Un conte des frères Grimm

Le valet avisé
Comme un maître a de la chance et comme sa maison est bien tenue lorsqu’il a un valet intelligent qui écoute, certes, ce que son maître lui dit, mais qui agit autrement, en suivant plutôt ce que lui dicte sa propre sagesse. Un jour, Hans, un garçon malin de cette espèce, fut envoyé par son maître à la recherche d’une vache qui s’était égarée. Il était parti depuis longtemps, et son maître se dit : « Ah, ce bon Hans est si dévoué qu’il ne craint aucune peine dans son travail ! »Mais comme il ne le voyait toujours pas revenir, le maître se mit à craindre qu’il ne lui soit arrivé quelque malheur, et il partit lui-même à sa recherche. Il dut le chercher longtemps, mais il aperçut finalement son valet qui courait çà et là dans un vaste champ.
– Eh bien, Hans, as-tu trouvé la vache que je t’ai envoyé chercher ? dit le maître.
– Non, maître, répondit Hans, je n’ai pas trouvé la vache, mais je ne l’ai pas cherchée non plus.
– Qu’as-tu donc cherché, Hans ?
– Quelque chose de mieux, et cette chose, j’ai réussi à la trouver.
– Qu’est-ce donc, Hans ?
– Trois merles, répondit le valet.
– Et où sont-ils ? demanda le maître.
– J’en vois un, j’entends le deuxième, et je poursuis le troisième, dit le valet avisé.
Que cela vous serve d’exemple : ne vous préoccupez pas de votre maître ni de ses ordres, mais faites plutôt ce qui vous passe par la tête et ce qui vous chante, et vous agirez alors aussi sagement que Hans le malin.

Extrait de Jacob et Wilhelm Grimm, Contes pour les enfants et la maison.
Édités et traduits par Natacha Rimasson-Fertin
Collection Merveilleux n°40, Éditions José Corti

Martin Luther King par Alain Foix

La biographie qu’Alain Foix consacre à Martin Luther King sort aujourd’hui dans la collection Folio biographies de Gallimard.

« Trop en avant, trop lucide, il voit loin, trop loin peut-être. Il a passé la ligne des couleurs. Son combat n’est plus seulement pour l’avancement de sa communauté car il a perçu la nécessité d’une pensée, d’une action solidaire, sociale et politique débordant les limites de la race. Il sort du rang, du cadre où l’a assigné la raison politique. » (p. 25).

À noter la représentation de la pièce d’Alain Foix, La dernière scène, le 19 octobre à 20h 30 à Canal 93, Bobigny.

La mort d’Eric Hobsbawm

L’historien britannique Eric Hobsbawm, né à Alexandrie en 1917, mort ce jour à Londres à l’âge de 95 ans, était connu pour son ouvrage L’Âge des extrêmes, sous-titré « Histoire du court XXe siècle » (1914-1991) qui a été traduit en près de 40 langues, y compris en hébreu, en arabe et en mandarin, rappelle Le Monde.

Il écrivait p. 21, dans son 1er chapitre, en 1994 : « De nos jours, la plupart des jeunes grandissent dans une sorte de présent permanent, sans aucun lien organique avec le passé public des temps dans lesquels ils vivent. Les historiens, dont le métier est de rappeler ce que les autres oublient, en deviennent plus essentiels que jamais en cette fin du deuxième millénaire. »

 

En 2012-2013, l’esclavage entre au musée du quai Branly

On va y retrouver des figures connues et d’autres non. C’est a priori un programme alléchant, qui touille le sujet dans de multiples sens. Pour sa nouvelle saison, l’université populaire du Quai Branly (gratuite) va consacrer un cycle de treize conférences à l’esclavage et aux abolitionnismes. Des sociétés archaïques (Alain Testart) aux Siddi, une communauté d’esclaves noirs au Pakistan et en Inde (Alice Albinia), des pratiques esclaves dans le candomblé, le vaudou, la santeria (Maria-Inès Sampaio) aux maîtres et esclaves chez Hegel (Alain Badiou), ces conférences mensuelles seront proposées le jeudi à 18h30 (sauf exception), du 20 septembre jusqu’au  25 avril.
L’Université populaire du quai Branly est dirigée par Catherine Clément, philosophe et romancière, Tobie Nathan, ethnopsychiatre et romancier, et Frédéric Keck, anthropologue.

