Insensibles ? Pas vraiment !

Terrifiant et formidable, ce premier film de Juan Carlos Medina. En Espagne, à la veille de la guerre civile (17 juillet 1936), des enfants insensibles à la douleur sont internés dans une citadelle-hôpital des Pyrénées. De nos jours un médecin condamné par la maladie doit subir une greffe de la moelle osseuse, rechercher un donneur parmi ses parents, apprendre qu’il est un enfant adopté et remonter le passé à la recherche de ses parents biologiques, qui ont quelque chose à voir avec les enfants insensibles.

En croisant les genres, historique et horrifique, historique et fantastique, Medina réussit à nous émouvoir et à nous sensibiliser à une histoire inscrite dans la peau des personnages au-delà de ce qui est pensable, imaginable. C’est une belle expérience de cinéma, jamais complaisante.

Prix Renaudot 2012 (2e sélection)

Pour le prix Renaudot 2012, qui sera décerné le 7 novembre, il reste huit romans  :

Vassilis Alexakis, L’enfant grec (Stock) ;
Florian Zeller, La Jouissance (Gallimard) ;
Henri Lopes, Une enfant de Poto-Poto (Gallimard) ;
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil) ;
Anne Berest, Les Patriarches (Grasset) ;
Mohamed Boudjedra, Le parti des coïncidences (Alma) ;
Jean-Loup Trassard, L’homme des haies (Gallimard) ;
Christian Authier, Une certaine fatigue (Stock) ;

et cinq essais :
François Bon, Autobiographie des objets (Seuil) ;
Jean-Christian Petitfils, Le Frémissement de la grâce. Le roman du Grand Meaulnes (Fayard) ;
Jean-Louis Gouraud, Le pérégrin émerveillé (Actes Sud) ;
Emmanuel de Waresqueil, Entre deux rives (L’Iconoclaste) ;
Franck Maubert, Le Dernier modèle (Mille et une nuits) ;
Prochaine et dernière liste le 29 octobre. Le jury du Renaudot se compose de Christian Giudicelli, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Jean-Noël Pancrazi, Louis Gardel, Patrick Besson, Jérôme Garcin et Frédéric Beigbeder.

 

Prix Fémina 2012 (2e sélection)

Romans français

Thierry Bestingel, « Ils désertent » (Fayard) ;

Julia Deck, « Viviane Élisabeth Fauville » (Minuit) ;

Patrick Deville, « Peste et choléra » (Seuil)
 ;

Jérôme Ferrari, « Le sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud)
 ;

Lancelot Hamelin, « Le couvre-feu d’octobre » (L’Arpenteur/Gallimard)
 ;

Bruno Le Maire, « Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber » (Gallimard)
 ;

Catherine Mavrikakis, « Les derniers jours de Smokey Nelson » (Sabine Wespieser)
 ;

Catherine Safonoff, « Le mineur et le canari » (Zoé)
 ;

Antoine Senanque, « Salut Marie » (Grasset)
 ;

Anne Serre, « Petite table, soit mise ! » (Verdier)

Romans étrangers
Sébastien Barry, « Du côté de Canaan » (J. Losfeld) ;

Michiel Heyns, « La dactylographe de Mr James » (P. Rey)
 ;

Yan Lianke, « Les quatre livres » (P. Picquier) ;

Michael Ondaatje, « La table des autres » (L’Olivier)
 ;

Julie Otsuka, « Certaines n’avaient jamais vu la mer » (Phébus) ;

José Luís Peixoto, « Livro » (Grasset) ;

Juan Gabriel Vasquez, « Le bruit des choses qui tombent » (Seuil)
 ;

Jeannette Winterson, « Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? » (L’Olivier)

Essais
Jean-Claude Berchet, « Chateaubriand » (Gallimard)
 ;

Gérard de Cortanze, « Pierre Benoît, le romancier paradoxal » (Albin Michel)
 ;

Jean-Michel Delacomptée, « Passions. La princesse de Clèves » (Arléa)
 ;

Pascal Dibie, « Ethnologie de la porte » (Métailié)
 ;

Michaël Ferrier, « Fukushima. Récit d’un désastre » (Gallimard)
 ;

Jacques Julliard, « Les gauches françaises » (Flammarion) ;

Frédérique Leichter-Flack, « Le Laboratoire des cas de conscience » (Alma)
 ;

Tobie Nathan, « Ethno-roman » (Grasset)
 ;

Emmanuel de Waresqueil, « Entre deux rives » (L’Iconoclaste)
 ;

Heinz Wismann, « Penser entre les langues » (Albin Michel)

Une dernière sélection sera annoncée le 19 octobre, avant le prix proclamé le 5 novembre.

