Le sens de la vie selon Toltz

Tomber sur le livre de Steve Toltz, Une partie du tout, édité par Belfond, et ne pas le lire, serait une erreur. Le premier roman de cet auteur australien, né à Sydney et vivant à Paris, est aussi puissant qu’une âme bien noire qu’on aurait dégoupillée, mais qui ne finit pas d’exploser, une âme à combustion lente. Je n’en dirai pas plus pour l’instant, sinon que c’est l’histoire de Martin Dean racontée à son fils Jasper, qui toute sa vie a hésité entre détester, plaindre, adorer et assassiner son père.

Son père est obsédé par le sens de la vie. Une vie au contexte défavorable. Ce père qui -jeune- dit, p. 106 :  » J’étais trop préoccupé par mes propres problèmes : ma mère qui était mourante s’enfermait comme une reine folle, mon père disparaissait dans une bouteille, et mon frère vadrouillait avec un flingue dans une main et une hache dans l’autre.  »

Quant au style, c’est un mélange de polar australien ( » vivre en Australie c’est comme avoir une chambre retirée dans une immense maison « , p. 111), de bibliothèque idéale et démesurée (dont la lecture lui a été assurée pendant ses années de coma), et de comparaisons absolument désarçonnantes. Ainsi p. 112  :  » Ma maison s’était transformée en un lieu historique d’importance mineure – comme les toilettes du restaurant utilisées par Hitler avant l’incendie du Reichstag… »

Voilà pour les pages 106, 111 et 112. Je vous en reparle quand je serai p. 497, la der. Si vous ne l’avez pas lu d’ici là, ce qui serait, je me répète, une erreur.

Welcome ? du bon usage du paillasson

Dans Welcome (le film), le nom inscrit sur le paillasson du voisin délateur est  » Welcome « . Belle ironie ! Dans le commerce proposé par Internet, la catégorie  » paillasson welcome  » est riche de quantités de modèles, à tous les prix, tous les motifs : monolingue, plurilingue, avec dessin ou non, etc.

En France, les paillassons ont une histoire. Tenez, fin 2007, lors de la visite à Paris du colonnel Mouammar Kadhafi, Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme avait déclaré : « Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort.  »

Dans le film de Phlippe Lioret, Bilal, hébergé et protégé un temps par Simon le maître nageur, n’a qu’une alternative pour passer en Angleterre : clandestin dans un camion, la tête recouverte d’un sac en plastique pour éviter le gaz carbonique des inspections douanières ou bien la traversée du Channel à la nage. Le choix entre l’asphyxie par la route ou la noyade par la Manche. Entre les pieds ou les palmes. Pas de s’essuyer les pieds sur un  » paillasson welcome « .

Mort d’Henri Meschonnic, le penseur du poème

Mort du poète, linguiste et traducteur de la Bible Henri Meschonnic ce 8 avril.

Voir le site des éditions Verdier qui viennent de rééditer sa Critique du rythme :

« J’écris des poèmes, et cela me fait réfléchir sur le langage. En poète, pas en linguiste. Ce que je sais et ce que je cherche se mêlent. Et je traduis, surtout des textes bibliques. Où il n’y a ni vers ni prose, mais un primat généralisé du rythme, à mon écoute. La conjonction de ces trois activités a donné lieu pour moi à une certaine forme de pensée critique, à partir d’une transformation de la pensée traditionnelle du rythme à laquelle ont mené nécessairement ces trois activités, justement par leur conjonction. De là une critique générale des représentations du langage, et d’une carence de la pensée du langage dans la pensée contemporaine. L’importance de la critique a relativement occulté les poèmes, surtout dans la mesure de la résistance que cette pensée a suscitée. Vérification empirique que la pensée fait mal, et d’abord, socialement, à qui essaie de penser. Mais le poème, tel que je l’entends, transformation d’une forme de vie par une forme de langage et d’une forme de langage par une forme de vie, partage avec la réflexion le même inconnu, le même risque et le même plaisir, le même pied de nez aux idées reçues du contemporain. Puisqu’on n’écrit ni pour plaire ni pour déplaire, mais pour vivre et transformer la vie. »

Voir la nécro de Samuel Blumenfeld dans Le Monde de ce jour, qui écrit notamment :

