L’Acadie fait son Tintamarre

Les Éditions Prise de parole lancent Tintamarre, Chroniques de littérature dans l’Acadie d’aujourd’hui, de David Lonergan.
Cette  » lettre d’amour à la littérature acadienne  » regroupe plus d’une centaine de chroniques publiées pour la plupart dans le quotidien L’Acadie Nouvelle, cet ouvrage propose un panorama de la littérature acadienne des quinze dernières années.

Plus de 120 œuvres d’une soixantaine d’auteurs y sont commentées.

La suite sur Acadie.net

Une ou plusieurs langues, une ou plusieurs cultures

«  Il est drôle de remarquer que la situation de l’Allemagne en tant qu’État autrefois divisé et celle de l’Ex-Yougoslavie sont diamétralement opposées. Les Allemands ont une langue unique mais deux héritages culturels différents. Dans les Balkans, chacun parle une langue diffente. Pourtant, les traditions, les valeurs et les souvenirs se distinguent très peu les uns des autres. » raconte Jurica Pavcic, critique culturel croate et auteur de romans policiers à propos de la littérature balkanique contemporaine. C’était en mars dernier lors de la foire aux livres de Leipzig. C’est rapporté aujourd’hui dans un reportage intitulé  » Arc-en-ciel littéraire à Leipzig  » du Journal Europa .

Après l’Australie, le Canada s’excuse auprès de son peuple autochtone

Après l’Australie , le Canada : le Premier ministre Stephen Harper a présenté aujourd’hui des excuses officielles historiques aux anciens élèves des pensionnats indiens et demandé pardon aux élèves pour les souffrances qu’ils ont endurées et les incidences néfastes des pensionnats sur la culture, le patrimoine et la langue autochtones.

Pendant un siècle et jusqu’en 1970, une politique d’assimilation destinée à  » tuer l’Indien dans l’enfant « , a regroupé quelque 150.000  enfants, dont beaucoup ont été maltraités et ont subi des agressions sexuelles.

« Le traitement des enfants dans les pensionnats indiens représente un triste chapitre de notre histoire a déclaré le Premier ministre Harper. Aujourd’hui, nous savons que cette politique d’assimilation était mauvaise, qu’elle a causé énormément de torts et qu’elle n’a pas sa place dans notre pays. Le gouvernement du Canada s’excuse sincèrement et demande pardon aux peuples autochtones du pays pour avoir trahi leur confiance si profondément. »

La suite sur le site officiel du Premier ministre.

Impuissance ou pouvoir de la littérature ?

Joli propos que nous annonce le site de recherche littéraire Fabula pour un colloque en avril 2009 à Tunis sur le thème  » Impuissance(s) de la littérature  » !

 » Affres du style et horreur de la page blanche, limites de la représentativité et fin de la mimésis, règne de l’informe et structure éclatée, autonomisation et retrait du monde, excès du signifiant et refus de l’illusion référentielle, divorce entre fiction et narration, fin des grandes polémiques littéraires… l’impuissance de la littérature est de nos jours un objet central de réflexion dans la création littéraire, au point qu’elle a tendance à éclipser le thème du pouvoir de la littérature.  » Appétissant, non ?

Exotisme du dimanche

Dimanche, le marché de la Place des Fêtes. L’apiculteur ne propose que du miel saison 2007. Cette année la récolte n’est pas bonne. Il présente un schéma pour s’y retrouver entre les miels liquides, crémeux ou solides, des miels doux à forts. Je goûte l’arbousier, placé à l’extrême : très fort, amer.  » Il peut accompagner une sauce salade « , dit le pitch (comment pitch a-t-il pu entrer au Larousse 2008 ?).

La libraire présente comme à son habitude des petits trésors de poésie. Du classique ce dimanche, mais du bon. Ou Octavio Paz et son discours de Stockholm, La Quête du présent. Ou Le Labyrinthe de la solitude suivi de Critique de la pyramide, traduit de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert (Gallimard, 1990).

Ce qui attire mon attention, c’est un livre qu’on feuillette comme on flâne, sans but, pour le plaisir : Grand Inventaire du Génie Français en 365 objets de Jérôme Duhamel, préfacé par Cavanna. Il a été publié la même année que le Labyrinthe de Paz, 1990.

Cet Inventaire c’est Les Miscellanées de Mr. Schott avant la lettre… avec de superbes illustrations de Katell Reymond et une conception graphique de Massin. Et en format beau livre ! Et là, la V.O. est en français…

Selon les âges et les références, on pense au catalogue Manufrance des objets du XXe siècle, aux Mythologies de Barthes ou à la caricature du Français, béret, baguette et les 363 autres objets de son patrimoine… Naturellement, les Arts Premiers n’y sont pas. En 1990, les Arts premiers n’étaient pas à la mode. On peut regretter l’absence des Guignols de l’info, nés justement en 1990… (mais Guignol a son article et ses illustrations).

C’est charmant, drôlement frais. On le parcourt et on le lit sans lassitude.

Extrait de la préface de Cavanna, intitulée  » Furieusement français !  » :

La France est essentiellement exotique. Bien sûr, nous autres, Français, baignés que nous sommes dans cet exotisme, ne le percevons pas comme tel. Il nous est tout naturel, il est la norme. Les exotiques, ce sont les autres. Il y a la France, et il y a, du mauvais côté de la vitre, l’étranger, en vrac. (…)

Beaucoup des objets présentés ici ont un goût de  » plus jamais « . Le célèbre catalogue de la Manufacture Française d’Armes et Cycles de Saint-Etienne, naguère encore bible illustrée de la campagne française, pointe le nez presque à chaque page. Eh oui, la nostalgie coule à ras bords.  »

Les premiers articles illustrés :

L’accordéon, L’affiche de mobilisation, L’agenda Quo Vadis, Les albums d’Astérix, Les albums de Bécassine, Les albums des Pieds Nickelés, L’alccotest, Les allumettes de ménage, L’almanach Vermot, etc.

