Donc le Salon du livre de l’outre-mer 15e édition n’a pas eu lieu, depuis l’annonce ministérielle tardive (voir billet du 22 septembre). Raison officielle invoquée par le secrétaire d’Etat : » Devant le succès de cette opération, qui chaque année, réunit plusieurs milliers de personnes, j’ai été contraint de décaler cette manifestation au Salon du livre de Paris à la porte de Versailles du 13 au 18 mars 2009. » Pour être franc : on n’est pas convaincu. Pour l’heure, un indice : l’espace outre-mer devrait passer de quelque 100 m² à 160 m²… Dont acte.
Hommage à Mahmoud Darwich
Hommage à Mahmoud Darwich avec Elias Sanbar, Edouard Glissant, Mathias Enard, Paris, Maison d’Amérique latine, mercredi 22 octobre à 20h30, dans le cadre du 1er festival Médiapart.
Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !
L’homme qui écrit ses racines nomades depuis une cinquantaine de romans a décroché le Nobel de littérature. Il dit son errance à l’empan du monde avec des mots simples, de sa voix apaisée, au cillement aérien, mais aux calmes certitudes dès qu’il s’agit d’écrit, plaisir nécessaire, pour lui, pour nous. Il a su tisser et retisser ses liens de famille aux écartèlements majestueux, Bretagne, Maurice, breton, créole, marrons et autres histoires, Londres, anglais, Nice, Etats-Unis, Mexique, espagnol, Indiens, attrapeurs de rêves, Panama, Vanuatu, bichelamar, Nouvelle-Calédonie de hauts parlers kanaks, Nigéria, Afrique, Corée.
Jean-Marie Gustave Le Clézio ne clôt rien du monde ; arpenteur-raconteur-tenants-et-aboutissants, géant guerrier comme l’araignée fragile en sa toile, en son royaume de textes, prisonnière de son espérance, de son doute, effleurant des nœuds d’imaginaires, réseaux de substance morale, rêves de peuples premiers, enfance ô combien fécondante, père d’Afrique, mère musicienne, ritournelle de la faim.
Nobel, belle gueule, belle œuvre, bravo Le Clézio !
Un Le Clézio qu’on pouvait croire au courant de la bonne nouvelle, avant l’heure, quand il fut reçu à France-Inter, par Vincent Josse, dans la matinée :
Solidarité Haïti
Après le passage des ouragans Gustav, Hanna et Ike, une soirée de solidarité pour Haïti est organisée à Paris par le Collectif 2004-Images et Action contre la faim (AICF), ce jeudi 9 octobre, 20h, au restaurant Mizmiz, 6 rue Moret, Paris 20e. Infos : Caroline.Estime@yahoo.com ou 06 25 47 02 71.
« Phoque » ou « Fuck », la culture canadienne en deux mots
Découvert ce clip Culture en péril, en consultant le blog de Thomas Spear.
Le gouvernement canadien de Stephen Harper a annoncé le 8 août dernier la « coupure » [en français canadien] de deux programmes de subvention pour la promotion culturelle. Au total, une quinzaine de programmes – pour un montant de 45 millions d’euros – considérés comme désuets et mal utilisés, ont été abandonnés par le gouvernement depuis avril dernier.
Pourtant, investir dans la culture est financièrement rentable. Du moins, c’est le message de la vidéo « Culture en péril » à laquelle ont participé le chanteur Michel Rivard, le comédien Benoit Brière et l’humoriste Stéphane Rousseau.
Ce film tacle au passage les deux « solitudes » linguistiques du Canada, en mettant en scène un dialogue absurde entre des artistes francophones et des fonctionnaires anglophones obtus chargés d’analyser leurs demandes de subventions.
Le buzz monte sur fond de campagne électorale, les élections fédérales étant prévues pour le 14 octobre. (Source : Les Observateurs, site participatif de France 24).
Sélection Goncourt 2008 (2e sélection)
L’Académie Goncourt annonce aujourd’hui sa deuxième sélection pour son prix qui doit être attribué le 10 novembre.
Jean-Baptiste Del Amo : Une éducation libertine (Gallimard)
Christophe Bataille : Le rêve de Machiavel (Grasset)
Jean-Marie Blas de Roblès : Là où les tigres sont chez eux (Zulma)
Catherine Cusset : Un brillant avenir (Gallimard)
Jean-Louis Fournier : Où on va, papa ? (Stock)
Alain Jaubert : Une nuit à Pompéi (Gallimard)
Michel Le Bris : La beauté du monde (Grasset)
Atiq Rahimi : Syngué Sabour (POL)
Olivier Rolin : Un chasseur de lions (Le Seuil).
La troisième sélection du Goncourt doit être diffusée le 21 octobre. Les candidats au Goncourt passent de 15 à 9 dans cette deuxième sélection, avec notamment la disparition de Catherine Millet (Jour de souffrance) et Mathieu Belezi (C’était notre terre). (voir la 1ère sélection ici.)
