Algérie : 5 octobre 1988 (20 ans)

Abed Charef : Le «chahut de gamins» d’Octobre 1988 a définitivement transformé l’Algérie. Bilan de deux décennies de tâtonnements.

Octobre n’a pas tenu ses promesses. Malgré la facture très élevée payée par l’Algérie en vies humaines et en traumatismes, l’après-Octobre 88 n’a pas seulement déçu, mais il a donné lieu à un immense gâchis, d’autant plus dur à admettre, que les premiers moments qui ont suivi ces événements avaient laissé entrevoir un formidable espoir de libération de la société.

LA SUITE sur Le Quotidien d’Oran.

Algérie : Aïd de deuil à Ghardaïa (Salima Tlemçani)

Deux personnes passent devant un véhicule endommagé par les inondations à Ghardaia le 3 octobre 2008. 

Les équipes de secours poursuivaient vendredi les recherches dans les décombres des logements qui se sont écroulés à Ghardaïa (600 km au sud d’Alger), après des inondations qui ont fait au moins 33 morts, alors que la population manifestait pour réclamer de l’aide (AFP).

 

Totalement inondée, la vallée du M’zab, à Ghardaïa, n’est aujourd’hui que ruines et désolation. Vingt minutes seulement ont suffi aux pluies diluviennes de mercredi dernier, premier jour de la fête de l’Aïd, pour transformer toute la palmeraie étalée sur huit communes (Ghardaïa, Bounoura, El Atteuf, Daia, Guerrara, Berriane, Sebseb et Metlili) en une ville flottant sur une eau boueuse. Tout s’est passé tellement vite que personne n’a pu réaliser l’étendue et l’importance des dégâts occasionnés. Des maisons effondrées sur leurs habitants, des dizaines de véhicules emportés par la violence des eaux avant d’être engloutis par la boue entassés l’un sur l’autre sur une hauteur d’au moins trois mètres, des arbres arrachés, des poteaux électriques ensevelis, des cadavres de moutons, de chèvres et de baudets flottant et des montagnes de boue obstruant la quasi-totalité des ruelles.

(…)

Le plan Orsec (organisation des secours) n’a pas fonctionné. Encore une fois, les nombreuses leçons des catastrophes naturelles n’ont pas été retenues. La population a été isolée et la machine devant être mise en branle en pareil cas n’a pas fonctionné.

LIRE LA SUITE du reportage de l’envoyée spéciale d’El Watan, Salima Tlemçani. 

Dans un lycée de la Réunion, la littérature et l’ordre moral

Il y a huit ans, un professeur de lettres de collège subissait la vindicte de parents d’élèves pour avoir donné à lire à des adolescents Le Grand Cahier d’Agota Kristof, un roman sur deux enfants survivants à la guerre. Le 26 septembre dernier, un professeur de lycée à la Réunion a été suspendu pour avoir donné à lire un recueil de nouvelles de l’écrivain malgache, Jean-Luc Raharimanana, Rêves sous le linceul, un livre sur le Rwanda et un impossible exil. Pourtant à huit ans d’intervalle ces deux affaires, où semble pointer un certain ordre moral, posent des questions similaires.

Toutes les œuvres sont-elles bonnes à enseigner ? Un enseignant peut-il être suspendu pour avoir  » donné à lire  » un texte littéraire qu’il aime, et que des parents d’élèves jugent choquant ? L’Education nationale peut-elle sanctionner un professeur de lettres qui est l’objet de protestations de parents outrés ? S’agit-il d’un retour de l’ordre moral ? Ou d’une simple intrusion judiciaire ou réglementaire ? L’Enfer des bibliothèques va-t-il s’enrichir d’un Enfer de l’enseignement ? Zola, Verlaine, Baudelaire, Céline risquent-ils le purgatoire après le courroux de parents d’élèves, de la protection de l’enfance et des ligues bien-pensantes ? Le site remue.net réunit un grand nombre de contributions lors de la mise à l’index du Grand Cahier.

Ces questions ne sont pas des sujets du bac, mais elles se posent après la suspension d’un professeur de lettres d’un lycée de la Réunion, vendredi 26 septembre.

Le Journal de l’île nous l’apprend dans son édition du 30 septembre, à propos de cet enseignant (non nommé) du lycée Moulin-Joli de La Possession.

Il avait fait travailler des élèves de seconde sur un extrait de Rêves sous le linceul, de l’écrivain malagache Jean-Luc Raharimana (Le Serpent à plumes, 1998).

