Au festival d’Avignon, « Very Wetr déconcertant » dit le site mlactu.fr

Nouveau site d’information culturelle en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc Roussillon, mlactu.fr juge le spectacle de Régine Chopinot et Umuissi Hnamano « déconcertant » (article de Maud Fontanel) :

« Ne sommes-nous pas en train de nous extasier d’un certain exotisme ? Bien sûr Régine Chopinot n’a pas voulu cela et nous croyons en l’honnêteté de sa démarche ; d’ailleurs comme pour s’en prémunir, une chanson est alors entonnée par les artistes du Wetr : « Very Wetr n’est pas folklorique, Very Wetr n’est pas exotique ! ». Un pied de nez justement, comme pour clarifier les choses. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit L’Humanité

Lire dans L’Humanité, la critique de Marie-José Sirach, « La danse sacrée et libre initiée par Régine Chopinot » : « Very Wetr ! c’est la rencontre, l’humilité, le partage, l’écoute, la joie, le jeu. Avec Régine Chopinot, parée d’une coiffe monumentale en raphia aussi blond platine que ses cheveux, onze danseurs, musiciens et chanteurs kanak. Jean-Paul Gauthier, qui signe les costumes, a dessiné des tutus à la fois respectueux de la tradition et d’une modernité flamboyante, utilisant les matériaux de l’île et autres peintures à même la peau. »

Au festival d’Avignon : ce n’est pas « Very Wetr » disent certains critiques

Au festival d’Avignon, les premières critiques négatives sur Very Wetr, la création de Régine Chopinot et Umuissi Hnamano [que j’ai personnellement appréciée], annoncent la couleur d’une polémique.

Deux quotidiens établissent des parallèles entre des spectacles où il est question d’altérité : Very Wetr, d’une part et Disabled Theater (chorégraphie Jérôme Bel) avec des comédiens handicapés mentaux, d’autre part.

La critique du Monde est signée Rosita Boisseau : « Vues l’une à la suite de l’autre, ces deux pièces, qui mettent chacune un artiste seul face à un groupe d’interprètes radicalement autres, voire une minorité, provoquent un malaise. (…) Chopinot raconte à la première personne son voyage en lisant son iPad. [Ce qui est faux puisque le dit de la chorégraphe reprend les paroles de Hnamano]  (…)

Le sentimentalisme de Régine Chopinot flirte avec la naïveté. La froideur de Jérôme Bel qui refuse la pitié – et c’est une bonne chose – prend une connotation clinique. (…) Régine Chopinot et Jérôme Bel n’évitent aucun des pièges de l’exercice périlleux qu’ils se sont imposé. Contrairement à la chanson scandée par les Kanak, Very Wetr (pays en kanak) est exotique – évidemment ! [ce qui n’est pas le cas, évidemment] Mais Disabled Theater est atrocement voyeur. » [Pour information, le Wetr est un district, une chefferie de l’île de Lifou]

Pour Libération et Marie-Christine Vernay,  même démarche comparatiste, en ajoutant un troisième spectacle : « Les spectacles de Jérôme Bel, Régine Chopinot et Steven Cohen se contentent d’exhiber la différence, au détriment de tout travail chorégraphique et au mépris des festivaliers.
Qui aurait pu prévoir qu’à Avignon une si navrante série chorégraphique attendrait le public ? Il ne s’agit même pas de savoir si l’on aime ou non les spectacles, s’ils ont des défauts ou des qualités. Les trois que nous avons vus coup sur coup, jusqu’à en déprimer, sont tout simplement inacceptables. Le Festival envisagé comme une exposition universelle, on ne l’aurait jamais pensé. »

Enfin, pour Pascal Bély du blog du Tadorne la création Very Wetr est qualifiée en titre de « triste colonie de vacances » : « Rarement la danse n’est allée aussi loin dans un propos aux relents colonialistes, voire racistes. (…) Il n’y a rien de ce qui fait un spectacle au Festival d’Avignon : une création, une prise de risque, une esthétique innovante au service d’un propos lisible et assumé. Rien. Juste une danse métamorphosée en folklore où ressurgissent nos relents colonialistes. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit Télérama