Concours de haïkus (la verve vivante de trois vers évanescents pour un voyage au Vanuatu)
Voici un concours de haïkus, baptisé » Pilou des mots « , qui devrait attirer plus d’un amateur ! Vous avez jusqu’au 10 octobre pour composer un haïku avec l’un des mots océaniens suivants, autant de mots qui ont enrichi la langue française :
Bichelamar, boomerang, boucan, bougna, bourao, cagou, dawa, doghi, didgeridoo, faré, filao, gaïac, kaori, kanak, kangourou, kawa, kiwi, koala, manou, maori, moa, monoï, niaouli, paréo, pilou, poca, poe, popinée, tabou, tamouré, tané, tapa, taro, tata, tiaré, tiki, troca, uru, vaa’a, vahiné, wallaby.
Le premier prix est au séjour de trois jours au Vanuatu pour deux personnes. Probablement au départ de Nouméa, mais ce n’est pas explicitement précisé dans le règlement de ce concours organisé par le Forum francophone du Pacifique. On peut rêver d’un Paris-Nouméa-Port-Vila, non ?
Pour quelques exemples de haïkus (poème sur l’évanescence des choses en 17 pieds de trois vers [5,7,5 vers respectivement]), on se reportera à mon billet » Avec le haïku, le bonheur est dans le style « [Papalagui, 12/08/07].
Exemple emprunté à Bashô (1644-1694) :
Vieille mare –
Une grenouille plonge
Bruit de l’eau.
Ce qui, transposé en haïku océanien, pourrait donner :
Vieux kaori –
Un cagou s’ébroue
Crac du gaïac.
N.B. : il arrive que les vers ne respectent pas exactement le dispositif 5 + 7 + 5 pieds, ceci en raison de la traduction du japonais, l’exemple ci-dessus pouvant être considéré à l’image du poème de Bashô, comme… une traduction du japonais !
Nous avons jusqu’au 10 octobre 2008 pour envoyer le haïku à l’Alliance Champlain, BP 8133, 98807 Nouméa cedex.
Que le meilleur gagne !
Bientôt, La couleur de l’aube
Sabine Wespieser éditeur annonce la sortie du tout prochain roman de Yanick Lahens, La couleur de l’aube… Sortie prévue début novembre. On en parle bientôt.
Création 1 / Langue de bois 0 (Frankétienne)
La création face à la langue de bois… beau sujet de philosophie ou de café littéraire. Quand il s’agit de l’appliquer à l’œuvre de Frankétienne, un colloque s’impose. Il était signalé ici le 18 mai dernier. Vous avez été patients, vous le méritiez : la réflexion de Marie-Edith Lenoble est dorénavant en ligne.

L’universitaire nous propose un texte d’une grande lisibilité, un belle analyse, que l’on verrait bien en préface ou postface de l’Oiseau schizophone, édité il y a dix ans cette année par Jean-Michel Place. A remarquer, en particulier, les « stratégies lingusitiques de résistance », que sont le collage ou » le retournement de l’euphémisme « . » À toutes les langues de bois, et à leur rigidité maladive, Frankétienne aura ainsi opposé une langue de feu, capable de les dévorer et de les réduire en cendre et ce faisant de produire un éclat incomparable. «
Introduction :
» Les discours d’un régime dictatorial, comme celui d’Haïti au temps des Duvalier, s’approprient la langue, les mots et les vocables, pour les mettre à son service. Face à une ou des langues totalitaires, comment le poète peut-il encore s’exprimer, vers quelle idée, vers quelles valeurs peut-il se tourner alors que tous les mots sont corrompus, toutes les phrases mensongères, toutes les déclarations vides de sens ? C’est à cette question que se confronte Frankétienne dans l’Oiseau Schizophone, œuvre indéfinissable, à la croisée du roman et du poème, « spirale » – dans le courant du spiralisme dont il est avec Jean-Claude Fignolé et René Philoctète l’un des chefs de file. Il développe une poétique de résistance où la quête esthétique devient une manière de lutter contre l’oppression des dictateurs aussi bien que contre une forme de fatalité qui semble frapper Haïti depuis près de deux siècles : la résignation, le renoncement… »
La suite sur le site du Rusca.
A lire aussi, du même auteur, Marie-Edith Lenoble, Frankétienne, maître du chaos, dans Trans, revue de littérature générale et comparée, n°6 : Ecriture et chaos.
L’usage du temps (Mona Chollet)

A consulter le site de Périphéries, et le texte très stimulant de Mona Chollet sur l’usage du temps : » Le temps à profusion, à discrétion, le temps pour soi, celui qui permet de respirer, de divaguer, de s’ancrer profondément dans le monde, est un trésor rare que l’on doit arracher à un quotidien minuté, saturé. « A lire toutes affaires cessantes.
