Artistes kanaks à Rochefort et vice-versa

La culture kanak élit domicile à Rochefort avec une convention signée à Nouméa ce 7 octobre, pour des opérations de jumelage culturel de 2011 à 2013, selon un communiqué de l’Agence de développement de la culture kanak (ADCK) :

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1. Résidence d’une artiste kanak à Rochefort : Micheline Néporon. Les œuvres créées pendant cette résidence seront acquises par la Commune de Rochefort pour le Musée d’Art et d’Histoire.
2. Une résidence d’artiste rochefortais en Nouvelle-Calédonie, le photographe Daniel Nouraud. Les œuvres créées pendant cette résidence seront acquises par l’ADCK – centre culturel Tjibaou.
3. La poursuite de la constitution du fonds documentaire sur la culture kanak à Rochefort. L’ADCK – centre culturel Tjibaou s’engage à remettre gracieusement à la Commune de Rochefort un certain nombre de ses productions éditoriales comme les ouvrages « Keen Jila », « Tavaka », la biographie de Jean-Marie Tjibaou, des cahiers de conférence, le catalogue « Across Oceans and time : art of the contemporary Pacific » ainsi que des cassettes d’enregistrement de conférences du centre culturel Tjibaou.
4. La poursuite des dépôts d’œuvres du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO).
La collaboration à l’évolution de l’espace consacré à la culture et à la création contemporaine kanak au Musée d’Art et d’Histoire. L’ADCK – centre culturel Tjibaou propose le prêt de l’exposition intitulée « Robes missions : un art de la rue » ainsi que l’exposition de photographies (impressions sur textile) de Fritz Sarasin.

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Furcy force le respect

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28840Découvrez Mohammed Aïssaoui, Prix du roman historique 2010 sur Culturebox !

Mohammed Aïssaoui recevra vendredi 15 octobre aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois le prix du roman historique 2010 pour L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard). Ce journaliste du Figaro littéraire a enquêté quatre ans pour réunir toutes les pièces d’une affaire jusqu’alors présente dans la mémoire collective orale de La Réunion (l’Île Bourbon de l’époque), mais jamais écrite. Voir la chronique de France Ô et l’interview de l’auteur.

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Ce prix augure certainement de bien d’autres. Il est en lice pour les prix Femina essais, Renaudot essais, l’Interallié, le prix du Premier roman, le prix RFO du livre.

En 2005, un lot de pièces historiques est mis aux enchères à Drouot, qualifié ainsi : « Important dossier sur l’affaire de l’esclave Furcy qui réclame en justice sa liberté ». Les Archives départementales de la Réunion l’achètent pour 2 100 euros.

Ces pièces de justice racontent 27 années de procès depuis ce jour d’octobre 1817 où Furcy décide de porter plainte au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté. Du jamais vu dans l’île. L’esclave sera mis en prison par le gouverneur Desbassins. Fait rare dans l’histoire de l’esclavage, Furcy est un esclave lettré.

Mohammed Aïssaoui exhume dans ce livre passionnant le récit d’un esclave présumé, finalement reconnu libre par la Cour royale de Paris le 23 décembre 1843… seulement cinq ans avant l’abolition de l’esclavage.

Ce livre allie récit historique et travail de fiction romanesque. A l’image des marqueurs de parole antillais, Aïssaoui comble les vides de l’histoire par le travail du romancier. En cela, il est important. On pense immaquablement aux livres de Daniel Vaxelaire, dont le plus connu est sans doute Chasseurs de noirs (Flammarion puis Orphie)

L’autre intérêt de l’ouvrage est de mettre en lumière et de restituer à La Réunion et à l’histoire de France une figure de la lutte pour les droits de l’homme.

Troisième qualité : le livre est emblématique du rôle de l’histoire selon le point de vue des victimes et racontée par elles. Aussi, les historiens tiennent de plus en plus compte des révoltes d’esclaves aux côtés des récits des abolitions dites « accordées ».