Le recteur a jugé le texte  » tendancieux, polémique et provocateur « . On ne savait les recteurs critiques littéraires. Tendancieux renvoie à une intention cachée ; polémique suppose une critique agressive ; provocateur signifierait une dispute ou des troubles recherchés. Bref l’argument est surtout d’ordre moral, ni littéraire, ni pédagogique. Aux gens de lettres succèdent les gendarmes des lettres. L’académie (avec un petit « a ») a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’enseignant.

Véroniquie Hummel, la journaliste du JIR a mené l’enquête :

 » Interrogé par téléphone, l’enseignant se défend, arguant de ses 25 ans de carrière : “ Ce document, c’est une inspectrice de l’Education nationale qui me l’a fait lire en 2004, lorsque j’enseignais à Mayotte. Elle a fait travailler des élèves sur ce texte.” Lorsqu’on demande au professeur ce qui lui est reproché, il rétorque, contre toute attente : “ Je dois répondre de récidive. Car j’avais déjà donné ce texte à étudier lorsque j’étais à Mayotte. ”

(…) L’inspectrice, interrogée hier, dément avoir donné ce texte pour des élèves de lycée. Elle se souvient uniquement d’avoir, pendant un séjour à Mayotte, “ étudié les œuvres de Jean-Luc Raharimanana avec des universitaires malgaches ”. Et n’a pas le souvenir d’avoir personnellement rencontré le futur prof de Moulin-Joli. Plus étonnant encore : le message sibyllin envoyé aux parents. Dans le carnet de correspondance des lycéens, on peut lire : “ Avertissement ! Etant donné le contenu violent de la nouvelle Le Canapé de Jean-Luc Raharimanana, les parents sont autorisés à retirer la nouvelle du classeur de leurs enfants. Rappel : à la télé, les films d’horreur ne sont interdits qu’aux moins de 12 ans.”

Le professeur de lettres semble pour le moins mal assuré dans cette affaire : il n’explique pas aux parents l’objectif de l’auteur, qui veut dénoncer l’abjection des massacres au Rwanda, encore plus insoutenables lorsqu’ils sont tranquillement regardés dans un confortable canapé. Le rôle critique du texte n’apparaît pas spontanément. En tout cas, pas aux parents… D’après la proviseure Claudine Hoareau, les délégués de parents d’élèves n’ont pas été contactés. Selon toute vraisemblance, c’est un parent qui a directement alerté le rectorat. Dans ce lycée de près de 1200 élèves, un professeur remplaçant a déjà été trouvé pour les deux classes de seconde. Avec mission d’étudier un autre texte pour goûter aux plaisirs littéraires.  »

Extrait du Canapé, l’une des nouvelles de Rêves sous le linceul :“La femme nue pleure et je soulève le feu dans son sexe. Elle tire les barbelés et s’en masturbe. Elle se déchire. Elle tire les barbelés et s’en pare le pubis. Ô femme inaccessible le long de ma tranchée inabordable. 13 heures. “Je me cale profond dans mon canapé tombal. Et je regarde. On est si bien ici. Si bien. Dans la poudrée légère des âmes innocentes. Dans la brume sans nom des terres retrouvées. Je me cale sans fond dans mon canapé éternel. Je plane”.  Questions posées par l’enseignant aux élèves des classes 202 et 204 :

“1. Quels sont les temps de l’énonciation ?

2. Quels sont les lieux de l’énonciation ?

3. Repérer les indices du fantastique dans cette nouvelle. N’y a-t-il pas une leçon morale à en tirer en ce qui concerne nos rapports à la T.V. ?

4. Retrouvez la fonction poétique dans ce passage. Qu’en pensez-vous ? « 

Rêves sous le linceul a été récompensé en 1998 du Grand Prix Littéraire de Madagascar (ADELF).

  

Sur Raharimanana, consulter la notice très riche que lui consacre le site Ile en île ; lire l’analyse de Liliane Ramaosoa dans la revue Notre Librairie (dont bon nombre de lecteurs sont des enseignants) : Chez Jean-Luc Raharimanana,  » l’habitant des territoires interdits… « , la nouvelle et le roman (Lucarne, 1996, Rêves sous le linceul, 1998 et Nour, 1947, 2000) brossent en des récits éclatés une fresque hallucinante du paysage social du Tiers-Monde. Les points de vue des personnages-narrateurs, toujours aux confins de la démence, entraînent le lecteur jusqu’au bout de l’horreur.

