Auteur / Papalagui
L’intégrale de Jacques Roumain a la télé haitienne !
Lorsqu’on voyage, on n’aurait tort de négliger la télé. En Haïti, la Télévision nationale (ou TNH) retransmettait hier l’intégralité d’un colloque international consacre à Jacques Roumain, dont le pays célèbre le centenaire de la naissance. Entre les gros plans des participants venus d’Amérique du Nord pour beaucoup et les longueurs propres aux colloques, cet exercice audiovisuel n’a pas que des défauts. Les téléspectateurs ont pu entendre Michèle Pierre-Louis, responsable de la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) s’interroger : » Aujourd’hui, Haïti est un pays quasi effondré, le pays est désinstitutionnalisé, presque sous-tutelle. »
Et pourtant, les intervenants soulignaient » la passion de Roumain pour la lecture et pour son pays « .
Haïti, poids lourd de la littérature
Pour Haïti, emporter :
– DVD Créateurs ultrapériphériques ;
– Le Magazine littéraire de décembre et les 6 pages de son dossier ( » Haïti : la vie littéraire continue « , signé Valérie Marin la Meslée) ;
– Treize nouvelles vodou, de Gary Victor (Mémoire d’encrier) ;
– Les livres des éditions Vents d’ailleurs ;
– Une heure pour l’éternité, de Jean-Claude Fignolé (Sabine Wespieser) ;
– La Pierre du bâtisseur, de Madisson Smartt Bell (1040 pages !, Actes Sud) ;
– Les oeuvres complètes de Jacques Roumain (énorme et beau !à l’UNESCO) ;
– Mauvaise langue de Cécile Ladjali (Seuil) ;
– Sociologie de la lecture de Chantal Horellou-Lafargue et Monique Segré (La Découverte, repères n° 376) ;
– un téléphone portable ;
– une caméra ;
– deux carnets ;
– trois stylos, pour voyager léger.
Valërie en Haïti
C’est sur France-Culture. L’émission du dimanche 25 novembre 2007 « Le dit de l’île en marche » : écrire en Haïti est en ligne pour une semaine. A vos cassettes ! aurait dit Jean-Christophe Averty. Aujourd’hui on postcast easy l’émission du dimanche de 15h à 16h30 (Tout un monde par Marie-Hélène Fraïssé) !
Au micro de Valérie Marin La Meslée (qui a fait tout le boulot), nous entendons les rencontres qu’elle a faites sur place avec : Lyonel Trouillot, Frankétienne, Gary Victor, Georges Castera, James Noël, écrivains ; Laënnec Hurbon, sociologue. Et les éditeurs et poètes Rodney Saint Eloi et Willems Edouard ; le musicien Wooly Saint-Louis Jean, la libraire Solange Lafontant (La Pléiade, Port-au-Prince) et Michèle Pierre-Louis, directrice de la Fokal (Fondation connaissance et liberté).

Louis-Philippe Dalembert est invité dans les studios de France-Culture, à Paris.
Une association française est citée : Donne ton coeur pour Haïti, 52 avenue Gambetta, 93170 Bagnolet (Tél. : 06 79 95 18 38) Elle s’est donné la mission d’aider à la scolarisation des enfants, à lutter contre l’illétrisme et à promouvoir l’éducation civique de la population haïtienne.
Nicolas Kurtovitch, chronique (2)
Le dimanche, un écrivain calédonien, en résidence en Nouvelle-Zélande, nous livre sa chronique.
Aujourd’hui dimanche 25 Novembre, c’est, à Wellington mais je suppose dans toute la Nouvelle Zélande, la journée consacrée au port d’une petite boucle de tissu blanc, sur soi. Le sens donné à cette boucle est : « Montrez que vous êtes contre la violence envers les femmes ». (Il est entendu qu’il s’agit avant tout de violences physiques.) Certes on peut rétorquer à cette initiative qu’un morceau de tissu blanc affiché au vu et au su de tout le monde n’empêchera pas la violence physique contre les femmes, non, mais tout de même, cette action me semble très utile. Il s’agit d’une prise de position individuelle rendue publique. Elle contraint tous les hommes qui croisent l’affiche annonçant cette journée et proposant le port de ce ruban, à se poser la question : « Et moi, suis-je contre la violence envers les femmes, suis-je prêt à me mobiliser, ne serait-ce qu’une journée, enfin est-ce-que j’exerce une quelconque violence envers les femmes ? » Se poser la question c’est s’obliger à y répondre, ne serait-ce que pour cela, cette initiative vaut le coup.
