À Brest, l’hospitalité en français, breton, arabe, wolof…

« Certains résidents m’appellent « ma merc’h ». Des collègues l’ont traduit par « ma mère », pensant que les personnes déliraient ou étaient désorientées. Sauf qu’en breton, ça veut dire « ma fille ». C’est affectueux. Ces personnes âgées parlent de façon sensée ! » explique la pétillante Marie Kerdraon, 52 ans, aide-soignante à l’hôpital brestois depuis 1993 (…)

Une satisfaction aussi pour Marie. Son parcours est original. D’origine libanaise, née au Sénégal avant l’indépendance (et donc de nationalité française), elle parle l’arabe et le wolof. Elle fait partie de la liste de l’hôpital qui recense des personnes parlant les langues étrangères. « Je suis l’unique référente pour le wolof ! ».

La suite de l’article sur Ouest-France.

Eddy Banaré a lu Patrick Sultan (La scène littéraire postcoloniale)

« La scène littéraire postcoloniale de Patrick Sultan répond enfin à ceux qui avaient l’intuition que les auteurs classés comme francophones, anglophones, ou lusophones, méritaient une approche critique renouvelée. Aucune consécration littéraire, ni aucun succès d’édition, ne pouvaient permettre d’éluder ce débat.

Dans cet essai adapté de sa thèse de doctorat, Sultan propose un réexamen profond d’anciens cadres inappropriés pour l’approche des nouvelles littératures nées des décolonisations. Le projet de Sultan est remarquable par son ampleur, car il confronte la tradition comparatiste française aux postcolonial studies. Surtout, il appréhende les postcolonial studies comme l’occasion d’un renouvellement de la recherche universitaire.

Sultan réalise une épistémologie ambitieuse par la mise en commun d’acquis méthodologiques issus de deux courants de la recherche littéraire. Il pose également les jalons d’un comparatisme dont la refondation dépend selon lui d’une mise en perspective mondialisée. Les postcolonial studies vues par Sultan doivent autant à Said, à Bhabha, et Spivak qu’aux récents travaux de Jean-Marc Moura, Judith Schlanger, Pascale Casanova et aux préoccupations de Glissant, Chamoiseau, Ben Jelloun ou Kourouma. »

Sur le livre de Patrick Sultan, La scène littéraire postcoloniale, « L’Esprit des Lettres », Le Manuscrit, Paris, 2011, lire la suite de la recension d’Eddy Banaré, docteur en littérature comparée, membre associé du C. N. E. P. (Centre des Nouvelles Études du Pacifique, EA4242), Université de la Nouvelle-Calédonie, sur le site Contretemps.

Makenzy Orcel dans une école de Delmas 33 (Port-au-Prince)

Un témoignage de Makenzy Orcel, écrivain, « au nom de la générosité vraie et belle », 22 mars 2012 11h, Delmas 33, Port-au-prince, Haiti :

« Une rencontre. Un moment lumineux avec les enfants de l’école COPH dirigée par Dominique Pierre et Jacqueline Fabius qui s’occupent de leur éducation, de leur bien-être mental et alimentaire depuis après le séisme qui ravagé le pays. L’école est totalement gratuite. Dans un cadre enchanteur, où elles et leur petite équipe de bénévoles travaillent du matin au soir. Un exemple poignant de générosité et d’humanité. Ces enfants sont majoritairement issus des quartiers difficiles, qui rêvent d’être des hommes et des femmes utiles, d’avoir un demain meilleur. Ils sont environ une centaine, et ont entre 5 et 14 ans. Il y en a qui sont encore sous des tentes ou en domesticité chez des inconnus… Les deux femmes sont très dévouées. Elles sont debout. Elles veulent aller jusqu’au bout. Elles ont besoin d’épaules, de bras, de conseils, de formateurs, de livres, etc., Que les plus forts aident les plus faibles pour une société plus forte, plus juste. »

Voici leurs coordonnées : 50934627023 / dominpier04@yahoo.com
50931708410 / jfabulous@hotmail.com

 

Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime

Dans le cadre du séminaire « Histoire culturelle de l’esclavage » du CIRESC (Centre international de recherches sur les esclavages, Groupement de recherche international du CNRS), Antonio de Almeida Mendes, maître de conférences à l’université de Nantes, présentera une communication intitulée : « Esclavage, « race » et couleur au Portugal (XVIIIe-XIXe siècle). Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime ». Ouvert aux étudiants et chercheurs intéressés jeudi 29 mars, de 15 à 17 heures en salle 9 au 105 bd Raspail, Paris

L’arc-en-ciel des Frankolorés

« J’ai enlevé le S dans Ida et ça a donné un prénom de femme : Ida. Alors, j’ai pris Ida comme prétexte pour écrire, décrire ma haine, mon désenchantement, de cette île, de ce pays désenchanté qui fut une île enchanteresse ».

