Saint-John Perse, Nobel il y a 50 ans

Saint-John Perse, Prix Nobel de littérature il y a cinquante ans aujourd’hui, rappelle Loïc Céry, fondateur du site Sjperse.org qui commémore avec la revue La nouvelle anabase cet événement le samedi 4 décembre 2010 au grand auditorium de la Bibliothèque nationale de France.
« Il s’agira à la fois de célébrer cette consécration décisive décernée au poète en 1960, mais aussi de profiter de l’occasion pour encourager une nouvelle diffusion de son œuvre. Le Prix Nobel avait en son temps permis le rayonnement international d’une poésie que l’on dit exigeante. Pour autant, lit-on encore Saint-John Perse aujourd’hui, même en considérant la désaffection généralisée pour la poésie ? Le nom de ce poète mérite mieux que de figurer en bonne place dans nos manuels scolaires : son message d’énergie et de ferveur est certainement essentiel aux temps de déshérence qui nous enserrent. »

Edouard Glissant au théâtre de l’Odéon

Pour la première fois depuis quatre mois sans apparition publique (pour cause de maladie), Edouard Glissant devrait être présent pour cette soirée consacrée à son anthologie des poètes du Tout-monde, forte bibliothèque de livres aimés et de textes choyés… C’est au Théâtre de l’Odéon, mercredi 3 novembre à 20h.

Lectures en français, anglais, arabe, espagnol par Marianne Basler, Sophie Bourrel, Alex Descas, Behi Djanati-Atai, Greg Germain, Charles Gonzales, Tcheky Karyo, Mike Ladd, Denis Lavant et Sapho, et les auteurs Abdelwahab Meddeb, Pierre Oster et Antoine Raybaud.
Oratorio à partir de poèmes d’Édouard Glissant par Jacques Coursil, accompagné de Yann Joussein aux percussions, Fanny Lasfargues à la contrebasse et Romain Clerc-Renaud au piano et clavier.
Mise en espace de Razerka Ben Sadia-Lavant.
Organisé avec le Fonds de Dotation agnès b. et Galaade Éditions.

Du racisme à la créolisation (André Robèr)

« Mon quartier ? C’est plus compliqué, mon village natal, la Plaine des Palmistes, un village de yab des hauts, de petits blancs racistes ayant subi de plein fouet le colonialisme et le postcolonialisme et tout ce qui en découle. Ce village m’obsède, j’en ai même fait un recueil intitulé, Isi toute domoune lé kréol, toute demoune larive par bato, on est tous fils d’immigrés. Je suis de là, mais j’ai avancé dans le processus de créolisation. Tout le monde ici est créole puisqu’on a vécu tous la même chose. »

Extrait de l’entretien d’André Robèr, peintre, sculpteur, poète et éditeur. Réalisation : Giscard Bouchotte au Port (Île de la Réunion), le 2 octobre 2009, et mis en ligne en vidéo et en retranscription sur le site Ile en île.

L’Humanitaire en Haïti (Lyonel Trouillot)

«La République des ONG», c’est le titre d’un article du quotidien haïtien Le Nouvelliste en son édition du 8 octobre. Le représentant du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti, cité par l’article, parle de structures “parallèles” aux structures étatiques et se lance dans un discours proche de la critique et de l’auto critique. Moi, citoyen haïtien, je pense au jour où la plupart des ONG partiront. Je doute qu’Haïti aura beaucoup changé. Or, c’est de cela qu’Haïti a besoin, plus que tout.

Lire la suite de ce texte de Lyonel Trouillot, Le Bien et le Mal, sur Médiapart.

Prix RFO du livre 2010, la sélection et un casting de lecteurs

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=29911Le Prix RFO du livre sera décerné le 25 novembre prochain, choisi parmi ces titres :

Mohammed Aïssaoui, « L’affaire de l’esclave Furcy  », Gallimard

Maryse Condé, « En attendant la montée des eaux  », JC Lattès

Emmanuel Dongala , « Photo de groupe au bord du fleuve », Actes Sud

Frankétienne, « Les affres d’un défi », Vents d’ailleurs

Alexis Gloaguen, « Les Veuves de verre », Maurice Nadeau

Céline Huet, « Dalonaz é shamayaz » (Bises et bisbilles), Editions Udir

Kettly Mars, « Saisons sauvages  », Mercure de France

Découvrez Sélection des 7 titres du prix RFO du livre 2010 sur Culturebox !

Avec, par ordre d’apparition dans ce casting de lecteurs : Timothy Mirthil, Alexandre le Quéré, William Kromwell, Sabine Mussy, Yasmina Kherfi, Kelly Pujar, Raël Moine.

