Fred ou l’énergie poétique de la bande dessinée

La vitrine de la librairie des Buveurs d’encre m’arrête net. C’était donc hier en ce mardi 2 avril 2013, rue de Meaux, à Paris. Le dernier Fred est en vitrine. Le train où vont les choses. Le 16e de la série des Philémon. Et – coïncidence frappante – ce matin tombe le communiqué des éditions Dargaud sur la mort de Fred à l’âge de 82 ans. A peine lu hier, l’album se relit mentalement aujourd’hui comme la dernière histoire. Une locomotive à pattes qui marche à « la vapeur d’imaginaire ». Philémon et Barthélémy qui relèvent le défi : faire preuve d’imagination pour remettre la « lokoappates » dans le tunnel. Je pense aussi à Zétwal, le film de Gilles Elie-Die-Cosaque où le héros rêve d’aller dans l’espace en alimentant sa fusée par l’énergie des poèmes d’Aimé Césaire.

Même dans le tunnel avec Philémon, l’énergie poétique de Fred joue à plein régime. Qu’on imagine ! Il suffit d’un tunnel pour que la loco reprenne sa route. Pas besoin de rails. La loco va au train où vous les choses. Sinon, elle va nulle part. Elle rencontre une énorme toile d’araignée. Mais le temps se détraque. Heureusement. La cannibale faute de dictionnaire de rimes ne sera pas chagrine et ne les dévorera point. Final ? Non, car la boucle ne sera bouclée qu’avec Philémon qui repart à l’origine. De calembours en rimes, d’images mentales en images graphiques, les concaténations sémantiques s’enchaînent et se déchaînent pour notre bonheur. Fred invente les effets spéciaux à partir des lettres de l’alphabet et de ce trait reconnaissable entre tous, c’est l’énergie du poème graphique. Aujourd’hui, on peut dire avec ses personnages : « Le fond de l’air est frais. »

