Maryse Condé et Alain Mabanckou sélectionnés pour le prix Man Booker International

Remis tous les deux ans à un auteur pour l’ensemble de son œuvre, le prix britannique Man Booker a dévoilé sa sélection de dix écrivains parmi lesquels la Guadeloupéenne Maryse Condé, le Franco-congolais Alain Mabanckou, la Libanaise Hoda Barakat et le Mozambicain Mia Couto.

La Man Booker Foundation a dévoilé le 24 mars à l’université de Cape Town, en Afrique du sud, sa sélection pour le Man Booker International Prize 2015. La 6e édition du prix britannique, décerné tous les deux ans à un romancier pour l’ensemble de son œuvre et doté de 60000£ (82000 €), sera annoncé le 19 mai au cours d’une cérémonie au Victoria and Albert Museum à Londres.

Deux francophones, la Guadeloupéenne Maryse Condé et le Congolais Alain Mabanckou figurent dans cette sélection qui compte huit autres auteurs: César Aura (Argentine), Hoda Barakat (Liban), Mia Couto (Mozambique), Amitav Ghosh (Inde), Fanny Howe (Etats-Unis), Ibrahim al-Koni (Lybie), László Krasznahorkai (Hongrie) et Marlenevan Niekerk (Afrique du sud). Aucun des dix auteurs n’avait été sélectionné précédemment. Et cinq pays apparaissent pour la première fois dans la sélection: la Libye, le Mozambique, la Hongrie, l’Afrique du sud et le Congo.

Lattès, éditeur des derniers livres de Maryse Condé, publiera le 8 avril Mets et merveilles, dans lequel l’auteure de Tituba sorcière évoque sa vie à travers la cuisine, celle de son enfance, celle des pays où elle a voyagé, celle du quotidien.

De son côté, Alain Mabanckou, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic, est publié au Seuil et en poche chez Points. Son dernier livre, Lumières de Pointe-Noire est paru en 2013 au Seuil et en 2014 en Points.

Le gagnant succédera à Lydia Davis, lauréate 2013, Philip Roth (2011), Alice Munro (2009), Chinua Achebe (2007) et Ismael Kadaré (2005).

Présidé par la romancière et universitaire Marina Warner, le jury du Man Booker International Prize se compose du romancier Nadeem Aslam, d’Elleke Boehmer, romancier, critique et professeur de littérature anglaise à Oxford, d’Edwin Franck, directeur éditorial des New York Review Classic series et de Wen-chin Ouyang, professeur d’arabe et de littérature comparée à l’université de Londres.

Source : Livres-Hebdo.

Pas de négociations avec le style

« Bla bla bla bla bla moi vrillé dessoudé banni je naquis tout nègre et tout bègue en territoire d’exil sous un ciel où des siècles de luttes contre la dérive et le systématique démembrement du courage contre les appels de la mort lente n’ont laissé que traces de banqueroute dans le publiques finances de notre sang arrière-goût de déveine sur la table dégarnie de nos langues même l’ombre de la gloire n’invita qu’au vertige de mots sonores Bla bla et voici rapines et voici flammes et voici leurres et voici peurs et voici pleurs et voici quotidiennes offenses à l’homme en nous… »

Ces lignes sans ponctuation aux répétitions scandées, alternant le « je » tonitruant de l’auteur narrateur et la grande drive de l’histoire qui culbute et charrie des peuples volontaires ou assignés à résidence, débutent Négociations, de Jean-Claude Charles, aux éditions Mémoire d’encrier, sises à Montréal, collection Poésie, premier jalon de la réédition intégrale de l’œuvre de l’écrivain haïtien mort à Paris en 2008 à l’âge de 58 ans (Papalagui, 07/05/2008), recueil préfacé par James Noël qui remercie son aîné « pour avoir ouvert la route à beaucoup d’entre [eux], afin de négocier leurs] vies en littérature. »

Un Brésil, trois écrivains

Trois écrivains brésiliens, trois exemples d’une littérature qui questionne le monde : Bernardo Carvalho, auteur de Reproduction (Métailié), Luiz Ruffato, auteur de À Lisbonne j’ai pensé à toi (Chandeigne) et coordinateur de l’anthologie Brésil 25 (Métailié)
Ana Maria Machado, auteur de La Mer ne déborde pas (Éditions des femmes).

Haïku de printemps

هايكو الربيع

صدف على الشاطئ
أسير خفيفاً كأني  إحدى القصائد
تحت الماء في السُّحُب اللانهائيّة  الشكل
على البحر يفيض من الجسد

Coquillages sur la plage
Je marche léger comme un poème
Sous l’eau des nuages aux formes infinies
Sur la mer qui déborde du corps.