Tropaire, hymne orthodoxe
haïku, poème japonais
ci-gît l’hapax
Tropaire, hymne orthodoxe
haïku, poème japonais
ci-gît l’hapax
L’écrivain François Nourissier est mort à Paris à l’âge de 83 ans, a annoncé l’Académie Goncourt, dont il a été membre pendant une trentaine d’années avant d’en démissionner en 2008 pour raisons de santé. Auteur de près de 25 ouvrages, François Nourissier a été couronné par le Grand prix du roman de l’Académie française en 1965 pour Une histoire française et par le prix Femina en 1970 pour La Crève.
« La fin de sa vie a été extrêmement cruelle. Peut être qu’aujourd’hui il meurt un peu tard … il a connu une gloire littéraire extraordinaire, il était le Pape de l’édition et le Pape de la littérature française… On peut dire qu’avec Pivot, il était celui qui décidait du destin d’un livre et d’un auteur. » (Jean d’Ormesson)
« Il a une place à part dans la vie littéraire française, la place d’un vieux sage, d’un homme de lettres sans concessions aucunes, et pour qui la littérature a toujours été tous ses bonheurs… Il avait une qualité plus grande que beaucoup d’autres, la curiosité. » (Edmonde Charles-Roux, présidente de l’Académie Goncourt).
Source : Livres-Hebdo .

La loi Taubira aura dix ans cette année et Frantz Fanon est mort il y a 50 ans. Avec cette conjonction de commémorations, nul doute que le prochain mois de mai sera un carrefour de l’histoire et des mémoires.
L’université de Cergy-Pontoise sera au rendez-vous le 10 mai 2011 de la commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions avec le Centre de recherche textes et francophonie (CRTF) pour inscrire ce nœud mémoriel au cœur d’une journée intitulée : « Frantz Fanon, figure du dépassement. Regards croisés sur l’esclavage ». Fanon dont il faut rappeler l’affirmation dans Peau noire masques blancs (1952) : « Je ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères ».
Pour les organisateurs de cette journée universitaire, « Fanon est une figure du dépassement qui a imprimé sa marque dans la réflexion de nombreux chercheurs depuis la diffusion de ses différentes œuvres, entre 1952 et 1961. Sur la question de l’esclavage il a été en rupture par rapport à son contexte et au regard de ses pairs ; il a été et est une figure du dépassement. Le dépassement ne signifie pas oubli et occultation mais positionnement autre. (…) « Regards croisés » sur l’esclavage : pour dessiner un parcours (…) réfléchir à l’intégration distancée de l’esclavage ou du rapport à l’esclavage dans l’émergence d’une « conscience noire », interroger la continuité entre situation d’esclave et situation de domination culturelle, politique.
À noter que ce thème du dépassement a été invoqué notamment dans l’œuvre de Fanon en lien avec « l’antillanité » de Glissant, comme le rappelle Med Médiène dans son blog Fanon, Glissant et les autres, la Négritude dépassée.
Enfin, signalons, le blog intitulé : 2011, année Frantz Fanon, où l’on peut lire cette parole d’Édouard Glissant : « Il est difficile pour un Antillais d’être le frère, l’ami, ou tout simplement le compagnon ou le « compatriote » de Fanon. Parce que de tous les intellectuels antillais francophones il est le seul à être véritablement passé à l’acte, à travers son adhésion à la cause algérienne ; et cela même si, après les épisodes tragiques et concluants de ce qu’on est en droit d’appeler sa passion algérienne, le problème martiniquais (dont en l’occurrence il n’était pas responsable mais qu’il eut sans doute affronté s’il avait vécu) reste entier dans son ambiguïté. » (Le Discours antillais, 1981).
On se retrouve avec ces dix mots, qui sont proposés pour une Semaine officielle de la langue française, du 13 au 20 mars, « Dis-moi dix mots qui nous relient ».
Les heureux élus sont :
complice, fil, avec, cordée, harmonieusement, agapes, réseauter, chœur, accueillant, main.