Lire la critique de Télérama : « Régine Chopinot fait résonner à Avignon le charme tellurique des danses kanak », signée Emmanuelle Bouchez : « Plus qu’à un spectacle, c’est à un moment partagé et rituel auquel on assiste. Régine Chopinot y accomplissant sa part dans une offrande dansée, image en contrepoint de ce qu’elle a vécu : elle dessine dans l’air, pointe du doigt l’ailleurs, accomplit des équilibres, puis vient se lover dans le giron de la dame chanteuse… Nous sommes charmés. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit La Provence

Lire la critique de La Provence, intitulée « Very Wetr ! » et plus que ça » par Olga Bibiloni : « Étrange et séduisante cette intrusion des danses traditionnelles sur un plateau que partage l’une des papesses du contemporain. Étrange mais pas dérangeante. On sent cet infini respect avec lequel Régine Chopinot a approché ces artistes qui n’ont pas conscience de l’être et qui sont les relais d’une culture qui lutte pour ne pas s’éteindre. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit La Croix

Lire la critique dans La Croix, intitulée « la cure de jouvence kanake de Régine Chopinot », par Marie-Valentine Chaudon : « La chaleur des voix et des guitares irradie la pierre du Cloître des Célestins, l’énergie des rythmes et des pas emporte le public. La danse du Wetr estompe les kilomètres et les différences. Un art du bout du monde aux vibrations universelles. »

Chronique Culture du 27 avril 2012

1.

Le Retour d’Ataï, scénario Didier Daeninckx, dessins Emmanuel Reuzé.
Ataï, l’un des chefs de la rébellion de 1878 en Nouvelle-Calédonie. Sa tête devenue trophée pour musée. Sa restitution est annoncée depuis peu.

Dans la BD, un vieux kanak fait le voyage depuis sa tribu de Tendo dans la province Nord de la NC. Il vient à Paris pour enquêter sur la tête, dans les musées, les salles de ventes et dans les collections privées.
La narration est assez succincte, mais ce qui fait la force de la BD est son graphisme qui nous plonge dans une atmosphère mystérieuse, de non-dit, sur la marchandisation officielle des têtes ou sur la perversité de certains collectionneurs privés. Le trait d’Emmanuel Reuzé réussit à donner une gravité et une dignité aux têtes kanak.
2.

Le Secret de l’enfant fourmi, premier long métrage de Christine François, qui sort le 2 mai, film dont le principal intérêt est de lever un tabou sur l’assassinat des enfants-sorciers par toute une communauté, les Baribas du Nord-Bénin.

(c) Agat films et Cie

Dans le film, basé sur des faits réels, une jeune femme en mal d’amour débarque chez son ancien amant qui vit en Afrique, se perd dans la nuit de la brousse, se voit confier de force un enfant abandonné par une mère en plein désarroi.

Bande-annonce :

 

Reportage réalisé par Sabine Godard, (France 3 Amiens), tant sur l’objectif  de la réalisatrice-documentariste Christine François, que sur la musique (très originale) composée par Jean-François Hoël, l’un des musiciens du groupe picard Zic Zazou :

 

3.

En Afrique du Sud … au temps de l’apartheid avec The Suit, (Le costume), une pièce de théâtre du Sud-Africain Can Themba, adaptée, mis en scène et en musique par Peter Brook, Marie-Hélène Estienne et Franck Krawczyk.
C’est l’histoire d’un homme amoureux de sa femme qui rentre chez lui et la découvre avec son amant qui part en courant et laisse son costume dans la place.
La suite de The Suit raconte comment ce couple va vivre avec ce costume… entre comédie et tragédie…
C’est une pièce où tout fonctionne à merveille, y compris l’anglais sur-titré en français. La violence sociale ou conjugale est sublimée par les chants de la comédienne Nonhlanhla Kheswa dont voici un avant-goût :


Vous avez reconnu Feeling Good de Nina Simone. The Suit, ce n’est pas une comédie musicale mais du théâtre chanté avec trois musiciens sur scène et qui interprètent des rôles de figurants, où Miriam Makeba côtoie Franz Schubert.
The Suit se joue à Paris, au théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 5 mai.