Depuis vingt ans, un peu plus même, chaque année, un écrivain néo zélandais se rend dans la ville de Menton. Il y reste six mois en résidence, son lieu de travail est la maison où résidait Katherine Mansfield au tout début des années 20 (elle y resta jusqu’à quelques mois avant de mourir en janvier 1923), le nom de la maison est « Villa Isola Bella ». Mardi dernier, le nom de l’écrivain retenu, vainqueur d’une « compétition » assez intense ici, a été annoncé lors d’un pot réunissant bon nombre d’écrivains dont plusieurs anciens résidents de Menton, ainsi que l’Ambassadeur de France, partie prenante dans la « Résidence de Menton ». Adrian Wilkins est l’heureux vainqueur, il partira au mois de mars, il était heureux, sa famille aussi, ému il remercia le principal sponsor, en fait celui qui règle la facture : voyage, indemnité mensuelle qui vient justement d’être doublée par ce tout nouveau sponsor, à savoir la poste de Nouvelle Zélande. Le discours du « postier » m’a beaucoup plu, intense, vif, expressif, il dit les choses importantes, le besoin de créateurs dans son pays, le besoin d’écrivains, d’artistes qui ne se contentent pas de chanter le beau temps et le bonheur d’être Néo Zélandais. Il dit qu’il veut des écrivains levant le voile sur le monde réel, des écrivains qui parlent vrai, avec leur cœur et leur esprit. Plus tard j’ai discuté deux minutes avec cet homme, je lui ai demandé d’envoyer un petit mot à son collègue, patron de la poste en Nouvelle Calédonie, pour l’inciter à prendre le même chemin à la rencontre des écrivains calédoniens. Sera-t-il entendu ? C’est à espérer car Dieu sait que nous avons besoin de soutiens et d’aides concrètes ; l’argent public est seul à pouvoir remplacer le mécénat, des mécènes qui n’ont jamais existé en Nouvelle Calédonie, ils ont raté leur époque, il faut espérer que les pouvoirs publics ne rateront pas la leur, qui est maintenant.
Je repense à Katherine Mansfield, sans pensées particulières, simplement de la sympathie envers cette jeune femme, morte trop tôt, soutenue par son père, aimée aujourd’hui de tout un pays. Je ne réside pas bien loin de sa maison natale en ce moment, dans un quartier dont les maisons, beaucoup d’entres elles, sont de son époque. Les voies de communication ont bouleversé le paysage mais avec un peu d’imagination je peux facilement me figurer les allées et venues de cette famille nombreuse dans les rues de Thorndon, son quartier. Je retournerai visiter cette maison avant de partir, saluer sa mémoire, apprécier davantage encore ses remarquables nouvelles.
[Le 17 décembre 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l’opinion au problème. Voir le site officiel.]
A lire également sur le site de Nicolas Kurtovitch, les notes de son journal de résidence, notamment l’épisode n°9 consacré à la visite du musée Te Papa. Nous en avions parlé lors de la restitution annoncée d’une tête maorie par le musée de Rouen, restitution pour l’instant suspendue et non encore jugée [Papalagui, 28/10/07 et 23/10/07 ].
Extrait par l’auteur du Piéton du Dharma :
Qu’avons-nous apporté, retiré, enlevé, transformé, détruit, modifié, bouleversé, qu’avons-nous élevé, rabaissé, ignoré, imposé ? Ce que propose le Te papa à son étage Maori révèle qu’ils n’avaient rien à envier à cet autre monde venu les conquérir. J’ai vu les formidables navires qui ont permis les traversées trans-pacifiques, -on le sait maintenant- en « aller et retour », certitude fondamentale car elle enlève tout idée de rupture à l’intérieur du triangle polynésien, après les découvertes des îles et archipels, les contacts ont continués avec les îles d’origines, Tonga, Wallis, Samoa, par exemple.
