Lire à 5,5% de TVA ou ne plus lire à 7%, telle est la question ?

Après José Corti et Le Clavier Cannibale, nous nous permettons de relayer cette lettre de Yannick Poirier de la librairie Tschann :

« Cette nouvelle menace risque d’être fatale à la survie déjà fragilisée de toute la chaîne du livre, en France.

Chers Tous,
Le projet de loi de finances rectificative, voté en ce moment à l’Assemblée et déjà en discussion au Sénat met en place la nouvelle TVA réduite à 7%. Elle était à 5,5% jusqu’alors.

Le livre est assujetti à cette TVA réduite.

La rentabilité de la librairie s’établit autour de 0,5% de son chiffre d’affaires avant impôt.
Cette fragilité l’empêche de résister au choc de cette progressivité du taux de 5,5 à 7.
Alerté par l’ensemble des professions du livre, l’État commence à en prendre conscience.
Les députés et sénateurs auront ce mercredi, dans la cadre de la commission mixte paritaire qui se réunira, le pouvoir de proposer un changement de la loi.
Le livre étant aussi un produit de première nécessité, l’affirmer à nos députés et sénateurs est vital ce samedi.
Je vous invite à leur adresser ce message par courriel dès aujourd’hui:

« Madame, Monsieur, nous comptons sur votre appui pour que l’Assemblée et le Sénat s’opposent à l’application de la TVA à 7% pour le livre. Cela menace directement toute la chaîne du livre (auteurs, imprimeries, éditions, librairies, bibliothèques) sur tout notre territoire. » :
1) http://www.assemblee-nationale.fr/qui/communes/recherche_new.asp ou http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/liste_alpha.asp?legislature=13 ;
2) http://www.senat.fr/elus.html

Et bien sûr, nous comptons sur l’immense force de votre action si vous adressez aussitôt ce courriel à l’ensemble de votre fichier.

Yannick Poirier
Tschann Libraire
125 bd du Montparnasse
F 75006 Paris »

Lire Fanon à Censier, Interroger le présent de Fanon à Chaillot

Le 19 novembre, l’Université Censier (Paris III) organise une journée d’études : Lire Frantz Fanon aujourd’hui.
Le 28 novembre 2011, Médiapart propose le débat : Frantz Fanon, au présent (au Théâtre National de Chaillot, à 20h30).

L’université Censier (Paris III) organise une journée d’études (10h-17h) ce 19 novembre Lire Frantz Fanon aujourd’hui. En partenariat avec la Fondation Frantz Fanon et l’Université de la Réunion.

Adresse : Université Paris III Censier : 13 rue Santeuil 75005 Paris / Salle Las Vergnas 3ème étage.

Programme :

Matin, président de séance : Daniel-Henri Pageaux

10h : ouverture par Mireille Fanon Mendès France, présidente de la Fondation Frantz Fanon.

10h15 : présentation de la journée par Carpanin Marimoutou.

10h25 : Françoise Vergès, Université de Londres, présidente du CPMHE, « Lire Fanon aujourd’hui », conférence inaugurale.

11h : Seloua Luste Boulbina, Collège international de philosophie et Université Paris VII Denis Diderot : « Une crise de possession ».

11h35 : Elsa Dorlin, Université Paris I, Panthéon Sorbonne

12h10 : Présentation de la réédition par La Découverte des œuvres de Frantz Fanon par Thomas Deltombe

Après-midi, présidente de séance : Françoise Vergès

14h: Matthieu Renault, EHESS : « Frantz Fanon ou le voyage des théories en situation (post)coloniale ».

14h35 : Mourad Yellès, INALCO, Paris : La théorie fanonienne dans le champ littéraire algérien. De la « théorie des trois phases ».

15h10 : Carpanin Marimoutou, Université de La Réunion : « Interroger l’œuvre de Frantz Fanon depuis un espace de créolisation ».

15h45 : Michel Gironde, Université Paris IV : « Peau noire, masques blancs de Fanon et Le Labyrinthe de la solitude de Paz : points de vue croisés sur l’ouverture à l’autre ».

16h20 : lecture de textes de Frantz Fanon

Interroger le présent de Fanon à Chaillot

Débat organisé par Médiapart : Frantz Fanon, au présent, 28 novembre 2011 au Théâtre National de Chaillot, à 20h30. En partenariat avec l’Institut du Tout-Monde, la Fondation Frantz Fanon et le Théâtre National de Chaillot.

