[Centenaire Césaire] Théâtre sur les quais de la Gare Saint-Lazare

Dans l’année du centenaire Césaire, la compagnie Téat’Lari (Théâtre des cultures créoles), dirigée par l’homme de théâtre martiniquais Jean-José Alpha, organise deux manifestations gratuites à Paris, en partenariat avec la SNCF et l’UNESCO :

La Gare Saint-Lazare, Claude Monet, 1877

Gare Saint-Lazare (Césaire est arrivé en septembre 1931 à Paris à la gare Saint-Lazare, via Le Havre) :

– Quatre représentations et tournages de Paroles et Silences (textes d’Aimé Césaire et de J.J Alpha), en public, sur les quais de la Gare St Lazare, initialement prévues les 21, 22 et 23 mars 2013, sont reportés d’une semaine aux 28, 29 et 30 mars.

– Conférence d’André Lucrèce, auteur de Aimé Césaire, Liturgie et poésie charnelle (éditions l’Harmattan), sur le thème : « Aimé Césaire, poète de la nature et de l’humain », le vendredi 22 mars à 13h (et non le 21 mars), dans les salons de la Gare St Lazare.

À l’UNESCO, journée « Centenaire Aimé Césaire », vendredi 17 mai 2013.

Les organisateurs invitent les associations et organisations à participer à ces évènements. Plus d’informations, auprès de Jean-José Alpha, en Martinique, tél. : 06. 96.38.54.82

[Centenaire Césaire] 150 choristes pour un hommage

« Pour le rôle joué par cet humaniste dans la prise de conscience des acteurs de la décolonisation », 150 chanteurs des chorales de Normandie (Ouistreham, Hérouville, Caen) préparent plusieurs concerts d’hommage à Aimé Césaire, né il y a cent ans. Les choristes interpréteront L’Ethno Mass pour la paix de Lorenz Maïerhofer, composée de chants gospels, africains, amérindiens, et de textes d’Aimé Césaire, sous la direction de la chef de chœur Agnès Polet.

Les répétitions ont débuté, samedi, à la rotonde de l’école Aristide-Briand, sous la direction de Denis Thuillier, chef de chœur professionnel, depuis 2004, et très engagé dans le mouvement À Cœur joie. Les choristes seront accompagnés aux percussions par Ne Nkamu et Aimé Kifoula et au piano, par Noël Letertre.

Le premier concert aura lieu, samedi 13 avril, à 20 h 30, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair. En novembre, à l’occasion d’un grand concert à Fort-de-France (Martinique), les 150 choristes de l’agglomération caennaise seront rejoints par 350 choristes martiniquais.

Source : Ouest-France.

Voir le site du Théâtre d’Hérouville-Saint-Clair et le site de l’association Kiamvu-le-Pont

 


Noirs d’encre, une vision américaine et rajeunie de la littérature afro-française

Il sera l’une des figures universitaires du festival Étonnants voyageurs à Brazzaville, du 13 au 17 février. Dominic Thomas est directeur du département d’études françaises et francophones de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA). Parmi les enseignants qu’il a engagés figure Alain Mabanckou.

 

Son livre Black France (2006) est enfin traduit en français par Dominique Haas et Karine Lolm pour les éditions La Découverte. Les mêmes éditions avaient publié l’an dernier La France noire, dont Dominic Thomas est l’un des co-auteurs avec Pascal Blanchard et Sylvie Chalaye.

Livre sur les trajectoires des mondes noirs, de l’immigration, sur les héritages de la colonisation, Noirs d’encre, sous-titré « Colonialisme, immigration et identité au cœur de la littérature afro-française », est la version littéraire de La France noire. Noirs d’encre précède et suit La France noire.

L’éditeur le présente ainsi : « Noirs d’encre explore les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, et les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d’États-nations modernes en faveur de mécanismes supranationaux. L’auteur s’appuie sur une étude comparatiste d’oeuvres littéraires et donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l’immigration. Ainsi que l’émergence d’une littérature « afro-française », qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la langue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie.
En mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, Gender Studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), Noirs d’encre souligne l’importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui ferait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au cœur de l’ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité. »

Il est préfacé par Achille Mbembe et postfacé par Pascal Blanchard et Nicolas Bancel.

Centenaire Césaire : Ce qui nous attend… (work in progress)

Le centenaire Césaire a été lancé la même semaine en Martinique et dans l’Hexagone, signe d’une émulation entre les deux bords de l’Atlantique. (Parmi les commémorations officielles en 2013 figure le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire. Le poète martiniquais est né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France.)

A Fort-de France, le coup d’envoi a été politique avec la mobilisation du Parti progressiste martiniquais (PPM), le parti créé par Césaire le 22 mars 1958, deux ans après son départ avec fracas du Parti communiste.

