Maryse Condé, première lauréate du Grand prix du roman métis

Maryse Condé est la première lauréate du Grand prix du roman métis, qui lui a été décerné pour son roman En attendant la montée des eaux (éditions J.C. Lattès) ce 14 décembre à Saint-Denis de la Réunion, ville organisatrice du prix avec La Réunion des livres (Ecouter l’entretien).

Ce prix doté de 5 000 euros et d’une résidence d’écriture « récompense un roman adulte de langue française qui met en lumière les valeurs de diversité, d’échanges et d’humanisme, symboles de l’île de La Réunion. Il vise à stimuler la vie littéraire localement et à renforcer les liens entre les écrivains et éditeurs du monde francophone. »
Une mention spéciale a été attribuée à Fouad Laroui pour son livre Une année chez les Français paru aux Editions Julliard.
Le jury, présidé par Mohammed Aïssaoui, est composé, précise un communiqué, « de six journalistes ou professionnels du livre et de la lecture de La Réunion : Stéphane Auguste, Stéphanie Buttard, Marine Dusigne, Philippe Vallée, Marie-Jo Lo-Thong, Sham’s et de quatre écrivains : Nathacha Appanah, Isabelle Hoarau, Tahar Ben Jelloun et Patrick Poivre d’Arvor. »
Les titres de la sélection :

  • Devina d’Alain Gordon-Gentil
  • En attendant la montée des eaux de Maryse Condé
  • Le petit désordre de la mer de Joëlle Ecormier
  • Le silence des esprits de Wilfried N’Sondé
  • Une année chez les Français de Fouad Laroui
  • Géotropiques de Johary Ravaloson

Jérôme Ferrari, un portrait, un entretien en Corse

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30817Un portrait de Jérôme Ferrari à Ajaccio. Le lauréat du prix roman France Télévisions, de métier professeur de philosophie, nous reçoit chez lui et nous entraîne au bistro du Cours, café citoyen où s’affichent les multiples citations de passants, de philosophes connus ou d’autres avides flâneurs d’une pensée ouverte sur le monde. C’est en Corse…

Découvrez Rencontre avec Jérôme Ferrari, lauréat du prix roman France Télévisions sur Culturebox !

Et puis pour aller plus loin dans les raisons, le contexte, les influences, la mémoire entremêlée, l’entretien en intégralité :

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30766 http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30766Découvrez Entretien avec Jérôme Ferrari, auteur de « Où j’ai laissé mon âme » sur Culturebox !

La dernière interview de Jean Genet (Dieudonné Niangouna, Catherine Boskowitz)

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30760Découvrez 2010, année du centenaire de Jean Genet sur Culturebox !

Vu à l’espace Confluences, maison des arts urbains, boulevard de Charonne à Paris, la pièce de Catherine Boskowitz : « La dernière interview de Jean Genet », où l’auteur du Journal du voleur est devenu personnage et interprété par Dieudonné Niangouna. Représentations jusqu’au 15 décembre.

Selon le dossier de presse et Catherine Boskowitz : « Il s’agit d’une variation sur une interview (réelle) que Jean Genet a donnée à Nigel Williams pour la BBC à Londres pendant l’été 1985 (publiée chez Gallimard dans le recueil L’ennemi déclaré).
A partir de cette interview, un dialogue imaginaire entre Dieudonné Niangouna et Jean Genet prend naissance sur le plateau entre performance théâtrale et installation visuelle et sonore.
C’est cela que je me propose de mettre en scène avec Dieudonné Niangouna, auteur et acteur performer, Benoist Bouvot, concepteur sonore, Laurent Vergnaud créateur lumière, Jean-Christophe Lanquetin à la scénographie et
moi-même. »

Extrait :