Adresse : 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris (entrée place du Trocadéro)

Présentation : 50 ans après sa mort, quel usage pouvons-nous faire, aujourd’hui, de la pensée de Frantz Fanon ? En quoi la vie de ce Martiniquais d’origine, inhumé en terre algérienne en 1961, médecin psychiatre, écrivain, théoricien et combattant anticolonialiste peut-elle nous aider dans notre saisie et conduite du présent ?

Participants : Elsa Dorlin, philosophe ; Nicole Lapierre, socio-anthropologue; Pap N’diaye, historien ; Louis-Georges Tin, porte-parole du CRAN. Edwy Plenel présentera cette soirée, le débat sera animé par Joseph Confavreux, journaliste à Mediapart.

Inscriptions : debats@mediapart.fr (merci d’indiquer le nombre de places souhaitées)

 

 

« la dictature du divertissement généralisé »

« Ces livres me devinaient, ils m’écrivaient et me donnaient droit de cité tout en mettant au jour une part commune. Je m’aventurais pour l’étranger pour finalement tomber sur moi-même, m’offrant d’aller dans une complexité à laquelle la dictature du divertissement généralisé a définitivement tourné le dos. Ces livres prenaient soin de moi. »

Arnaud Cathrine, Nos vies romancées, Stock

« Alejandra Pizarnik note en 1959 dans son journal intime : “Je dois arrêter de lire les auteurs dont je peux me passer, ceux qui pour le moment ne m’aident pas.” Les livres que je voudrais évoquer ici m’ont infiniment aidé. Au moment où je les ai lus, bien sûr, mais aujourd’hui encore. Je les relis à intervalles réguliers. On appelle cela des “livres de chevet”.
Évidemment, il m’a fallu n’en choisir que quelques-uns, sous peine de n’avoir que peu d’espace à réserver à chacun d’entre eux. J’en ai donc retenu six, à partir d’une liste bien plus longue dont j’ai pensé un moment que je ne m’en débrouillerais jamais. Mais, contre toute attente, l’odieux tri s’est fait de lui-même lorsque j’ai “redécouvert” qu’on n’a pas forcément quelque chose de futé à dire de ce que l’on aime. Certains livres sont donc tombés pour cause d’enthousiasme banal, obscur ou impropre à faire l’objet d’un exercice d’admiration.
Carson McCullers, Françoise Sagan, Roland Barthes, Fritz Zorn, Sarah Kane et Jean Rhys : quatre femmes, deux hommes ; quatre étrangers, deux Français. Au total, l’inventaire ne dit pas grand-chose car je n’ai pas cherché d’équilibre. Les choses se sont distribuées simplement. Au gré des objets de mon affection.
Je me suis autorisé à inscrire ces lectures dans un contexte moins intime que personnel. Ce projet est arrivé au bon moment pour moi. Je cherchais ça : une écriture personnelle qui ne soit pas forcément intime. Il m’a importé aussi d’écrire deux ou trois choses que je pense de la littérature et qu’il me semblait prématuré d’écrire jusque-là. »

Haïti et Nantes en Guadeloupe

Au Moule (Guadeloupe), signalons la conférence sur Haïti, proposée à la Médiathèque de la commune aujourd’hui, à 18h, en présence de l’historienne d’art ex-conservatrice au Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), Marie-Lucie Vendryes, actuellement en résidence à L’Artocarpe, les responsables de l’organisme Les Anneaux de la Mémoire (Nantes) ainsi que des artistes de la Guadeloupe dont les oeuvres accompagnent l’exposition d’Ayiti à Haïti, La Liberté conquise.

La Chronique culture n°4 : le 17 octobre 1961

La chronique n°4 (France Ô, InfoSoir, 18h30, 14/10/11) marque le cinquantenaire du 17 octobre 1961 en cinéma, livres, colloques, etc.

1. En cinéma, le documentaire Ici on noie les Algériens 17 octobre 1961 de Yasmina Adi revient sur la répression sanglante d’une manifestation pacifique d’Algériens à Paris quelques mois avant la fin de la guerre d’Algérie. Il sortira dans une trentaine de salles le 19 octobre.

A signaler la sortie d’Octobre à Paris de Jacques Panijel. Séances.