« Il a édifié une oeuvre marquante, et pas seulement dans le champ des sciences humaines. (…)  Il faut d’abord y voir une démarche cohérente, soudée, qui tourne le dos aux catégories en vigueur, cherche à dépasser l’histoire et la théorie des pratiques littéraires, pour comprendre comment, et pourquoi, la poésie reste le lieu le plus vulnérable et le plus révélateur de ce qu’une société fait de l’individu. (…)

Chair contre esprit, voix contre écrit, vers contre prose, langue contre littérature, individu contre société : Henri Meschonnic ne cessera de battre en brèche ces oppositions. Il renvoie dos à dos scientisme et subjectivisme, formalisme et thématique. Ses  » appuis  » théoriques sont des philosophes, des linguistes, des essayistes : Wilhelm von Humboldt (1767-1835), Emile Benveniste (1902-1976), Walter Benjamin (1892-1940), les formalistes russes, dont la pensée échappe au clivage entre forme et contenu, pour déceler dans l’oeuvre d’un écrivain ce qu’il fait de sa langue et que personne n’avait fait auparavant. »

Meschonnic, auteur de cette belle figure :  » La poétique est le feu de joie qu’on fait avec la langue de bois « .

A lire avec entrain, encore sur le site des éditions Verdier, un bel entretien qu’avait donné Meschonnic à Antoine Jockey en juin 2007 pour la revue Missives , à l’occasion de la réédition de Célébration de la poésie

Quelques missiles de la pensée poétique meschonnique dans Missives :

« Bien sûr que c’est un titre ironique, mais c’est plus que cela, c’est une réflexion sur les rapports entre écrire un poème, lire un poème et toute l’histoire de la poésie. Du coup, je me suis rendu compte que quand on prononce le mot poésie, on ne se rend pas compte qu’on dit cinq voire dix choses différentes à la fois. C’est une véritable cacophonie inaudible. Il y a une connaissance historique de la poésie, parce qu’il y a la poésie au sens de « stock », c’est‑à-dire toute l’histoire de la poésie, des poésies, de la poésie dans chaque culture avec toute son histoire. Mai le problème du poème à écrire c’est qu’il ne peut pas regarder vers l’histoire de la poésie, parce que s’il le fait, il devient l’amour de la poésie qui mène inévitablement à répéter la poésie déjà écrite. C’est pourquoi je dis, et ça a l’air d’un jeu de mots mais c’est beaucoup plus qu’un jeu de mots, que l’amour de l’art c’est la mort de l’art. Le poème à lire et le poème à écrire ont deux ennemis : la poésie elle‑même, au sens de la poésie du passé, et la philosophie à cause de sa conception du langage. Depuis qu’on écrit des poèmes, les poèmes ont toujours été ce qui a réinventé la poésie. La poésie n’a pas arrêté d’être inventée par les poèmes. Mais quand on regarde la poésie avec amour, il se produit un effet pervers, on se met à écrire sur la poésie, en admirant la poésie et en la célébrant. C’est ce qui peut arriver de pire à un poème, tel que je le définis et qui n’a rien à voir avec quelque chose de formel, les formes fixes, les mètres, les rimes. L’histoire de la poésie n’est pas la même partout. Dans l’ancienne poésie chinoise il n’y a pas du tout d’opposition entre la métrique et la prose, et cette opposition c’est une chose que j’ai eu aussi à critiquer, parce que la définition de la poésie par la métrique c’est définir la poésie par la forme, par le vers, et déjà Aristote savait que les vers ne sont pas la poésie. Alors qu’est‑ce que c’est que la poésie ? »

Bonnes nouvelles de Corée

Eun Hee-Kyung, Les Boîtes de ma femme, Zulma : un recueil de cinq nouvelles, dont je viens de lire la première qui donne son titre au livre, traduit du coréen par l’auteur et par Pierrick Micottis.

Style descriptif (d’un bureau, d’un appartement quelconque, d’une psychologie féminine froide, des sentiments).

