il joue en face de la tour Eiffel, au Théâtre de Chaillot, un Capulet aux multiples registres.

Roméo et Juliette, version cinéma

Rengaine, premier film de fiction de Rachid Djaïdani joue lui aussi avec les marges de la société. Contrairement à David Bobee qui ramène ces marges (sociales, linguistiques, migrantes) au cœur de l’action, sur le plateau, Rachid Djaïdani filme en gros plans, très gros plans. Il n’a pas besoin de les ramener au cœur de l’action, elle sont déjà omniprésentes. Une économie de moyens comme une intention d’auteur lui font choisir de s’intéresser aux marques sur le visage de Slimane (Slimane Dazi) : comment ce grand frère d’un tribu de quarante va assumer le « non » à sa sœur Sabrina (Sabrina Hamadi), « non » elle ne peut pas se marier avec un renoi, Dorcy (Stéphane Soo Mongo). Rachid Djaïdani filme un thème de théâtre classique façon black/beur, comme un combat de boxe, sport qu’il affectionne.

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