Bon centenaire Maurice Nadeau !

L’un des éditeurs les plus attachants des Lettres françaises a cent ans aujourd’hui. Il vit, il lit, il relit, il publie et il aime ses auteurs, comme en témoigne ce court documentaire consacré à l’une de ses dernières découvertes, le poète Alexis Gloaguen, rencontré en résidence sur l’île d’Ouessant :

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=33919Découvrez Alexis Gloaguen à Ouessant, le poète et son éditeur centenaire sur Culturebox !

Extrait des Veuves de verre et d’autres titres édités par Maurice Nadeau, en lecture au théatre de l’Odéon, émission diffusée sur France-Culture : « Maurice Nadeau : le chemin de la vie ». Œuvres de Soazic Aaron, Dominique Fabre, Yann Garvoz, Alexis Gloagen, Dominique Noguez, Pierre Pachet, Patrice Pluyette, Mathieu Riboulet, Tiphaine Samoyault, Christine Spianti, Ling Xi.

Initiales : Où j’ai laissé mon âme ? À Cuba !

Le groupement de libraires indépendants Initiales a désigné, mardi 17 mai, ses deux lauréats : Jérôme Ferrari pour Où j’ai aissé mon âme (Actes Sud, 2010) dans la catégorie roman français (voir portrait et entretien dans Papalagui, 10/12/10 ), et Leonardo Padura Fuentes pour L’homme qui aimait les chiens (Métailié, janvier 2011) dans la catégorie roman étranger (voir reportage et entretien dans Papalagui, 4/02/11 ).

« Deux livres qui traitent de la dialectique victime-bourreau », résume Livres-Hebdo :

« Le roman de Jérôme Ferrari, agrégé de philosophie ayant enseigné à Alger, se déroule dans la capitale algérienne en 1957 et met en scène un colonel et un lieutenant qui, victimes lors de la guerre d’Indochine, se transforment en bourreaux. L’ouvrage avait déjà obtenu le Prix roman France télévisions en 2010, et plus récemment le prix Valéry Larbaud 2011.

L’ouvrage du Cubain Leonardo Padura Fuentes, est traduit de l’espagnol par René Solis et Elena Zayas. À Cuba, à la mort de sa femme, Ivan réfléchit sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui, après quelques rencontres, lui a fait d’étranges révélations sur l’assassin de Trotski. Grâce à ces confidences, Ivan reconstitue les trajectoires des deux hommes et la façon dont ils sont devenus victime et bourreau, et replace ces faits dans le contexte cubain. »

L’Homo ecranus a son écran global

Homo ecranis, Homo computerus, l’homme dans la « globalisation écranique »… Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, déjà auteurs de La Culture-monde, proposent une nouvelle édition de L’écran global, sous-titré « Du cinéma au smartphone », publié chez Points.

Dans cette seconde édition (la première date de 2007), Lipovetsky, philosophe et sociologue, et Serroy, universitaire et critique de cinéma, examinent « derrière la lumière de l’autonomie et de l’ouverture au monde — qu’illustre Internet —, il y a une face sombre et noire : le côté obscur de la transparence ».

« Une majorité d’employés, de cadres, de dirigeants passent désormais l’essentiel de leur temps devant un écran : l’homme est devenu homo computerus. Pour le meilleur et le pire. Travailler devant un écran ne ressemble plus à descendre au fond de la mine : et pourtant, jamais la thématique de la souffrance au travail n’a eu un tel écho, social et sans doute individuel.

Cela à l’évidence n’est pas dû uniquement à l’ordinateur et relève pour l’essentiel de la mondialisation de l’économie et des exigences de résultats à court terme imposés par le capitalisme financier. Mais cela relève aussi des formes nouvelles du travail, lesquelles génèrent une urgence, créée par l’aspect impitoyable de la compétitivité et relayée par le harcèlement de l’écran, qui génère un stress particulier, engendre une souffrance intérieure d’un genre nouveau.

L’ouvrier fordien esclave de sa machine a fait place au cadre informatisé soumis à son écran et à l’intensivité d’un travail imposant le raccourcissement des délais, l’instantanéité des réactions, l’impossiblité de prendre du recul : un temps nouveau, que l’on croit maîtriser et qui en même temps impose son rythme infernal. La tyrannie du temps réel, direct, instantané. »

L’écran global, un livre qui devrait être remboursé par Facebook.