Extrait, p. 20 :

 » Quand ma femme était seule, elle s’occupait de nettoyer et de ranger l’appartement. De temps à autre, elle se mettait à son bureau pour feuilleter des magazines ou des journaux. Elle aimait bien ce bureau. Ses lectures étaient variées. Il me semblait toujours qu’elle ne lisait pas comme les autres gens qui se cultivent ou se forment à travers les livres. Elle ne gardait en mémoire qu’une infime partie de ce qu’elle avait lu. Comme par ailleurs elle était consciente d’interpréter le contenu de ses livres à sa manière, elle commençait toujours ses histoires en disant :  » Je ne sais pas si ma mémoire est bonne, mais…  » En vérité, elle préférait ranger ses livres dans ses boîtes pour mieux les oublier. En dehors de la lecture et du rangement, elle dormait pratiquement toute la journée.  »

Donc style d’entomologiste mais efficace. Personnages au relief juste suffisant pour porter le tête à tête homme/femme dans une impasse inexorable, prévisible. On s’y attache comme à ce style dépouillé, comme les rues, le travail de bureau, donc une certaine vision de la Corée.

La phrase est classique, quelquefois Eun Hee-Kyung vous assène une subordonnée antéposée avec une telle évidence ! façon phrase retournée comme un gant, en somme. Exemple :  » Sur les nerfs pour avoir été désigné, l’avant-veille, chef d’équipe d’un nouveau projet dans mon entreprise, je n’étais guère en mesure d’écouter les piètres excuses de ma femme.  »

J’en étais là de ma première lecture de Eun Hee-Kyung… quand m’est revenu à l’esprit le film de son compatriote Im Kwon-taek, Ivre de femmes et de peinture, prix de la mise en scène à Cannes en 2002.

On ne peut pas imaginer styles plus opposés que ces deux oeuvres. Le flamboyant Ivre de femmes et de peinture raconte l’histoire au XIXe siècle d’un artiste aimant l’alcool, les femmes et la peinture jusqu’à la dévoration (les trois), Jang Seung-Up. Un critique français évoqua à propos de ce film dans la Corée décadente de l’époque ce mot de Cocteau :  » une orgie de beauté « . Evidemment un recueil de nouvelles n’est pas en général lyrique.

C’est sans doute aussi une question de générations et d’époque. Le cinéaste est né en 1936, l’écrivaine (car madame Eun est une romancière) en 1959. Elle est très populaire, elle a été lauréate en 1998 pour Les Boîtes de ma femme du Prix Lee Sang. A la démesure de l’un succède l’extrême mesure de l’autre…

   

Quais du Polar : la loco Piccoli

Au Festival Quais du Polar à Lyon, un instant de cinéma comme peu.

Max et les ferrailleurs, un des très grands films de Claude Sautet (1971) dans la belle salle du Comoedia, avenue Berthelot. Sur l’écran, Michel Piccoli (Max) et Romy Schneider (Lili, prostituée indépendante, compagne d’Abel, l’un des ferrailleurs).

Dans la salle, au milieu du public, Michel Piccoli, 84 ans.

Piccoli est accompagné de Michel Boujut, critique de cinéma pour qui  » Max et les ferrailleurs est un film parfait « . Les deux complices nous font la grâce d’une discussion post-film. On oublie assez vite le fil du temps et les 38 ans qui séparent Piccoli-Max et Piccoli-dans-la-salle. On pense un moment à La Rose pourpre du Caire, le film de Woody Allen (1985) où Tom Baxter sort de l’écran et vient dans la salle pour conquérir le cœur de Cécilia, une jeune serveuse de brasserie, qui voit le film pour la cinquième fois. On y pense puis on passe à autre chose d’encore plus sidérant… La qualité de jugement de Piccoli, qui incarne le cinéma à l’écran comme dans la salle…

Max-le-policier rêve d’un flag, seule méthode selon lui pour mettre au trou des braqueurs. Et un flag, ça s’organise… Il deviendra Max-le-banquier qui ira – suprême délice – séduire par l’argent Lili la belle pute à la grande âme, qu’il manipulera froidement pour qu’elle entraîne la bande de son ami, Abel, de la ferraille de Nanterre à une petite agence bancaire, rue d’Argonne dans le XIXe, à Paris…

Tout le film nous tient dans cette double tension : la tension du suspense policier (Max réussira-t-il à monter le flag,  » son  » flag ? et la tension amoureuse (Max-le-banquier et Lili-la-prostituée fascinée par l’argent vont-ils s’aimer ?). C’est un film de maître et un duo admirable.

