Au Vent des îles, un éditeur océanien à Saint-Malo

« Au Vent des îles, un éditeur océanien à Saint-Malo », titre de ce reportage-portrait (7’), réalisé par Christian Tortel pour Polynésie Première.
Le film est centré sur Christian Robert, fondateur de la maison d’édition Au Vent des îles, à la tête d’un « pack » d’ « écrivains autochtones » du Pacifique invités au festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo (mai 2012).
Le travail de vingt années de l’éditeur polynésien Au vent des îles est une belle illustration de la volonté du directeur du festival, Michel Le Bris : « C’est un regard autre sur le monde » dans un événement littéraire et documentaire qui entend pratiquer le « décentrement du monde et des images ».
Cette prise de parole littéraire par des auteurs du Sud, dans le flux des langues océaniennes, « apporte de l’air et d’autres manière de raconter », souligne Michel Le Bris, « cette espèce de réalisme magique issu de nos cultures respectives », note l’écrivain polynésien Moetai Brotherson après une rencontre avec l’écrivain haïtien Gary Victor et sa lecture de son roman cathédrale La Piste des sortilèges.
Autour de l’éditeur qui a installé sa maison d’édition à Papeete et réussi à publier nombre d’auteurs d’autres archipels (Nouvelle-Calédonie notamment), s’expriment trois intellectuelles du Pacifique, la Polynésienne Chantal Spitz, la Kanak Déwé Gorodé, l’auteur maorie néo-zélandaise Patricia Grace, premier écrivain au catalogue de Vent des îles avec cinq titres traduits.

Reportage de Christian Tortel. Images : Leïla Zellouma. Son : Bernard Blondeel. Montage : Gilles Dagneau. Mixage : Erick Zénati.

Comment peut-on être descendant de marron en Guadeloupe ? (Gisèle Pineau)

Cent vies et des poussières (Mercure de France) est le vingtième livre de Gisèle Pineau. L’histoire d’une femme de la Guadeloupe qui ne vit que pour faire des bébés et se remplir de consommation, alors qu’alentour la jeunesse est dans l’impasse. Un style ample et généreux pour ce roman, traversé par les grandes grèves de 2009, où est mise en question la responsabilité des adultes héritiers d’une histoire glorieuse, celle des nègres marrons.

Liens avec le roman d’Alfred Alexandre, Les villes assassines (Écriture, 2011) et avec Nèg maron, film de Jean-Claude Flamand Barny :

 

Carlos Fuentes, la mort d’un grand du Mexique

L’écrivain mexicain Carlos Fuentes est mort à l’âge de 83 ans, a annoncé, mardi 15 mai, sur son compte Twitter le président Felipe Calderon. « Je regrette profondément la mort de notre estimé et admiré Carlos Fuentes, écrivain et Mexicain universel. Qu’il repose en paix », a écrit le président sur le site de micromessagerie. Selon la presse locale, il aurait succombé à des problèmes cardiaques dans un hôpital du sud de la capitale mexicaine. [Le Monde].

L’un de ses romans les plus connus est La Mort d’Artemio Cruz : Un riche homme d’affaires mexicain se meurt, au milieu des siens, dans les années 1950. De chapitre en chapitre, sa mémoire et sa conscience sont progressivement atteintes, jusqu’à

l’issue fatale. « Dans cette biographie on navigue comme dans un archipel, d’île en île, c’est-à-dire de femme en femme, car les affaires —agriculture, mine, industrie, édition, immobilier, etc— qui assurèrent la fortune d’Artemio, fils bâtard d’un propriétaire foncier qui l’a abandonné, ne forment pas l’essentiel du récit. Les seuls épisodes essentiels de son ascension correspondent à des épisodes de la guerre civile » (Wodka).

Nous avions rencontré en 2009 dans sa maison du quartier San Jerónimo (Sud de la capitale mexicaine) l’écrivain-diplomate francophile (il avait été ambassadeur de son pays en France) peu avant le Salon du livre de Paris, où le Mexique était le pays invité d’honneur.

Voici ce reportage en lettres mexicaines :

De même, il était invité dans l’émission Ce soir où jamais :

Voir le site de Carlos Fuentes sur Club Cultura (en espagnol).

Voir Un jour avec Carlos Fuentes (Azteca TV) : archives, Légion d’honneur, sa bibliothèque, les deux sons « typiquement » mexicains avec les mains (à 24′)… très diplomatique :

Lire dans El Paìs (en espagnol) l’une de ses dernières interviews, lors de sa visite de la Foire du livre de Buenos Aires : « Je n’ai aucune peur littéraire », évoquant un titre à venir : « La danse du centenaire », citant Picasso : « Quand on est jeune, c’est pour la vie », retraçant ses matinées d’écriture, très matinales…

Lire sa dernière interview traduite en français dans Courrier international.
Lire le dossier complet d’El País : « Adieu à l’un des piliers du « boom » latino-américain ».

Lire la nécrologie du New-York Times.

La réaction de Mario Vargas Llosa : « Une curiosité universelle » (El Pais) :

(c) El Pais, non daté (de gauche à droite : Vargas Llosa, Fuentes, Garcia Marquez)

Lire Rue 89 : « Mort de Carlos Fuentes, un écrivain mexicain au cœur de l’histoire »

Alexis Gloaguen sur Inter et dans La Quinzaine littéraire

À écouter sur France Inter, ce 15 mai, 22h20, Alexis Gloaguen, auteur de La Chambre de veille (Maurice Nadeau) dans l’émission Ouvert la nuit, ce qui pour une chambre de veille est plutôt bon signe !

À lire aussi une très belle critique « Le guetteur de la plus haute tour » dans La Quinzaine littéraire n°1061, signée du poète breton Marc Le Gros :

« C’est là en tout cas, dans la lumière violente et fraîche de l’ouest, l’ouest qu’il voit toujours comme « l’horizon d’où interroger l’énigme, à l’orée du murmure du pays des morts », que s’offre à lui la chance d’un « mariage inespéré avec le réel » ; c’est là surtout que la « surgie de la merveille » lui fera la grâce d’apparaître. « Surgie » ! Un mot-clé (un de ces « mots leviers » tout de fulgurance et de clarté) qui affleure sans cesse dans La Chambre de veille et ne traduit rien d’autre que la naissance de l’image poétique. »