Bonnes nouvelles de Corée

Eun Hee-Kyung, Les Boîtes de ma femme, Zulma : un recueil de cinq nouvelles, dont je viens de lire la première qui donne son titre au livre, traduit du coréen par l’auteur et par Pierrick Micottis.

Style descriptif (d’un bureau, d’un appartement quelconque, d’une psychologie féminine froide, des sentiments).

Extrait, p. 20 :

 » Quand ma femme était seule, elle s’occupait de nettoyer et de ranger l’appartement. De temps à autre, elle se mettait à son bureau pour feuilleter des magazines ou des journaux. Elle aimait bien ce bureau. Ses lectures étaient variées. Il me semblait toujours qu’elle ne lisait pas comme les autres gens qui se cultivent ou se forment à travers les livres. Elle ne gardait en mémoire qu’une infime partie de ce qu’elle avait lu. Comme par ailleurs elle était consciente d’interpréter le contenu de ses livres à sa manière, elle commençait toujours ses histoires en disant :  » Je ne sais pas si ma mémoire est bonne, mais…  » En vérité, elle préférait ranger ses livres dans ses boîtes pour mieux les oublier. En dehors de la lecture et du rangement, elle dormait pratiquement toute la journée.  »

Donc style d’entomologiste mais efficace. Personnages au relief juste suffisant pour porter le tête à tête homme/femme dans une impasse inexorable, prévisible. On s’y attache comme à ce style dépouillé, comme les rues, le travail de bureau, donc une certaine vision de la Corée.

La phrase est classique, quelquefois Eun Hee-Kyung vous assène une subordonnée antéposée avec une telle évidence ! façon phrase retournée comme un gant, en somme. Exemple :  » Sur les nerfs pour avoir été désigné, l’avant-veille, chef d’équipe d’un nouveau projet dans mon entreprise, je n’étais guère en mesure d’écouter les piètres excuses de ma femme.  »

J’en étais là de ma première lecture de Eun Hee-Kyung… quand m’est revenu à l’esprit le film de son compatriote Im Kwon-taek, Ivre de femmes et de peinture, prix de la mise en scène à Cannes en 2002.

On ne peut pas imaginer styles plus opposés que ces deux oeuvres. Le flamboyant Ivre de femmes et de peinture raconte l’histoire au XIXe siècle d’un artiste aimant l’alcool, les femmes et la peinture jusqu’à la dévoration (les trois), Jang Seung-Up. Un critique français évoqua à propos de ce film dans la Corée décadente de l’époque ce mot de Cocteau :  » une orgie de beauté « . Evidemment un recueil de nouvelles n’est pas en général lyrique.

C’est sans doute aussi une question de générations et d’époque. Le cinéaste est né en 1936, l’écrivaine (car madame Eun est une romancière) en 1959. Elle est très populaire, elle a été lauréate en 1998 pour Les Boîtes de ma femme du Prix Lee Sang. A la démesure de l’un succède l’extrême mesure de l’autre…

   

Quais du Polar : la loco Piccoli

Au Festival Quais du Polar à Lyon, un instant de cinéma comme peu.

Max et les ferrailleurs, un des très grands films de Claude Sautet (1971) dans la belle salle du Comoedia, avenue Berthelot. Sur l’écran, Michel Piccoli (Max) et Romy Schneider (Lili, prostituée indépendante, compagne d’Abel, l’un des ferrailleurs).

Dans la salle, au milieu du public, Michel Piccoli, 84 ans.