Lire aussi Guillaume Cingal (Université de Paris-10-Nanterre / Université de Dijon), Exil, écriture et fragmentation dans les premiers textes de Jean-Luc Raharimanana et Abdourahman Waberi : » L’exil, s’il est vécu comme une véritable tragédie, n’en demeure pas moins une solution de survie : « Il me tarde de ne plus me heurter à tous ces peuples infâmes (à tête de chien, à la peau visqueuse et au sang noir) qui se nourrissent de serpents, de mouches, de cadavres, de foetus ou d’embryons. » (Rêves sous le linceul. p.30). Si tragédie il y a, c’est que, même en exil, l’écrivain ne peut oublier le cauchemar qui vient le hanter constamment, jusque sur son canapé, « en terre opulente » (p.79) :

    On est bien ici. Vaste canapé qui s’illumine de pourpre lueur et qui vient couvrir les immenses étendues de verdâtres cadavres, de pavés, de cailloux, de barres de fer et de sales chenilles. Pourpre lumière et ondée de soleil. Goutte de lune et tombée d’astres. Une aspirine. Une aspirine. 12 heures.
    L’enfant bout sur la moquette de mouches et l’effervescence de sa faim rampe vers mon canapé. Brûlure. Brûlure. La coupe de tête crame. Et les mouches. Et les caillots de sang. Et les veines raides du cou. (Rêves sous le linceul, p.19)L’on est bien ici. Une tête coupée à la machette. Qui, sèche, roule contre le canapé. Sèche. Pas de sang dégoulinant, pas de cervelle qui s’écoule. L’on voit pourtant la trace de rouille de l’outil qui l’a taillée. L’on voit pourtant que l’oeil crevé a laissé filer tout son jus. Je la ramasse et me l’enfouis sous la housse. (Rêves sous le linceul, pp.81-82)

Le canapé de Raharimanana est la figure la plus emblématique de la situation de l’exilé : ni tout à fait en France ni tout à fait en Afrique, il possède le don tragique de l’ubiquité et ne peut jamais arracher de son esprit le lieu originel.  »

 

Cette affaire rappelle l’affaire du Grand Cahier d’Agota Kristof, en décembre 2000, à Abbeville dans la Somme. Des parents d’élèves avaient déposé plainte, reprochant à un enseignant d’avoir soumis à ses élèves de troisième ce classique moderne. L’enseignant avait été gardé à vue pendant trois heures, le 24 novembre 2000, dont le domicile avait par ailleurs été perquisionné.

Le Grand Cahier est un plaidoyer contre la guerre, à laquelle essaient de survivre deux enfants. Il comporte des passages difficiles, notamment des scènes de zoophilie et de fellation. Des représentants de parents d’élèves du collège Millevoye ont apporté leur soutien à l’enseignant. Tout comme le recteur de l’académie d’Amiens, Alain Morvan, qui avait déploré le caractère excessif de la procédure. L’enseignant n’a été ni sanctionné ni suspendu.

Un  » Éloge « , un rien coûteux

À hauteur de la caisse, librairie de Paris, place de Clichy, à Paris. Cet opuscule minuscule, Eloge de rien. Epais comme rien (58 pages) au coût de 3 euros. Publié par Allia, dédié à Personne, signé Anonyme, une réédition d’un ouvrage publié en 1730, en plein Siècle des Lumières, explique l’éditeur d’aujourd’hui,  » il s’inscrit dans la tradition des éloges parodiques de l’Antiquité grecque – on doit à Lucien un Eloge de la mouche, à Synésios de Cyrène celui de la calvitie – et de la Renaissance, avec Erasme et son Eloge de la folie. Cependant, l’auteur pousse ici cette logique jusqu’à l’absurde, tournant en dérision les éloges académiques de son siècle, occasions de célébrer les sciences, la littérature et les arts. En ne glorifiant que le Rien, sous toutes ses formes, cet ouvrage défie le ton grave et solennel, cultive à plaisir les paradoxes. En ne chantant les louanges de Rien, l’auteur célèbre tout et Rien.  »

Cet Eloge de rien semble parfaitement adapté à la collection 3 euros d’Allia, qui la présentait ainsi en février dernier :

 » Un livre à 3 euros, (…) c’est un moyen d’accéder à la culture en évitant les pièges du numérique, gratuit, certes, mais non sélectif et souvent peu fiable.
On observe aujourd’hui, avec ces nouveaux supports, une forme de boulimie de consommation culturelle. Pourtant, il est évident que l’assimilation de ces produits d’accès illimité dépasse largement les capacités d’un individu, et entraîne un manque de maîtrise de la connaissance, favorise et révèle une approche intellectuelle mal structurée. Le livre demeure le seul rempart contre ces dérives, la seule façon de reprendre possession de nos capacités de discernement, de faire un choix véritablement personnel.

Or, le prix des livres freine de plus en plus l’acte d’achat. Une collection à 3€ autorise le lecteur à prendre un risque (ce que l’accès à la culture gratuite est en train de faire disparaître) et provoque une excitation sensible et presque sensuelle.