JEAN GENET
Je crois que sur mon casier judiciaire, il y a quatorze condamnations pour vol. C’est vous dire que j’étais en effet un mauvais voleur, puisque je me faisais toujours prendre.
J’étais en prison, j’étais enfermé, je vous ai dit hier que le procès de la relégation m’avait été fait. Je ne devais plus sortir de prison. Donc, j’étais persuadé que personne ne lirait mon livre. Je pouvais dire ce que je voulais, puisqu’il n’y aurait pas de lecteurs. Mais il se trouve qu’il y a eu des lecteurs.
NIGEL WILLIAMS
Monsieur Genet, vous êtes né en 1910. C’est vrai ?
JEAN GENET
Oui
NIGEL WILLIAMS
Mais vous ne connaissiez pas vos parents, je crois ?
JEAN GENET
A ce moment là ? Non. Maintenant non plus.
NIGEL WILLIAMS
Vous n’avez pas été élevé dans une famille ?
JEAN GENET
Si, mais pas dans la mienne.
NIGEL WILLIAMS
Est-ce que c’était difficile de vivre dans une famille qui n’était pas la vôtre ?
JEAN GENET
Vous me demandez de vous parler de mes sentiments d’enfant. Pour en parler de façon convenable, je serais obligé de faire une espèce d’archéologie de ma vie, ce qui est absolument impossible. Je peux seulement vous dire que le
souvenir que j’en ai, c’est celui d’une période difficile, en effet. Mais échappant à la famille, j’échappais aux sentiments que j’aurais pu avoir pour la famille et aux sentiments que la famille aurait pu avoir pour moi. Je suis donc tout à fait – et je l’ai été très jeune – tout à fait détaché du sentiment familial. C’est une des vertus de l’Assistance publique française qui, justement, élève assez bien les gosses en les empêchant de s’attacher à une famille. A mon avis, la famille, c’est probablement la première cellule criminelle, et la plus criminelle.
Si vous voulez, maintenant, à mon âge, l’enfant que j’étais, je le vois, mais je le vois au milieu d’autres enfants qui étaient des gamins comme moi, et toutes leurs batailles, toutes leurs humiliations ou tout leur courage, ça me parait un
peu dérisoire, un peu lointain…
J’avais volé en effet avant, mais on ne m’a pas mis à Mettray pour vol. On m’a mis à Mettray parce que j’ai pris le train sans billet. Le train de Meaux à Paris, je l’ai pris sans billet. Et j’ai été condamné à trois mois de prison et à la colonie de Mettray jusqu’à vingt ans.

Prix Carbet de la Caraïbe, sélection 2010

Le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde se déroule à la Guadeloupe du 13 au 17 décembre 2010.

Pré-sélection de cette 21e édition :

Alfred Alexandre (Martinique), Les villes assassines, Ecriture, 2010 (Roman)

Robert Berrouet-Oriol (Haïti), Poème du décours, Triptyque, 2010 (Poésie)

Pierre Bouvier (France), Aimé Césaire et Frantz Fanon : portraits de décolonisés, Les Belles Lettres, 2010 (Essai)

Gerty Dambury (Guadeloupe), Effervescences, Les éditions du Manguier (Poésie), Confusion d’instants, Camille et Justine (1997 et 2010), Carêmes (2010), Enfouissements (inédit en 2000 aux Ed. du Manguier, 2010)

Fabienne Kanor (Martinique), Anticorps, Gallimard, 2010 (Roman)

Lémy Lémane Coco  (Guadeloupe), Grand Café, Ibis Rouge, 2010 (Roman)

José Le Moigne (Martinique-Bretagne), On m’appelait Surprise, Ibis Rouge, 2010 (Roman)
et La Gare, Microcosme 2010 (roman préfacé par Jean Métellus)

Kettly Mars (Haïti), Saisons sauvages, Mercure de France, 2010 (Roman)

James Noel (Haïti), Des poings chauffés à blanc, Editions Bruno Doucey, 2010 (Poésie)

Emeline Pierre (Guadeloupe – Haïti – La Dominique), Bleu d’orage, Pleine Lune, 2010 (Nouvelles) Rodney Saint-Eloi (Haïti), Haïti Kembé la ! 35 secondes et mon pays à reconstruire, Michel Laffon, 2010 (Récit avec une préface de Yasmina Khadra)

Amanda Smith (Irlande-Trinidad), Black Rock, Phébus, 2010 (Roman)

Evelyne Trouillot (Haïti), La mémoire aux abois, Hoëbeke, 2010 (Roman)

Sylviane Vayaboury  (Guyane), La Crique, L’Harmattan, 2010 (Roman)

Gary Victor (Haïti), Le sang et la mer, Vents d’ailleurs, 2010 (Roman)

Miss deux en un

En Côte d’Ivoire, un pays, deux présidents ;

En France, en Navarre et en Aquitaine, un pays, deux miss, mais un seul mister France ;

En Guadeloupe, un archipel, une miss sari, car l’Inde est une longue histoire… et une miss Rondésibel, comme en Martinique et en Guyane !

A Saint-Pierre et Miquelon, un comité miss a été créé en 2008.

En Polynésie française, on élit une miss dragon d’origine chinoise et chaque année a lieu l’élection de miss « vahine tane », ni plus ni moins l’élection des… « hommes-femmes », ou comment « être deux en un ».

Tooy, la chronique vidéo du livre de Richard Price

Commençons décembre avec Tooy, ça guérit de tout…

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30607Découvrez « Voyage avec Tooy » un livre sur les Saramaka de Richard Price sur Culturebox !

