Minorité noire, minorité latino

Témoin du bilinguisme voire du biculturalisme grandissant des Etats-Unis de l’ère Obama, cette Encyclopédie de l’espagnol des Etats-Unis, édité par l’Institut Cervantès et présenté le jour de la Fête nationale espagnole à Madrid (El País du 13/10/08 ).

Dirigé par López Morales, ce livre de 1 200 pages est signé par 40 experts du monde latino (notice détaillée ici).

Aux Etats-Unis, 15% de la population est d’origine hispanique, et en 2050 le pays devrait être le premier pays hispanophone au monde avec quelque 130 millions de locuteurs.

Les bilingues anglais/espagnol gagnent en moyenne 17 000 dollars de plus par an.

A lire, en français, cet essai publié en 2005, de James Cohen, maître de conférences à l’université Paris VIII (Saint-Denis) et à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Paris) :

Muqdisho, Somalie, Où c’est toujours la galère

C’est un café à 1,70 euro en salle. A Paris, rue Lassus, près de l’église Jourdain, sans doute l’un des moins cher de la capitale. Assis, on peut faire un tour du monde gratis. Cinq pendules. De gauche à droite :

  • Manaus, Amazonie ses forêts capitales, 5h20
  • Aït Issad (Algérie), c’est la ville du patron, 10h20
  • Villandry (France), ses jardins, un régal ! 11h20
  • Muqdisho, Somalie, Où c’est toujours la galère, 12h20
  • Les îles Crozet (France ?), 500 m² en plein océan Indien, 12h20.

Littérature au risque du métier… de l’enseignant

Nous évoquions ici la suspension, le 26 septembre, d’un professeur de lettres d’un lycée de la Réunion au motif qu’il avait donné à lire une nouvelle de Jean-Luc Raharimanana, Le canapé, extraite de Rêves sous le linceuil (Le Serpent à plumes). Un texte jugé par un porte-parole du rectorat de  » tendancieux, polémique et provocateur « .

L’auteur a réagi dans une interview au Quotidien de la Réunion, publiée le 8 octobre.

Extrait :

 » Des élèves de seconde, âgés en moyenne de quinze ans, sont-ils assez armés pour comprendre le message contenu par ce texte ?

L’école forme des enfants à comprendre le contenu des textes. L’âge ne signifie rien en soi. Il y a des enfants qui comprennent plus tôt que d’autres. Et je ne pense pas qu’ils soient aveugles, ces enfants à qui ce professeur a donné ce texte, ils savent que le Rwanda a existé, que la Shoah a eu lieu, il y a l’Irak, il y a l’Afghanistan, la Palestine… ils savent que le monde des adultes est scandaleux, que des crimes se perpétuent dans le monde et que beaucoup d’adultes ferment les yeux. La censure est une initiation pour être un homme sociable parfait et respectable. À quinze ans, je pense qu’on peut comprendre ce texte. Quel adolescent n’a pas eu ses lectures interdites ? J’ai lu J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian à treize ans. Le drame, c’est qu’on a vidé d’idées la tête de nos enfants. Leur donnons-nous assez de lectures, assez de livres ? Et ces parents qui se scandalisent pour tel ou tel livre, ne pouvaient-ils pas en profiter pour aborder le sujet avec leurs enfants ? Partager un peu de la lecture du monde, de la vie, avec leurs progénitures. Ont-ils assez lu ? Ouvrent-ils assez les yeux ? « 

 

Par ailleurs, le site remue.net publie ce 11 octobre –  » contre tout esprit de censure  » – l’intégralité de la nouvelle Le canapé, ainsi qu’une analyse de cette affaire. Texte signé par Chantal Hibou Anglade, Dominique Dussidour, Jean-Marie Barnaud, Patrick Chatelier, Eric Pessan, Laurent Grisel.

