La peine de mort s’étend bien au-delà des quatre murs d’une cellule (Caroline Planque)

Aux Buttes-Chaumont, parc de la capitale connue pour ses agréables dénivelés, son lac central et ses périphéries montueuses… Quand les joggeurs du dimanche s’apprêtent, s’échauffent et courrent des tours et des tours, le piéton honnête ne presse pas le pas malgré le vent frais et le frimas piquant. Sur les grilles de l’entrée principale, face à la mairie, les photos de Caroline Planque arrêtent le regard plus sûrement que le sifflet d’une autorité administrative.

En grand format, un visage ou un buste ou une oblique témoigne de l’effet de l’exécution capitale sur les proches des détenus du couloir de la mort : « Une fois condamnés à la peine capitale, hommes et femmes deviennent un simple numéro de matricule qui efface progressivement leur nom, leur passé et bien souvent leur humanité. Et pourtant, derrière chaque numéro se cache un individu avec une histoire, une famille, des proches. La peine de mort s’étend bien au-delà des quatre murs d’une cellule, à commencer par le parloir. »

L’onde de choc provoquée par l’éxécution fatale est visible sur une sœur, un activiste, un aumonier… ou des enfants. A ce propos, on est sidéré par la tranquille détermination du groupe Kids against death penalty, association créée par trois adolescents neveux d’un condamné).

« Il serait naïf de croire que la peine de mort affecte uniquement le condamné : ce sont des familles entières qui s’effondrent, et des individus, autour et à l’intérieur du monde carcéral, qui sont marqués à jamais . »

Nombreuses interviews dans le supplément de Ouest-France consacré à cet engagement.

Voir le site Ensemble contre la peine de mort.

Prix Médicis 2010, 2e sélection

Après la 1ère sélection (17 septembre), voici la deuxième et dernière sélection du prix Médicis, qui sera décerné le 3 novembre 2010 :           

 Romans français :

  • Geneviève Brisac pour « Une année avec mon père » (L’Olivier)
  • Philippe Forest pour « Le siècle des nuages » (Gallimard)
  • Jean Guerreschi pour « Bélard et Loïse » (Gallimard)
  • Claudie Hunzinger pour « Elles vivaient d’espoir » (Grasset)
  • Maylis de Kerangal pour « Naissance d’un pont » (Verticales)
  • Jean Rodier pour « En remontant les ruisseaux » (L’Escampette)
  • Olivia Rosenthal pour « Que font les rennes après Noël ? » (Verticales)
  • Antoine Volodine pour « Ecrivains » (Seuil)

Romans étrangers :         

  • William Boyd pour « Orages ordinaires » (Seuil) – Grande-Bretagne
  • Sofi Oksanen pour « Purge » (Stock) – Finlande
  • Thomas Pynchon pour « Vice caché » (Seuil) – Etats-Unis
  • Gonçalo Tavares pour « Apprendre à prier à l’ère de la technique » (Viviane Hamy) – Portugal
  • David Trueba pour « Savoir perdre » (Flammarion) – Espagne
  • David Vann pour « Sukkwan Island » (Gallmeister) – Etats-Unis

           

A Blois, le prix du roman historique à Furcy

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=29095Découvrez Mohammed Aïssaoui prix du roman historique pour « L’affaire de l’esclave Furcy » sur Culturebox !

(avec les témoignages de deux membres du jury, l’historienne Simone Bertière et l’écrivaine Iraine Frain.)

Lire un dossier plus complet sur Papalagui, Furcy force le respect ;

et le blog d’Alain Mabanckou, Black Bazar ;

et l’interview de Lohammed Aïssaoui au blog Fauteuil Club Sandwich ;

ou encore par Johary Ravaloson alias Arius, d’Arius et Mary Batiskaf (A+MB), Liberté plastiK, installation-performance, mise en scène du Procès Furcy, Musée Léon Dierx, Musée historique de Villèle, Musée Stella Matutina, La Réunion, 1998-1999.

Hommage à Jean-Claude Charles

Une soirée littéraire en hommage à l’écrivain haïtien disparu le 7 mai 2008 Jean-Claude Charles, animée par Yves Chemla , est annoncée par l’ambassade d’Haïti à Paris, le 25 octobre à 19h au Musée du Montparnasse à Paris, avec pour thème « la reconnaissance des écrivains et la notion d' »enracinerrance » ».
En présence des écrivains Lyonel Trouillot et Syto Cavé.
Entrée libre.

Prix de Flore 2010, 2e sélection

Le jury de Flore a établi sa seconde sélection pour son prix qui couronne les jeunes talents depuis 1994 : Anne Berest pour La fille de son père (Seuil), Marylis de Kérangal pour Naissance d’un pont (Verticales), Ann Scott pour A la folle jeunesse (Stock), Abdellah Taïa pour Le jour du roi (Seuil) et Bernard Quiriny pour Les assoiffées (Seuil).