Pour lire les premières pages du récit, consulter le site Gallimard.

Sur le passage de Mohammed Aïssaoui à La Réunion, lire La Réunion des livres.

Lire l’article de l’universitaire américaine Sue Peabody, dans la revue des Annales (juin 2009) : La question raciale et le « sol libre de France » : l’affaire Furcy. 

Lire l’ouvrage coordonné par Myriam Cottias, Alessandro Stella et Bernard Vincent, Esclavage et dépendances serviles (L’Harmattan, 2006), où est évoquée l’affaire de l’esclave Furcy, ou sa version en ligne.

En Haïti, au sud de la capitale, il existe un village Furcy, assez peu accessible si l’on en juge par cette photo remarquable, extraite du site Le paysan haïtien :

Véronique Tadjo, deux livres, deux Actes Sud contre les frontières opaques

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28507Véronique Tadjo était de passage à Paris avant son retour à Johannesburg. Voir son site .

couvrez Nelson Mandela: « Non à l’apartheid », un roman historique de Véronique Tadjo sur Culturebox !

À noter le lien dans les commentaires : « Carnets de voyage » de Miriam sur La Reine Pokou, très beau conte de V.T.

À l’EHESS, l’Ile Maurice post-coloniale et l’Inde

Le Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du Sud organise sa 15e Journée d’étude le 12 octobre 2010 à l’EHESS, 105 boulevard Raspail, Paris VI : « l’Ile Maurice post-coloniale et l’Inde : enjeux politiques, économiques et culturels ».

Programme
9h30-10h  Ouverture
Accueil des participants :  Stéphanie Tawa Lama-Rewal (CEIAS/CNRS), pour la direction collégiale du CEIAS
Introduction: Catherine Servan-Schreiber (CEIAS/CNRS)

10h-11h 15 Session I
Avenir créole ou indianité modernisée ? Quel modèle pour le multiculturalisme mauricien ?
Modérateur : Aurélie Varrel (CEIAS/CNRS)
Julie Peghini (MSH Paris Nord): « Les impasses du multiculturalisme. Politiques, industries et tourisme culturels à l’île Maurice » (The impasses of multiculturalism. Cultural policies, industries and tourism in Mauritius)
Nabil Moolna (Doctorant EHESS) : « Le communalisme et les élections de 2010 » (Communalism and the 2010 elections).
Discutante : Sophie Blanchy (CNRS/Université de Paris X Nanterre)

11h15-11h30 Pause

11h30-12h45 Session II
L’hindouisme créole et son évolution dans le contexte du revivalisme religieux
Modérateur : Faranirina Rajaonah (Université Paris VII)
Mathieu Claveyrolas (CEIAS/CNRS) : « L’hindouisme mauricien : un paysage religieux en chantier » (Mauritius or the invention of a Hindu landscape)
Suzanne Chazan-Gillig (IRD) : « Les cultes populaires hindous et la mondialisation à l’île Maurice » (Popular Hindu cults and globalization in Mauritius)
Discutant : Pierre-Yves Trouillet (Doctorant UMR ADES/CNRS)

12h45 –14h00 : Repas de dholl-puris, samosas et tchai.

14h00-15h15 Session III
L’Etat-nation et ses diasporas
Modérateur : Tristan Bruslé (MSCH/CNRS)
Anouck Carsignol (CSH New Delhi): « L’Inde et sa diaspora : influences et intérêts croisés, au Canada et à l’île Maurice » (India and its Diaspora: reciprocal influences and interests in Canada and Mauritius).
Anthony Goreau-Ponceaud (Université de Périgueux-Bordeaux IV/UMR ADES/CNRS): « Le ‘malaise tamoul’ à l’île Maurice » (The ‘Tamil issue’ in Mauritius).
Discutante : Aminah Mohammad-Arif (CEIAS/CNRS)

