Le ciel est trop vaste…

« Le ciel est trop vaste pour qu’un enfant puisse le saisir dans ses petits bras. Mais dis-lui : Ciel chapeau melon : alors il tendra ses menottes vers le firmament accroché à la patère du palmier, cueillera la lune et la mettra dans sa poche.
O poète enfant ! »
Jacques Roumain (Haïti, 1907-1944), Œuvres complètes, p. 73, CNRS editions, ITEM, Édition critique coordonnée par Leon-François Hoffmann (1932-2018) et Yves Chemla.

Pourquoi « banga », pourquoi « tata » ?

Deux mots des parlers d’outre-mer font leur entrée au Petit Larousse illustré 2020 : banga et tata… ainsi définis :

BANGA n.m.

Mayotte. 1. Anc. Case en torchis où dormait l’adolescent jusqu’à son mariage.

2. Mod. Case en tôle, sans eau ni électricité.

TATA interj. (Surtout dans le langage enfantin).

Fam. 1. Louisiane. Merci. 2. Nouvelle-Calédonie. Au revoir. • Fam. Nouvelle-Calédonie. Geste de la main que l’on fait pour dire bonjour ou au revoir : Le matin, je fais toujours un petit tata au voisin.

Écris jusqu’à ce que tes yeux se ferment… (Canetti)

À chaque heure solitaire, à chaque phrase que tu couches sur le papier, tu regagnes un morceau de ta vie. Il n’y a jamais eu un homme qui soit aussi facilement heureux. À savoir, en écrivant sans cesse. Et jamais il n’y en a eu un qui se soit interdit ce bonheur avec autant d’opiniâtreté et de façon si absurde.

Écris jusqu’à ce que tes yeux se ferment ou que le crayon te tombe de la main, écris sans hésiter un instant, sans t’interroger sur le pourquoi et le comment, écris en puisant dans la réserve de vie inutilisée, devenue entre-temps si profuse qu’elle se fige en toi en de puissants massifs montagneux, écris sans te soucier de l’adjoindre aux centaines d’échafaudages et de grilles déjà en place, au risque que ça ne tienne pas debout, au risque que ça tombe en morceaux l’instant d’après, écris parce que tu respires encore et parce que ton cœur, qui est peut-être déjà malade, bat encore, écris jusqu’à ce que tu aies pu aplanir quelque peu les énormes montagne de ta vie car un peuple entier de géants n’aurait plus le temps de les aplanir totalement, écris jusqu’à ce que tes yeux se ferment pour toujours, écris jusqu’à l’asphyxie.

Elias Canetti, Le livre contre la mort, Albin Michel, trad. de l’allemand par Bernard Kreiss, page 147.

Pour Humboldt tout est lié

« Humboldt a révolutionné notre conception de la nature il a inventé le concept de toile du vivant. Il disait que la terre était un organisme vivant dans lequel tout était interconnecté. Et il a été un des premiers à avertir du changement climatique provoqué par l’homme. »

Andrea Wulf, biographe de Alexander von Humboldt (1769 – 1859), dans le film docu-fiction Humboldt et la redécouverte de la nature, de Tilman Remme (Allemagne, 2018, 55 min), diffusion Arte.

Son livre : L’invention de la nature, Les aventures d’Alexander von Humboldt, traduit de l’anglais par Florence Hertz, Les Editions Noir sur Blanc.