Piccoli est accompagné de Michel Boujut, critique de cinéma pour qui  » Max et les ferrailleurs est un film parfait « . Les deux complices nous font la grâce d’une discussion post-film. On oublie assez vite le fil du temps et les 38 ans qui séparent Piccoli-Max et Piccoli-dans-la-salle. On pense un moment à La Rose pourpre du Caire, le film de Woody Allen (1985) où Tom Baxter sort de l’écran et vient dans la salle pour conquérir le cœur de Cécilia, une jeune serveuse de brasserie, qui voit le film pour la cinquième fois. On y pense puis on passe à autre chose d’encore plus sidérant… La qualité de jugement de Piccoli, qui incarne le cinéma à l’écran comme dans la salle…

Max-le-policier rêve d’un flag, seule méthode selon lui pour mettre au trou des braqueurs. Et un flag, ça s’organise… Il deviendra Max-le-banquier qui ira – suprême délice – séduire par l’argent Lili la belle pute à la grande âme, qu’il manipulera froidement pour qu’elle entraîne la bande de son ami, Abel, de la ferraille de Nanterre à une petite agence bancaire, rue d’Argonne dans le XIXe, à Paris…

Tout le film nous tient dans cette double tension : la tension du suspense policier (Max réussira-t-il à monter le flag,  » son  » flag ? et la tension amoureuse (Max-le-banquier et Lili-la-prostituée fascinée par l’argent vont-ils s’aimer ?). C’est un film de maître et un duo admirable.

C’est Michel Boujut qui lance la loco Piccoli. Il faut dire que dans la dernière séquence de Max…, alors que Piccoli a joué pendant tout le film sur le registre du tragique-tendu-contenu, obsédé par la volonté très maîtrisée de monter le flag parfait, un événement survient. Et le duo Piccoli/Romy Schneider se métamorphose dans une bulle de regards croisés, absolument divins.

Alors Boujout dans cette salle du Comoedia demande à Michel Piccoli :  » Qu’aviez-vous dans la tête à ce moment là quand on vous emmène, et que Lili-Romy Schneider est sur le trottoir, et que vous la regardez avec ce regard-là ? »

Et Piccoli qui lui répond tout de go (esprit plus rapide tu meurs) :  » J’avais la tête dans le vide. Un comédien qui a été plein de beaucoup de sentiments, qui a été admirable de ce plein, il doit savoir faire le vide. «  Et ce vide est vertigineux, tant il montre le désarroi d’une réussite. Le flag a réussi, il a gagné, mais il a tout perdu aussi. Max…, c’est la tragédie par le vide.

Et Piccoli – qui n’est pas que Max-  sait où il se trouve, justement dans cette salle du Comoedia, 38 ans près. On a l’impression que dans son esprit le tournage c’était hier.

On lui a raconté toute l’histoire du cinéma de l’avenue Berthelot, créé il y a presque un siècle, dans la ville des frères Lumière. Et Piccoli est dans cette ville ce jour-là après avoir regardé parmi nous ce film-ci, Max et les ferrailleurs. Donc l’histoire d’un ciné racheté par le groupe UGC puis racheté par un indépendant qui lui redonne le nom de Comoedia, et UGC qui lui fait un procès, UGC qui ne veut pas que le nom soit maintenu (ils ont racheté la salle donc le nom). Finalement UGC sera débouté de son procès et le Comoedia a gardé son nom.

Donc Piccoli s’adresse aux spectateurs :  » Je ne vous souhaite pas d’avoir la tête vide quand vous sortirez de la salle. D’ailleurs le cinéma nous donne la tête pleine. A la maison, avec cette chose qu’on appelle comment ? Oui, un DVD… on crois avoir vu un film, on le crois seulement… Ici rien n’encombre le film, à la maison on s’arrête, on est distrait. Ici il n’y a rien d’autre qu’un truc blanc, on est dans la vraie folie du cinéma, c’est-à-dire une salle.

Et Piccoli est toujours dans la salle. On l’a encore dans l’œil Max, l’obsédé :  » Que ceux qui n’ont pas d’obsession dans cette salle, qu’ils osent lever la main ! «  Personne ne lève la main.