J’y ai vu les maisons, les greniers, les manteaux, les bijoux, les armes. J’y ai vu tout ce qui en Europe faisait culture et civilisation, une conception du monde, du ciel, du cosmos, de Dieu, de la bonté, de l’amour, du politique, de la famille. J’y ai vu aussi le visage et entendu le nom, de chaque soldat maori –mais aussi le nom et le visage de ceux originaires des îles Cook- parti à la Première et ceux partis à la Seconde Guerre mondiale. Les yeux disent la jeunesse, l’étonnement, l’effroi, certains ont le sourire, l’aventure, l’incrédulité aussi : « que va-t-il nous arriver, là-bas, si loin, chez eux, les blancs, les vainqueurs des guerres coloniales, qu’elles sont leurs guerres, leurs combats ? ». Ces yeux devant le photographe, aujourd’hui devant moi, me posent la question : « Qu’avez-vous fait » ?
Littérature jeunesse : Iamélé et Willidoné
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A quelques jours du rendez-vous annuel du livre jeunesse (Montreuil , à partir du 28/11), la littérature jeunesse de Nouvelle-Calédonie s’enrichit d’un nouveau titre, Iamélé et Willidoné, Une histoire kanak, écrit par Nicolas Kurtovitch, illustré par Julie de Waligorski, dont c’est le premier livre. L’album est paru aux éditions du Bonhomme Vert, sises dans le petit bourg de Comps, 1500 habitants, département du Gard.
Iamélé et Willidoné sont deux jeunes garçons inséparables, curieux de tout et du pays tout entier. Intrépides, ils saisiront l’occasion de s’embarquer seuls sur une pirogue que la tempête conduira sur une autre île. Là ils rencontreront une légende dansée, personnifiée par une rencontre insolite :
» Loin du rocher, ils se tenaient serrés les uns contre les autres, ne formant qu’un seul corps. mêlant leurs souffles et leurs regards, ils étaient un second rocher. Un rocher vivant ! «
Ocres et verts dominent les tableaux de Julie Waligorski,enracinés dans la terre et la forêt.
Le texte de littérature jeunesse de Nicolas Kurtovitch complète sa palette d’écrivain : nouvelles, poèsie, roman.
» De l’autre côté « , un film comme un livre
Comme le Petit Poucet semait des cailloux, Fatih Akin sème des livres dans son film De l’autre côté.
Prix du scénario au dernier festival de Cannes, De l’autre côté, raconte les cheminements croisés de six personnages entre l’Allemagne (le réalisateur est né à Hambourg) et la Turquie (il est né de parents turcs).
Au début du film, après un prologue en Turquie, Nejat, l’universitaire, apporte à son père, Ali, un livre dont il ne lui dit rien. » Tu le liras « , lui dit-il.
Ali propose à une prostituée de » travailler » pour lui, chez lui. Elle accepte. Pour deux raisons : elle est menacée par des fondamentalistes turcs et musulmans et elle doit continuer d’envoyer de l’argent à sa fille, Ayten, restée au pays, » pour qu’elle fasse des études « . Elle ne sait pas qu’elle vient d’arriver à Brême où elle vit. Un plan la montre endormie de fatigue dans l’amphi où Nejat enseigne la littérature allemande.
Une mort plus tard (celle de la prostituée), Nejat se retrouve à Istambul, venu à la recherche d’Ayten.
Il entre dans une librairie allemande à vendre. Le libraire, épaté par son intérêt, lui tient ce discours : » Ce serait drôle un Turc vivant en Allemagne qui achèterait une librairie allemande en Turquie « . Nejat devient le propriétaire.
Lorsqu’à son tour une jeune Allemande entrera plus tard dans la librairie, avec qu’elle meure… le livre que le nouveau libraire lui conseille est le rapport d’Amnesty international sur la Turquie.
