En 2012-2013, l’esclavage entre au musée du quai Branly

On va y retrouver des figures connues et d’autres non. C’est a priori un programme alléchant, qui touille le sujet dans de multiples sens. Pour sa nouvelle saison, l’université populaire du Quai Branly (gratuite) va consacrer un cycle de treize conférences à l’esclavage et aux abolitionnismes. Des sociétés archaïques (Alain Testart) aux Siddi, une communauté d’esclaves noirs au Pakistan et en Inde (Alice Albinia), des pratiques esclaves dans le candomblé, le vaudou, la santeria (Maria-Inès Sampaio) aux maîtres et esclaves chez Hegel (Alain Badiou), ces conférences mensuelles seront proposées le jeudi à 18h30 (sauf exception), du 20 septembre jusqu’au  25 avril.
L’Université populaire du quai Branly est dirigée par Catherine Clément, philosophe et romancière, Tobie Nathan, ethnopsychiatre et romancier, et Frédéric Keck, anthropologue.

Programme :
L’esclavage dans les sociétés archaïques
Jeudi 20 septembre 2012, 18h30
Par Alain Testart, anthropologue. Dernier ouvrage en date : La Servitude volontaire (Errance, 2004).
L’esclavage dans l’Antiquité gréco-romaine
Jeudi 4 octobre 2012, 18h30
Par Jean Andreau, historien, auteur notamment de Esclave en Grèce et à Rome (2006)
Esclavages et abolitions en terres d’Islam
Jeudi 8 novembre 2012, 18h30
Par Roger Botte, anthropologue et historien, spécialiste de l’esclavage en Afrique subsaharienne, auteur en 2010 de Esclavages et abolitions en terres d’islam (Ed. André Versaille).
Engagements anti-esclavagistes au 19e siècle. Le « cas Schoelcher »
Jeudi 29 novembre 2012, 18h30
Par Nelly Schmidt, historienne, directrice de recherche au CNRS. Membre du Centre de recherches Caraïbes-Amériques.
Mémoire(s) des esclavages
Jeudi 13 décembre 2012, 18h30
par Myriam Cottias, Directrice de recherche au CNRS et à l’Université des Antilles-Guyane, elle coordonne pour la période 2007-2012 le programme européen Slave Trade, Slavery, Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities.
La critique moderne de l’esclavage, de Montaigne à Gide
Jeudi 24 janvier 2013, 18h30
par Frank Lestringant, historien de la littérature, professeur de littérature française de la
Renaissance à l’Université de Paris IV-Sorbonne depuis 1999.
Spécialiste des voyages français au Nouveau Monde au 16e siècle, Franck Lestringant a publié notamment Le Huguenot et le sauvage.
Femmes et enfants dans l’esclavage
Jeudi 14 février 2013, 18h30
En cours
Représentations de l’esclavage au cinéma
Vendredi 22 février 2013, 18h30
En cours
Les Siddi, communauté d’esclaves noirs au Pakistan et en Inde
Jeudi 21 mars 2013, 18h30
par Alice Albinia, journaliste et écrivain. Diplômée de littérature anglaise à l’université de
Cambridge, Alice Albinia a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste à Delhi, en Inde. Dans Les Empires de l’Indus, (Actes Sud, 2011), elle raconte le voyage qu’elle a réalisé seule, à l’âge de 29 ans, pour remonter le cours de l’Indus au Pakistan. Son dernier livre Leela’s book, autour du Mahabharata vient de sortir en Inde, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Candomblé, vaudou, santeria, pratiques esclaves
Vendredi 29 mars 2013, 18h30
par Maria-Inès Sampaio, psychothérapeute
L’esclavage au Brésil
Jeudi 11 avril 2013, 18h30
par Charlotte de Castelnau L’Estoile, historienne, maître de conférences à l’Université Paris X Nanterre. Spécialiste de l’histoire de l’Amérique et du Brésil, ses domaines de recherche sont l’histoire des missions religieuses à l’époque moderne, l’histoire de l’expansion européenne et des sociétés coloniales à l’époque moderne.
Maîtres et esclaves chez Hegel
Jeudi 18 avril 2013, 18h30
par Alain Badiou, philosophe, romancier, essayiste, dramaturge et penseur politique. Fondateur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, L’esclavage dans l’empire chinois : servitude en Chine sous les dynasties Ming et Qing
Jeudi 25 avril 2013, 18h30
par Claude Chevaleyre, historien, doctorant à l’EHESS.

Voir le programme détaillé.

Avec un bouquin, Trouville c’est géant !

(c) Rue du monde, 2011

Une journée à la mer + un livre = un accès aux vacances + un accès à la culture, telles sont les  données de l’équation à 5 000 variables du Secours populaire français. L’association de lutte contre la précarité organise ce 24 août la Journée des oubliés des vacances : 5 000 enfants de 6 à 12 ans, issus de familles en difficulté de la région parisienne, embarqueront de Paris à bord de cent cars pour Trouville-sur-Mer.
Pour rattraper le temps perdu, les éditions Rue du monde, associées depuis 9 ans à ce pique-nique géant sur les traces de Proust, offrent pour l’occasion 5 250 livres dans le cadre de son Été des bouquins solidaires, un éditeur dont la devise n’est rien d’autre que : « Les oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres ».

