Tooy, la chronique vidéo du livre de Richard Price

Commençons décembre avec Tooy, ça guérit de tout…

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30607Découvrez « Voyage avec Tooy » un livre sur les Saramaka de Richard Price sur Culturebox !

Auteur à suivre à Fort-de-France (Martinique), le 15 décembre 2010 18h30, Amphithéâtre de l’AMEP (Route de Redoute) et le 18 décembre à 10h, librairie Alexandre.

Ajaccio et son café citoyen

« Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », citation placardée sur les murs du bistrot du Cours, 10 cours Napoléon à Ajaccio qui organise ce mardi soir, comme tous les dernier mardi du mois, son « café citoyen ».

Sur les murs et au plafond du café de Pascal Bruno, patron de bar et maître de la parole, d’autres citations de philosophes ou d’anonymes, des drapeaux de tous les pays. Des internautes naviguent sur les écrans du cybercafé. Un panonceau signale : « une consommation, une connexion ».

Ce soir le patron du bar fera circuler un « bâton de parole » entre les participants. Ce bâton est haut comme un sceptre. Le patron évoque les Amérindiens ou les cercles de palabre africains : « Il n’y a plus de lieux de parole. Ici j’ai voulu mettre à disposition un lieu où se parle et où l’on attend que chacun ait fini de parler pour prendre la parole. Chacun aura droit à trois minutes de temps de parole, au terme desquels une minute supplémentaire pourra être accordée, puis le bâton sera repris par le maître de parole qui le transmetra à un autre intervenant.

Jusqu’à cet été, un café philo était animé le troisième mardi du mois par Jérome Ferrari, qui depuis le succès de son roman « Où j’ai laissé mon âme » a laissé l’animation à l’un des participants… contrôleur au centre des impôts.

Le thème de la soirée du café citoyen est défini après accord entre les participants. Le mois dernier c’était « la culture populaire ».

Guadalajara récompense Margo Glantz… et Folies d’encre

« Bashevis Singer dit, quelque part : « Les Juifs ne consignent pas leur histoire, ils n’ont pas le sens de la chronologie. C’est comme s’ils savaient de manière instinctive que le temps et l’espace dont une simple illusion. » Cette sensation d’un temps long, gélatineux, contracté et prêt à se réduire en un thème aux multiples variations et cadences, s’accorde à la vie de mes parents et aux conversations répétées d’où soudain sort une étincelle. Elle illumine un fait décalé de la chronologie idéale que l’histoire veut nous faire avaler. Le temps est un espace calligraphié se répétant perpétuellement, dans les constantes litanies avec lesquelles le juif religieux mesure sa vie. »

Margo Glantz, Les Généalogies, Éditions Folies d’encre, p. 29.

« Trois jours après l’attribution du prestigieux prix Cervantes à l’Espagnole Ana Maria Matute, 84 ans, c’est une autre femme, la Mexicaine Margo Glantz, qui a reçu le prix de la Foire internationale du livre de Guadalajara, au Mexique, doté de 150 000 dollars (114 000 euros). Romancière, essayiste et universitaire, Margo Glantz est âgée de 80 ans. Dans les Généalogies, l’un de ses rares ouvrages disponibles en français, elle part à la recherche de ses origines juives ukrainiennes et s’interroge avec humour sur l’identité mexicaine. Principal salon du livre en langue espagnole dans le monde, la Foire de Guadalajara attend 600 000 visiteurs d’ici au 5 décembre. Parmi les 500 auteurs invités, le prix Nobel français J.-M. G. Le Clézio, qui y a déclaré, samedi, en conférence de presse : « La littérature n’est pas faite pour guérir mais pour donner des maux de tête. » Libération, 29/11/10.

« La répétition est une des formes poétiques les plus simples. Je l’ai toujours vécue. On emploie aussi l’énumération, qui est le signe dominant de mon enfance. Nous traversions des rues et des maisons, je ne m’en souviens presque plus. Nous avons vécu dans la rue Amsterdam, au coin de la rue Michoacan, et dans la rue Axtlico, à l’angle de la rue Juanacatlan (désormais rebaptisée, par cette violence contre les noms qui altère notre vies) mes parents ont connu la rue des Capuchinos avant qu’elle ne reçoive le nom long et désormais obsolète de Venustiano Carranza. »

Les Généalogies, p. 149.

Margo Glantz, qui est francophone, était l’invitée du Salon du livre de Paris, en mars 2009 :

http://www.dailymotion.com/swf/video/x8ofxc_margo-glantz_creation?additionalInfos=0Margo Glantz
envoyé par slal.

(À noter que ce seul ouvrage de Margo Glantz édité en français l’est pas Folies d’encre, qui n’est donc pas qu’une librairie, fût-elle des plus accueillantes, mais aussi une maison d’édition.)

L’œil en noir et blanc de Jean-François Tremege

Un masque de sable, sur la plage de la tribu de Kurine à Maré (îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie, Pacifique Sud), vu par Jean-François Tremege, dont on apprécie grandement le travail complice, comme ces cocotiers traversés par la lumière, même tribu, en 1998. À voir ou à découvrir dans cette galerie retraçant ses trois voyages sur le Caillou : Les sentiers d’une île.