Par quelle subtilité, un mot comme « réseauter » est-il parvenu à se hisser au plus près des petits fours ? Serait-ce avec dans la main du complice, tendu comme un fil sinon en cordée comme pour réseauter accueillant en chœur une promesse d’agapes ?
Tout cela serait-il cousu de fil blanc ?
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=32512Découvrez L’intégrale de l’Oeuvre des mers d’Eugène Nicole sur Culturebox !
L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (Saint-Pierre et Miquelon) et Corps mêlés, de Marvin Victor sont sélectionnés pour le 6e prix du livre France-Culture Télérama, qui sera remis lors du Salon du livre de Paris, le 17 mars, et pour le prix Louis Guilloux qui sera attribué le 15 mars.
France Culture et Télérama récompensent, chaque début de printemps, une œuvre littéraire écrite en langue française et publiée en janvier, février ou mars.
Doté de 5 000 euros, le prix sera remis lors de la soirée d’ouverture du Salon du livre de Paris, le jeudi 17 mars à 19 heures, sur le stand de Radio France.
Le jury a présélectionné les dix romans et récits suivants :
Ce qu’aimer veut dire, de Mathieu Lindon (éd. P.O.L.)
Les Liaisons ferroviaires, de Jean-Pierre Martin (éd. Champ Vallon)
Des Femmes disparaissent, de Christian Garcin (éd. Verdier)
L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (éd. de L’Olivier)
Dino Egger, d’Eric Chevillard (éd. de Minuit)
Bande-son, de Bertrand de la Peine (éd. de Minuit)
Tu verras, de Nicolas Fargues (éd. P.O.L.)
Une lointaine Arcadie, de Jean-Marie Chevrier (éd. Albin Michel)
La Lettre de Buenos Aires, d’Hubert Mingarelli (éd. Buchet-Chastel)
Corps mêlés, de Marvin Victor (éd. Gallimard)
Le prix Louis Guilloux, doté de 10 000 euros, récompense l’auteur d’un roman ou récit en langue française s’inscrivant dans la lignée littéraire de l’écrivain breton, privilégiant notamment la “dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions idéologiques”.
Son jury, présidé par Yvon Le Men, est majoritairement composé d’écrivains.
21 titres sont en compétition :
Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Vents d’ailleurs
Jeanne Benameur, Les insurrections singulières, Actes Sud
Vincent Borel, Antoine et Isabelle, Sabine Wespieser
Delphine Coulin, Samba pour la France, Le Seuil
Jean-Baptiste Del Amo, Le sel, Gallimard
Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme, Actes Sud
Hervé Jaouen, Les sœurs Gwenan, Presses de la Cité
Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, Grasset
Maxim Leo, Histoire d’un Allemand de l’Est, Actes Sud
Andreï Makine, Le livre des brèves amours éternelles, Le Seuil
François Marchand, Plan social, Le Cherche Midi
Patrice N’Ganang, Mont plaisant, Philippe Rey
Eugène Nicole, L’œuvre des mers, L’Olivier
Anthony Palou, Fruits & légumes, Albin Michel
Bernard Ruhau, Salut à vous !, Maurice Nadeau
Lionel Salaün, Le retour de Jim Lamar, Liana Levi
Frédéric Valabrègue, Le candidat, P.O.L
Jean Védrines, La belle étoile, Fayard
Gary Victor, Le sang et la mer, Vents d’ailleurs
Marvin Victor, Corps mêlés, Gallimard
Frédéric Werst, Ward, Le Seuil
(source : Livres-Hebdo).
Une saison chez Césaire. Première mardi 1er mars 2011. La déclaration universelle des droits de l’homme annotée par Aimé Césaire
Texte : Aimé Césaire Dramaturgie : Michèle Césaire Mise en scène : Ruddy Sylaire Lumières : Marc-Olivier René Costumes : Catherine Matis Décors : Kanel Brosi Avec : Gladys Arnaud, Eric Delor, Jean-Bernard Ekam-Dick, Astrid Mercier
Théâtre les déchargeurs, Paris.
