Ile Bourbon 1730, des personnages de roman (graphique)

On ne résiste pas à donner les noms des personnages. On suggère même qu’ils soient les personnages d’une pièce de théâtre, vue la qualité des troupes réunionnaises. L’une d’entre elles devrait s’emparer de ces archétypes historiques, en français ou en créole…

La Buse: le dernier pirate, invisible, emprisonné, omniprésent dans les esprits. 

Ferraille : Pirate amnistié et chef des marrons. Il organise la résistance des marrons sur l’île. Il est partisan d’une action violente.

Monsieur Robert : Pirate amnistié devenu un des plus influents planteurs de Bourbon. 

Virginie Robert : Fille de Monsieur Robert. Elle prend fait et cause pour les esclaves.

Evangéline (dite Nènène) : Esclave et domestique de la famile Robert. Elle prend secrètement part à la résistance des marrons.

Gouverneur Dumas : Gouveneur de l’île. Chantre de l’esclavage, il se veut fossoyeur de flibuste.

François Caron : Impitoyable chasseur de marrons, réputé pour sa cruauté.

etc.

Ile Bourbon 1730 : Trondheim et le Réunionnais Appollo mettent la BD de l’île sur orbite

  C’est très sérieux, une BD historique comme on dit un roman historique. Ile Bourbon 1730 de Trondheim et Appollo publiée par les éditions Delcourt, est une manière de raconter les tristes heures de chasse aux noirs marron dans ce qu’on n’appelait pas encore la Réunion. C’est une bonne vieille histoire de pirates qui cache la grande Histoire… la Buse, dernier pirate en course est emprisonné. La révolte gronde pour le libérer parmi ses anciens amis devenus résidents de l’île Bourbon. D’anciens forçats métamorphosés en colons. Et comme un bon roman, le livre comporte plusieurs narrations superposées. L’histoire d’un naturaliste à la recherche du dernier dodo, l’histoire d’une fille de bonne famille éprise de liberté pour les esclaves, l’histoire d’un gouverneur corrompu, etc. Le tout est traité avec ironie et humour. Ainsi ces faux pirates anglais partis à l’abordage du naturaliste français… sur une coquille de noix.

 Un scénario co-écrit par Appollo le Réunionnais et Lewis Trondheim, le Montpelliérain, des dessins de Trondheim, le tout sans couleurs pour limiter le coût et donner un style de roman graphique. Format de livre épais, couverture crême au toucher granuleux du meilleur effet. Une manière aussi de mettre sur orbite la BD réunionnaise avec la présence de Lewis T., président du jury du festival de la BD d’Angoulême qui s’ouvre ce 25 janvier. L’école de BD réunionnaise connue naguère par son journal de scénaristes et dessinateurs, le Cri du margouillat.

Appollo avait réussie une très belle Grippe coloniale  chez Vents d’Ouest, avec Hua-Chao-Si (tome 1, on attend toujours le tome 2)

Planche 5, Ile Bourbon 1730, Trondheim, Appollo, éditions Delcourt

Edouard Glissant fait du Tout-Monde un opéra poétique

La styliste Agnès B. a invité Edouard Glissant à une soirée de « chaos-opéra », une manière de lancer avec la nouvelle année l’Institut du Tout-Monde, ambition des arts protéiformes (littérature, théâtre, arts visuels). Objectif : inciter à une insurrection des imaginaires. 

A l’entrée de ses bureaux, rue Dieu à Paris, Agnès B., styliste renommée pour ses engagements dans l’art contemporain, accueille ses invités le long d’un déambulatoire immense, aux murs recouverts des toiles d’un jeune peintre de dripping, Jen-Chri (Jean-Christophe) Bisson. Le dripping c’est cette manière qu’avait Jackson Pollock de jeter sur la toile des giclées de couleurs, comme ce CR 33 (Overall Composition peinte vers 1934-1938).

Une impression de jungle vive, qui convient bien à l’amateur d’art qu’est Edouard Glissant, préfacier de Lam ou Matta, dont l’un des tableaux préférés est La Jungle de Wifredo Lam, peintre cubain cubiste aux talents surréalistes. 

Glissant a le talent de nous faire percevoir le chaos du monde dans sa beauté. Belle gageure que seuls osent les vrais poètes. Quelque deux cents personnes ont ainsi assisté à la lecture par Glissant de ses poèmes, assis à 78 ans au milieu de la scène, vêtu d’une chemise blanche et d’un gilet noir, accompagné par Bernard Lubat, qui se définit comme « artiste-œuvrier-tôlier », et ses chanteurs et musiciens : Bernard Lubat , Beñat Achiary,

Fawzi Berger, Nathalie-Dalilà Boitaud, Isabelle Loubère, Fabrice Vieira. C’était tout à fait réussi cet enchevêtrement de poèmes, vocalises, musiques, lectures à plusieurs voix, enchevêtrement qui donne une image sonore de la beauté du chaos.

Juste avant, nous avons pu écouter en français et en arabe, Abdelawahab Meddeb; et en français et en islandais Thor Vilhjalmsson.

Une nouvelle région du monde

Les applaudissements nourris et enthousiastes en fin de ce spectacle de chaos-opéra témoignent de la justesse du propos: l’avenir de la poésie est opératique. 

« … les pages de la mer sont un livre laissé ouvert… »

Derek Walcott, prix Nobel de littérature en 1992, auteur à mi-vie de cette belle formule : « Une homme vit la moitié de sa vie, la seconde moitié est mémoire. », commence ainsi son poème autobiographique, Une autre vie :

« Vérandas, où les pages de la mer

sont un livre laissé ouvert par un maître absent

au milieu d’une autre vie –

je recommence ici, commence

jusqu’à ce que cet océan

soit un livre clos, et que telle une ampoule

les filaments pâlissent, de la lune blanche. »

Derek Walcott, Une autre vie, Gallimard, 2002, traduction Claire Malroux.