Enfin, après ces deux morts de femmes (une Turque en Allemagne, une Allemande en Turquie), l’une des réconcilations aura lieu dans la librairie, entre la mère (allemande), interprétée par Hannah Schygulla, et l’amie (turque) de sa fille morte, une jeune militante (Nurgül Yesilçay). Elle-même vient de quitter la prison en remettant à l’une de ses co-détenus, un livre.
De l’autre côté, un film comme un livre. Ses personnages vivent sur leur ligne de vie chaotique entre Allemagne et Turquie.Les ellipses et les digressions d’Akim sont très maîtrisées. Leurs points de jonction sont seulement visibles par le spectateur. « J’ai écrit mon film comme on fait un puzzle. J’ajoutais des pièces et gardais celles qui s’emboîtaient bien. » (Fatih Akin, Studio magazine, novembre 2007).
Frankétienne, une enfance en spirale (entretien)
Ecrivain du chaos haïtien, Frankétienne se définit lui-même en trois lieux. Tout d’abord son lieu de naissance, Ravine-sèche, cité rurale de l’Artibonite. Ensuite le lieu de sa jeunesse et de son enseignement, le quartier Bel Air dans la capitale Port-au-Prince, où il a vécu une cinquantaine d’années. Enfin sa maison de Delmas, citadelle galerie d’art.
Nous le rencontrons dans le quartier de Bel Air.
« J’ai tiré toute la sève de mon œuvre dans ce quartier tourbillonnant de vie, tourbillonnaire, et je crois que le Bel Air représente pour moi la matrice de cette œuvre que j’allais, beaucoup plus tard intituler » l’esthétique de la spirale « , qui est l’esthétique du chaos, l’esthétique de l’imprévisible, de l’inattendu. Et je crois que le bouillonnement dans lequel j’ai vécu mon enfance et mon adolescence a nourri ce grand désordre qui est considéré parfois comme un facteur d’inaccessibilité à mon travail mais je dis, heureusement que je suis resté, que j’ai vécu dans ce quartier là. »
Ces corridors ?
« C’est un chaos créateur, c’est comme un puzzle, c’est comme un labyrinthe. C’est un lieu d’égarement, c’est un lieu de dérive, c’est un lieu tourbillonnaire, c’est un lieu de vertige. En même temps, c’est un lieu d’initiation, parce qu’il y a toute une vie à l’intérieur, au bout de ces corridors. Ce sont des passages entre deux colonnes de maisons. Cette vie chaotique est encore très dense au fond du corridor. Tu t’imagines un enfant de 3, 4, 5 ans vivant librement et presque d’une relative délinquance, parce que je fuyais la maison familiale.
Tu t’imagines toutes les conséquences d’une dérive pareille à l’intérieur de ces corridors interminables, de ces infinis corridors étroits, les conséquences que ça peut avoir sur la pensée d’un enfant, sur son psychisme… Et bien c’est ce que j’ai vécu dans ma tendre enfance, dans ce que j’appelle l’écriture spirale, il y a un peu de ces corridors. »
Chez lui, Frankétienne dispose d’une réserve où sont entreposés des livres tout juste imprimés et de peintures, très nombreuses. Certaines jours, il peut peindre jusqu’à trente toiles…
« Là il doit y avoir à peu près 3 000 tableaux. Cette réserve c’est l’illustration chromatique de ma folie, de ma grande folie. »
Il lit un extrait de Mots d’ailes en infini d’abîmes, son dernier livre : « Je suis chaos, je suis Babel, je suis spirale… »
Reprise de l’entretien, sous la véranda.
« Nous sommes dans le quartier de Delmas [prononcer Delma], où je vis depuis 1975. C’est une grande maison avec des murs de 6 à 7 m. C’est pas dû à l’insécurité, c’est une pulsion d’enfermement. »
Frankétienne revient sur ses trois lieux.
« Ravine-Sèche est le lieu mythique et fondateur. Bel Air est le quartier où ma mère, ma grand-mère et moi avons émigré en 1937, l’année où Trujillo a assassiné 15 000 à 20 000 Haïtiens [Papalagui, 3/10/07] . Un petit blanc dans un quartier pauvre. J’en ai parlé dans Miraculeuse. La légende veut qu’on le mange.