Selon l’AFP, « dans un décor végétal fait de fleurs de balisier (emblème du PPM), de conques de lambis (clin d’oeil à l’univers marin de la poésie de Césaire) et placés près d’un « tanbou bèlè », évocateur de rythmes et de musique martiniquaise, plusieurs ouvrages d’Aimé Césaire étaient exposés dont le célébrissime « Cahier d’un retour au pays natal ».

Le « texte le plus magistral » du poète Césaire, affirme Serge Letchimy, président du PPM. « On ne peut pas être un militant du Parti progressiste si l’on n’a pas lu et relu, et sans s’être laissé pénétrer de la pensée de Césaire », a-t-il insisté devant plus d’une centaine d’invités au premier rang desquels de vieux compagnons de route du poète ».

La même semaine, Le Havre a organisé son festival littéraire le goût des autres sous le signe des « littératures de la négritude ». Papalagui en a déjà rendu compte. On retiendra la diversité des rencontres, des plus populaires (une dictée césairienne ou des lettres au pays natal écrites par des Havrais) au plus pointues, comme celle autour de l’engagement du poète et de l’homme politique, où François Bayrou a dit tout son admiration pour un homme et son œuvre qu’il avait fait entrée au programme du bac, puis… retirée. Belles propositions de lectures aussi avec Denis Lavant, remarquable de colère contenue, dans sa présentation du Discours sur le colonialisme, ou une tentative de « concert littéraire » moins convaincante du Cahier d’un retour au pays natal, par Serge Teyssot-Gay, Marc Nammour et Cyril Bilbeaud.

Premières tendances de l’année Césaire : pédagogique, universitaire et symbolique.

Une année pédagogique :

Les éditions Honoré Champion lancent une collection à visée pédagogique Entre les lignes « entièrement dédié à l’étude des grands auteurs francophones du Sud et d’outre-mer », précise un communiqué. Parmi les titres du lancement (mis en vente le 3 janvier) un Césaire, Une tempête (édition Huguette Bellemare-Emmanuel), un Fanon, Peau Noire, Masques blancs (par Christiane Chaulet Achour), un Kourouma, Les soleils des indépendances (par Jean Ouedraogo et Saidou Alcény Barry) et un Rabearivelo, Presque-songes (par Charles-Edouard Saint-Guilhem).

Dans la même collection suivra peu avant la date anniversaire du centenaire de Césaire, le 26 juin, une autre pièce de théâtre, Une saison au Congo.

Toujours chez Honoré Champion, annoncé pour fin mai : Les Écrits d’Aimé Césaire, Biobibliographie commentée (1913-2008), de Kora Véron et Thomas A. Hale.

Les jeunes lecteurs sont des cibles de choix pour les éditeurs. Il y a peu une biographie sur Césaire, écrite par Nimrod a été publiée chez Actes Sud junior, Non à l’humiliation.

Les césairiens sont aussi à l’œuvre. Ainsi David Alliot, qui avait retrouvé le manuscrit de Cahier d’un retour au pays natal à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, nous annonce « Le communisme est à l’ordre du jour »  aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

Le capital symbolique de Césaire est très fort en Afrique (à Dakar, trois journées sont prévues en mars) et en Martinique bien entendu. Il l’est moins dans l’Hexagone. Qui du coup met les bouchées doubles avec un Cahier joué à Lyon en janvier, à Vitry-sur-Seine en février.

Parmi les titres hautement symboliques, à noter plusieurs baptêmes de rues ou de médiathèques, où même d’avenue, par exemple dans la petite cité occitane de Bessières, près de Toulouse, qui construit une nouvelle voie l’avenue Aimé Césaire.

Des hommages universitaires, tel Imaginaires et mémoires de l’esclavage : Césaire, les afro-descendants et les Africains du continent face à l’esclavage, le 22 mai 2013, à l’université de Cergy-Pontoise « sur le rapport Afrique/Caraïbe autour de l’esclavage, en privilégiant cet axe poétique et idéologique essentiel de Césaire ». Source : Fabula.

Des colloques

Des baptêmes de rues ou de collèges, comme à Vaulx en Velin dans le Rhône où le collège des Noirettes à été rebaptisé collège Aimé Césaire le 22 novembre dernier, deux jours avant la bibliothèque de Roissy-en-Brie, alors que la médiathèque de Blanzat, près de Clermont-Ferrand, ouvrira ses portes en janvier, .

Césaire et Damas inspirent le musicien Tristan Macé et la chanteuse Clotilde Rullaud qui nous donnent rendez-vous le 4 avril au Triton à Paris avec un quartet de jazz emmené par  Piano, batterie, basse…

Des adaptations théâtrales. Cahier d’un retour au pays natal, Théâtre des Marronniers, Lyon, du 16 au 28 janvier 2013. Création de la compagnie Persona qui « s’inscrit dans le projet « Césaire et son poème, un trait d’union entre les peuples » et sera l’objet d’une itinérance en Algérie, au Bénin et au Sénégal – mais aussi en Russie et en Italie : « Nous créons ce spectacle en imaginant chaque étape du voyage (comme un partage) avec des artistes du pays visité, amateurs et/ou professionnels. Sous la forme d’une résidence d’une semaine – et création le 6ème jour -, et par un travail avec des musiciens, nous proposerons une performance poétique et musicale à partir de Cahier d’un retour au pays natal«  explique Renaud Lescuyer, créateur de la compagnie. Comédien interprète Joël Lokossou.