2. L’édition marque les 50 ans de cette ratonnade à plus d’un titre. Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx, grand polar politique, publié en 1984, Grand Prix de Littérature Policière (1985) fait l’objet par Futuropolis d’une réédition illustrée par Jeanne Puchol (voir son blog BD) :

© Puchol/Daeninckx/Futuropolis/Gallimard

Le 17 octobre des Algériens (La Découverte), de Marcel et Paulette Péju, est un texte inédit qui devait paraître à l’été 1962.

Il est complété par La triple occultation d’un massacre de Gilles Manceron, selon qui « trois facteurs ont contribué à la « dissimulation d’un massacre » : la négation et la dénaturation immédiates des faits de la part de l’État français, prolongées par son désir de le cacher ; la volonté de la gauche institutionnelle que la mémoire de la manifestation de Charonne contre l’OAS en février 1962 recouvre celle de ce drame ; et le souhait des premiers gouvernants de l’Algérie indépendante qu’on ne parle plus d’une mobilisation organisée par des responsables du FLN qui étaient, pour la plupart, devenus des opposants. Trois désirs d’oubli ont convergé. Ils ont additionné leurs effets pour fabriquer ce long silence. »

L’historien Gilles Manceron préface par ailleurs un recueil de textes, circulaires, notes de police, dans Le 17 octobre 1961 par les textes de l’époque, coordonné par l’association « Sortir du colonialisme », postface d’Henri Pouillot, Éd. Les petits matins, 128 p.

Avec La police parisienne et les Algériens (1944-1962) (Nouveau monde éditions), l’universitaire Emmanuel Blanchard remonte à 1944 et au « problème nord-africain », selon la terminologie policière, pour éclairer la répression dirigée par Maurice Papon, à l’époque préfet de police de la Seine (condamné en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité pour son rôle sous l’Occupation, comme secrétaire de la préfecture de Gironde, dans la déportation des Juifs de Bordeaux).

Commémoration de ce cinquantenaire à Nanterre, ce vendredi avec le documentaire de Yasmina Adi en avant-première et un colloque ce samedi 15. Programme sur le site de la ville de Nanterre.

La Ligue des droits de l’homme et l’association Au nom de la mémoire organisent un colloque intitulé « Le 17 octobre 1961 : 50 ans après, la nécessaire reconnaissance » (avec les historiens Emmanuel Blanchard, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron, Mohammed Harbi, Jim House, Neil MacMaster, Alain Ruscio, etc.), samedi 15 octobre de 13 h à 17 h, Assemblée nationale, salle Victor-Hugo, 101, rue de l’Université, Pari VIIe. Inscription obligatoire.

Voir aussi le site du quotidien L’Humanité.

Médiapart lance un appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961

Voir la programmation de France-Culture.

Le Collectif 17 octobre 61 demande « Vérité et justice », c’est-à-dire « que les plus hautes Autorités de la République reconnaissent les massacres commis par la Police Parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants, comme un crime d’Etat« .

Voir le programme du Maghreb des films (16 au 25 octobre 2011 à Paris).

L’AMAL, Association pour la mémoire algérienne, commémore le 17 octobre à l’esplanade de la Défense, lundi à 17h30.

L’histoire coloniale de la France et de l’Algérie sera marquée ce 17 octobre par une soirée à Paris, autour de Frantz Fanon, mort il y a 50 ans, année de la parution des Damnés de la terre, au Duc des Lombards, un célèbre club de jazz qui recevra le musicien martiniquais Jacques Coursil et le rappeur Rocé, lui-même né à Bab El-Oueb, pour une émission de la radio TSF Jazz à 19h.

3. En musique, parmi l’actualité du festival Banlieues tropicales, dans l’Essonne, signalons le concert du groupe guadeloupéen Soft… une « anomalie » dans le paysage musical antillais, qui se produit ce vendredi 14 à Sainte-Geneviève des bois, et ce samedi 15 à Palaiseau.

Glissant et Marchand au Salon de la revue

Au Salon de la revue ce week-end à Paris, du 14 au 16 octobre, 14 rencontres sont programmées dans la salle Édouard Glissant (1928-2011), dont « Comment définir le postcolonial sans tomber dans une pensée binaire distinguant trop schématiquement d’un côté la colonisation et de l’autre l’après-colonisation ? », samedi à 16h30.

L’autre salle est baptisée Jean-José Marchand, critique d’art (1920-2011) et propose 16 tables rondes, dont « Qu’est-ce que l’actualité pour une revue ? », samedi à 14h30. Dans son blog, nous pouvons lire son dernier billet, du 30/08/11, « Vous avez-dit culture ? ».