Du Goncourt, de Picasso et du trait plus ou moins grossi…

A la veille du remaniement (du gouvernement), Papalagui se demandait si Michel Houellebecq avait des chances d’être nommé ministre de la culture (billet du 14/11/10). Cet augure n’étant qu’une conjecture de potache, il reste à puiser dans les lots de consolation pour ne pas paraître complètement farfelu. Ainsi la chronique de Philippe Sollers dans le JDD (un Journal du Dimanche qui paraît aussi le samedi) donne à P. de quoi pavoiser à peu de frais :

« Souvenez-vous, écrit l’éditeur dans son Journal du mois : la puissance (sic) lauréate du prix Goncourt de l’année dernière avait fait sensation en déclarant qu’elle ne voulait plus vivre dans la France de Sarkozy et que, donc, elle s’installait à Berlin (où, c’est vrai, on s’amuse plutôt ces temps-ci). Cette année, la revanche de Sarkozy est totale : Michel Houellebecq, après son triomphe attendu, est allé dîner à l’Elysée en petit comité sympathique. Le Président est un grand admirateur de Houellebecq depuis ses débuts, il sait par cœur des passages entiers d’Extension du domaine de la lutte. J’imagine qu’il a félicité Houellebecq pour le courage qu’il a eu en attaquant Picasso, peintre laid, stupide, malfaisant, inférieur à bien d’autres artistes, comme le propre père, peintre, du Président. Dans une de ses dernières interventions, le nouveau Goncourt a répété qu’il préférait Chagall à Picasso, en quoi on vérifie que c’est un grand sentimental. Faut-il en déduire que les jurés Goncourt, résolument subversifs, ont refusé de décerner leur prix à Picasso? Je regarde leurs têtes et je les retrouve aussitôt dans Daumier, posant, en académiciens, dans une redoutable posture de notables. »

Mais dans le rôle de l’arroseur arrosé que Houellebecq endosse malgré lui sous la plume de Sollers (on s’éloigne de Picasso), il n’est pas sûr que l’éditeur gagne. Dans les caricatures d’académiciens dessinées par Daumier, nous revient en mémoire celle d’Hugo…

Et dans l’affaire, il n’est pas sûr que Daumier soit à son avantage…

Mohammed Aïssaoui, dernier lauréat du prix RFO du livre

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28840Découvrez Mohammed Aïssaoui, Prix RFO du livre 2010 sur Culturebox !

Avec ce prix RFO du livre 2010 pour L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard), Mohammed Aïssaoui est lauréat multiplement : prix Renaudot essai, prix du roman historique à Blois, finaliste du prix Fémina essais, finaliste du prix Interallié, finaliste du prix du Premier roman. Reconnu dans les deux catégories roman et essai, il échappe aux conventions, l’auteur ayant romancé les trous de mémoire de l’histoire.

Récompensé au premier tour au sein d’une sélection qui comptait sept titres, Mohammed Aïssaoui, journaliste au Figaro littéraire est également président du tout nouveau prix du roman métis qui sera décerné à Saint-Denis-de-la-Réunion le 14 décembre.

Les principales qualités du livre de Mohammed Aïssaoui : révéler aux Réunionnais un pan de leur histoire, combler un vide historique, renforcer la mémoire de la lutte des esclaves pour leur liberté, écrire une saga judiciaire de 27 années, contribuer au même titre que les marqueurs de parole antillais à faire de l’histoire par la littérature.

A noter que Mohammed Aïssaoui sera sans doute le dernier lauréat du prix RFO du livre : l’entreprise ayant changé de nom pour Outre-Mer Première, le prix littéraire pourrait changer de nom, tout en continuant de marquer sa singularité au sein de France Télévisions. Ce lauréat est le second auteur d’origine algérienne, après Anouar Benmalek en 2001 pour L’Enfant du peuple ancien (Pauvert), l’histoire du dernier Aborigène de Tasmanie. Un signe encourageant pour les lettres algériennes qui s’intéressent à des histoires et des mémoires très éloignées géographiquement du Maghreb.

A lire, les résonances que provoque le livre de Mohammed Aïssaoui dans le milieu des juristes français aujourd’hui, sur le blog de Philippe Bilger

A visionner une interview (9′) à la librairie Le Divan, Paris.

http://www.dailymotion.com/swf/video/xddvgh_mohammed-aiyssaoui_creation?additionalInfos=0Mohammed Aïssaoui
envoyé par 1film1auteur. – Futurs lauréats du Sundance.

Le livre sur Tooy continue son voyage…

Richard Price présentera son livre Voyages avec Tooy à St. Laurent-du-Maroni, librairie « Le Toucan », 5 rue Schoelcher, le 1er décembre à 9h30, et au bar du Toucan à 18h30, une librairie où l’on sait parler chiffres, comme en témoigne ce petit film, tourné lors de l’inauguration de ses nouveaux locaux, en 2009 :

http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=4599574&server=vimeo.com&show_title=1&show_byline=1&show_portrait=1&color=ff9933&fullscreen=1&autoplay=0&loop=0La librairie le Toucan inaugure ses nouveaux locaux au 5, rue Schoelcher from mobileric on Vimeo.