C’est Michel Boujut qui lance la loco Piccoli. Il faut dire que dans la dernière séquence de Max…, alors que Piccoli a joué pendant tout le film sur le registre du tragique-tendu-contenu, obsédé par la volonté très maîtrisée de monter le flag parfait, un événement survient. Et le duo Piccoli/Romy Schneider se métamorphose dans une bulle de regards croisés, absolument divins.

Alors Boujout dans cette salle du Comoedia demande à Michel Piccoli :  » Qu’aviez-vous dans la tête à ce moment là quand on vous emmène, et que Lili-Romy Schneider est sur le trottoir, et que vous la regardez avec ce regard-là ? »

Et Piccoli qui lui répond tout de go (esprit plus rapide tu meurs) :  » J’avais la tête dans le vide. Un comédien qui a été plein de beaucoup de sentiments, qui a été admirable de ce plein, il doit savoir faire le vide. «  Et ce vide est vertigineux, tant il montre le désarroi d’une réussite. Le flag a réussi, il a gagné, mais il a tout perdu aussi. Max…, c’est la tragédie par le vide.

Et Piccoli – qui n’est pas que Max-  sait où il se trouve, justement dans cette salle du Comoedia, 38 ans près. On a l’impression que dans son esprit le tournage c’était hier.

On lui a raconté toute l’histoire du cinéma de l’avenue Berthelot, créé il y a presque un siècle, dans la ville des frères Lumière. Et Piccoli est dans cette ville ce jour-là après avoir regardé parmi nous ce film-ci, Max et les ferrailleurs. Donc l’histoire d’un ciné racheté par le groupe UGC puis racheté par un indépendant qui lui redonne le nom de Comoedia, et UGC qui lui fait un procès, UGC qui ne veut pas que le nom soit maintenu (ils ont racheté la salle donc le nom). Finalement UGC sera débouté de son procès et le Comoedia a gardé son nom.

Donc Piccoli s’adresse aux spectateurs :  » Je ne vous souhaite pas d’avoir la tête vide quand vous sortirez de la salle. D’ailleurs le cinéma nous donne la tête pleine. A la maison, avec cette chose qu’on appelle comment ? Oui, un DVD… on crois avoir vu un film, on le crois seulement… Ici rien n’encombre le film, à la maison on s’arrête, on est distrait. Ici il n’y a rien d’autre qu’un truc blanc, on est dans la vraie folie du cinéma, c’est-à-dire une salle.

Et Piccoli est toujours dans la salle. On l’a encore dans l’œil Max, l’obsédé :  » Que ceux qui n’ont pas d’obsession dans cette salle, qu’ils osent lever la main ! «  Personne ne lève la main.

La loco Piccoli, la loco de cinéma, continue :  » La magie c’est le montage, mais quand on est pris par le film on ne voit pas le montage. Récemment, j’ai revu des films de Ferreri, dans ses films on voit la fragilité et l’importance fantastique du cinéma pour l’histoire du monde, pour notre histoire.  » 

On comprend pourquoi on voit les films, pourquoi on les revoit surtout.

Michel Boujout a vu Max et les ferrailleurs une dizaine de fois, nous dit-il. Dans la salle un spectateur invétéré dit les choses tout net : lui a vu le film plus d’une demi-douzaine de fois, il nous dit que ce film de Sautet est ce qui s’est fait de mieux sur un homme et son obsession.

Bien sûr Piccoli parle de Romy :  » Moi je suis en vie, pourquoi n’est-elle pas en vie ? «  Il le dit ainsi, avec ces mots-là, il le dit comme ça.

Et Boujut parle de la qualité des dialogues  » au rasoir  » (Sautet, Néron, Dabadie), de la musique de Philippe Sarde, du livre de Claude Néron (il nous apprend que La Grande marade va être réédité).

Avant de quitter la salle, Piccoli nous dit qu’il va tourner un film dont le titre est :  » Ma femme va avoir une voiture « .