La tonalité hisorique est dominante. Comme au marché, on flâne, et on tombe sur les rappels ou des surprises, car les poètes sont convoqués.

Exemple à l’article  » fermeture Éclair « , de Jacques Prévert, extrait de Sanguine,  :

La fermeture Éclair

A glissé sur tes reins

Et tout l’orage heureux

De ton corps amoureux

A éclaté soudain.

Jérôme Duhamel précise :  » Mieux vaut l’avouer tout de suite : la fermeture Éclair, cette invention au nom fleurant si bon la France, partie intégrante de notre patrimoine, est une invention… américaine, etc. « 

Grand Inventaire du Génie Français en 365 objets de Jérôme Duhamel, préfacé par Cavanna, publié par Albin Michel, n’est plus en vente que chez les bouquinistes. Mais l’auteur décidément amateur de listes et d’inventaires avait déjà écrit Le Grand méchant dictionnaire (Laffont/Seghers), Encyclopédie de la méchanceté et de la bêtise (Acropole), Le Mémorial martiniquais (Editions du Mémorial, Nouméa). Par la suite, il écrira plusieurs dizaines de titres, dont Vos gueules les femmes (avec Wolinski), ( » Les 500 petites phrases que les hommes aimeraient bien ne plus jamais entendre ! « ), Dictionnaire inattendu de Dieu, Le Dico tout fou des écoliers, La Passion des livres, etc.

L’époque est à l’inventaire, entre banal et scandale. On pense à Guillaume Durand qui présentera en septembre une nouvelle émission sur France 2, justement le dimanche : L’Objet du scandale.  » Des objets présents sur le plateau comme l’urinoir de Duchamp, un 4 x 4, une kalachnikov ou un baril de pétrole nourriront des débats culturels ou de société. « , signale Jean-Luc Bertet dans le Journal du Dimanche.

48 heures par jour en 1h29 et ça semble lent…

48 heures par jour… Beau casting (couple Aure Atika, Antoine de Caunes ; Victoria Abril, Catherine Jacob, Bernadette Lafont) dialogues finement travaillés (au début…) mais leitmotiv lassant ( » les hommes devraient prendre la place des femmes à la maison pour se rendre compte « ), trouvailles qui s’avèrent lourdingues (partir au Japon pour prendre du champ mais habiter chez une copine), bref 1h29 pour un film lent ça paraît long et le clip annoncé en titre fait flop. Sortie le 4 juin.

Slam debout à Bobigny ; Assises de questions à Lyon

Recherche don d’ubiquité

Ubu roi chez soi

Loi du mot à mot

De moi à toi

D’équité

En toute intranquillité…

A Lyon, les Assises internationales du roman, An II

A noter, ce mardi, à 19h30, la table ronde  » La fissure géographique  » avec Nuruddin Farah (Somalie), Fatos Kongoli (Albanie), Dany Laferrière (Québec / Haïti) et Elif Shafak (Turquie), présentée ainsi :

 » Un des personnages de La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak dit vivre dans une fissure géographique. Cette métaphore suggestive traduit la complexité de certaines identités nationales et territoriales qui sont des zones de conflit. Ayant du mal à s’apaiser, elles laissent ouverte la question de leur définition. Comment les romanciers peuvent-ils rendre compte de la réalité de ces zones de faille géopolitique et souvent de la diversité de leurs langues ? Vers quel type de langage s’orientent-ils qui puisse saisir les écarts et les différences qui mettent en crise leur pays ? Leur lien avec ces identités complexes a-t-il nécessairement une influence sur leur écriture ? Quelle liberté peuvent-ils trouver ? Quelle distance peut leur donner le roman par rapport à ces questions sensibles ?  »

A Bobigny, le Grand slam de poésie, An II :

Une centaine de slameurs français et étrangers participent du 27 au 31 mai aux joutes de poésie urbaine du « Grand slam de poésie » et à la Coupe du monde de slam. Les épreuves éliminatoires ont débuté mardi soir. Seize équipes de quatre poètes sont en compétition dans ce tournoi. Quarante ans après 1968, les organisateurs promettent une poésie « des plus contestataires et subversives ».

Parallèlement, les slameurs de 16 pays s’affronteront en « Coupe du monde ». Les performances des artistes (textes de trois minutes maximum, sans musique d’accompagnement) seront « notées » à chaque round du tournoi par des juges choisis parmi le public.

A suivre, en particulier, Tsiky, 17 ans, terminale L au Lycée Français de Tamatave, gagnante du Grand Slam national de Madagascar. Sa profession de foi :  » Pour moi le slam n’est qu’un nom qui permet d’identifier un art ancestral qui se pratique encore à Madagascar : kabary, hain-teny, angano, tononkalo… Le verbe est sacré sur cette île de culture et de tradition orales oú la parole est reine et l’orateur un roi.

Umar Timol (site rénové)

 » Le français demeurera langue inconnue, étrange et étrangère, mais elle sera aussi langue nouvelle, langue rêvée, langue de l’inimaginé, ma langue, mo langaz, langue macérée et mélangée, langue-océan qui réensemence mes origines et qui embrase mes lendemains. « , extrait du site rénové du poète mauricien Umar Timol. A consulter en français ou en créole…