Malgré la possibilité de télécharger des ouvrages à partir des bibliothèques numériques (telles que Gallica), l’objet livre reste irremplaçable. (…)  Tout se joue maintenant : au moment même où les pratiques de lecture changent. Si l’introduction du numérique a modifié l’accès à la culture : lancer une collection à 3 euros, c’est façonner, à long terme, des habitudes de lecture déterminantes, en particulier pour les jeunes générations.  »

En somme, toutes choses égales par ailleurs, cet  » éloge  » est un rien coûteux.

Malaise à America

Au festival America, dans la principale salle, l’auditorium. Deux grands débats, avec une belle affiche et de belles questions. D’abord à 15h30, présenté ainsi dans le programme :

L’Afrique, l’Amérique et nous, avec Ishmael Beah, Uzodinma Iweala, Dinaw Mengestu, Chimamanda Ngozi Adichie

 » Longtemps, les seuls Africains arrivant en Amérique du Nord ont été des esclaves. Depuis la décolonisation, l’Afrique est confrontée à de nombreux maux : génocide, guerre civile, famine, révolution, dictature… Aujourd’hui, il faut absolument aider au développement et à la stabilité de ce continent. Depuis quelques années, les littératures occidentales et notamment américaines résonnent de voix africaines qui sont essentielles pour l’avenir.  »

On ne s’ennuie pas, même si ça ronronne un peu. Il y a quand même cette belle question, adressée à chaque participants, nés en Ethipie, au Nigeria, ou au Sierra Leone :  » A défaut des Etats-Unis, quel serait pour vous écrivains, le modèle du pays de demain ? « 

Puis à 17h00, la question raciale…America nous propose ainsi :

USA : Black is Beautiful. La question raciale existe-t-elle encore ? avec Percival Everett, Eddy Harris, Colson Whitehead, John Edgar Wideman

 » 2008 voit le premier candidat noir investi par le parti démocrate ou peut-être tout simplement le premier président noir des Etats-Unis. Mais le destin de Barack Obama ne saurait masquer le fait qu’une large partie de la communauté noire est toujours exclue du rêve américain. Quarante ans après Martin Luther King et Malcolm X, peut-on aujourd’hui dialoguer, comme le souhaite Obama, sur la question raciale ? Des écrivains tentent d’y répondre à travers leurs œuvres.  »

Quatre écrivains, deux interprètes, une journaliste-animatrice. La question-titre est pourtant claire. Mais le débat tourne à l’aigre. Les invités ne veulent pas être enfermés dans la question raciale. Ils sont d’abord écrivains. C’est vrai que ceux qui ne les auraient pas lu ne sauront pas grand chose de leur livres. Il y a des débats comme ça qui n’arrivent pas à décoller. Harris a bien essayé de dire qu’habituellement il était le plus drôle. Wideman de dire – en français – qu’il était  » beau « .  » Black is beautiful « , n’est-ce pas ?

Un moment, Whitehead confesse qu’avant de publier il était très admiratif de Wideman, mais que jamais il n’aurait imaginé être sur le même plateau que lui.

On aurait bien aimé que l’échange s’installe, entre l’ancien et le benjamin. Non, rien. Rien de rien.

Arrivent les questions du public. D’abord une intervention plutôt qu’une question, pour dire une admiration pour L’effacement de Percival Everett… Une autre intervenante a détaillé combien une émission littéraire récente renvoyait un écrivain américain blanc à sa condition de citoyen, au contraire d’un écrivain noir, renvoyé à sa condition de Noir.

Bref, on a tourné en rond. C’est d’autant plus dommage que les livres, eux, valent le coup.

Et puis cette question, absolument légitime, une femme dans le public :  » Comment les Américains ont-il réagi à la décision de la cour d’appel fédérale américaine d’annuler la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal ? « . Stupeur, les écrivains sur scène, les traducteurs demandent de préciser qui étaient Abu-Jamal… La femme-dans-le-public repose sa question en expliquant qui était Abu-Jamal, un journaliste et militant afro-américain, condamné en 1982 à la peine de mort pour le meutre d’un policier à Philadelphie.

John Edgar Wideman explique qu’il est du même Etat qu’Abu-Jamal. Les autres invités ne disent rien, comme s’ils ne connaissaient pas celui qui est devenu le symbole des rapports entre la police, la justice et les Noirs américains.

On ne saura pas comment les Américains ont réagi à la décision de la cour d’appel fédérale américaine d’annuler la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, pour vice de procédure, mais de maintenir sa culpabilité dans le meutre.

