
Recommandé : l’anthologie de cent poèmes, Il fait un temps de poème, volume 2, conçue par Yvon Le Men pour Filigranes éditions.

Recommandé : l’anthologie de cent poèmes, Il fait un temps de poème, volume 2, conçue par Yvon Le Men pour Filigranes éditions.
Alors que Congo, une histoire, de David Van Reybrouck est un essai magnifique, multi-primé (il l’était encore lundi 8 avril 2013, comme raconté par Papalagui), qu’il est un modèle d’enquête et de connaissance, qu’il rend hommage à quelques-uns des cinq cents témoins rencontrés par l’auteur au cours de six années de travail, il est la cible d’un curieux procès. Ou plutôt sa couverture. Ou plutôt celle de Congo. Een geschiedenis, puisqu’il s’agit de l’édition originale qui est en cause, ou plutôt de la photo de sa couverture.

Les ayants droit d’Etienne Nkazi-A-Kanda-Ndotepelo, l’homme qui figure sur la couverture de l’ouvrage [l’un des dédicataires, aujourd’hui décédé], ont réclamé jeudi devant le tribunal de première instance de Bruxelles la condamnation de l’auteur, du photographe Stephan Vanfleteren et de la maison d’édition De Bezige Bij pour l’utilisation sans autorisation de son image. Ils estiment en outre que le cliché est « blessant et injurieux » (agence de presse Belga, rapportée par Le Vif).
Selon ses héritiers « Étienne Nkazi avait accepté d’être photographié, mais il n’avait jamais donné son accord pour que les clichés soient utilisés, encore moins en couverture. Ils estiment également que la photo choisie est injurieuse pour les Congolais et qu’elle renforce l’image du « pauvre Africain » [sic].
L’avocat de l’auteur, du photographe et de la maison d’édition, Me De Bleeckere, avance que M. Nkazi avait « au moins implicitement » donné son accord. « Le shooting s’est déroulé de manière professionnelle. Les clichés devaient par ailleurs être conformes aux standards occidentaux et non aux congolais ». La défense a ajouté que les plaignants n’avaient en outre pas pu prouver qu’ils étaient les héritiers de M. Nkazi.
Le tribunal rendra sa décision le 16 mai.
La photographie de la couverture de l’édition française, chez Actes Sud, qui représente un anonyme, n’est pas en cause.

Pour prolonger le plaisir de lecture, on préfèrera le document produit par l’éditeur néerlandais, De Bezige Bij : « Congo. Een geschiedenis », film documentaire de 15’31, sur les rencontres de David Van Reybrouck avec quelques-uns des grands témoins interviewés lors de son enquête au RD Congo. Parmi eux des anciens combattants, une religieuse, une journaliste culturelle, des musiciens, un cameraman : Augustin Mfukidi, Martin Kabuya, Apolline Lemole, Jean Lema, Pierre Yantula, Armand Mwango, Isidore Kabongo, Bibish Mumbu :
Congo. Een geschiedenis from thibault judicq on Vimeo.

Même plié dans l’armoire
Le ciel sent bon.
Yvon Le Men
De proche en proche
poèmes en poche, il poursuit
le même rêve

(c) Stephen Vanfleteren
Congo, une histoire (Actes Sud), de David Van Reybrouck, l’un des meilleurs livres de l’année 2012, déjà plusieurs fois primé, est récompensé par le Prix Aujourd’hui, doté cette année de 45 000 euros par François Pinault, ancien président du groupe PPR (qui sera bientôt rebaptisé Kering) et grand collectionneur d’art, qui a décidé lundi de porter sa dotation de 25 000 à 45 000 euros. Selon l’AFP, « Grâce à ce nouveau prix, l’auteur pourrait éventuellement trouver un moyen de le distribuer au Congo. »
Christophe Bataille et Rithy Panh avaient reçu le prix en 2012 pour L’élimination (Grasset).

Voir le reportage chez David Van Reybrouck, dans Papalagui, 31/12/12.
Au marché, vocalise
un vendeur de fruits et légumes
voix d’opéra.
Viens l’ami, j’t’invite
à déjeuner, manger, boire,
parler.
Des vagues d’émeutes
démentes et vagues
font montre de vils émois,
tags sur la planète dégriffée
que soulèvent les souffles amers.
Implacable et
brutal, le métro pile
à Saint-Placide.