« L’Étranger » d’Albert Camus, traduit en créole par Raphaël Confiant

L’écrivain martiniquais Raphaël Confiant vient de traduire en créole L’étranger d’Albert Camus, sous le titre Moun-Andéwò a (en librairie le 22 octobre). Cette œuvre phare du XXe siècle, publiée en 1942, raconte un épisode de la vie d’un homme « étranger à sa société ».

« Le grand intérêt de la traduction est qu’elle oblige le créole à sortir de l’univers créole, celui donc qu’il est habitué à exprimer, pour se coltiner à des réalités totalement étrangères, explique Raphaël Confiant dans une interview à son éditeur Caraïbéditions. Le créole doit donc se dépasser lorsqu’il veut rendre Camus ou Flaubert, ce qu’il n’est pas obligé de faire dans un roman créole qui décrit la réalité créole.
 »

À noter : Etranje ! est le titre de la traduction en créole haïtien de Guy Régis Junior (Presses nationales d’Haïti, 2008).

Después de Lucía, épreuve glaçante de vérité

Después de Lucía, c’est-à-dire, traduit du mexicain, « Après Lucia ». Car après la mort de Lucia dans un accident de voiture il y a six mois, il faut se reconstruire. Son mari Roberto (Hernán Mendoza) s’installe à Mexico avec sa fille Alejandra (remarquable Tessa Ia), qui se retrouve dans une nouvelle classe. Elle deviendra bouc émissaire : brimades, humiliations, viols en réunion, autant d’épreuves filmées avec une maîtrise glaçante par Michel Franco, où se cogne l’œil du spectateur, soumis lui-même à l’épreuve du film, dont il ne peut s’échapper, presque comme proie. Le harcèlement n’est pas que d’actualité. Pour Franco, il se déploie en plans fixes comme l’observation clinique de cette petite société de malheur, camarades de classe devenus bourreaux, mutisme d’Alejandra qui ne dit rien à son père. Dernière séquence exaltée où un plan séquence à la fixité insoutenable nous embarque pour un voyage sans retour.

 

Prix Goncourt 2012 (2e sélection)

Vassilis Alexakis, L’enfant grec (Stock)
Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (De Fallois/L’âge d’homme)
Mathias Enard, Rue des voleurs (Actes Sud)
Jérôme Ferrari, Le sermon de la chute de Rome (Actes Sud)
Linda Lê, Lame de fond (Bourgois)
Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

La mort d’Eric Hobsbawm

L’historien britannique Eric Hobsbawm, né à Alexandrie en 1917, mort ce jour à Londres à l’âge de 95 ans, était connu pour son ouvrage L’Âge des extrêmes, sous-titré « Histoire du court XXe siècle » (1914-1991) qui a été traduit en près de 40 langues, y compris en hébreu, en arabe et en mandarin, rappelle Le Monde.

Il écrivait p. 21, dans son 1er chapitre, en 1994 : « De nos jours, la plupart des jeunes grandissent dans une sorte de présent permanent, sans aucun lien organique avec le passé public des temps dans lesquels ils vivent. Les historiens, dont le métier est de rappeler ce que les autres oublient, en deviennent plus essentiels que jamais en cette fin du deuxième millénaire. »

 

Grand prix du roman de l’Académie française (1ère sélection)

La commission du grand prix du roman de l’Académie française a établi une première sélection de sept titres, en vue de l’attribution du Grand Prix du Roman qui sera décerné le jeudi 25 octobre. Une deuxième sélection sera établie le jeudi 11 octobre.

La sélection :

Partages, de Gwenaëlle Aubry (Mercure de France)

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker (De Fallois/L’âge d’homme)

Rue des voleurs, de Mathias Enard (Actes Sud)

Le Sermon sur la chute de Rome, de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

Mother, de Luc Lang (Stock)

Ethno-roman, de Tobie Nathan (Grasset)

Le Bonheur des Belges, de Patrick Roegiers (Grasset).

Source : Livres-hebdo.

Prix Interallié 2012 (1ère sélection)

Le prix interallié sera attribué le mercredi 14 novembre. Première sélection par le jury :
Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (De Fallois/ L’âge d’homme)
Philippe Djian, « Oh… » (Gallimard)
Christophe Donner, A quoi jouent les hommes (Grasset)
Lionel Duroy, L’hiver des hommes (Julliard)
Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
Gaspard-Marie Janvier, Quel trésor ! (Fayard)
Sébastien Lapaque, La convergence des alizés (Actes Sud)
Colombe Schneck, La réparation (Grasset).