Communiqué de presse des éditions Dargaud (Hélène Werlé) :
Nous avons la douleur de vous faire part du décès de Fred, Othon Aristides, hier soir à l’âge de 82 ans. Il était depuis plus de soixante ans l’un des plus grands artistes, un créateur et un poète hors du commun. Aujourd’hui, l’ensemble de la bande dessinée est en deuil, et les éditions Dargaud ainsi que tous les auteurs s’associent à l’immense tristesse de sa famille.
Othon Aristides, dit Fred, naît le 5 mars 1931 à Paris. Tout môme, il remplit des cahiers entiers de bandes dessinées bourrées de fôtes d’ortografe. Il publie son premier dessin humoristique dans le courrier des lecteurs d’un journal pour enfants.
Un peu plus tard, il fait ses premiers pas vers l’absurde, l’envers du décor et le dérapage contrôlé en dévorant Edgar Poe, Charles Dickens et Oscar Wilde.
Vers 18 ans, il fait timidement le tour des rédactions. À sa grande fierté, il finit par placer un dessin à Ici-Paris ; à sa grande déception, sa signature est coupée. À son retour de l’armée, il dessine pour France Dimanche, Paris Match, Le Hérisson et Quartierlatin, un modeste journal vendu à la sauvette par Georges Bernier, connu plus tard sous le nom de professeur Choron. C’est avec le même Georges Bernier et François Cavanna (rencontré à Ici-Paris) que Fred crée Hara-Kiri en septembre 1960. Promu directeur artistique, il exécute les soixante premières couvertures, touche un peu à tout, s’aperçoit qu’il aime bien écrire, et revient à la bande dessinée avec Les Petits Métiers, Le Manu-Manu, Tarsinge, l’homme Zan et Le Petit Cirque.
En 1966, après six mois de labeur, il propose quinze planches d’une nouvelle histoire au journal Spirou, qui les refuse : le dessin n’est pas bon, l’histoire non plus… À la lecture des mêmes planches, René Goscinny, alors rédacteur en chef de Pilote, s’enthousiasme et publie La Clairière des trois hiboux, premier épisode des aventures de Philémon. Mais cette fois-ci, ce sont les lecteurs qui n’apprécient pas le dessin. Fred décide donc de s’en tenir à l’écriture ; il propose toute une série de scénarios qui seront mis en images par d’autres – ce qui ne l’amuse pas du tout… sauf quand il imagine Time is Money pour Alexis. Et puis, il commence à ruminer dans ses moustaches l’idée d’envoyer Philémon sur les lettres de l’océan Atlantique – idée qui lui est venue dans son bain : où va-t-on quand on se laisse aspirer par le tourbillon de la baignoire qui se vide ? (Fred trouve toujours ses idées dans son bain. Quand l’idée ne vient pas, il prend cinq bains par jour ; il est donc très propre…)
Il écrit le scénario, le fait lire à Goscinny et déclare assez fermement qu’il veut le dessiner lui-même. Goscinny accepte, et la grande aventure de Philémon, dont le quinzième album paraîtra en 1987, commence.
Dans les années 1970, tout le monde s’arrache Pilote, même Jacques Dutronc qui demande à Fred de lui écrire des chansons. Fred tente le coup avec une fraîcheur absolue, à l’instinct : Le fond de l’air est frais entre très vite au hit-parade. Devenus copains, ensemble deux livres-disques pour enfants : La Voiture du clair de lune et Le Sceptre.
En 1993, après quelques expériences autoéditées, dont le magnifique Magic Palace hôtel, Fred imagine pour l’imagerie Pellerin d’Épinal La Magique Lanterne magique, puis pour Futuropolis un superbe portfolio intitulé Manège. C’est alors que Le Matin de Paris lui offre une pleine page hebdomadaire qu’il occupe avec Le Journal de Jules Renard lu par Fred, une histoire qui sera publiée en 1988 chez Flammarion.
En 1991, Fred signe trente-cinq scénarios de courts-métrages, réalisés, entre autres, par Daniel Vigne (Le Retour de Martin Guerre), Jacques Ruffio et Gérard Zingg. Tournés en trente-cinq millimètres dans des conditions extrêmement luxueuses – pour deux minutes de pellicule, ils partent par exemple à trente personnes dans le désert avec des Land Rover –, courts films sont des merveilles de poésie et d’humour. Pris au jeu, Fred signe ensuite pour Gérard Zingg le scénario d’un long-métrage, L’Autobus de la haine. Le projet est malheureusement abandonné.
Après Philémon – réédité en trois gros volumes dans une édition millésimée en mars 2011 – , Fred explore d’autres univers et signe plusieurs albums considérés (à juste titre) comme des chefs-d’œuvre : L’Histoire du corbac aux baskets, L’Histoire de la dernière image et L’Histoire du conteur électrique. À la fin de l’année 2010, Dargaud regroupe d’ailleurs ces trois albums dans un coffret, auquel est ajoutée l’histoire du Magic Palace hôtel, pour la première fois mise en couleurs !
Deux recueils de dessins d’humour – Le Noir, la couleur et lavis et Fredissimo – voient également le jour. Mais Fred se fait rare ; il se prête pourtant au jeu de la confidence dans une rubrique régulière, « Un magnéto dans l’assiette de Fred », publiée dans La Lettre (l’officiel de la BD). Cet auteur majeur de la bande dessinée a tant de choses à raconter que Dargaud lui consacre une biographie ; l’ouvrage, intitulé L’Histoire d’un conteur éclectique, sort au mois de mars 2011.
Rédigée par Marie-Ange Guillaume, cette monographie de deux cents pages rassemble de nombreux documents inédits, dont les toutes premières pages du prochain Philémon, un épisode auquel Fred travaille depuis plusieurs années.

En attendant la sortie de ce nouvel album, Dargaud réédite toute la série sous la forme de trois intégrales, mais présente aussi une nouvelle édition du superbe Petit Cirque. Cette version, remasterisée à partir des originaux et agrémentée de quatre pages supplémentaires, paraît en janvier 2012, à l’occasion de la grande exposition rétrospective que le festival d’Angoulême consacre à Fred. En février 2013, Fred publie son dernier Philémon, Le train où vont les choses, le tome 16 de la série qu’il avait commencée vingt-cinq ans plus tôt.
Mais l’aventure n’est pas finie : le producteur Roger Frappier travaille en ce moment à l’adaptation cinématographique de la série, ce que l’auteur avait, jusqu’à présent, toujours refusé.
En mai 2013 paraîtra Un magnéto dans l’assiette de Fred, un recueil de l’ensemble des entretiens présentés dans La Lettre.
Fred fait partie des géants de la bande dessinée et a influencé toute une génération d’auteurs. Dans chacune de ses oeuvres – de Philémon au Petit Cirque – l’auteur accomplit un numéro de funambule dans lequel son génie éblouit. Son langage résolument novateur, son inventivité, son imagination foisonnante ont ouvert une nouvelle voie à la bande dessinée.

Réactions d’auteurs, Joann Sfar, Florence Cestac, Enki Bilal et Marc-Antoine Mathieu sur le site du Monde.