La loco Piccoli, la loco de cinéma, continue :  » La magie c’est le montage, mais quand on est pris par le film on ne voit pas le montage. Récemment, j’ai revu des films de Ferreri, dans ses films on voit la fragilité et l’importance fantastique du cinéma pour l’histoire du monde, pour notre histoire.  » 

On comprend pourquoi on voit les films, pourquoi on les revoit surtout.

Michel Boujout a vu Max et les ferrailleurs une dizaine de fois, nous dit-il. Dans la salle un spectateur invétéré dit les choses tout net : lui a vu le film plus d’une demi-douzaine de fois, il nous dit que ce film de Sautet est ce qui s’est fait de mieux sur un homme et son obsession.

Bien sûr Piccoli parle de Romy :  » Moi je suis en vie, pourquoi n’est-elle pas en vie ? «  Il le dit ainsi, avec ces mots-là, il le dit comme ça.

Et Boujut parle de la qualité des dialogues  » au rasoir  » (Sautet, Néron, Dabadie), de la musique de Philippe Sarde, du livre de Claude Néron (il nous apprend que La Grande marade va être réédité).

Avant de quitter la salle, Piccoli nous dit qu’il va tourner un film dont le titre est :  » Ma femme va avoir une voiture « .

Pour voir clair dans le Roman Noir

A signaler pour les futurs amateurs à peine aguerris, à la fois curieux du genre et par avance enthousiastes d’un que-sais-je-qui-serait-écrit-par-un-homme-de-plume, on recommande avec empressement un merveilleux opuscule qui deviendra certainement un véritable opus, publié par L’Oeil Neuf éditions : Une brève histoire du roman noir, du maître Jean-Bernard Pouy…

Abdelkebir Khatibi ? une orchidée…

 
 
 
 

 » Sociologue, politologue, chercheur universitaire et écrivain, l’homme à plusieurs casquettes a rendu l’âme, lundi tôt le matin, dans un hôpital à Rabat. Selon son épouse, son cœur a lâché suite à de graves complications. Il vient ainsi de clore 71 ans de vie, de réflexion, de création et de carrière littéraire. Son histoire commence un certain jour en 1938, à El Jadida où Khatibi voit le jour. Quelques années plus tard, le jeune homme, avide de savoir, part en France pour rejoindre la Sorbonne. Il y étudie la sociologie pour soutenir la première thèse sur le roman maghrébin en 1969. Ayant pris goût à l’écriture, il sort son premier roman autobiographique «La mémoire tatouée» en 1971, sous l’impulsion de Maurice Nadeau…  »

La suite dans Le Matin.

La disparition de Khatibi a suscité cet hommage de Patrick Chamoiseau :

 » Frère, tu savais les abîmes de la langue, ce qu’elle dérobe et qu’elle offre aux déroutes des langages, ce qu’elle nourrit de vertiges dans le désir des autres langues, tu savais aussi que raconter c’était saisir l’obscur, fréquenter l’indicible, la difficulté d’être avec tous mais au plus singulier, dans le partage sans concessions mais au plus différent, et trouver dans les tumultes du monde l’effervescence secrète, essentielle, où l’esprit vit le monde, en Guerrier, invente des peuples et des manières, va le mystère de la chose tissée et des calligraphies, et nous invente des horizons encore vifs d’être tatoués, portés haut à même la poussière du Maroc… Tu savais aussi l’amour, qui ouvre tant, toujours, et dont sait se nourrir cette orchidée à qui je donne ton nom…  »

Ecrivains mexicains 2009

A l’occasion du Salon du livre de Paris, à voir sur France Ô, dimanche 15 mars à 13h, un documentaire de 13’, Écrivains mexicains 2009.

Carlos Fuentes, le doyen, l’ambassadeur, et Paco Ignacio Taïbo II, le biographe et l’auteur de polars, nous ouvrent leur bibliothèque.

Avec trois jeunes auteurs, ils sont nos guides dans un pays soumis à l’hyperviolence des narcotrafiquants, héritier de hautes cultures (olmèque, maya, aztèque, toltèque), où bouillonne une littérature solaire mais désenchantée, aux richesses méconnues.