Décision le 4 novembre 2010.

Artistes kanaks à Rochefort et vice-versa

La culture kanak élit domicile à Rochefort avec une convention signée à Nouméa ce 7 octobre, pour des opérations de jumelage culturel de 2011 à 2013, selon un communiqué de l’Agence de développement de la culture kanak (ADCK) :

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1. Résidence d’une artiste kanak à Rochefort : Micheline Néporon. Les œuvres créées pendant cette résidence seront acquises par la Commune de Rochefort pour le Musée d’Art et d’Histoire.
2. Une résidence d’artiste rochefortais en Nouvelle-Calédonie, le photographe Daniel Nouraud. Les œuvres créées pendant cette résidence seront acquises par l’ADCK – centre culturel Tjibaou.
3. La poursuite de la constitution du fonds documentaire sur la culture kanak à Rochefort. L’ADCK – centre culturel Tjibaou s’engage à remettre gracieusement à la Commune de Rochefort un certain nombre de ses productions éditoriales comme les ouvrages « Keen Jila », « Tavaka », la biographie de Jean-Marie Tjibaou, des cahiers de conférence, le catalogue « Across Oceans and time : art of the contemporary Pacific » ainsi que des cassettes d’enregistrement de conférences du centre culturel Tjibaou.
4. La poursuite des dépôts d’œuvres du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO).
La collaboration à l’évolution de l’espace consacré à la culture et à la création contemporaine kanak au Musée d’Art et d’Histoire. L’ADCK – centre culturel Tjibaou propose le prêt de l’exposition intitulée « Robes missions : un art de la rue » ainsi que l’exposition de photographies (impressions sur textile) de Fritz Sarasin.

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Furcy force le respect

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28840Découvrez Mohammed Aïssaoui, Prix du roman historique 2010 sur Culturebox !

Mohammed Aïssaoui recevra vendredi 15 octobre aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois le prix du roman historique 2010 pour L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard). Ce journaliste du Figaro littéraire a enquêté quatre ans pour réunir toutes les pièces d’une affaire jusqu’alors présente dans la mémoire collective orale de La Réunion (l’Île Bourbon de l’époque), mais jamais écrite. Voir la chronique de France Ô et l’interview de l’auteur.

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Ce prix augure certainement de bien d’autres. Il est en lice pour les prix Femina essais, Renaudot essais, l’Interallié, le prix du Premier roman, le prix RFO du livre.

En 2005, un lot de pièces historiques est mis aux enchères à Drouot, qualifié ainsi : « Important dossier sur l’affaire de l’esclave Furcy qui réclame en justice sa liberté ». Les Archives départementales de la Réunion l’achètent pour 2 100 euros.

Ces pièces de justice racontent 27 années de procès depuis ce jour d’octobre 1817 où Furcy décide de porter plainte au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté. Du jamais vu dans l’île. L’esclave sera mis en prison par le gouverneur Desbassins. Fait rare dans l’histoire de l’esclavage, Furcy est un esclave lettré.

Mohammed Aïssaoui exhume dans ce livre passionnant le récit d’un esclave présumé, finalement reconnu libre par la Cour royale de Paris le 23 décembre 1843… seulement cinq ans avant l’abolition de l’esclavage.

Ce livre allie récit historique et travail de fiction romanesque. A l’image des marqueurs de parole antillais, Aïssaoui comble les vides de l’histoire par le travail du romancier. En cela, il est important. On pense immaquablement aux livres de Daniel Vaxelaire, dont le plus connu est sans doute Chasseurs de noirs (Flammarion puis Orphie)

L’autre intérêt de l’ouvrage est de mettre en lumière et de restituer à La Réunion et à l’histoire de France une figure de la lutte pour les droits de l’homme.

Troisième qualité : le livre est emblématique du rôle de l’histoire selon le point de vue des victimes et racontée par elles. Aussi, les historiens tiennent de plus en plus compte des révoltes d’esclaves aux côtés des récits des abolitions dites « accordées ».

Pour lire les premières pages du récit, consulter le site Gallimard.

Sur le passage de Mohammed Aïssaoui à La Réunion, lire La Réunion des livres.

Lire l’article de l’universitaire américaine Sue Peabody, dans la revue des Annales (juin 2009) : La question raciale et le « sol libre de France » : l’affaire Furcy. 

Lire l’ouvrage coordonné par Myriam Cottias, Alessandro Stella et Bernard Vincent, Esclavage et dépendances serviles (L’Harmattan, 2006), où est évoquée l’affaire de l’esclave Furcy, ou sa version en ligne.

En Haïti, au sud de la capitale, il existe un village Furcy, assez peu accessible si l’on en juge par cette photo remarquable, extraite du site Le paysan haïtien :