Le quartier-monde de Koffi Kwahulé

Cette idée d’appeler la Goutte d’Or, un quartier-monde, sonne juste.

A l’origine, une rencontre entre un auteur et un théâtre. Un auteur dont la plume musicale confronte l’Homme à son animalité. Un théâtre animé par le souffle d’un quartier-monde. L’écriture respire alors au rythme de la Goutte d’Or : Koffi Kwahulé vit en résidence au Lavoir Moderne Parisien et écrit sur le thème de la Joie avec les acteurs de ce quartier.
Anima Kwahulé est le titre de ces deux mois de programmation (à partir du 5 avril) où se mêlent spectacles, concerts, lectures, colloque, expositions dans des chantiers d’écriture-jazz.
Si la programmation Anima Kwahulé est centrée sur l’écriture de Koffi, elle invite également à découvrir un essaim d’artistes engageants – écrivains, acteurs, musiciens – dont les impros et les textes entrent en résonance. D’où une carte blanche à Denis Lavant et Monique Blin sous le parrainage de Gabriel Garran. (Extrait du site du Lavoir moderne parisien,  » quartier-monde  » de Paris).

On y reviendra forcément.

Glissant : Les Entretiens de Baton Rouge

Entre 1990 et 1991, Edouard Glissant enseigne à l’Université de Baton Rouge, aux Etats-Unis. Il se prête alors à une série d’entretiens avec son collègue médiéviste Alexandre Leupin , professeur distingué au département d’études françaises à Louisiana State University.   » Il y expose sa pensée du tremblement, opposée aux pensées de système et évoque son histoire personnelle, son départ pour la France, ses études à la Sorbonne, sa participation aux luttes anti-coloniales et ses fréquentations des intellectuels « , résume son éditeur, Gallimard, qui publie au mois d’avril Les Entretiens de Baton Rouge.

Wheke, le calmar maori de Paris complètement plastiné

A défaut de frontières accueillantes, ministère des trois  » i  » oblige, la France se fait fort de bien conserver une tête naturalisée de guerrier maori au Museum de Rouen et de faire preuve de la meileure hospitalité possible pour Wheke [pronconcez Ouéké], nouveau calmar néozélandais de 6 mètres de longueur, tentacules compris, pensionnaire d’un autre Museum , celui de Paris. Après six ans de formol, le procédé de la plastination, lui a permis d’être à nouveau présentable…Wheke est donc naturalisé et plastiné, ce qui le rend doublement séduisant…

Chamoiseau premier séminaire de l’Institut du Tout-Monde

Patrick Chamoiseau animera la première séance du séminiaire de l’Institut du Tout-Monde (présidé par Edouard Glissant) en collaboration avec l’Université de Paris 8, vendredi 28 mars à 18h30, Maison de l’Amérique Latine.  » Mondialisation, mondialité, Pierre-monde  » est le titre de la conférence de l’auteur de Biblique… Détails des autres séances sur le site de l’Institut.

De plus, Patrick Chamoiseau sera présent au Forum des revues interculturelles, à Lyon, le 29 mars, à 14h pour une intervention :  » L’interculturel, discours et pratiques « , et le 4 avril, 19h, pour le  » Tremblement du monde « . Contact : La maison des passages .

Poésie 2 : Glaneuses, glaneurs hors de toutes brisées

Glaneuses, glaneurs hors de toutes brisées, comment remplacer la pub à la télé ?, se demande le poète.

Placer la poésie en prime time permanent,
Faire donner des flopées de haïkus en rafale,
User des OGM (Odes Générales Mogholes),
Faire fi de tout bois,
Pub(lier) à bon compte d’auteur,
Se lier aux lianes ligneuses des rhizomes horizontaux,
S’affairer en folles figures figées,
Appeler quelque limier en liminaires,
Filer sans ratures les muses en filatures,
Déjouer les attendus,
Bifurquer les sens en tous sens,

Faire tomber de biais sur les codes.

Pinocchio en plein cœur

Pommerat nous frappe en plein cœur avec son Pinocchio. Les enfants ne s’y trompent pas pour cette dernière représentation de la création à l’Odéon. Ils applaudissent à tout rompre ce spectacle où le style de Joël Pommerat s’exprime à plein régime : un narrateur, torse nu, micro main qui renforce sa voix, (sa parole est forte, tranchante et rapide et pleine d’humour) raconte la seule chose qui vaille : la vérité. Il raconte la genèse, la naissance et la vie du pantin Pinocchio. Et sa quête de la vraie vie, allant du mensonge à la vérité.

Son père qui l’a fait est pauvre, timide. Alors que lui n’aspire qu’à la richesse -de manière quelque peu arrogante, et à la beauté. Les séquences se succèdent en tableaux rapides, à peine séparés par un fondu au noir sonore. Comme dans son admirable Petit Chaperon rouge, la trame sonore raconte à elle seule l’histoire. Tantôt, elle accompagne, tantôt elle ponctue, tantôt elle est surreprésentée, magistralement. Le théâtre de Pommerat rendrait le sourire à un aveugle mélancolique.