J’avais une précocité. J’ai été très méchant envers ma mère, mon beau-père. J’ai fumé tôt, à 6 ans. J’ai commencé à boire. Ma mère savait à peine lire, à peine écrire. Elle était mère courage. Elle vendait du café, du clairin (whisky antillais), des cigarettes.
Ça a été une totale délinquance. Nombreuses fugues. je dormais dans des temples vaudou. Ma grand-mère a été une prêtresse vaudou. A Bel Air, il y avait beaucoup de temples vaudou. La solitude remonte à cette époque là.
L’imaginaire ? Le peuple haïtien n’a pas de parrain ni de marraine. Le peuple haïtien a toujours été dans la solitude. J’ai vécu ette situation sous Duvalier, j’ai produit sans quitter le pays. La porte de l’imaginaire est la seule porte que l’autre ne puisse fermer. »
Ecrire l’insolence

Riveneuve continents, revue des littératures de langue française, place sa dernière livraison (n°5, Automne 2007) sous le titre ambitieux : » Écrire l’insolence « . Six auteurs dissertent sur l’insolence dans la littérature. C’est moins les tentatives de définition ou de discernement qui intéresseront que les exemples célèbres d’insolence… de deux écrivains algériens.
Arezki Metref (Les voyelles et les voyous) rend hommage à la » bourrasque d’insolence soufflée par Rimbaud « et termine sa contribution par cette note amère : » Dans le système éditorial actuel, qui renverse les valeurs, l’insolence elle-même est devenue une marchandise comme une autre. Elle est emballée et pesée. Elle devient un argument publicitaire (…). Aujourd’hui, l’insolence est un style. »
Pour Boualem Sansal (Etre insolent et mourir tranquille), » Nous n’avons pas le droit d’être nous-mêmes, on se met là où la société nous place et on pousse à la roue. On retrouve le poète de Voyelles : » Rimbaud, à sa manière poétique ne transige pas, il affirme : « Voici le temps des assassins. »
Etre soi-même, dans la douceur et l’effacement, est donc la chose la plus difficile au monde, la plus risquée (…)
Avec de la chance et beaucoup d’abnégation, à sa mort, il [l’insolent accompli] rejoindra le panthéon des Insolents immortels, à côté des Voltaire, San Antonio, Omar Khayyâm, Ibn Khaldoum, Baudelaire, Rimbaud… Il est bon avant de quitter la terre à son tour, de les lire, de les relire et, pourquoi pas, d’essayer de les imiter. «
Menacé de mort, un journaliste haïtien quitte le pays
Menacé de mort, un journaliste haïtien a quitté le pays pour les Etats-Unis, selon Reporters sans frontières. Le 25 octobre, Joseph Guyler C. Delva avait été averti à deux reprises sur son portable “ qu’il devait faire attention, que l’on savait où le trouver et qu’on allait l’avoir ”.
Ce journaliste de Mélodie FM est le président de la Commission de lutte contre l’impunité dans les assassinats de journalistes.
Joseph Guyler C. Delva a été pris en filature par des inconnus, dans la soirée du 5 novembre 2007, alors qu’il circulait en voiture à Port-au-Prince.
» Nous exprimons notre solidarité à l’égard du journaliste et de sa famille et appelons les autorités à faire très vite la lumière sur les menaces et les intimidations qui l’ont conduit à quitter précipitamment le pays”, a déclaré Reporters sans frontières.
Créée le 10 août dernier à l’initiative du président de la République, René Préval, et de SOS-Journalistes, la Commission indépendante d’appui aux enquêtes relatives aux assassinats des journalistes (CIAPEAJ) est composée de neuf journalistes .
Huit journalistes ont été assassinés depuis 2000 dans des circonstances non encore élucidées (dont Jean Dominique, Jacques Roche).
L’année 2007 en Haïti a été marquée par l’assassinat de trois professionnels des médias, dont un journaliste, rappelle Reporters sans frontières : le photographe indépendant Jean-Rémy Badiau, tué le 19 janvier à Port-au-Prince, Alix Joseph, le 16 mai aux Gonaïves, et l’animateur de radio François Latour, enlevé et exécuté le 22 mai à Port-au-Prince, après une demande de rançon.