Cette balade littéraire, mise en images par Jean-Pierre Magnaudet, nous emmène à Tampico, sur le Golfe du Mexique, en face des Caraïbes. Martín Solares s’est inspiré de sa ville natale pour écrire un roman policier qui résonne dans la terrible actualité du pays : Les minutes noires (Christian Bourgois éditeur).

A Coyoacán, quartier paisible d’une capitale démesurée, Guadalupe Nettel raconte son goût pour toutes les formes de beauté, projet développé dans son recueil de nouvelles, Pétales et autres histoires embarrassantes (Actes Sud).

Plus au Sud, à Oaxaca, la rebelle, se rejoignent les traces des Codex, grands récits aztèques, et le tout premier recueil de poèmes en langue mazatèque, Tatsjejín nga kjabuya (« La mort n’est pas éternelle », bilingue espagnol).

Juan Gregorio Regino nous dit ce qui change quand il écrit dans une langue indienne, l’une des 65 du Mexique de 2009.

 

Le Centre Tjibaou par Alban Bensa

A noter la conférence d’Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS,  » La mise en scène d’une identité nationale en construction : le cas du centre Culturel Tjibaou de Nouméa « , mercredi 11 mars 2009 à 18h30 au MEG, Musée d’ethnographie Carl-Vogt de Genève.Son livre, publié en 2000, est édité par Adam Biro.

A la MAL, Jorge Volpi : París será una fiesta mexicana


 » Fabrizio Mejía Madrid choisit l’araignée, pour signifier que les Mexicains ne tissent pas de toiles d’araignée mais vivent des autres. Daniel Sada parle de la harpe comme d’une figure rhétorique autour de laquelle il construit son oeuvre littéraire. La poétesse Elsa Cross se rapproche de la grenouille derrière laquelle se cache un symbolisme particulier, tandis que Paco Ignacio Taibo II est un apache, parce qu’il vit, aime et combat comme tel. Une fresque littéraire, irrévérencieuse, provocante et ancrée dans la culture populaire du peuple mexicain. « , nous propose la Maison d’Amérique latine, à Paris, avec la Projection d’un documentaire de 52′ produit par la chaîne de télévision mexicaine culturelle Canal 22 et présenté par l’écrivain mexicain Jorge Volpi. Entretiens, scénario et réalisation : Daniel Rodríguez.

C’est mardi 10 mars 2009 de 19h00 à 20h30.

Dans le cadre du Salon du Livre, Jorge Volpi présentera une émission spéciale sur Canal 22, Paris sera une fête mexicaine produite par Jordi Arenas, avec les interventions de Isabel Benet et Arturo Rios.

Papini, une Vie de Personne

J’aime les librairies aux caisses entourées de livres minuscules, de petits formats, petits prix, ou coups de coeur du libraire. La librairie l’Atelier, rue du Jourdain, Paris XXe, dont j’ai vanté les mérites à l’automne, propose en vitrine une collection éditée par FMR/Panama et dont chaque ouvrage est préfacé par José Luis Borgès.

Le Miroir qui fuit de Gioanni Pannini est un de ceux là. Le titre dit bien le fantastique de l’affaire. Passons. A côté, les libraires ont disposé un livre de 47 pages, Le Vie de personne, édité par Allia, dans une collection repérable immédiatement, à 3 euros, qui suscite l’éloge.

Ce Papini écrit tout d’abord quelques pages pour dire à un ami qu’il ne saurait lui dédié son livre, à l’incipit incisif :

Cher Vannicola,

Je n’ai aucunement l’intention de te dédier ce petit livre qui n’est en rien  » exceptionnel « . Je n’ai jamais dédié mes livres à personne [etc.]

