ça sent le renfermé

In gray winter light,

Dead flies fill the window sill

Of a musty room

Richard Wright (1908-1960), Haïku, This Other World, Arcade, New-York, 1998

traduction de Patrick Blanche, Haïku, Cet autre monde, La Table ronde, 2009 :

Grisaille d’hiver ;

Mouches mortes à la fenêtre

D’une pièce sans air

traduction personnelle :

Grisaille de l’hiver

mouches mortes au bas de la fenêtre

ça sent le renfermé

millefeuille

Il suffit d’un souffle 

et l’automne s’offre

un millefeuille

inspiré de :

39/809

A soft wind at dawn

Lifts ont dry leaf and lays it

Upon another

Richard Wright (1908-1960), Haïku, This Other World, Arcade, New-York, 1998

traduit ainsi par Patrick Blanche (Haïku, Cet autre monde, La Table ronde, 2009) :

A l’aube la brise

soulève une feuille sèche,

la couche sur une autre

eaux d’ardoise

2/809

For you, O gulls,

I order slaty waters

And this leaden sky !

Richard Wright (1908-1960), Haïku, This Other World, Arcade, New-York, 1998

traduction Patrick Blanche, Haïku, Cet autre monde, La Table ronde, 2009 :

Pour vous, ô mouettes,

Je demande des eaux d’ardoise

Et ce ciel de plomb !

Ma traduction :

Pour vous, ô goélands,

je commande aux eaux d’ardoise

et à ce ciel de plomb !

Je ne suis personne

1/809

I am nobody :

A red sinking autumn sun

Took my name away.

Richard Wright (1908-1960), Haïku, This Other World, Arcade, New-York, 1998

traduction de Patrick Blanche, Haïku, Cet autre monde, La Table ronde, 2009 :

Je ne suis personne :

Un soleil couchant d’automne

M’a laissé sans nom.

traduction personnelle :

Je ne suis personne

un soleil couchant d’automne

a pris mon nom.

« En mon for intérieur sommeille une parole »

Cet énoncé, d’origine ouïghoure :

« Ichimde bir gep yatidu » [ ئىچىمدە بىر گەپ ياتىدۇ ]

« En mon for intérieur sommeille une parole. »

est proféré à l’ouverture d’un discours d’importance. (رەھمەت بەختى)

L’énoncé prévient qu’une « parole » a été mûrement réfléchie et préservée. L’orateur va la délivrer spécialement pour les circonstances. Il pèse ses mots, l’instant est solennel, et ce qu’il va dire l’engage et probablement engage d’autres que lui, une parole qu’il ne va pas ravaler mais qu’il va réveiller. 

Pour dire, par exemple, que les deux journées de rencontres universitaires sur la culture et la langue ouighoures, à l’INALCO et à l’EHESS sont utiles. Elles sont la preuve d’une résistance et d’une recherche actives dans la diaspora, solidaires des femmes et des hommes persécutés au Xinjiang chinois. On peut s’inscrire via le site de l’institut ouïghour d’Europe.