Auteur à suivre à Fort-de-France (Martinique), le 15 décembre 2010 18h30, Amphithéâtre de l’AMEP (Route de Redoute) et le 18 décembre à 10h, librairie Alexandre.

Ajaccio et son café citoyen

« Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », citation placardée sur les murs du bistrot du Cours, 10 cours Napoléon à Ajaccio qui organise ce mardi soir, comme tous les dernier mardi du mois, son « café citoyen ».

Sur les murs et au plafond du café de Pascal Bruno, patron de bar et maître de la parole, d’autres citations de philosophes ou d’anonymes, des drapeaux de tous les pays. Des internautes naviguent sur les écrans du cybercafé. Un panonceau signale : « une consommation, une connexion ».

Ce soir le patron du bar fera circuler un « bâton de parole » entre les participants. Ce bâton est haut comme un sceptre. Le patron évoque les Amérindiens ou les cercles de palabre africains : « Il n’y a plus de lieux de parole. Ici j’ai voulu mettre à disposition un lieu où se parle et où l’on attend que chacun ait fini de parler pour prendre la parole. Chacun aura droit à trois minutes de temps de parole, au terme desquels une minute supplémentaire pourra être accordée, puis le bâton sera repris par le maître de parole qui le transmetra à un autre intervenant.

Jusqu’à cet été, un café philo était animé le troisième mardi du mois par Jérome Ferrari, qui depuis le succès de son roman « Où j’ai laissé mon âme » a laissé l’animation à l’un des participants… contrôleur au centre des impôts.

Le thème de la soirée du café citoyen est défini après accord entre les participants. Le mois dernier c’était « la culture populaire ».

Guadalajara récompense Margo Glantz… et Folies d’encre

« Bashevis Singer dit, quelque part : « Les Juifs ne consignent pas leur histoire, ils n’ont pas le sens de la chronologie. C’est comme s’ils savaient de manière instinctive que le temps et l’espace dont une simple illusion. » Cette sensation d’un temps long, gélatineux, contracté et prêt à se réduire en un thème aux multiples variations et cadences, s’accorde à la vie de mes parents et aux conversations répétées d’où soudain sort une étincelle. Elle illumine un fait décalé de la chronologie idéale que l’histoire veut nous faire avaler. Le temps est un espace calligraphié se répétant perpétuellement, dans les constantes litanies avec lesquelles le juif religieux mesure sa vie. »

Margo Glantz, Les Généalogies, Éditions Folies d’encre, p. 29.

« Trois jours après l’attribution du prestigieux prix Cervantes à l’Espagnole Ana Maria Matute, 84 ans, c’est une autre femme, la Mexicaine Margo Glantz, qui a reçu le prix de la Foire internationale du livre de Guadalajara, au Mexique, doté de 150 000 dollars (114 000 euros). Romancière, essayiste et universitaire, Margo Glantz est âgée de 80 ans. Dans les Généalogies, l’un de ses rares ouvrages disponibles en français, elle part à la recherche de ses origines juives ukrainiennes et s’interroge avec humour sur l’identité mexicaine. Principal salon du livre en langue espagnole dans le monde, la Foire de Guadalajara attend 600 000 visiteurs d’ici au 5 décembre. Parmi les 500 auteurs invités, le prix Nobel français J.-M. G. Le Clézio, qui y a déclaré, samedi, en conférence de presse : « La littérature n’est pas faite pour guérir mais pour donner des maux de tête. » Libération, 29/11/10.

« La répétition est une des formes poétiques les plus simples. Je l’ai toujours vécue. On emploie aussi l’énumération, qui est le signe dominant de mon enfance. Nous traversions des rues et des maisons, je ne m’en souviens presque plus. Nous avons vécu dans la rue Amsterdam, au coin de la rue Michoacan, et dans la rue Axtlico, à l’angle de la rue Juanacatlan (désormais rebaptisée, par cette violence contre les noms qui altère notre vies) mes parents ont connu la rue des Capuchinos avant qu’elle ne reçoive le nom long et désormais obsolète de Venustiano Carranza. »

Les Généalogies, p. 149.

Margo Glantz, qui est francophone, était l’invitée du Salon du livre de Paris, en mars 2009 :

http://www.dailymotion.com/swf/video/x8ofxc_margo-glantz_creation?additionalInfos=0Margo Glantz
envoyé par slal.

(À noter que ce seul ouvrage de Margo Glantz édité en français l’est pas Folies d’encre, qui n’est donc pas qu’une librairie, fût-elle des plus accueillantes, mais aussi une maison d’édition.)