Réaction de Gilles Ciment, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême :

« Fred était un immense artiste, tenant une place prépondérante sur le versant du neuvième art tenant de l’imaginaire. Ses innombrables chefs-d’œuvre, des Aventures de Philémon sur les lettres de l’Atlantique, qu’il a tout juste eu le temps de boucler un quart de siècle après les avoir entamées, au Corbac aux baskets, du Petit Cirque au Journal de Jules Renard, son talent s’exprimait tout à la fois dans le registre du merveilleux et de l’onirique, dans un humour très particulier, pince-sans-rire et absurde, et dans l’invention de formes qui lui faisait explorer les potentialités de la bande dessinée par l’usage du collage de gravures ou par des constructions de planches jouant brillamment avec le médium. Dès qu’il s’éloignait de la bande dessinée, pour la chanson (avec Jacques Dutronc) ou l’audiovisuel (la pétillante série En un mot pour la télévision), c’était avec le même brio.

Il était parmi nous il y a peu, pour découvrir avec émotion la superbe sculpture en aluminium anodisé réalisée par l’artiste Valérie Brossard, représentant Philémon et son âne Anatole, commanditée et offerte à la Cité par l’Association des Amis du musée de la bande dessinée.

Dans son exposition de fin d’année, Nocturnes, consacrée au rêve dans la bande dessinée, le Musée de la bande dessinée d’Angoulême rendra hommage à ce grand magicien des songes, qui s’inscrit dans la lignée de Lewis Carroll plus encore que dans celle de Little Nemo.

Toute la bande dessinée est en deuil. Notre peine et nos pensées vont à ses proches. »

Revue de presse des réactions :

« Disparaît avec lui l’un des plus grands créateurs de l’histoire du 9e art (…) En 1965, il donne vie au personnage de Philémon, un adolescent aux pieds nus ouvert à toutes les rêveries. Le Journal de Spirou refuse sa toute première histoire, un récit d’une quinzaine de planches appelée La Clairière des trois hiboux. Pas Pilote, alors dirigé par René Goscinny. Le public tardera à suivre, avant de porter aux nues, cette série d’une poésie inoubliable, dont le premier tome se déroule sur la lettre A de l’océan Atlantique. Sous l’influence consciente (ou inconsciente) de Lewis Carroll et Winsor McCay (le père de Little Nemo), Fred s’amuse à bousculer les codes narratifs de la bande dessinée, détournant à son profit l’art du collage (de préférence des gravures anciennes) et celui du cadrage. » (Le Monde)

« Il a d’ailleurs poursuivi la série jusqu’à cette année – le dernier tome, Le train où vont les choses est paru en février, bouclant la boucle de cette série magique. Il nous avait ouvert ses tiroirs pour dévoiler quelques trésors, comme l’original de la célèbre planche Simbabbad de Batbad, représentant Philémon découvrant que l’île sur laquelle il se promène est un chien. “Celui-là je ne le vendrais même pas dix millions” avouait-il alors. “Il résume toute la bande dessinée. Souvent il est pris comme modèle pour expliquer la BD. Je ne l’expose pas.” » (Les Inrockuptibles)

Bibliographie
Aux éditions Dargaud
Philémon (15 tomes et une intégrale en trois volumes) 1972-2011
Le Petit Cirque (1973 ; édition remaserisée, 2012)
Le fond de l’air est frais (1973)
Hum ! (1974)
Ça va, ça vient (1977)
Y a plus d’saison (1978)
Le Manu-Manu (1979)
L’Histoire du corbac aux baskets (1993)
L’Histoire du conteur électrique (1995)
Le Noir, la couleur et lavis (1997)
L’Histoire de la dernière image (1999)
Fredissimo (2000)
Biographie : L’Histoire d’un conteur éclectique,
par Marie-Ange Guillaume (2011)
Entretiens : Un magnéto dans l’assiette de Fred (2013)
Aux éditions de l’auteur
Cythère l’apprentie sorcière (1980)
Magic Palace hôtel (1980)
Parade (1982)
Aux éditions Flammarion
Le Journal de Jules Renard lu par Fred (1988)
À l’imagerie Pellerin
La Magique Lanterne magique (1983)
Aux éditions Futuropolis
Manège (portfolio ; 1983)
Aux éditions Vents d’ouest
– dessin Alexis –
Timoléon (1992)

Les prix et les distinctions honorifiques
1969 – prix Phénix du meilleur scénario
1972 – Crayon d’or décerné par l’ensemble de la presse
1973 – prix Yellow Kid ; grand prix du meilleur auteur étranger
au festival de Lucca 9 neuvième festival de Lucca (Italie)
1977 – prix Haga pour l’ensemble de son oeuvre
1977 – grand prix Loisirs jeunes
1980 – grand prix de la Ville d’Angoulême
1983 – chevalier des Arts et des Lettres
1992 – officier des Arts et des Lettres
1994 – prix du meilleur album du festival d’Angoulême pour
L’Histoire du corbac aux baskets
1995 – Immagine Roma a life for comics (grand prix du festival
de Rome, décerné pour l’ensemble de son oeuvre)
1995 – grand prix du meilleur auteur étranger du festival d’Amadora (Portugal)
1997 – grand prix du meilleur auteur étranger du festival d’Amadora (Portugal) pour L’Histoire du conteur électrique