15h15-16h30 Session IV
Défis économiques et nouveaux partenariats : modèle indien, modèle chinois
Modérateur : Vasoodeven Vuddamalai (Université d’Evry)
Emmanuel Grégoire (IRD) : « Rivalités politiques et économiques dans l’océan Indien : entre l’Inde et la Chine, le coeur de l’île Maurice balance » (Political and economic competitions in Indian Ocean : Mauritius coveted by India and China).
Pierre Lachaïer (CEIAS/CNRS): Présentation du film de Patrice Dutertre « Trafic mortel, quand les médicaments tuent ».
Discutant : Frédéric Landy (Université de Nanterre/CEIAS/CNRS)

16h30-16h45 Pause

16h45-18h Session V
Emergence d’une littérature indo-française mauricienne
Modérateur : Lise Guilhamon (Université de Versailles Saint-Quentin )
Sylvie Adamo (CEIAS/CNRS): « Le fonds mauricien de la bibliothèque du CEIAS »
Annie Montaut (INALCO/CNRS SEDYL): « Les hommes d’Ananda Devi: de Joséphin le fou au dokteur-dieu »
Discutant : Tirthankar Chanda (INALCO)

Contact : Catherine Servan-Schreiber : kschreib@ehess.fr

Goncourt 2010, 2e sélection, 7 titres

Voici la 2e sélection du Prix Goncourt 2010. La 3e sélection sera annoncée le 4 novembre, et le prix le 8 novembre.

– Olivier Adam, Le cœur régulier (L’Olivier) –

– Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages (Fayard)

– Virginie Despentes, Apocalypse bébé (Grasset)

– Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (Actes Sud)

– Michel Houellebecq, La carte et le territoire (Flammarion)

– Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont (Verticales)

– Chantal Thomas, Le testament d’Olympe (Seuil)

– Karine Tuil, Six mois, six jours (Grasset.

Rappel : Goncourt, 1ère sélection, 6 septembre.

Gauguin : « J’ai raison de m’éloigner du centre artistique »

« Je suis un grand artiste et je le sais. C’est parce que je le suis que j’ai tellement enduré de souffrances. Pour poursuivre ma voie, sinon je me considérerais comme un brigand. Ce que je suis du reste pour beaucoup de personnes […] Tu me dis que j’ai tort de rester éloigné du centre artistique. Non, j’ai raison, je sais depuis longtemps ce que je fais et pourquoi je le fais. Mon centre artistique est dans mon cerveau et pas ailleurs», écrit, de Tahiti en 1892, Paul Gauguin à Mette Gad, l’épouse danoise qu’il a quittée définitivement en mars 1891 et qui reste l’étrange confidente de ses doutes d’artiste comme de ses mensonges toujours des plus conjugaux. », écrit Valérie Duponchelle dans Le Figaro du jour, à propos de l’expositon Gauguin, le Fabricant de mythe, à la Tate Modern de Londres, jusqu’au 16 janvier 2011.

Prix du Premier roman, sélection

Voici la sélection de Prix du Premier roman

Premiers romans français

Hélène Grémillon, Le confident, Plon
Victor Cohen Hadria, Les trois saisons de la rage, Albin Michel
Claudie Hunzinger, Elles vivaient d’espoir, Grasset
Jean-Bernard Maugiron, Du plomb dans le cassetin, Buchet-Chastel
Dona Loup, L’embrasure, Mercure de France
Mohammed Aissaoui, L’affaire de l’esclave Furcy, Gallimard
Thomas Heams-Ogus, Cent seize chinois et quelques, Seuil
Cécile Coulon, Méfiez-vous des enfants sages, Viviane Hamy

Premiers romans étrangers
Amanda Smyth, Black Rock, Phébus
Kathrine Mosby, Sanctuaires ardents, La Table ronde
Amanda Boyden, En attendant Babylone, Albin Michel
Warren Ellis, Artères souterraines, Au Diable Vauvert
Paul Cleave, Un employé modèle, Sonatine

Le lauréat sera connu le mercredi 3 novembre 2010.