Ceux qui ont des yeux y voient aussi des mannequins, des musiciens, des personnages masqués, une fée géante, une mer comme aucune scène ne la vue aussi bien démontée (Devos en serait baba), et toujours ce jeu avant scène/fond de scène où Pommerat fait naviguer ses acteurs entre des immenses voiles de tulle. Les voiles pour la vue, les hypersons pour l’ouïe séquencent au rythme de la parole du narrateur comme autant de claps de réalisateur. La vie croissante se déroule inexorablement. Les épisodes connus (le refus de l’école, la prison, la transformation en âne, les retrouvailles de Pinocchio avec son père dans le ventre de la baleine) deviennent autant d’épreuves vers la vraie vie, non pas celle illusoire du divertissement, qui l’a tenté un moment, mais celle qui métamorphose un pantin de bois en petit homme. La vie en vrai voilà le don, une beauté, une bonté d’âme, qui dit vrai, qui dit la vérité.
Pour Pinocchio-Pommerat, la vie est une épreuve de vérité.

Extrait du dossier de presse :

Qui donc est-il, ce Pinocchio dont rêve Joël Pommerat et qu’il destine d’abord aux enfants ? Un être effaré, naïf, ravi – donc plongé, ajoute-t-il, dans «un état profondément théâtral». Autour de Pinocchio, héros d’une fête musicale et douce, le
spectacle joue du contraste entre l’austérité sérieuse du réel et les prestiges de la fantasmagorie. Ce conte librement réinventé où l’imagination enfantine se mesure à la dureté des «grandes personnes» part «de la question de la paternité et de la pauvreté».
Peut-on s’acquitter d’une dette de vie ? Comment devient-on grand tout en restant libre ? Joël Pommerat ne sait pas si les enfants se formulent de telles questions. Mais depuis qu’il a créé pour eux un Petit Chaperon rouge, il aime les histoires où elles se posent et sait qu’elles peuvent les captiver.

Extrait du livret de présentation, texte signé Daneil Loayza :

« Mentir, bien entendu, est aussi un besoin enfantin : celui de faire l’épreuve de sa liberté, fut-elle illusoire. Mentir, pour Pinocchio, c’est encore une façon de se déraciner, d’échapper à son appartenance pour tenter de se définir que par soi-même, dans ses propres termes. Le mensonge est donc également, du moins à un certain âge, un signe de vitalité : il réclame de l’initiative, de l’imagination, un certain sesn de la transgression. S’il contribue à développer ces qualités, il peut ouvrir à une meilleur connaissance de soi [on l’appelle alors d’un autre nom : songe ou fiction, voire « histoire vraie « ]. (…) Pommerat a lié deux aliénations et deux besoins : richesse et mensonge. Dans son spectacle, l’un porte sur l’autre, l’une provoque l’autre. C’est que ces deux alinéations, au fond, ont une racine commune : l’aspiration à être plus et autre que soi-même, aspiration qui chez les enfants, oscillant entre être et avoir, s’appelle « grandir « . »

Equipe :

Pinocchio d’après Carlo Collodi, texte et mise en scène Joël Pommerat
scénographie : Eric Soyer
Lumière : Eric Soyer avec Renaud Fouquet
animaux, mannequins : Fabienne Killy
son : François Leymarie, Grégoire Leymarie, Yann Priest
musique : Antonin Leymarie

avec : Pierre-Yves Chapalain, Jean-Pierre Costanziello, Philippe Lehembre en alternance avec Daniel Dubois, Florence Perrin, Maya Vignando

Tournée :

Prochaines étapes de Pinocchio : Tours, Chambéry, Lyon, Douai, Rennes, Bordeaux, Martigues, Brétigny.

obsession monochrome

Ces deux photos n’illustrent pas un goût maniaque pour le rangement, mais la démarche de l’artiste sud-coréenne Jeong Mee Yoon. Sa fille Seowoo aime le rose.

Depuis, Jeong Mee photographie les enfants et leur couleur dans leur chambre. Elle expose son travail à la gallerie Jenkins Johnson de New-York jusqu’au 26 avril, comme le raconte Bonnie Yochelson dans le New York Times du 24 février, repris dans le supplément hebdomadaire du Monde de ce week-end. George Perec , grand amateur d’inventaires en tout genre n’aurait pas renié ce travail de l’obsession monochrome…

Nimrod lauréat de deux prix

Le prix Benjamin Fondane a été remis aujourd’hui, à l’Institut culturel roumain de Paris, à Nimrod, poète, essayiste, romancier, auteur de trois livres publiés en ce mois de mars : Le Bal des princes, La Nouvelle Chose française, Rosa Parks : Non à la discrimination raciale.

Ce prix est décerné le jour de la célébration de la lutte contre la discrimination raciale et le lendemain de la Jounée internationale de la francophonie, ce qui fait de Nimrod un poète très célébré. Il est également le poète lauréat du prix Edouard Glissant 2008.

Le prix Fondane distingue chaque année un écrivain francophone dont la langue maternelle n’est pas le français. Les deux premiers lauréats furent le tchèque Petr Kral (2006) et le tunisien Abdelwahab Meddeb (2007).

Benjamin Fondane (1898-1944), dont l’œuvre essentielle, influencée par la pensée existentielle, fut écrite en français, est mort à Auschwitz. Il a notamment écrit Baudelaire ou l’expérience du gouffre (éditions Complexe, 1999).

Salon du livre : – 8%

Avec 165 300 visiteurs en six jours, la fréquentation du Salon du livre de Paris, qui s’est terminé le 19 mars, a baissé de 8 % par rapport à l’an dernier, a annoncé le Syndicat national de l’édition (SNE). Les entrées payantes (35 000) ont accusé une baisse de 17 %.