« Haïti, pays réel, pays rêvé », un documentaire sur une résidence d’écrivains

« Haïti, pays réel, pays rêvé », documentaire (12’) de Christian Tortel sur le lancement en mai 2011 d’une résidence d’artistes en Haïti. À visionner sur le site Culturebox.

 

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Sur la photo, de gauche à droite : Makenzy Orcel, James Noël, Paolo Woods, Jean-Pierre Magnaudet (JRI), Yanick Lahens. Absents de la photo : Marvin Victor, Michel Monnin, Pascale Monnin.

Premières diffusions dans l’hebdomadaire TV Caraïbes sur Outre-mer 1ère, en Martinique vendredi 13 mai à 20h30, en Guadeloupe et en Guyane, dimanche 15 mai à 13 h.
Résumé : Des écrivains haïtiens, autour du poète James Noël, ont créé une résidence artistique et littéraire dans le Sud du pays, à Port-Salut.
Première résidence du genre, Port-Salut – la bien nommée – pourrait devenir un pôle de décentralisation culturelle et une utopie dans un pays dévasté après le séisme du 12 janvier 2010.
Contexte : L’écrivain Dany Laferrière (« C’est la culture qui nous sauvera ») comme l’UNESCO (qui s’est réuni en avril pour proposer cinq programmes d’action sous le label : « Haïti : faire de la culture un moteur de la reconstruction »), tous s’accordent à miser sur un patrimoine hors du commun et sur l’énergie des créateurs, qu’ils travaillent dans ce pays de la Caraïbe ou dans la diaspora.

« Haïti, pays réel, pays rêvé », en hommage à Édouard Glissant.

Haïti en création (1)

« Séparés par quelques dizaines de kilomètres, Fond-des-Nègres et Fond-des-Blancs pourraient bien résumer la singularité de la musique haïtienne: une France rêvée, greffée sur une Afrique idéalisée. En Haïti, il n’existe pas de conservatoire de musique mais la musique rurale est un véritable conservatoire du passé. La tradition coloniale des danses de cour, du menuet à la contredanse, par exemple, est à l’honneur chez les paysans haïtiens.

Plus qu’une imitation servile, une parodie cocasse des danses des colons blancs, la “contre-danse” est devenue une vraie contre-culture, la forme ironique et ludique qu’ont trouvée ces paysans pour intégrer, digérer ce qui leur était hostile ou étranger. Tel un boa, Haïti absorbe sans cesse ce qui l’attaque.

Et cette musique métisse, cette danse de résistance continue de “marronner” dans les montagnes à la manière des esclaves qui fuyaient les plantations coloniales pour vivre en marge de la servitude. »

Texte de Charles Najman à propos de l’exposition photographique d’Emmanuelle Honorin « Fond-des-Nègres / Fond-des-Blancs », Centre musical Fleury Goutte d’Or – Barbara, à Paris.

Poésie à Tahiti, en hommage à Jean-Marc Pambrun, avec Césaire et Char

 

 

 

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Présentation de la soirée par Riccardo Pineri :

Dans les jardins du Musée de Tahiti et des îles à Punaauia, aura lieu la Nuit de la poésie le vendredi 13 mai de 16 h à 22H. Cette manifestation se veut d’abord un hommage à la mémoire de Jean-Marc Pambrun, le directeur du Musée de Tahiti et des îles récemment disparu.

Les amis du poète et de l’écrivain, du dramaturge qui a participé depuis les années 70 au renouveau de la création culturelle tahitienne, ont décidé de convier une vingtaine de poètes et de lecteurs de poésie à cet hommage collectif où seront lus des textes en tahitien, en allemand, en italien, en anglais et leur traduction en français. Des jeunes musiciens du Conservatoire de Papeete accompagneront ces lectures où Leopardi, Hölderlin et Rilke, la parole matinale de Sappho et la jeune poésie tahitienne, la vigoureuse poésie d’Aimé Césaire et la « parole en archipel « de René Char,  feront entendre la polyphonie des langues dans la nuit polynésienne pour montrer comment  la poésie traverse les identités culturelles et fait signe vers un espace commun du sens de l’humain.

Jean-Marc Pambrun a partagé les chemins aventureux des jeunes intellectuels de son époque et a mis son talent au service du renouveau de la société polynésienne postcoloniale. Ses engagements politiques ont été  accompagnés, surtout dans les dernières années, par des interrogations sur le  statut de l’intellectuel, sur la création artistique en tant que le lieu où s’élabore et s’éprouve le destin de l’histoire. En ce sens, Jean-Marc Pambrun n’a cessé à la fin de sa vie de prendre ses distances par rapport au militant politique, de revendiquer le statut de celui que Salman Rushdie appelle « l’homme traduit », travaillant à la lisière des cultures, dans la dimension dialogique plutôt que dans la certitude de la fermeture sur soi des mondes.

couverture de l'édition de 2009 du livre de Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun, Les parfums du silence

Jean-Marc Pambrun avait participé pendant quelques années au Salon du livre d’Ouessant et  son livre Les parfums du silence avait été récompensé en 2004 par le « Prix de la fiction ». Ce détour par Ouessant avait été bénéfique, puisqu’il avait remis en cause les positions culturalistes arrêtées, la tendance partagée avec d’autres intellectuels tahitiens de la défense des traditions, nourrie  par le ressentiment  envers la culture occidentale. Le partage d’expérience avec les écrivains antillais, haïtiens ou des rivages de la Méditerranée avaient  approfondi chez Pambrun l’interrogation sur soi, relancé la recherche du sens de l’écriture et du témoignage.

La Nuit de la poésie veut être à la fois un témoignage mémoriel par rapport à l’ami disparu et une confiance renouvelée dans la vie  qu’implique tout acte poétique.

« Ce que je dois à Aimé Césaire » (Jacques Lacarrière, 2004)

Parmi les laudateurs d’Aimé Césaire, disparu il y a trois ans, le 17 avril 2008, le poète Jacques Lacarrière (1925-2005).
Connu pour ses récits de voyage, notamment en Grèce, nous l’avions rencontré chez lui en Bourgogne, village de Sacy, au soir de sa vie, à l’occasion de la publication de son livre d’éloge, « Ce que je dois à Aimé Césaire ».
Jacques Lacarrière était revenu sur sa découverte, en 1947 au Quartier latin de « Cahier d’un retour au pays natal ».

« Etre cultivé aujourd’hui, c’est être tissé, métissé par la culture des autres. », écrivit Jacques Lacarrière, extrait d’une texte affiché dans une librairie de la cité du livre de Bécherel (Papalagui, 10/06/07), et que Chemins faisant, l’association des amis de Jacques Lacarrière, intègre dans un site de référence.

Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2011 (sélection)

Voici les cinq romans finalistes du Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2011, sélectionnés par un jury de lycéens aujourd’hui à Rennes :

  • Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, de Yahia Belaskri (Ed. Vents d’ailleurs),
  • Noires blessures, de Louis-Philippe Dalembert (Mercure de France),
  • L’ombre des choses à venir, de Kossi Efoui (Le Seuil),
  • B.a.-ba, de Bertrand Guillot (Rue Fromentin),
  • Saïgon la rouge, de Jacques de Miribel (La table ronde).

Le jury désignera son lauréat, le 12 juin, lors du festival littéraire Étonnants Voyageurs, à Saint-Malo.
(source : Ouest-France).

Sélection initiale des dix romans : Papalagui, 3/03/11.