Ça tourne vraiment en rond. Je prends la tangente.

Pourquoi Darwich est-il absent du Larousse et du Robert ?

Quel grand charroi de mots ce Robert,  » le dictionnaire aux 6000  » fautes « , titre Le Parisien du jour ! Encore un coup marketing d’Alain Rey, l’ancien patron dudit dico ? Avec le talent qu’on lui connaît, il réussit à prendre la langue française à contre-pied et les lecteurs du Parisien doivent en être tout hébétés ou tout esbaudis, c’est selon.

Chariot pourrait s’écrire charriot comme charrette avec deux   » r  » ;

Evénement se tolère en évènement ;

Compte-goutte peut s’écrire aussi au compte-gouttes ;

Quelle répartie ce lexicographe !

 » Un choix militant, dit-il, dans le sens où je suis pour une plus grande démocratisation de l’orthographe, trop raide.  »

Ce qui est nouveau ce ne sont pas ces alternatives (Jerricane/Jerrycan) mais que Le Parisien en parle. C’était déjà dans Le Grand Robert. C’est aussi dans le Petit, version 2009…

Les propos d’Alain Rey sont recueillis par une journaliste du nom de… Claudine Proust. Tout fout le camp !

En revanche, pourquoi Darwich est-il absent du Larousse et du Robert [il y entrera en 2013] ?

L’Enfant du peuple ancien : toute l’humanité lui appartient

L’enfant du peuple ancien d’Anouar Benmalek (2000) a été publié en Livre de Poche cette année. Ce roman d’aventure historique à haute portée politique, terriblement captivant, raconte un génocide oublié, celui des Aborigènes de Tasmanie, à travers la figure d’un enfant survivant, Tridadir,  » l’enfant du peuple ancien « .

L’argument en trois lignes :  » En 1918, dans l’Etat australien du Queensland, Kader assiste à l’agonie de Lislei, sa femme, et se souvient de Tridarir, leur fils adoptif. Ils se sont rencontrés alors qu’ils s’évadaient du bagne de Nouvelle-Calédonie sur un bateau avec Tridarir à son bord. L’enfant, dont les parents ont été tués par des chercheurs avides d’ossements à vendre aux musées, était le dernier Aborigène de Tasmanie.  »

Traduit en huit langues, il est en projet d’adaptation au cinéma.

Si l’on y revient aujourd’hui, c’est pour signaler l’entretien signé Nadia Agsous d’Anouar Benmalek, publié ce 24 septembre par Le Mague.

 » En écrivant ce livre, se souvient l’écrivain, à aucun moment je n’ai eu le sentiment que je m’éloignais de l’Algérie. Bien au contraire, j’avais la conviction que je participais en tant qu’Algérien à la grande aventure de l’Humanité. Le fait d’appartenir à tel ou tel pays ne doit pas constituer une entrave à l’expression de ma part d’Humanité. Je fais partie de plusieurs mondes. Et un écrivain n’est pas réduit au pays dont il est issu. Toute l’Humanité lui appartient.  »

Selon l’écrivain Mohamed Dib, L’Enfant du peuple ancien est un roman qui a permis de « sortir de la ghettoïsation de la littérature maghrébine ».

Son dernier roman Ô Maria, vient tout juste de sortir en version Livre de poche.

Anouard Benmalek a été de 1988 à 1991, Secrétaire général du Comité algérien contre la torture (CACT). En Algérie, en octobre 88, des jeunes ont manifesté pour réclamer des conditions de vie plus décentes. Ces événements ont causé des centaines de morts par balle et des actes de torture.

Voir le site de l’auteur, 20 ans après Octobre 88.

Portail des bibliothèques de 14 pays francophones

Consultez sur son écran les journaux de 14 bibiliothèques francophones ? Ce sera sera  bientôt possible, selon le site de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).

Bibliothèque et Archives nationales du Québec a présenté au Congrès mondial des bibliothèques de l’information, réuni à Québec en août 2008, le prototype d’un portail du patrimoine des bibliothèques d’au moins 14 pays francophones. À travers ce portail, les bibliothèques du Québec, de France, de Belgique, de Suisse, du Luxembourg, d’Haïti, du Cambodge, de Madagascar, du Maroc, d’Égypte, du Sénégal, de Tunisie, du Mali et du Vietnam mettront en ligne différentes collections de journaux, de revues, de cartes et de livres.

La version finale du portail du Regroupement francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) sera mise à la disposition des usagers lors du XIIe Sommet de la Francophonie qui se tiendra dans la ville de Québec du 17 au 19 octobre 2008. Un prototype est déjà consultable sur le site du RFBNN. L’accent est mis sur les journaux. «