A Vitry-sur-Seine, au Théâtre Jean-Vilar, le 20 février, Jacques Martial présentera son Chier d’un retour au pays natal.

À Dakar, du 19 au 21 mars, plusieurs manifestations seront organisées dans la capitale sénégalaise, un colloque le 19, une représentation de la pièce « La tragédie du Roi Christophe » au Théâtre national Danien Sorano de Dakar.

Documentation :

site Parole en archipel, notamment Le Cahier d’un retour au pays natal, l’intégrale du film-pièce avec Jacques Martial :

À consulter sur le Portail Francophonie de la BNF la page Aimé Césaire.

À lire : MondesFrancophones.com

Le ministre des outre-mer, Victorin Lurel a annoncé un hommage à Aimé Césaire au Salon du livre de Paris, en mars.

[Aux côtés de Césaire, d’autres personnalités auraient eu 100 ans en 2013 : Albert Camus, Paul Ricœur, Rosa Parks, dont le nom peut être associé à Martin Luther King, dont le  discours le plus célèbre, I have a dream, aura 50 ans le 28 août prochain.

D’autres célébrations d’anniversaires en 2013 sont signalées par l’Unesco.
Dès sa fondation en 1913, le Théâtre des Champs-Elysées à Paris provoque un violent scandale avec une œuvre inhabituelle « Le Sacre du Printemps » de Igor Stravinsky : pour la célébration de son centenaire, cette salle en proposera six versions au printemps 2013. Le Point.]

Ilé yìí tóbi (pas un jour sans une nouvelle langue)

Ilé yìí tóbi = cette maison est grande, en yoruba, langue du Nigéria (langue officielle), du Bénin et du Cameroun, nous apprend le site Lexilogos qui met en ligne le dictionnaire yoruba-français de Michka Sachnine. Le yorùbá est parlé par environ 25 millions de personnes. Elle fait parie des 3 000 à 7 000 langues vivantes du monde.

Carte extraite de l’article yoruba de Wikipédia.

Cette semaine : Expolangues (6-9 février), la foire aux méthodes…

Tombouctou : Plus de 90 % des manuscrits ont été sauvés, selon un spécialiste sud-africain

Brulés ou sauvés, les manuscrits de Tombouctou ? Dans son billet d’hier, Papalagui relatait la disparition des manuscrits du centre Ahmed Baba, l’une des principales bibliothèques de Tombouctou (Papalagui, 30/01/13).

Une semaine après l’incendie d’un nouveau bâtiment abritant des manuscrits anciens à Tombouctou, l’universitaire sud-africain Shamil Jeppie affirme que plus de 90 % des collections ont été mises à l’abri avant l’arrivée des islamistes.

Directeur d’un projet de conservation des manuscrits basé au Cap en Afrique du Sud, M. Jeppie affirme qu’il y a eu « des dégâts et certains objets ont été détruits ou volés, mais beaucoup moins que ce qu’on a dit dans un premier temps. »

Il souligne que dès les premiers mois de l’insurrection islamistes dans le nord du Mali début 2012, les conservateurs ont déplacé les documents vers Bamako.

Source : Livres-Hebdo

Voir : Tombouctou project avec Shamil Jeppie.

La disparition des manuscrits du centre Ahmed Baba de Tombouctou

Au Mali, la pratique de la terre brûlée aurait sa version autodafé…

Selon le maire de Tombouctou, Halley Ousmane, qui se trouvait à Bamako : « Le centre Ahmed Baba où se trouvent des manuscrits de valeur a été brûlé par les islamistes. C’est un véritable crime culturel ». Le maire a été informé par téléphone par son chargé de communication.

La chaîne britannique Sky news a filmé l’intérieur du centre Ahmed Baba détruit. On voit des étagères vidées de leurs manuscrits anciens :

Photo de Sky news montrant des boîtes de manuscrits anciens à terre, vidées de leur contenu.

Nous l’avions visité en 2005, tel que le montre ce reportage (images Franck Nouailhetas) :

Avec Mabanckou, Le Havre (France) et Pointe-Noire (Congo), deux cités jumelées

Rencontré au Havre, à l’occasion du festival Le goût des autres consacré aux « littératures de la négritude », Alain Mabanckou occupe la figure de trait d’union entre deux villes jumelées, alors que son dernier livre Lumières de Pointe-Noire esquisse quelques des portraits de gens de sa famille, au cours d’un voyage au pays natal, 23 ans après…