Extrait :

 » Il n’appartient pas à remue.net de déterminer si le professeur de français aujourd’hui suspendu dans l’académie de La Réunion pour avoir décidé de faire travailler ses élèves sur la nouvelle « Le canapé » de Jean-Luc Raharimanana a suffisamment accompagné ses élèves dans cette lecture qui les confronte à la violence indéniable du monde (…).

Étudier « Le canapé » était risqué. Nous savons qu’enseigner la littérature comporte des risques, puisqu’il s’agit toujours de conduire les élèves vers une parole vivante, qu’il s’agisse de littérature dite classique ou de la littérature contemporaine dont nous pensons qu’elle doit avoir toute sa place dans les programmes et les pratiques pédagogiques.

Ainsi, le professeur de français qui propose l’étude d’un texte, s’il décide de ne pas l’expurger (on peut très bien expurger Flaubert, il suffit de s’en tenir aux « morceaux choisis »), affronte les risques de l’interprétation et ceux, aussi, de l’incompréhension, du contresens. Quel texte et quel professeur sont en mesure de se préserver de l’échec que constitue une totale absence de réception littéraire ? « 

 

Exit le Salon du livre de l’outre-mer (suite)

Donc le Salon du livre de l’outre-mer 15e édition n’a pas eu lieu, depuis l’annonce ministérielle tardive (voir billet du 22 septembre). Raison officielle invoquée par le secrétaire d’Etat :  » Devant le succès de cette opération, qui chaque année, réunit plusieurs milliers de personnes, j’ai été contraint de décaler cette manifestation au Salon du livre de Paris à la porte de Versailles du 13 au 18 mars 2009.  » Pour être franc : on n’est pas convaincu. Pour l’heure, un indice : l’espace outre-mer devrait passer de quelque 100 m² à 160 m²… Dont acte.

Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !

L’homme qui écrit ses racines nomades depuis une cinquantaine de romans a décroché le Nobel de littérature. Il dit son errance à l’empan du monde avec des mots simples, de sa voix apaisée, au cillement aérien, mais aux calmes certitudes dès qu’il s’agit d’écrit, plaisir nécessaire, pour lui, pour nous. Il a su tisser et retisser ses liens de famille aux écartèlements majestueux, Bretagne, Maurice, breton, créole, marrons et autres histoires, Londres, anglais, Nice, Etats-Unis, Mexique, espagnol, Indiens, attrapeurs de rêves, Panama, Vanuatu, bichelamar, Nouvelle-Calédonie de hauts parlers kanaks, Nigéria, Afrique, Corée.

Jean-Marie Gustave Le Clézio ne clôt rien du monde ; arpenteur-raconteur-tenants-et-aboutissants, géant guerrier comme l’araignée fragile en sa toile, en son royaume de textes, prisonnière de son espérance, de son doute, effleurant des nœuds d’imaginaires, réseaux de substance morale, rêves de peuples premiers, enfance ô combien fécondante, père d’Afrique, mère musicienne, ritournelle de la faim.

Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !

Un Le Clézio qu’on pouvait croire au courant de la bonne nouvelle, avant l’heure, quand il fut reçu à France-Inter, par Vincent Josse, dans la matinée :

Solidarité Haïti

Après le passage des ouragans Gustav, Hanna et Ike, une soirée de solidarité pour Haïti est organisée à Paris par le Collectif 2004-Images et Action contre la faim (AICF), ce jeudi 9 octobre, 20h, au restaurant Mizmiz, 6 rue Moret, Paris 20e. Infos : Caroline.Estime@yahoo.com ou 06 25 47 02 71.

« Phoque » ou « Fuck », la culture canadienne en deux mots

Découvert ce clip Culture en péril, en consultant le blog de Thomas Spear.

Le gouvernement canadien de Stephen Harper a annoncé le 8 août dernier la « coupure » [en français canadien] de deux programmes de subvention pour la promotion culturelle. Au total, une quinzaine de programmes – pour un montant de 45 millions d’euros – considérés comme désuets et mal utilisés, ont été abandonnés par le gouvernement depuis avril dernier.