Pour ce faire, 500 libraires ont participé à l’Été des bouquins solidaires. Chaque fois que deux des quatre titres participant à l’opération ont été vendus, un livre partait dans la cagnotte Trouville : Le diamant du sultan, Le singe et l’épi d’or, La grand-mère qui sauva tout un royaume, Le géant du pays des glaces.

Trouville, c’est géant ! n’aurait pas dit Marcel…

Près de 27 millions d’esclaves dans le monde, selon un rapport américain


Près de 27 millions de personnes seraient réduites en esclavage dans le monde aujourd’hui. C’est ce qu’a indiqué la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, au moment où les Etats-Unis dévoilait, mardi 19 juin, leur rapport annuel sur le trafic d’êtres humains.

Lire la dépêche AFP sur le site France 24 (en français) et l’article du New-York Daily News (en anglais).

Carlos Fuentes, la mort d’un grand du Mexique

L’écrivain mexicain Carlos Fuentes est mort à l’âge de 83 ans, a annoncé, mardi 15 mai, sur son compte Twitter le président Felipe Calderon. « Je regrette profondément la mort de notre estimé et admiré Carlos Fuentes, écrivain et Mexicain universel. Qu’il repose en paix », a écrit le président sur le site de micromessagerie. Selon la presse locale, il aurait succombé à des problèmes cardiaques dans un hôpital du sud de la capitale mexicaine. [Le Monde].

L’un de ses romans les plus connus est La Mort d’Artemio Cruz : Un riche homme d’affaires mexicain se meurt, au milieu des siens, dans les années 1950. De chapitre en chapitre, sa mémoire et sa conscience sont progressivement atteintes, jusqu’à

l’issue fatale. « Dans cette biographie on navigue comme dans un archipel, d’île en île, c’est-à-dire de femme en femme, car les affaires —agriculture, mine, industrie, édition, immobilier, etc— qui assurèrent la fortune d’Artemio, fils bâtard d’un propriétaire foncier qui l’a abandonné, ne forment pas l’essentiel du récit. Les seuls épisodes essentiels de son ascension correspondent à des épisodes de la guerre civile » (Wodka).

Nous avions rencontré en 2009 dans sa maison du quartier San Jerónimo (Sud de la capitale mexicaine) l’écrivain-diplomate francophile (il avait été ambassadeur de son pays en France) peu avant le Salon du livre de Paris, où le Mexique était le pays invité d’honneur.

Voici ce reportage en lettres mexicaines :

De même, il était invité dans l’émission Ce soir où jamais :

Voir le site de Carlos Fuentes sur Club Cultura (en espagnol).

Voir Un jour avec Carlos Fuentes (Azteca TV) : archives, Légion d’honneur, sa bibliothèque, les deux sons « typiquement » mexicains avec les mains (à 24′)… très diplomatique :

Lire dans El Paìs (en espagnol) l’une de ses dernières interviews, lors de sa visite de la Foire du livre de Buenos Aires : « Je n’ai aucune peur littéraire », évoquant un titre à venir : « La danse du centenaire », citant Picasso : « Quand on est jeune, c’est pour la vie », retraçant ses matinées d’écriture, très matinales…

Lire sa dernière interview traduite en français dans Courrier international.
Lire le dossier complet d’El País : « Adieu à l’un des piliers du « boom » latino-américain ».

Lire la nécrologie du New-York Times.

La réaction de Mario Vargas Llosa : « Une curiosité universelle » (El Pais) :

(c) El Pais, non daté (de gauche à droite : Vargas Llosa, Fuentes, Garcia Marquez)

Lire Rue 89 : « Mort de Carlos Fuentes, un écrivain mexicain au cœur de l’histoire »

Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime

Dans le cadre du séminaire « Histoire culturelle de l’esclavage » du CIRESC (Centre international de recherches sur les esclavages, Groupement de recherche international du CNRS), Antonio de Almeida Mendes, maître de conférences à l’université de Nantes, présentera une communication intitulée : « Esclavage, « race » et couleur au Portugal (XVIIIe-XIXe siècle). Liberté, couleur et race : le contexte portugais d’Ancien Régime ». Ouvert aux étudiants et chercheurs intéressés jeudi 29 mars, de 15 à 17 heures en salle 9 au 105 bd Raspail, Paris

Antonio Tabucchi (1943-2012)

Nous l’avions rencontré en 2000 à Aix-en-Provence invité avec Edouard Glissant par les Écritures croisées, avec en mémoire ces mots recueillis par Catherine Argand (Lire, été 1995) : « La littérature doit dépasser le bout de la rue, montrer ce qu’une caméra ne voit pas, illuminer les coins obscurs de la vie, de la réalité, insinuer les doutes dans la tête des gens. Elle ne peut pas, elle ne doit pas entrer en compétition avec les autres médias, utiliser leur langage, leur méthode. La littérature a un rapport différent avec le monde. »

Lire l’hommage du tiers-livre.