Programme :
L’esclavage dans les sociétés archaïques
Jeudi 20 septembre 2012, 18h30
Par Alain Testart, anthropologue. Dernier ouvrage en date : La Servitude volontaire (Errance, 2004).
L’esclavage dans l’Antiquité gréco-romaine
Jeudi 4 octobre 2012, 18h30
Par Jean Andreau, historien, auteur notamment de Esclave en Grèce et à Rome (2006)
Esclavages et abolitions en terres d’Islam
Jeudi 8 novembre 2012, 18h30
Par Roger Botte, anthropologue et historien, spécialiste de l’esclavage en Afrique subsaharienne, auteur en 2010 de Esclavages et abolitions en terres d’islam (Ed. André Versaille).
Engagements anti-esclavagistes au 19e siècle. Le « cas Schoelcher »
Jeudi 29 novembre 2012, 18h30
Par Nelly Schmidt, historienne, directrice de recherche au CNRS. Membre du Centre de recherches Caraïbes-Amériques.
Mémoire(s) des esclavages
Jeudi 13 décembre 2012, 18h30
par Myriam Cottias, Directrice de recherche au CNRS et à l’Université des Antilles-Guyane, elle coordonne pour la période 2007-2012 le programme européen Slave Trade, Slavery, Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities.
La critique moderne de l’esclavage, de Montaigne à Gide
Jeudi 24 janvier 2013, 18h30
par Frank Lestringant, historien de la littérature, professeur de littérature française de la
Renaissance à l’Université de Paris IV-Sorbonne depuis 1999.
Spécialiste des voyages français au Nouveau Monde au 16e siècle, Franck Lestringant a publié notamment Le Huguenot et le sauvage.
Femmes et enfants dans l’esclavage
Jeudi 14 février 2013, 18h30
En cours
Représentations de l’esclavage au cinéma
Vendredi 22 février 2013, 18h30
En cours
Les Siddi, communauté d’esclaves noirs au Pakistan et en Inde
Jeudi 21 mars 2013, 18h30
par Alice Albinia, journaliste et écrivain. Diplômée de littérature anglaise à l’université de
Cambridge, Alice Albinia a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste à Delhi, en Inde. Dans Les Empires de l’Indus, (Actes Sud, 2011), elle raconte le voyage qu’elle a réalisé seule, à l’âge de 29 ans, pour remonter le cours de l’Indus au Pakistan. Son dernier livre Leela’s book, autour du Mahabharata vient de sortir en Inde, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Candomblé, vaudou, santeria, pratiques esclaves
Vendredi 29 mars 2013, 18h30
par Maria-Inès Sampaio, psychothérapeute
L’esclavage au Brésil
Jeudi 11 avril 2013, 18h30
par Charlotte de Castelnau L’Estoile, historienne, maître de conférences à l’Université Paris X Nanterre. Spécialiste de l’histoire de l’Amérique et du Brésil, ses domaines de recherche sont l’histoire des missions religieuses à l’époque moderne, l’histoire de l’expansion européenne et des sociétés coloniales à l’époque moderne.
Maîtres et esclaves chez Hegel
Jeudi 18 avril 2013, 18h30
par Alain Badiou, philosophe, romancier, essayiste, dramaturge et penseur politique. Fondateur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, L’esclavage dans l’empire chinois : servitude en Chine sous les dynasties Ming et Qing
Jeudi 25 avril 2013, 18h30
par Claude Chevaleyre, historien, doctorant à l’EHESS.

Voir le programme détaillé.

Avec un bouquin, Trouville c’est géant !

(c) Rue du monde, 2011

Une journée à la mer + un livre = un accès aux vacances + un accès à la culture, telles sont les  données de l’équation à 5 000 variables du Secours populaire français. L’association de lutte contre la précarité organise ce 24 août la Journée des oubliés des vacances : 5 000 enfants de 6 à 12 ans, issus de familles en difficulté de la région parisienne, embarqueront de Paris à bord de cent cars pour Trouville-sur-Mer.
Pour rattraper le temps perdu, les éditions Rue du monde, associées depuis 9 ans à ce pique-nique géant sur les traces de Proust, offrent pour l’occasion 5 250 livres dans le cadre de son Été des bouquins solidaires, un éditeur dont la devise n’est rien d’autre que : « Les oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres ».