La page officielle de l’Outre-mer au Salon du livre de Paris (17-21 mars 2011) avec une vingtaine d’auteurs invités.
L’anthropologue, écrivain et artiste polynésien Jean-Marc Pambrun est mort le 12 février à Paris à l’âge de 57 ans. Son nom marquait sa double ascendance, père originaire de l’île de Ra’iatea (Polynésie française), mère d’ascendance ariégeoise et bretonne.
« Jean-Marc Pambrun était un intellectuel engagé, ardent défenseur de la culture. Sa dépouille sera rapatriée dans les jours qui viennent sur le fenua » (Les Nouvelles de Tahiti).
“Je crois que l’on ne se rend pas compte encore que l’on vient de perdre un des rares intellectuels polynésiens”, confie Heremoana Maamaatuaiahutapu, directeur de la Maison de la culture de Tahiti (La Dépêche de Tahiti).
Réaction de Gaston Tong Sang, président de la Polynésie française :
« Exerçant jusqu’à son décès les fonctions de directeur du Musée de Tahiti et ses îles, Jean-Marc Pambrun, était un homme d’idée et de réflexion, totalement investi dans l’action au service d’une cause, le développement culturel et artistique de son Pays. Ethnologue, écrivain et artiste, féru de culture polynésienne, il n’en était pas moins passionné par l’art contemporain qu’il affectionnait tout particulièrement. A n’en point douter, Jean-Marc laisse un grand vide dans le paysage polynésien et marquera à jamais l’histoire et la culture de notre Pays.
Son portrait par Vaite Urarii le site littéraire Île en île :
« Personnalité dérangeante autant par ses actes que par ses écrits, (…) il a porté la contestation dans de nombreux domaines de l’activité polynésienne : culture, recherche, enseignement, environnement, syndicalisme, journalisme… , Autant de facettes qui font de cet humaniste et intellectuel engagé, un auteur à part et créatif qui écrit dans les genres les plus divers : pamphlétaire, conteur, poète, essayiste, dramaturge, auteur de nouvelles. Par son éclectisme déroutant, il reste pour le moment un auteur inclassable. »
« Sans doute son engagement social a-t-il quelque peu ralenti une carrière d’auteur qu’on aurait voulu plus abondante. », écrivait Jean-Loup Ra’iatea Pambrun en 2002 dans la revue Litterama’ohi.
L’hommage de Julien Gué dans Suite 101 :
« S’il a effectué l’essentiel de son parcours professionnel dans le monde de la culture, y occupant d’importantes fonctions, ses fortes convictions et sa personnalité entière lui ont valu un parcours chaotique dû, pour l’essentiel, à son refus des compromissions et du silence.
Ainsi, au fil des années, il a alterné les périodes de disgrâce avec des fonctions majeures : directeur du département des traditions du Centre Polynésien des Sciences Humaines, chef du service de la culture de la commune de Faa’a, directeur de la maison de la culture de Papeete, conseiller auprès du gouvernement local à deux reprises, pour finir par être nommé, en août 2005, directeur du Musée de Tahiti et des Îles, Te Fare Manaha.
Son franc parler lui valut d’être limogé à deux reprises par deux ministres de la culture du président Flosse. Pour indocilité… »
Les origines sont au cœur de ses premiers écrits : La Fondation du marae – La légende du Scolopendre de la Mer Sacrée (1998), comme de son dernier texte publié le 9 janvier sur son blog, L’écriturien (notons l’autodérision), et titré Pour une généalogie de l’histoire anthropologique, philosophique et littéraire de la vision européenne de l’origine des Polynésiens, dont il se demandait « Pourquoi tant de disputes à propos de nos origines ? » et sujet d’un ouvrage en préparation, dont il publiait le premier chapitre.
Voir la Bibliothèque insulaire de Jacques Bayle-Ottenheim
Frankétienne, Dany Laferrière, Lyonel Trouillot et Louis-Philippe Dalembert sont les invités de la Maison de la littérature à Genève, du 16 au 20 mars 2011. Au programme : conférences, anthologies, films et théâtre.