Abdellah Taïa, le Roi de la syncope, prix de Flore 2010

Oui Le Jour du Roi d’Abdellah Taïa est un « roman en guerre ». Oui c’est bien plus qu’une tempête sous un crâne, une forme marocaine et moderne d’un To be or not to be.

En 1987, entre Rabat et Salé, dans l’attente du cortège du roi Hassan II, les deux jeunes amis Omar et Khalid vont jouer leur vie. Dans son écriture précipitée, aux phrases courtes, coupées-décalées, aux temps télescopés, Taïa déroule une partition syncopée d’une grande richesse de sens, volontairement perturbée, perturbante dès l’incipit : « Je suis devant lui. Je rêve. mais je ne rêve pas. C’est lui. Vraiment lui. Un homme que je connais bien. Trop bien. »

Omar rêve qu’il rencontre le Roi, qu’il doit lui baiser la main, « cette main historique ».

Ces phrases au sujet coupé sont à prendre au pied de la lettre : le culte de la personnalité s’oppose au sujet libre. Style coupé-décalé pour un anti-héros en plein « rêve-réalité », « rêve-cauchemar.

Abdellah Taïa : « Au Maroc, on vit dans la fiction », interview à Bladi.net, en 2008, après la sortie d’Une mélancolie arabe, réédité en poche très prochainement.

Le livre lauréat 2010 du prix de Flore, Le jour du roi d’Abdellah Taïa (Seuil), a été choisi au 2e tour de scrutin par 7 voix contre 5 à Ann Scott pour A la folle jeunesse (Stock).

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