Pour le producteur des entretiens Les Archives du XXe siècle, pour la télévision : « La culture vraie demeure le fait d’avoir une expérience vécue des œuvres (…) Ce n’est pas en faisant la queue dans les musées ou en écoutant les commentateurs qu’on se cultivera, c’est en imposant silence aux bruits du forum, des télévisions, et en écoutant au plus profond de soi-même. »

Le Salon de la revue est à l’Espace d’animation des Blancs-Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e.

« Quel sens de la transmission pour Edouard Glissant ? », thème du prochain séminaire de l’Institut du Tout-Monde

Le premier séminaire de l’Institut du Tout-Monde après la disparition de son fondateur Édouard Glissant, le 3 février dernier, aura lieu à la Maison d’Amérique latine, à Paris, le 19 octobre à 19h, avec pour intitulé :

Transmission et métamorphoses d’Édouard Glissant : François Noudelmann, « Quel sens de la transmission pour Edouard Glissant? »

François Noudelmann le présentera ainsi :
« Dans la continuité du travail accompli avec Édouard Glissant pendant les quatre dernières années à l’Institut du Tout-Monde et à l’université de Paris 8, ce nouveau séminaire rendra hommage au poète et penseur qui vient de disparaître. Il se déploiera selon les multiples dimensions de son œuvre : la littérature (poésie, roman, théâtre), la philosophie, la politique et l’anthropologie.

Il s’agira moins d’une exégèse de ses textes que d’un prolongement de ses idées et de son écriture, par leurs résonances et leurs métamorphoses dans la pensée et l’art contemporains. Les notions d’archipel, de digenèse, d’opacité, de créolisation, d’identité nomade, de tout-monde, de tremblement, de trace et d’imprévisible seront analysées à la lumière des transformations de la mondialité en cours. Elles seront mises en perspective, en amont dans la mémoire des humanités, et en aval dans le choc des différences à venir. « 

Le Nobel de littérature au poète suédois Tomas Tranströmer

Le comité Nobel a récompensé le poète suédois le plus connu et le plus traduit de sa génération. Tomas Tranströmer, né en 1931 à Stockholm, a été récompensé « car, par des images denses, limpides, il nous donne un nouvel accès au réel », selon l’Académie suédoise. Il a publié une quinzaine de recueils en 50 ans. Il est publié en France au Castor astral et chez Gallimard.

Son style introspectif, décrit par le magazine Publishers Weekly comme « mystique, versatile et triste », détonne avec la vie même du poète engagé dans un combat pour un monde meilleur, et pas seulement au travers de poèmes. (Le Figaro)

Dans La Grande Énigme, cet haïku, traduit par Jacques Outin :

Sur une saillie rocheuse
on voit la fissure du mur des trolls.
Le rêve, un iceberg.

Liens :


Sleep son, en musique, en anglais, en arabe

SLEEP SONG -Mike Ladd & guests from Mathieu Bouvier on Vimeo.

« Dans le cadre de son programme sur la transculturalité musicale et les croisements de langages musicaux, que dirige Frédéric Deval, la Fondation Royaumont met en œuvre le projet poétique et musical de Mike Ladd sur la guerre US en Irak. À partir de témoignages qu’il a recueillis par interviews auprès de vétérans US de la guerre en Irak, le poète et slameur US Mike Ladd, résidant depuis quelques années à Paris, écrit des poèmes originaux d’une force rare, et élabore une rencontre avec des poètes et musiciens irakiens, dans leurs langues et dans leurs langages musicaux.
Comment les sons des langues anglaise (US), arabe (Irak), et les sons des musiques qui les portent, peuvent-ils à nouveau frayer un cheminement humain ? Un cheminement qui part du réel comme cauchemar, de la révulsion et de l’horreur physique de la mort et de la souffrance infligées, et établit, pas à pas, une écoute réciproque et un monde imaginaire où se trouver un réel rêvé.
L’après 11 septembre 2001 peut bifurquer vers l’un ou l’autre. »

Sleep song, au théâtre de l’Odéon (Paris), une soirée paroles et musiques, ce 3 octobre à 20h avec  Mike Ladd, slameur/performeur, Ahmed Abdul Hussein, poète irakien, Maurice Decaul, poète américain, Vijay Iyer, piano, Ahmad Mokhtar, oud, Serge Teyssot-Gay, guitare.

Excepté l’usage excessif du signe « US », la soirée est recommandable.