Prix Renaudot 2010, 2è sélection

Pour sa deuxième sélection, le jury Renaudot a sélectionné en roman et essai les titres suivants (3è sélection le 2 novembre, prix le 8 novembre) :

Romans :
– Salim Bachi, « Amours et aventures de Sindbad le marin » (Gallimard)
– Antoine Bello, « Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet » (Gallimard)
– Michel Houellebecq, « La carte et le territoire » (Flammarion)
– Robert Solé, « Une soirée au Caire » (Seuil)
– Simonetta Greggio, « Dolce Vita » (Stock)
– Claude Arnaud, « Qu’as-tu fait de tes frères ? » (Grasset)
– Abdellah Taïa, « Le jour du roi » (Seuil)
– Stéphanie Janicot, « Que tous nous veuille absoudre » (Albin Michel)
– Marc-Edouard Nabe, « L’homme qui arrêta d’écrire » (édité par l’auteur)

Essais :
– Mohamed Aïssaoui, « L’Affaire de l’esclave Furcy » (Gallimard)
– Charles Dantzig, « Pourquoi lire? » (Grasset)
– Patrice Delbourg, « L’odyssée Cendrars » (Ecriture)
– Michel Onfray, « Le crépuscule d’une idole » (Grasset)
– Annette Wieviorka, « Maurice et Jeannette, biographie du couple Thorez » (Fayard)

Voir la 1ère sélection.

Prix Femina 2010, 3e sélection, vraie et définitive

Le Prix Femina sera attribué le 2 novembre parmi ces titres :

Romans français :
Claude Arnaud, Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset)

Philippe Forrest, Le siècle des nuages (Gallimard)

Patrick Lapeyre, La vie est brève et le désir sans fin (P.O.L)

Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël ? (Verticales)

Violaine Schwartz, La tête en arrière (P.O.L)

Antoine Volodine, Écrivains (Seuil)

Romans étrangers :
Alberto Barrera Tyszka, La maladie (Gallimard)
Audur Ava Olafsdottir, Rosa candida (Zulma)
Sofi Oksanen, Purge (Stock)
Kate O’Riordan, Un autre amour (Joëlle Losfeld)
Gonçalo M. Tavares, Apprendre à prier à l’ère de la technique (Viviane Hamy)

Essais :
Mohamed Aïssaoui, L’affaire de l’esclave Furcy (Gallimard)
Raphaëlle Bacqué, Le dernier mort de Mitterrand (Grasset)
Evelyne Bloch-Dano, Le dernier amour de George Sand (Grasset)
René de Ceccatty, Alberto Moravia (Flammarion)
Pierre-Olivier Sur, Dans les yeux du bourreau (Lattés)
Jean-Didier Vincent, Elisée Reclus (Fayard)

Voir, Prix Femina 2e sélection et 1ère sélection.

La “Polarnésie” contamine les lecteurs de Papeete (Livres-Hebdo)

Dans un reportage d’Anne-Laure Walter à Papeete, la lettre quotidienne du magazine professionnel Livres-Hebdo relate l’engouement des Polynésiens pour le salon Lire en Polynésie qui « pour sa dixième édition s’est tenu du 14 au 17 octobre sur le thème du polar, (et) prend un tournant en parvenant à fédérer le public, les institutions locales et toute la chaîne du livre.

Cette manifestation, organisée par l’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) à la Maison de la culture avec un budget de 65 000 euros, a pris pour ses dix ans un virage important, parvenant à sensibiliser tous les acteurs locaux.

(…)

Une appropriation du salon par le public qui s’est notamment faite grâce à la création avec la mairie d’un “Parcours polar” dans la ville suivi par plus de deux cents personnes.

“Nous souhaitons faire la liaison entre le livre et la notion de détente, poursuit Christian Robert. Nous avons un travail important à faire sur ce point en Polynésie car pour la majeure partie de la population, la lecture est associée à l’école.”
 
(…)

Cette mise en avant du roman noir correspond aussi à une tendance éditoriale en Polynésie où tous les éditeurs ont, depuis peu, monté leur collection de polars du Pacifique.

Au Vent des îles, pionnier il y a dix ans avec la collection “Thriller polynésien”, a créé l’an passé la série “Noir pacifique”. Le Motu a publié son premier thriller, Les Mers australes ont inauguré en 2008 la collection “Récif noir”, et Haere Po a lancé pour le salon “Corail noir” avec On rit jaune à Tahiti de Philippe Prudhomme.

Du côté des ventes, les résultats ne sont pas aussi bons que l’an passé, avec néanmoins de bonnes surprises en jeunesse et pour les romans des auteurs présents au salon.  

(…)

Le mot nègre

 

 

 

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Mot

Parmi moi

de moi-même

à moi-même

hors toute constellation

en mes mains serré seulement

le rare hoquet d’un ultime spasme délirant

vibre mot

j’aurai chance hors du labyrinthe

plus long plus large vibre

en ondes de plus en plus serrées

en lasso où me prendre

en corde où me pendre

et que me clouent toutes les flèches

et leur curare le plus amer

au beau poteau – mitan de très fraîches étoiles

vibre

vibre essence même de l’ombre

en ailes en gosier c’est à force de périr

le mot nègre                                                         

sorti tout armé du hurlement

d’une fleur vénéneuse

le mot nègre

tout pouacre de parasites

le mot nègre

tout plein de brigands qui rôdent

de mères qui crient

d’enfants qui pleurent

le mot nègre

un grésillement de chairs qui brûlent

acre et de corne

le mot nègre

comme le soleil qui saigne de la griffe

sur le trottoir des nuages

le mot nègre

comme le dernier rire vêlé de l’innocence

entre les crocs du tigre

et comme le soleil est un claquement de balles

et comme le mot nuit un taffetas qu’on déchire

le mot nègre

dru

savez-vous

du tonnerre d’un été

que s’arrogent

des libertés incrédules

 

                                              Aimé Césaire

Extrait de Cadastre (éditions du Seuil, 1961).

Césaire dit son poème ici