Soldats-Marrons

Dans le cadre des scènes d’été créoles, la conteuse Mimi Barthélémy nous invite à un spectacle au Cabaret sauvage (Paris, La Villette), ce dimanche à 16h30 :

 » Soldats-Marrons est une évocation de l’histoire d’Haïti jusqu’à son indépendance. A travers les jeux, les yeux, les souvenirs d’école et de vacances de la petite fille qu’elle a été, Mimi Barthélémy conte, danse, chante et célèbre l’esprit rebelle qui anime les enfants d’Haïti ainsi que la victoire de leurs ancêtres sur les maîtres de l’époque.  » C’est gratuit.

Site de Mimi Barthélémy.

Avignon, Angéline et Angélica (lé gayar !)

Avignon, entrée de la salle B de l’Espace Alya, où va se jouer Angéline et Angélica,  » une petite comédie cruelle », en français et en créole. La compagnie ThéâtreEnfance, venue de Saint-Paul (La Réunion) distribue un  » Petit lexique de créole réunionnais  » :

la kaz la maison

fénoir la nuit

GSM téléphone portable

in kalot (kalote) une claque

domoun (domoune) les gens

lo ki le derrière

zamal cannabis

krankréla cafard

babouk araignée

gazé fou, folle

moin moi

toué toi

kosa (kossa) qu’est-ce que, à quoi

koué quoi

akoz pourquoi

ganié / ginyé (guin-yé) recevoir, avoir

lé mol c’est nul

lé gayar c’est super

Yanomami, un regard

Très belle découverte, commentée sur le site de Télérama par Luc Desbenoit, du livre de la photographe Claudia Andujar sur les Yanomamis. Livre signé Claudia Andujar, Alvaro Machado, traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues, édité par Maravl en 2007 : Yanomami, la danse des images.

Ses photographies (Brésil, symphonie humaine) sont exposées à la Maison de la photographie Robert Doisneau jusqu’au 2 août 2009.

Tête trophée, tête taboue, tête restituée

Une tête maorie arrivée en France en 1875 sera rendue prochainement à la Nouvelle-Zélande. Elle pourrait être inhumée selon les rites ancestraux des anciens guerriers polynésiens, probablement en 2010. Cette tête de guerrier immémorial, devenue tête-trophée pour cabinet de curiosités, oubliée comme une espèce de tabou dans un cul de basse-fosse muséographique à l’instar des quinze à vingt têtes maories conservées dans les musées français, sera donc res-ti-tu-ée 135 ans après son entrée en France…

Le gouvernement est d’accord, comme l’a exprimé le nouveau ministre de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand. Le Sénat est d’accord à l’unanimité. Il vient d’examiner ce 29 juin la  » proposition de loi visant à autoriser la restitution par la France des têtes maories et relative à la gestion des collections  » déposée par Catherine Morin-Desailly.

Cette tête de guerrier tatouée et momifiée fait partie des collections permanentes du Museum d’Histoire naturelle de Rouen, en Normandie, le second du genre en France. Elle avait suscitée une polémique en 2007 (Papalagui, Tête-à-tête) lorsque — malgré une cérémonie effective de restitution à la Nouvelle-Zélande —, le tribunal administratif (saisi par la ministre de la culture, Christine Albanel) avait jugé que la tête ne pouvait être cédée sans une procédure de déclassement. Le déclassement consiste à  » extraire  » une pièce du patrimoine national, celui des collections publiques.

Pièce de musée ou part du corps humain ? se demandait alors le New York Times.

L’intitulé de la proposition de loi, qui selon toute vraisemblance devrait être adoptée sans difficulté par l’Assemblée nationale, répond à cette question. La tête de Rouen ne serait pas seule concernée par cette restitution, comme le précise le rapport de Philippe Richter :

Une  » commission devra également formuler des recommandations et une doctrine générale sur le déclassement, afin d’éclairer les propriétaires et gestionnaires de collections dans leurs décisions, et remettre au Parlement un rapport dans un délai d’un an. Elle devra en particulier se pencher sur la question particulièrement sensible et complexe des restes humains. « 

F.F.I. (Frédéric Ferney sur Internet)

Frédéric Ferney est de retour… sur Internet version télé. Le Bateau libre est en ligne. Six numéros pour l’été. C’est un joli rendez-vous de l’intelligence, tant dans les entretiens que dans les chroniques, toutes nécessaires. A retenir notamment celle d’un autre Frédéric… Bonnaud, très convaincant avec Le pont, un effondrement, de Vitaliano Trevisan,  » pastiche  » nous explique-t-il d’Extinction de Thomas Bernhard, modèle du cahier d’un retour au pays natal, quand ledit pays est une oppression oppressante.

Glanés au passage, ces quelques mots d’un Gérard Genette, qu’on aimerait écouter sur la longueur tellement ces fragments littéraires naviguent au près, remontant le courant par grand vent.

A une question de F.F. sur sa gaîté dans Codicille (suite de Bardadrac), Genette cite Nietzsche tout à trac :  » L’essentiel n’est pas d’être drôle mais d’être gai. « 

Codille est au fond une  » autoblographie «  (mot-chimère), et dans la forme, un  » bricollage «  avec deux « l ».

Genette de préciser :  » mot-chimère est un mot-valise (mot que je n’aime pas, que vient faire la valise là dedans ? ), mot-chimère est plus parlant que mot-valise.

A l’entrée  » Mots-chimères  » de Codicille, p. 190 (Seuil, avril 2009), parmi les dizaines d’exemples, citons  » Oasif : Bédouin au repos « .

(Bateau libre n’est pas un mot-chimère.)

Mille excuses

En plein meeting, le 12 juin, Barack Obama avait rédigé un mot d’excuses à destination de l’école de la jeune… Kennedy, une étudiante qui faisait l’école buissonnière pour assister au discours du président américain.

Auparavant, le 20 mars, le président américain avait présenté ses excuses aux handicapés pour sa première grosse gaffe publique, une plaisanterie comparant ses prouesses au bowling à celles des participants aux jeux Paralympiques.

Le Sénat des Etats-Unis a formellement présenté des excuses ce jeudi 18 juin, au nom du peuple américain, pour « l’esclavage et la ségrégation raciale » envers les Noirs américains. » Cette résolution symbolique a été approuvée par acclamation, démocrates et républicains étant largement d’accord sur les termes du texte. Elle intervient à la veille de la célébration annuelle de la fin de l’esclavage aux Etats-Unis en 1865, après la guerre de Sécession. « ,nous précisent les journaux.Mille excuses.

La littérature comme nettoyage en règle

Le recueil de nouvelles :

Skull Fragments, de Michael A. Arnzen (61 p., édition bilingue, Les Perséides, coll. art bref), traduit de l’américain par Jérôme Charlet. Première traduction de cet auteur en français.

L’incipit :

Plonger

Un jour, vous emmenez votre fille au fast food à côté de chez vous.

Page suivante :

Vous, vous mangez votre hamburger, comme d’habitude. Mais cette fois, soudain, vous l’entendez crier. Crier pour de vrai.

Signe particulier :

Écrivain la nuit, professeur d’anglais le jour à l’université catholique de Seton Hill, où il enseigne aussi  » l’écriture des fictions populaires « .

Voir son film Cadavre exquis (2006) :

Lieu de naissance probable : 

Amityville (sic).