Recommandé : Ne lâche pas ma main (Michel Bussi)

C’est un polar genre course-poursuite à La Réunion, un guide touristique entre Saint-Gilles la balnéaire et l’Anse aux Cascades la sauvage, un poste d’observation des bigarrures insulaires, un carottage historique des temps du Dodo mythique à l’aménagement du territoire, une superbe expérience de lecture pour week-end de Pâques. Michel Bussi nous ficelle, nous lecteur oisif, tendre agneau pascal, dans une intrigue à la réalité augmentée qui se déroule exactement entre le vendredi 29 mars 2013 et le lundi 1er avril 2013.

« Le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire » (Boubacar Boris Diop)

« Pour moi, le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire. Mais Aimé Césaire était noir, nous avons été obligés de reconnaître son génie, mais en le confinant à un endroit où il ne pouvait pas bouger. Si Aimé Césaire avait été un poète français blanc, son pays lui aurait construit un monument national. Aujourd’hui, en plus de la poésie, le théâtre et la prose sont plus vivants hors de France. Mais nous ne devons pas chercher à mieux écrire que les Français, l’important pour nous, je crois, est de développer nos langues maternelles pour nouer un contact direct avec nos peuples. »

Lire son interview par Luis Martinez Andrade, publiée initialement par la revue mexicaine Círculo de poesía, reprise en français dans Palestine Solidarité.

80 manuscrits de Sony Labou Tansi à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges

« Nous possédons actuellement l’essentiel de la production écrite (80 documents) de Sony, a expliqué Daniel Le Goff, directeur de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, au site Rue 89.

Ces documents, précieusement conservés à Brazzaville depuis 1995 par la famille, ayant miraculeusement traversé les années de guerre, ont été transférés à la Bibliothèque cet hiver et seront le socle d’une grande exposition sur Sony que nous préparons dès aujourd’hui pour 2015, marquant les vingt ans de sa disparition.

Avec l’accord des ayants-droits de Sony, l’essentiel de ces textes (et notamment les différentes versions de travail des romans) sera numérisé et mis en ligne progressivement en 2013-2014. »

Tanguy Viel, Paris-Brest, Minuit, 2009, 2013 rééd. en poche.

Ann Laura Stoler et Frederick Coopr, Repenser le colonialisme, 1997, Payot, 2013, trad. de l’anglais par Christian Jeanmougin.

Bernard Stiegler, De la misère symbolique, Galilée, 2004-2005, Champs essais, Flammarion, 2013.

La Revue des livres, n° 010, mars-avril 2013, Ce que lire veut dire : La lecture, une affaire politique, François Cusset.

Littérature haïtienne : écrit et cinéma

À noter : « Littérature haïtienne : écrit et cinéma », samedi 30 mars de 14h à 20h, avec deux tables rondes :
1 : Histoire, mémoire et littérature (Maeva Archimède, Jean Nehemy, Yves Chemla)
2 : Exil, diaspora et errance et écriture (Charlotte Joublot Ferré, Alessia Vignoli, Sarah Assidi)
3 : Conte et Transmission orale (Mimi Barthélémy, Sara Del Rossi).
Journée organisée par l’IREA (Institut de recherche et d’études africaines) – Maison de l’Afrique et les étudiants de Master de la Sorbonne et de l’université Ca’ Foscari de Venise, en collaboration avec le Collectif 2004 Images.

Détails sur le site de l’IREA.

[Centenaire Césaire] : Une rue Aimé Césaire à Audincourt (Doubs)

La rue Aimé Césaire d’Audincourt sera inaugurée le 5 avril à Audincourt (département du Doubs, région de Franche-Comté) en présence de Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances (et ancien président de la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard) et de Serge Larcher, sénateur de la Martinique.

Source : Fadome.

Schuiten fait don de ses originaux

À l’occasion des 30 ans des « Cités Obscures », François Schuiten, l’un des plus grands artistes belge contemporain de bande dessinée, a choisi de faire une donation de la quasi totalité de ses planches originales de bande dessinée à cinq instances françaises et belges afin de protéger ses travaux de l’usure du temps et de l’argent.
Les originaux et les documents sont répartis entre la Bibliothèque Nationale de France (BNF), la Fondation Roi Baudouin (avec la création d’un fonds Schuiten), la Maison Autrique (Commune de Schaerbeek), le Musée de la bande dessinée d’Angoulême, le Centre de l’Image de La Louvière et le Centre Belge de la bande dessinée (CBBD).
À cette occasion, un colloque est organisé à la BnF : « Les Cités obscures. Du numérique au papier : allers/retours ».