« L’écrivain italien Antonio Tabucchi est décédé à Lisbonne à l’âge de 68 ans des « suites d’une longue maladie », selon des informations communiquées dimanche 25 mars par son traducteur en français, Bernard Comment.

Ce Toscan francophone avait une seconde patrie : le Portugal. Tabucchi était le traducteur et le spécialiste de l’un des plus grands écrivains de ce pays, le poète Fernando Pessoa. Tabucchi était aussi un écrivain engagé, connu en Italie pour son opposition radicale à l’ex-chef de gouvernement Silvio Berlusconi. L’auteur aimait les histoires courtes – « une forme fermée comme le sonnet » – et ses nombreux romans écrits d’une écriture limpide avaient pour sujet des personnages sans envergure dont le destin bascule avec un voyage ou une rencontre. » Lire la suite de l’article du Monde.

 

2011, un coup d’œil culturel dans le rétro…

Deux mille onze en hommage à Edouard Glissant, poète martiniquais du Tout-Monde, disparu le 3 février, 50 ans après son compatriote Frantz Fanon.
En révérence à Cesaria Evora, chanteuse du Cap-Vert, éteinte le 17 décembre.
2011, c’est un Printemps arabe, comme au festival d’Avignon avec la compagnie tunisienne Familia productions de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar, Yahia Yaïch / Amnesia.
Et un autre Printemps d’anthologie, celui des poètes, en livre chez Bruno Doucey
ou en solennités officielles avec une plaque apposée au Panthéon pour Aimé Césaire, le « rebelle irrécupérable » selon Françoise Vergès.
2011, un festival de prix littéraires. À Eugène Nicole de Saint-Pierre et Miquelon, à Yahia Belaskri d’Algérie, au Cubain, Leonardo Padura pour l’excellent L’homme qui aimait les chiens (Métailié), au premier roman d’Alexis Jenni, L’art français de la guerre chez Gallimard.

2011 a son mot fétiche : le mot EXHIBITION.
Une année placée sous le signe de Vénus, en rappel à la Vénus hottentote, avec cinq spectacles au moins, en Avignon, à Marseille, à Paris. Plus une exposition d’expositions, au
musée du Quai Branly : Exhibitions, l’invention du sauvage.

2011 a son artiste atypique : Colonel Reyel, chanteur guadeloupéen de dansehall, un disque de platine, c’est-à-dire un gros succès de vente et quelques controverses.

Plus discret, l’Océan Indien s’est distingué par l’ouverture d’une librairie en plein quartier latin, et par une belle création théâtrale Moroni Blues avec sur la même scène le musicien mahorais Baco et l’auteur comorien Soeuf el Badawi.

Haïti a trouvé les moyens d’être présent pour la première fois à la Biennale de Venise et pour la première fois au Louvre grâce à Jean-Marie Le Clézio qui avait aussi invité les Chicanos et leurs drôles d’autos customisées.

En 2011, même les films ont fait leur cinéma. Djinn Carrenard né en Haïti, passé par la Guyane a créé la surprise avec un film à 150 euros, Donoma.

Quant au film de Matthieu Kassovitz, L’Ordre et la Morale,  sur le drame d’Ouvéa en 1988, il a été boudé par les Français de l’Hexagone, alors que tout le monde en parlait en Nouvelle-Calédonie, où il continue de faire salle comble, du moins pour celles qui veulent bien le projeter.

Le hip-hop comme un art de la combine

Vu du hip hop comme un ballet boxé avec talent et pour cause il offre le mariage du noble art (la boxe) avec l’art de la rue (le hip-hop) et la musique classique (du Quatuor Debussy). Cette première partie, L’adapté – Autour du spectacle Boxe Boxe, était chorégraphiée par Mourad Merzouki… un ancêtre dans le monde du hip-hop, avec ses 15 ans de pratique, tout comme l’auteur d’une autre proposition tout aussi ambitieuse et réussie…
celle de Farid Berki, dont la palette oscille entre danse, vidéo et formes qui veulent rappeler les tableaux de Kandinsky et porte le titre ésotérique de Vaduz 3036.
La suite au festival H2O à Aulnay-sous-Bois jusqu’au 11 décembre 2011.

L’édition jeunesse entre Métropole et Outre-mer

Au dernier jour du Salon du livre jeunesse de Montreuil, à signaler la rencontre, à 10h : « Création et édition : entre la métropole et les Outre-mer
Quelles sont les conditions de production en outre-mer ? Quels sont les échanges avec la métropole ? Comment les auteurs et illustrateurs transmettent-ils leurs cultures ? Peut-on parler de « littératures ultramarines » ?
Avec Joël Cimarron, auteur-illustrateur, Ernest Pépin, Joëlle Ecormier, écrivains, Claudine Serre, Océan Editions, Juliette Maes, Présidente de Lire en Calédonie, David Louis, éditeur et libraire, éditions Orphie et Dorothée Costa, bibliothécaire et représentante de la Réunion des Livres.
Lieu : Librairie Outre-Mer – k16 – niveau 1″