Chronique Culture du 27 avril 2012

1.

Le Retour d’Ataï, scénario Didier Daeninckx, dessins Emmanuel Reuzé.
Ataï, l’un des chefs de la rébellion de 1878 en Nouvelle-Calédonie. Sa tête devenue trophée pour musée. Sa restitution est annoncée depuis peu.

Dans la BD, un vieux kanak fait le voyage depuis sa tribu de Tendo dans la province Nord de la NC. Il vient à Paris pour enquêter sur la tête, dans les musées, les salles de ventes et dans les collections privées.
La narration est assez succincte, mais ce qui fait la force de la BD est son graphisme qui nous plonge dans une atmosphère mystérieuse, de non-dit, sur la marchandisation officielle des têtes ou sur la perversité de certains collectionneurs privés. Le trait d’Emmanuel Reuzé réussit à donner une gravité et une dignité aux têtes kanak.
2.

Le Secret de l’enfant fourmi, premier long métrage de Christine François, qui sort le 2 mai, film dont le principal intérêt est de lever un tabou sur l’assassinat des enfants-sorciers par toute une communauté, les Baribas du Nord-Bénin.

(c) Agat films et Cie

Dans le film, basé sur des faits réels, une jeune femme en mal d’amour débarque chez son ancien amant qui vit en Afrique, se perd dans la nuit de la brousse, se voit confier de force un enfant abandonné par une mère en plein désarroi.

Bande-annonce :

 

Reportage réalisé par Sabine Godard, (France 3 Amiens), tant sur l’objectif  de la réalisatrice-documentariste Christine François, que sur la musique (très originale) composée par Jean-François Hoël, l’un des musiciens du groupe picard Zic Zazou :

 

3.

En Afrique du Sud … au temps de l’apartheid avec The Suit, (Le costume), une pièce de théâtre du Sud-Africain Can Themba, adaptée, mis en scène et en musique par Peter Brook, Marie-Hélène Estienne et Franck Krawczyk.
C’est l’histoire d’un homme amoureux de sa femme qui rentre chez lui et la découvre avec son amant qui part en courant et laisse son costume dans la place.
La suite de The Suit raconte comment ce couple va vivre avec ce costume… entre comédie et tragédie…
C’est une pièce où tout fonctionne à merveille, y compris l’anglais sur-titré en français. La violence sociale ou conjugale est sublimée par les chants de la comédienne Nonhlanhla Kheswa dont voici un avant-goût :


Vous avez reconnu Feeling Good de Nina Simone. The Suit, ce n’est pas une comédie musicale mais du théâtre chanté avec trois musiciens sur scène et qui interprètent des rôles de figurants, où Miriam Makeba côtoie Franz Schubert.
The Suit se joue à Paris, au théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 5 mai.

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