Pour ce faire, 500 libraires ont participé à l’Été des bouquins solidaires. Chaque fois que deux des quatre titres participant à l’opération ont été vendus, un livre partait dans la cagnotte Trouville : Le diamant du sultan, Le singe et l’épi d’or, La grand-mère qui sauva tout un royaume, Le géant du pays des glaces.

Trouville, c’est géant ! n’aurait pas dit Marcel…

Près de 27 millions d’esclaves dans le monde, selon un rapport américain


Près de 27 millions de personnes seraient réduites en esclavage dans le monde aujourd’hui. C’est ce qu’a indiqué la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, au moment où les Etats-Unis dévoilait, mardi 19 juin, leur rapport annuel sur le trafic d’êtres humains.

Lire la dépêche AFP sur le site France 24 (en français) et l’article du New-York Daily News (en anglais).

Carlos Fuentes, la mort d’un grand du Mexique

L’écrivain mexicain Carlos Fuentes est mort à l’âge de 83 ans, a annoncé, mardi 15 mai, sur son compte Twitter le président Felipe Calderon. « Je regrette profondément la mort de notre estimé et admiré Carlos Fuentes, écrivain et Mexicain universel. Qu’il repose en paix », a écrit le président sur le site de micromessagerie. Selon la presse locale, il aurait succombé à des problèmes cardiaques dans un hôpital du sud de la capitale mexicaine. [Le Monde].

L’un de ses romans les plus connus est La Mort d’Artemio Cruz : Un riche homme d’affaires mexicain se meurt, au milieu des siens, dans les années 1950. De chapitre en chapitre, sa mémoire et sa conscience sont progressivement atteintes, jusqu’à

l’issue fatale. « Dans cette biographie on navigue comme dans un archipel, d’île en île, c’est-à-dire de femme en femme, car les affaires —agriculture, mine, industrie, édition, immobilier, etc— qui assurèrent la fortune d’Artemio, fils bâtard d’un propriétaire foncier qui l’a abandonné, ne forment pas l’essentiel du récit. Les seuls épisodes essentiels de son ascension correspondent à des épisodes de la guerre civile » (Wodka).

Nous avions rencontré en 2009 dans sa maison du quartier San Jerónimo (Sud de la capitale mexicaine) l’écrivain-diplomate francophile (il avait été ambassadeur de son pays en France) peu avant le Salon du livre de Paris, où le Mexique était le pays invité d’honneur.

Voici ce reportage en lettres mexicaines :

De même, il était invité dans l’émission Ce soir où jamais :

Voir le site de Carlos Fuentes sur Club Cultura (en espagnol).

Voir Un jour avec Carlos Fuentes (Azteca TV) : archives, Légion d’honneur, sa bibliothèque, les deux sons « typiquement » mexicains avec les mains (à 24′)… très diplomatique :

Lire dans El Paìs (en espagnol) l’une de ses dernières interviews, lors de sa visite de la Foire du livre de Buenos Aires : « Je n’ai aucune peur littéraire », évoquant un titre à venir : « La danse du centenaire », citant Picasso : « Quand on est jeune, c’est pour la vie », retraçant ses matinées d’écriture, très matinales…

Lire sa dernière interview traduite en français dans Courrier international.
Lire le dossier complet d’El País : « Adieu à l’un des piliers du « boom » latino-américain ».

Lire la nécrologie du New-York Times.

La réaction de Mario Vargas Llosa : « Une curiosité universelle » (El Pais) :

(c) El Pais, non daté (de gauche à droite : Vargas Llosa, Fuentes, Garcia Marquez)

Lire Rue 89 : « Mort de Carlos Fuentes, un écrivain mexicain au cœur de l’histoire »

Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime

Dans le cadre du séminaire « Histoire culturelle de l’esclavage » du CIRESC (Centre international de recherches sur les esclavages, Groupement de recherche international du CNRS), Antonio de Almeida Mendes, maître de conférences à l’université de Nantes, présentera une communication intitulée : « Esclavage, « race » et couleur au Portugal (XVIIIe-XIXe siècle). Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime ». Ouvert aux étudiants et chercheurs intéressés jeudi 29 mars, de 15 à 17 heures en salle 9 au 105 bd Raspail, Paris