Pourtant, investir dans la culture est financièrement rentable. Du moins, c’est le message de la vidéo « Culture en péril » à laquelle ont participé le chanteur Michel Rivard, le comédien Benoit Brière et l’humoriste Stéphane Rousseau.

Ce film tacle au passage les deux « solitudes » linguistiques du Canada, en mettant en scène un dialogue absurde entre des artistes francophones et des fonctionnaires anglophones obtus chargés d’analyser leurs demandes de subventions.

Le buzz monte sur fond de campagne électorale, les élections fédérales étant prévues pour le 14 octobre. (Source : Les Observateurs, site participatif de France 24).

Sélection Goncourt 2008 (2e sélection)

L’Académie Goncourt  annonce aujourd’hui sa deuxième sélection pour son prix qui doit être attribué le 10 novembre.                       

Jean-Baptiste Del Amo : Une éducation libertine (Gallimard)           

Christophe Bataille : Le rêve de Machiavel (Grasset)           

Jean-Marie Blas de Roblès : Là où les tigres sont chez eux (Zulma)           

Catherine Cusset : Un brillant avenir (Gallimard)           

Jean-Louis Fournier : Où on va, papa ? (Stock)           

Alain Jaubert : Une nuit à Pompéi (Gallimard)           

Michel Le Bris : La beauté du monde (Grasset)           

Atiq Rahimi : Syngué Sabour (POL)           

Olivier Rolin : Un chasseur de lions (Le Seuil).           

La troisième sélection du Goncourt  doit être diffusée le 21 octobre. Les candidats au Goncourt  passent de 15 à 9 dans cette deuxième sélection, avec notamment la disparition de Catherine Millet (Jour de souffrance) et Mathieu Belezi (C’était notre terre). (voir la 1ère sélection ici.)

Concours de haïkus (la verve vivante de trois vers évanescents pour un voyage au Vanuatu)

Voici un concours de haïkus, baptisé  » Pilou des mots « , qui devrait attirer plus d’un amateur ! Vous avez jusqu’au 10 octobre pour composer un haïku avec l’un des mots océaniens suivants, autant de mots qui ont enrichi la langue française :

Bichelamar, boomerang, boucan, bougna, bourao, cagou, dawa, doghi, didgeridoo, faré, filao, gaïac, kaori, kanak, kangourou, kawa, kiwi, koala, manou, maori, moa, monoï, niaouli, paréo, pilou, poca, poe, popinée, tabou, tamouré, tané, tapa, taro, tata, tiaré, tiki, troca, uru, vaa’a, vahiné, wallaby.

Le premier prix est au séjour de trois jours au Vanuatu pour deux personnes. Probablement au départ de Nouméa, mais ce n’est pas explicitement précisé dans le règlement de ce concours organisé par le Forum francophone du Pacifique. On peut rêver d’un Paris-Nouméa-Port-Vila, non ?

Pour quelques exemples de haïkus (poème sur l’évanescence des choses en 17 pieds de trois vers [5,7,5 vers respectivement]), on se reportera à mon billet  » Avec le haïku, le bonheur est dans le style «  [Papalagui, 12/08/07].

Exemple emprunté à Bashô (1644-1694) :

Vieille mare –

Une grenouille plonge

Bruit de l’eau.

Ce qui, transposé en haïku océanien, pourrait donner :

Vieux kaori –

Un cagou s’ébroue

Crac du gaïac.

N.B. : il arrive que les vers ne respectent pas exactement le dispositif 5 + 7 + 5 pieds, ceci en raison de la traduction du japonais, l’exemple ci-dessus pouvant être considéré à l’image du poème de Bashô, comme… une traduction du japonais ! 

Nous avons jusqu’au 10 octobre 2008 pour envoyer le haïku à l’Alliance Champlain, BP 8133, 98807 Nouméa cedex.

Que le meilleur gagne !