Papini serait-il un Diogène vivant de peu ? Un vrai cynique ? Un lucide déplorable ?  Réponse, selon la notice du Larousse :

 » Écrivain italien (Florence 1881 – id. 1956). Fondateur de nombreuses revues parmi lesquelles Leonardo, Lacerba et Rinascita, au centre de la culture futuriste, c’est dans l’autobiographie (Un homme fini, 1912 ; Récits de jeunesse, 1943) et la poésie (Jours de fête, 1918 ; Pain et vin, 1926) que sa philosophie d’autodidacte visionnaire et tourmenté s’exprime avec le plus d’originalité (le Crépuscule des philosophes, 1936).  »

Plus nettement, l’Encyclopaedia Britannica, écrit de Papini :  » l’une des figures littéraires les plus iconoclastes et les plus controversées du début et du milieu de XXe siècle.  »

Dans la bibliographie, on trouve des références qui qualifient d’une part son  » expérience futuriste  » (1913-1914), d’autre part son  » odyssée intellectuelle entre Dieu et Satan « , selon le titre d’une biographie de Lovreglio Janvier.

Et pour confirmer le goût délicieusement nauséeux de l’incipit de La Vie de Personne, le héros de l’un de ses romans, Gog, semble conforme : « Elle ne te paraît pas misérable cette vie, et petit ce monde ? » Pour faire passer son ennui, Gog, homme riche et excentrique, n’hésite pas à acheter un pays, créer des temples, monter une entreprise de poésie, collectionner des géants, des sosies, des squelettes, des cœurs d‘animaux vivants…  résume Tatiana sur son blog.

Pour Le Matricule des Anges :  » Se déploie sous la plume de Papini une vision cynique, agressive et parfois paranoïaque de la réalité sociale et culturelle qui confine souvent à la prophétie. Il faut rappeler que le roman fut traduit en 1932 chez Flammarion dans une version curieusement tronquée de cinq chapitres éloquents, rétablis ici soit avant la Seconde Guerre mondiale et le rugissement industriel, boursier et  » libéral  » du dernier demi-siècle. Le chapitre  » Pédocratie  » est à ce titre éloquent : Papini y dévoile peu ou prou le jeunisme à venir, le culte de la nouveauté, la  » monétisation  » des rapports entre classes d’âge, l’obsession de la vitesse et de l’instantanéité, etc. « 

Les 47 pages de La Vie de Personne ne démentent pas le profil tourmenté de Papini.

Nul autre que lui, semble-t-il, n’aurait pu décrire avec tant de désepérance le point de vue radical d’un foetus sur sa naissance et sa trajectoire toute tendue vers la mort (p.42) :

 » L’homme naît prisonnier dans le ventre maternel ; et il en sort en pleurant, et à peine l’enfance heureuse touche-t-elle à sa fin qu’il redevient prisonnier des lois et des jugements de ses compagnons de servitude ; seul le génie reconquiert au prix du sang et des larmes une douloureuse arrhe de liberté -et à la fin la Mort, qui emprisonne de nouveau le corps entre quatre planches, nous promet l’évasion définitive dans le néant. Chacun de nos efforts, chacune de nos peines réussit à passer d’une cellule à une autre, et c’est dans ces passages que nous respirons assez de ciels pour supporter les hivers infinis de la solitide sans porte de sortie.  »

A la suite de Pierre Bayard, pensant à l’extrême lucidité de Cioran, voire à son nihilisme ontologique, on pourrait évoquer à l’aune de son dernier essai, aux éditions de Minuit, un  » plagiat par anticipation « .

Encore cet extrait sur la vertu du silence (p.14) :  » Le parler au moyen de paroles avec les autres hommes n’est qu’un cas particulier – même s’il est fréquent – de notre bavardage infini.  »

On préfère cette notation :  » Le souvenir, dans le monde, est tout. Le souvenir est la poésie, le souvenir est l’histoire, le souvenir est le bonheur – spécialement le bonheur.  »

[pour la photo de couverture cf. le site de Richard Vantielcke]