De l’autobiographie dans la littérature arabe, avec pour la figure majeure Taha Hussein, auteur du Livre des jours (1926) et de deux livres récents : À cœur ouvert, d’Abdo Wazen, traduit de l’arabe (Liban) par Madona Ayoub, Sindbad/Actes Sud) et Hors les voiles, de Youmna Elid, traduit de l’arabe par Leila Khatib Touma (L’Harmattan).
Voir la critique de ces « deux beaux récits de l’intime », selon Najwa Barakat dans sa chronique hebdomadaire du journal La Croix, 03/06/2016
Haïku 155
Cui-cui sans fin
d’une trâlée d’enfants devisant
à qui mieux mieux
Haïku 154
Tout va à vau-l’eau
se dit l’éponge déjà tout
imbibée
Le poème s’écrit de lui-même…
Le poème s’écrit de lui-même comme « la voie se trace en marchant » (Tchouang Tseu), écrit Daniel Giraud, traducteur de Han Shan, poète chinois du VIIe siècle, auteur de « Le Fils de la montagne froide », publié à La Différence fin septembre 2016.
Haïku 153
Saute-flaque
l’enfant joue clapote et rit
amphibie
Petits étonnements entre amis
« Le genou et l’orteil
ont aussi besoin de rire. »
nous dit Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu dans la collection « Poèmes pour grandir » au Cheyne Éditeur par Jean-Pierre Siméon.
Haïku 150
De Verdun à Alep
un centenaire de guerres
passé-présent
La Méditerranée dans un dictionnaire français et arabe
Un Dictionnaire de la Méditerranée de 1728 pages en deux langues (française en septembre, arabe pour la fin de la l’année), rédigé par 169 auteurs : c’est une grande entreprise que nous annoncent les éditions Actes Sud et la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH). Les trois universitaires qui le dirigent (Dionigi Albera, Maryline Crivello, Mohamed Tozy) invoquent dans leur introduction la « Plus Grande Méditerranée » chère à Fernand Braudel et les « cent frontières » traversées par « un vaste savoir non pacifié » fruit de multiples circulations et influences.
Des « croisades » au « nettoyage ethnique », les 207 entrées du Dictionnaire proposent les contours d’un « portulan » multidisciplinaire aux « regards comparatifs », « une pluralité de vues et d’horizons » pour « une invitation au voyage » destinée tant à l’étudiant qu’à l’amateur à la recherche de « clés » pour comprendre ce monde complexe.
En raison du caractère « hétéroclite et disparate des connaissances concernant la Méditerranée », face à ce « conglomérat démesuré », les chercheurs ne prétendent pas à l’exhaustivité.
Cinq axes orientent la lecture : les savoirs, les territoires, l’histoire sociale et politique, les figures et les pratiques culturelles. Parmi les entrées qui aiguisent notre curiosité : « alchimie », « pharmacopée », « Albert Camus », « Drogman » (interprète), « Harraga » (curieusement pas d’entrée « Réfugiés » mais une entrée « Mur »), « Joute poétique », « Poésie », « Printemps arabe », « Taha Hussein » et ces deux entrées des plus prometteuses : « Utopie méditerranéenne » et… « Sieste ».
Haïku 149
Haïku 145
Monde suicidaire
qui dans Alep oublie
l’abécédaire des guerres