Pour voir clair dans le Roman Noir

A signaler pour les futurs amateurs à peine aguerris, à la fois curieux du genre et par avance enthousiastes d’un que-sais-je-qui-serait-écrit-par-un-homme-de-plume, on recommande avec empressement un merveilleux opuscule qui deviendra certainement un véritable opus, publié par L’Oeil Neuf éditions : Une brève histoire du roman noir, du maître Jean-Bernard Pouy…

Abdelkebir Khatibi ? une orchidée…

 
 
 
 

 » Sociologue, politologue, chercheur universitaire et écrivain, l’homme à plusieurs casquettes a rendu l’âme, lundi tôt le matin, dans un hôpital à Rabat. Selon son épouse, son cœur a lâché suite à de graves complications. Il vient ainsi de clore 71 ans de vie, de réflexion, de création et de carrière littéraire. Son histoire commence un certain jour en 1938, à El Jadida où Khatibi voit le jour. Quelques années plus tard, le jeune homme, avide de savoir, part en France pour rejoindre la Sorbonne. Il y étudie la sociologie pour soutenir la première thèse sur le roman maghrébin en 1969. Ayant pris goût à l’écriture, il sort son premier roman autobiographique «La mémoire tatouée» en 1971, sous l’impulsion de Maurice Nadeau…  »

La suite dans Le Matin.

La disparition de Khatibi a suscité cet hommage de Patrick Chamoiseau :

 » Frère, tu savais les abîmes de la langue, ce qu’elle dérobe et qu’elle offre aux déroutes des langages, ce qu’elle nourrit de vertiges dans le désir des autres langues, tu savais aussi que raconter c’était saisir l’obscur, fréquenter l’indicible, la difficulté d’être avec tous mais au plus singulier, dans le partage sans concessions mais au plus différent, et trouver dans les tumultes du monde l’effervescence secrète, essentielle, où l’esprit vit le monde, en Guerrier, invente des peuples et des manières, va le mystère de la chose tissée et des calligraphies, et nous invente des horizons encore vifs d’être tatoués, portés haut à même la poussière du Maroc… Tu savais aussi l’amour, qui ouvre tant, toujours, et dont sait se nourrir cette orchidée à qui je donne ton nom…  »

Ecrivains mexicains 2009

A l’occasion du Salon du livre de Paris, à voir sur France Ô, dimanche 15 mars à 13h, un documentaire de 13’, Écrivains mexicains 2009.

Carlos Fuentes, le doyen, l’ambassadeur, et Paco Ignacio Taïbo II, le biographe et l’auteur de polars, nous ouvrent leur bibliothèque.

Avec trois jeunes auteurs, ils sont nos guides dans un pays soumis à l’hyperviolence des narcotrafiquants, héritier de hautes cultures (olmèque, maya, aztèque, toltèque), où bouillonne une littérature solaire mais désenchantée, aux richesses méconnues.

Cette balade littéraire, mise en images par Jean-Pierre Magnaudet, nous emmène à Tampico, sur le Golfe du Mexique, en face des Caraïbes. Martín Solares s’est inspiré de sa ville natale pour écrire un roman policier qui résonne dans la terrible actualité du pays : Les minutes noires (Christian Bourgois éditeur).

A Coyoacán, quartier paisible d’une capitale démesurée, Guadalupe Nettel raconte son goût pour toutes les formes de beauté, projet développé dans son recueil de nouvelles, Pétales et autres histoires embarrassantes (Actes Sud).

Plus au Sud, à Oaxaca, la rebelle, se rejoignent les traces des Codex, grands récits aztèques, et le tout premier recueil de poèmes en langue mazatèque, Tatsjejín nga kjabuya (« La mort n’est pas éternelle », bilingue espagnol).

Juan Gregorio Regino nous dit ce qui change quand il écrit dans une langue indienne, l’une des 65 du Mexique de 2009.

 

Le Centre Tjibaou par Alban Bensa

A noter la conférence d’Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS,  » La mise en scène d’une identité nationale en construction : le cas du centre Culturel Tjibaou de Nouméa « , mercredi 11 mars 2009 à 18h30 au MEG, Musée d’ethnographie Carl-Vogt de Genève.Son livre, publié en 2000, est édité par Adam Biro.