En Australie, sauve qui peut les langues

Une agression (verbale) dans un bus pour avoir chanter en français, des langues qui meurent, une nouvelle langue qui nait, le kriol…l’Australie est une île où la mondialisation a ses effets sur les langues et les comportements…

Les langues australiennes sont menacées. Ces mots qui meurent (La Découverte), l’essai remarquable du linguiste Nicholas Evans le montre dans une enquête passionnante. Lui qui a appris le français pendant ses vendanges décrit comment des peuples du Nord de l’île-continent enterrent des défunts comme derniers locuteurs d’une langue. C’est poignant. Il nous emmène du Vanuatu aux Amériques, du Cameroun à l’Australie, du Népal à la Sibérie et prouve ce que les langues menacées peuvent nous apprendre sur l’histoire des migrations, des technologies, des religions, de la pensée…

Une autre linguiste Maïa Ponsonnet, du CREDO, le Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie (UMR 7308) s’intéresse à une langue nouvelle, le kriol, « créole du centre nord de l’Australie, comptant au moins 20 000 locuteurs ». Elle nous en dira plus ce soir au musée du Quai Branly, à Paris, lors d’une conférence, Les langues australiennes : langues menacées, langues émergentes, qui présentera « le statut idéologique du kriol, souvent traité par ses locuteurs comme un marqueur identitaire [et] comment le kriol perpétue certaines caractéristiques propres aux langues locales plus anciennes.

Les langues sont aussi un enjeu dans les bus australiens. Une passagère française, Fanny Desaintjores, l’a appris à ces dépens. Big Browser, la veille du Web du quotidien Le Monde nous l’apprend sous le titre Bal(la)de : « Parle anglais ou meurs », agression xénophobe dans un bus australien. La scène se passe dans un bus qui traverse la banlieue de Melbourne, le 11 novembre [jour d’Armistice ! ]. Une femme chante en français. Une autre passagère se serait elle aussi mise à chanter « Aussie, Aussie, Aussie », un refrain populaire australien. Puis la première aurait continué un peu plus fort toujours en français.

S’ensuivit « une avalanche de violences verbales ». Sur une vidéo, la scène montre un premier homme interpellant la jeune femme et lui intimant : « Parle anglais ou meurs. » Après l’avoir insultée une première fois, il menace ensuite de lui couper les seins… La suite sur The Australian.

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