Et pour les autres rencontres possibles :

Cayenne, lundi 29 novembre et vendredi 3 décembre, auditorium de l’IUFM, route de Baduel, 18h ;

Mana, bibliothèque, mardi 30 novembre, 17 heures 30 ;

Kourou, librairie Encrage, jeudi 2 décembre, 18 heures ;

Rémire-Montjoly, samedi 4 décembre.

Édouard Glissant, une anthologie, un entretien

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30211Découvrez Entretien avec Edouard Glissant sur Culturebox !

Lors du salon du livre de Paris, en mars dernier, Édouard Glissant nous avait accordé un entretien à l’occasion de la sortie de son Anthologie de la poésie du Tout-monde, titrée : La Terre, le feu, l’eau et les vents (éditions Galaade).
Les poètes étant reconnus depuis Rimbaud comme étant des voleurs de feu, Glissant aimant dire qu’il écrit en présence de toutes les langues du monde, son Anthologie est un ravissement, chaque écrit renvoyant à un autre, le tout formant une vaste bibliothèque personnelle aux ramifications innombrables :

« Diriez-vous qu’un poème peut être coupé, interrompu, qu’on pourrait en donner des extraits, morceaux choisis et décidés par l’action des vents malins ? Oui, quand les morceaux ont la chance c’est-à-dire la grâce de tant de rencontres, quand ils s’accordent entre eux, une part d’un poème qui convient à un autre poème, à cette part nouvelle, et devient à son tour un poème entier dans le poème total, que l’on chante d’un coup.

Une anthologie de la poésie du Tout-monde, celle que voici, aussi bien ne s’accorde pas à un ordre, logique et chronologique, mais elle brusque et signale des rapports d’énergie, des apaisements et des somnolences, des fulgurations de l’esprit et de lourdes et somptueuses cheminaisons de la pensée, qu’elle tâche de balancer, peut-être pour que le lecteur puisse imaginer là d’autres voies qu’il créera lui-même bientôt. »

En Haïti, étincelles de haine, étincelles d’espoir…

En Haïti, malgré l’épidémie de choléra qui a fait plus de mille morts, les élections sont maintenues pour le 28 novembre : près de 4,7 millions d’Haïtiens vont être appelés à choisir un successeur au président René Préval parmi 19 candidats. Ils devront également élire 11 sénateurs et 99 députés.

Des manifestants réclament le départ de « l’étranger », qui selon la rumeur serait la cause de l’épidémie.

D’autres présages sont alarmants : en Guyane, où l’immigration haïtienne est particulièrement importante (27% de la population immigrée, selon l’INSEE), les interpellations de Haïtiens ont repris. Elles sont suivies d’expulsions, annoncent les associations telles que la Cimade, le Gisti, la Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, ou le Secours Catholique qui rappellent que le gouvernement s’était engagé à suspendre le retour forcé des Haïtiens dans leur pays, après le séisme du 10 janvier.

Il n’y a pas eu une seule expulsion de ressortissant haïtien de Guyane depuis le séisme en Haïti, il y a dix mois et d’autant moins aujourd’hui avec l’épidémie de choléra qui sévit dans ce pays », a déclaré, Philippe Duporge, directeur départemental de la Police aux frontières (PAF). « Nous ne contestons pas le fait de remettre des APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) aux ressortissants haïtiens en situation irrégulière en Guyane, mais nous ne les rendons pas exécutoires », a-t-il précisé à l’AFP le 23 novembre.
Marc Grossouvre, porte-parole de RESF (Réseau Éducation sans frontières) en Guyane a confirmé qu’il n’y avait « pas eu d’expulsions de Haïtiens » depuis le séisme, mais que les remises d’APRF seraient « récentes » et justifient, selon lui, « l’inquiétude » des associations. Le directeur départemental de la PAF affirme, pour sa part, que ce « traitement administratif » des ressortissants haïtiens en situation irrégulière a débuté « dans les semaines qui ont suivi le séisme »

Et pendant ce temps, certains entrevoient une porte de sortie, tel Jean-Marie Théodat, qui dans son blog quotidien, envoie de Port-au-Prince, ses mots à travers le Web :

« Et si je me lève tôt, c’est pour collecter toutes les étincelles d’espoir du jour qui me laissent entrevoir une lueur d’espoir pour sortir de la tente, un jour prochain, ainsi que tous les autres réfugiés qui dorment sous la tente, la tête haute. Alors, on pourra dire, sincèrement, merci à tous les étrangers qui ont voulu, souvent bénévolement, nous aider ! Et moi, je pourrai dormir tout à mon aise, mes quatre heures. Alors, la génératrice du voisin pourra faire son boucan d’enfer toute la nuit, son coq chanter au point du jour et les moustiques attaquer en ordre serré : je m’en fiche comme de ma première vérole. Je dormirai sur mes deux oreilles, car je saurai que dehors, un esprit sain veille sur nous. Dans l’attente, de je m kale nan fènwa a ! Je veille dans la nuit. »