Richard Price et ses Voyages avec Tooy

 

L’anthropologue américain, Richard Price présente son livre Voyages avec Tooy, Histoire, mémoire, imaginaire des Amériques noires (éditions Vents d’ailleurs) à l’École des Hautes études (EHESS) de Paris, 54 bd Raspail, ce lundi 8 novembre 2010, 18h : « Il raconte sa rencontre avec Tooy, capitaine saramaka à Cayenne en Guyane française et nous fait pénétrer dans le monde spirituel de ce prêtre-philosophe-guérisseur à travers ses chansons, histoires, remèdes et langages secrets. »

Jérôme Ferrari, prix roman France Télévisions 2010

Le prix roman France Télévisions 2010 a été attribué par un jury de 21 téléspectateurs au 3e tour de srcutin au livre de Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé son âme (Actes Sud), contre 6 à Eric Faye, auteur de Nagazaki (Stock) et 3 à Alain Borer, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (P.O.L.) (voir la sélection des six).

Distingué pour son épaisseur romanesque et philosophique, la tragédie en huis clos, la portée universelle des questions morales que pose la torture pendant la guerre d’Algérie, le dispositif narratif double (une lettre d’un lieutenant à son capitaine ; trois jours consécutifs de mai 1957), la dimension mythique d’une possibilité de rédemption, la hauteur de vue de la création littéraire, la maîtrise de son écriture toujours fluide et pourtant exigeante, la dépossesion de soi qu’entraîne la question de la torture chez un gradé pris de remords, le destin de victimes devenues bourreaux, l’impossibilité de s’échapper d’une tension permanente, l’impossible communication des événements à la famille française éloignée, le charisme d’un héros algérien magnétisant la confidence d’un officier français, les multiples fils qui en découlent : biblique, mythologique, historique, moral, etc.

A Lyon, une maison Ahmadou Kourouma

A Lyon, la maison située dans le Jardin des Chartreux (1er arrondissement) au niveau du 36 cours Général Giraud, a été rebaptisée « Maison Ahmadou Kourouma » en hommage à l’écrivain ivoirien, lyonnais d’adoption.

Cette maison, créée en 1860, rénovée en 2005, accueille des associations culturelles et les membres d’un conseil de quartier.

Abdellah Taïa, le Roi de la syncope, prix de Flore 2010

Oui Le Jour du Roi d’Abdellah Taïa est un « roman en guerre ». Oui c’est bien plus qu’une tempête sous un crâne, une forme marocaine et moderne d’un To be or not to be.

En 1987, entre Rabat et Salé, dans l’attente du cortège du roi Hassan II, les deux jeunes amis Omar et Khalid vont jouer leur vie. Dans son écriture précipitée, aux phrases courtes, coupées-décalées, aux temps télescopés, Taïa déroule une partition syncopée d’une grande richesse de sens, volontairement perturbée, perturbante dès l’incipit : « Je suis devant lui. Je rêve. mais je ne rêve pas. C’est lui. Vraiment lui. Un homme que je connais bien. Trop bien. »

Omar rêve qu’il rencontre le Roi, qu’il doit lui baiser la main, « cette main historique ».

Ces phrases au sujet coupé sont à prendre au pied de la lettre : le culte de la personnalité s’oppose au sujet libre. Style coupé-décalé pour un anti-héros en plein « rêve-réalité », « rêve-cauchemar.

Abdellah Taïa : « Au Maroc, on vit dans la fiction », interview à Bladi.net, en 2008, après la sortie d’Une mélancolie arabe, réédité en poche très prochainement.

Le livre lauréat 2010 du prix de Flore, Le jour du roi d’Abdellah Taïa (Seuil), a été choisi au 2e tour de scrutin par 7 voix contre 5 à Ann Scott pour A la folle jeunesse (Stock).

Dany Laferrière, docteur honoris causa

L’ENS de Lyon a fait Dany Laferrière docteur honoris causa : « En lui décernant un doctorat honoris causa l’École normale supérieure de Lyon est fière d’honorer en la personne de Dany Laferrière non seulement un auteur témoin de son temps, mais un écrivain engagé. S’il se présente lui-même comme « un écrivain primitif » il est avant tout un auteur humain dont les écrits vous prennent aux tripes ou vous font rêver, sourire ou pleurer. »

« Le dictateur m’avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je passe par la fenêtre du roman » (L’Énigme du retour).

La littérature haïtienne contemporaine (colloque à Cergy)

La littérature haïtienne contemporaine, 10 novembre 2010, Les Chênes I – Salle des conférences, Université de Cergy-Pontoise, EA 1392 – Centre de recherche Textes et Francophonies (CRTF), Pôle FLDS

9h : accueil des participants
9h30-10h30 : conférence inaugurale par le professeur Charles Forsdick (Liverpool) : « « Un spectre oublié »: Toussaint Louverture et les enjeux de la représentation transculturelle »
10h30- 11h00 : Antony Soron (Paris IV-IUFM) :  De l’obstacle à la transparence : L’énigme du retour de Dany Laferrière ou la réponse limpide de l’écriture vibrante.
11h- 11h 30 : Sylvie Brodziak (UCP) : Bicentenaire ou le Meurtre pour mémoire de Lyonel Trouillot.
11h30 – 12h : Débat
14h-14h30 : Fulvio Caccia (UCP) : Ecritures migrantes et transculture : les écrivains haïtiens de la diaspora et la modernité.
14h30-15h : Paul Fraisse (UCP) : Migrations identitaires : la voix des réfugiés, l’exemple des  Fugees.
15h00-15h30 : Nicole Grepat (UCP)  Marie-Célie Agnant : « Haïti et l’image de la mauvaise mère ».
15h45- 16h15 : Marie Fremin (UCP) : la réception de Saisons sauvages de Kettly Mars.
16h15- 16h45 : Dominique Fattier (UCP) : Quelques remarques sur le rapport langues/littérature dans une situation de contact de langues : Haïti, de l’Indépendance à nos jours.
16h45- 17h15 : Christiane Chaulet Achour (UCP) : « Littérature haïtienne, une décennie de prix : René Depestre, Evelyne Trouillot, Gary Victor, Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Yanick Lahens ».