« Incessants-Ida », monologue de et interprété par Guy Régis Jr, Petits massacres urbains répétés et répétitifs, pour égorger la tranquillité. Dans le cadre des lectures Les Frankolorés, les 27 mars à Vienne et 29 mars à Budapest.

Antonio Tabucchi (1943-2012)

Nous l’avions rencontré en 2000 à Aix-en-Provence invité avec Edouard Glissant par les Écritures croisées, avec en mémoire ces mots recueillis par Catherine Argand (Lire, été 1995) : « La littérature doit dépasser le bout de la rue, montrer ce qu’une caméra ne voit pas, illuminer les coins obscurs de la vie, de la réalité, insinuer les doutes dans la tête des gens. Elle ne peut pas, elle ne doit pas entrer en compétition avec les autres médias, utiliser leur langage, leur méthode. La littérature a un rapport différent avec le monde. »

Lire l’hommage du tiers-livre.

« L’écrivain italien Antonio Tabucchi est décédé à Lisbonne à l’âge de 68 ans des « suites d’une longue maladie », selon des informations communiquées dimanche 25 mars par son traducteur en français, Bernard Comment.

Ce Toscan francophone avait une seconde patrie : le Portugal. Tabucchi était le traducteur et le spécialiste de l’un des plus grands écrivains de ce pays, le poète Fernando Pessoa. Tabucchi était aussi un écrivain engagé, connu en Italie pour son opposition radicale à l’ex-chef de gouvernement Silvio Berlusconi. L’auteur aimait les histoires courtes – « une forme fermée comme le sonnet » – et ses nombreux romans écrits d’une écriture limpide avaient pour sujet des personnages sans envergure dont le destin bascule avec un voyage ou une rencontre. » Lire la suite de l’article du Monde.

 

Au printemps, les hirondelles volent en circonflexe, 俳句 & ^

En rangeant ma bibliothèque, je m’aperçois qu’au printemps les hirondelles volent en circonflexe… Côte-à-côte, les livres de Sôseki, Jules Renard et Bernard Cerquiglini l’attestent avec une certaine légèreté…

Sōseki Natsume (1867-1916) a écrit plus de 2500 haïkus. Parmi les 135 publiés dans ce petit livre Haïkus, traduction et notes d’Élisabeth Suetsugu, illustrés de peintures et calligraphies de l’auteur (Philippe Picquier, 2009), en voici deux de circonstance :

Sur l’aile du vent

Légère et lointaine

L’hirondelle

& :

Si je pouvais être

L’hirondelle

Qui tout entière se donne à ses pensées

Le vol de l’hirondelle évoque un auteur qui n’était pas dénué de pensées… Jules Renard, non pas dans une fable où le renard disputerait à l’oiseau migrateur quelque friandise mais à sa jolie formule : « L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture », qu’il écrivit dans son Journal 1887-1910, réédité en poche Babel par Actes Sud en 1995.

Et c’est en 1995 que les éditions de Minuit publient ce superbe traité de Bernard Cerquiglini, L’accent du souvenir, tout entier dévolu à l’accent circonflexe, dont on apprend  » : « C’est en 1740 seulement, quand elle publia la troisième édition de son dictionnaire, que l’Académie française introduisit l’accent circonflexe dans l’orthographe du français. Après deux siècles de polémiques, durant lesquels cet accent fut avec constance le champion de l’innovation, du progrès, de la modernité. Et tandis qu’il était, avec une opiniâtreté non moins égale, rejeté et moqué par les tenants de l’orthographe traditionnelle. « 

Au moins, si une hirondelle ne fait pas le printemps, vous reprendrez bien un peu de circonflexe…