Lire la suite. Vous avez une demi-vie pour ça.

Le savoir, de l’absolu au désespoir

<b>Le Juif de savoir</b> de Jean-Claude Milner Grasset, 234 p., 13,90 €.    L’essai de Jean-Claude Milner, Le Juif de savoir (Grasset) est étouffant d’extrême lucidité et de concision implacable: comment la poursuite du savoir absolu par des intellectuels juifs (ex. Hannah Arendt) a été liquidée par les chambres à gaz. Inspiré de son séminaire universitaire « Le savoir comme idole », son livre dresse un siècle d’histoire intellectuelle entre les deux moitiés des XVIIIe et XIXe siècles, entre Berlin, barycentre de l’intelligence et Berlin trou noir du nazisme. Un livre qui concerne tout humain pensant.

La critique : Les origines du totalitarisme

Philippe Lançon, Libération : « Milner, c’est l’intelligence qu’on voudrait avoir si l’on n’était bon qu’à ça (…)  Son nouveau livre, le Juif de savoir, est une méditation saturée de logique, presque sous vide, sur la figure du Juif en Europe, avant et après l’Extermination. Des ponts invisibles relient les phrases entre elles. Ces phrases sont des nerfs tendus ; la syntaxe semble mise à nu (…) Thème de l’essai : le Juif a porté la connaissance. Les nazis l’ont exterminé. L’Europe moderne accepte l’héritage. Etablir à travers le Juif un lien direct entre la pire expérience historique et une démocratie de masse humaniste, voir en l’Europe un territoire sans avenir, c’est une hypothèse pour beaucoup révoltante, un délire. Mais Milner, discret amateur de Fritz Lang, n’est pas qu’un intellectuel courtois de 65 ans, flottant entre les écluses de sa logique. C’est un révolté qui renonce peu à l’exercice soyeux de sa minorité.

Fabrice Hadjadj, Le Figaro : « Le juif lui-même sait quelle épreuve il est pour soi et pour les autres. Souvent il cherche à s’en excuser, s’efforce de rentrer dans le rang. C’est sur une figure à ses yeux révolue de cet effort que porte le beau livre de Milner : Le Juif de savoir. Figure allemande plutôt que française. La France d’avant-guerre inventa le juif des droits politiques : l’intégration par le suffrage universel. L’Allemagne ne connaissait pas ce régime, aussi fut-ce par la Wissenschaft que le juif pouvait espérer l’acceptation. Pour lui, le savoir posé comme un absolu, libérant des obscurités de la foi et des appartenances charnelles, semblait permettre une assimilation sans reste. La science lui apparaît comme un substitut à l’étude, et le grand-livre du monde, comme un moyen d’échapper à la Torah. »

 Roger-Pol Droit, Le Monde : « Son exercice de lucidité tragique est terrible et magistral, radical et passionnant. Après Les Penchants criminels de l’Europe démocratique (Verdier), livre mémorable, Milner réussit avec Le Juif de savoir une sorte de tour de force : rendre intelligible, en deux cents pages limpides, l’évolution de trois siècles d’histoire (…)  Le texte est bref et cristallin. Il a du diamant l’éclat, la dureté, le tranchant. Mais il n’est pas fait pour séduire. Il déplaira donc à certains. Il faut s’en réjouir. Car sa netteté, sa concision, sa terrible puissance d’explication sont, de toute évidence, destinées à faire date. »

Ne pas oublier Gailly au style fait de menus fracas

Les oubliés Si les 140 pages du roman de Christian Gailly, Les Oubliés, publié par les éditions de Minuit se lisent comme une trajectoire automobile autoroutière, c’est que l’histoire est simple (deux journalistes en quête d’un entretien pour leur rubrique « Que sont-ils devenus? » sont accidentés, l’un meurt, l’autre découvre l’amour). C’est que l’histoire est simple et que le style est fait de phrases très courtes, certaines pas finies, d’autres suspendues, d’autres encore à l’ordre retourné. Retourné en chronologie ou en syntaxe. Comme un menu fracas.

Incipit: « Il se trouve simplement que l’un des deux occupants de la voiture s’appelait Paul Schooner. Il est mort. Pas dans l’accident. On vient de le voir. Peu de temps après. Des suites de l’accident. L’autre occupant c’était Albert Brighton. » 

Exemple de ce paragraphe page 114 : « Elle marchait beaucoup trop vite. C’était semble-t-il, son rythme naturel. Brighton s’en rendit compte très tôt. Il vait du mal à suivre. Moss ne cherchait pas à le distancer. Ça n’était pas pour le faire enrager. Cependant elle le distançait. Ce qui fait que. Ce qui faisait. »

Ce qui fait des Oubliés un bon roman qui tient en haleine son lecteur par ce futile alignement -quelquefois fracassé par un accident, un ascenseur en panne, une chute- de sentiments, d’émotions et de faits plus ou moins divers qui constituent une vie ordinaire, dont on sort, un jour, oublié. 

Jean-Marie Le Clézio, l’enragé du Pacifique Sud

 Bunlap Village

 

   

Parti à la découverte d’une île à l’écart du monde, l’île de Pentecôte dans l’archipel du Vanuatu (Raga en langue apma), au nord de la Nouvelle-Calédonie, Jean-Marie Gustave Le Clézio en est revenu avec un essai élogieux pour les Mélanésiens et accusateur pour la mondialisation : Raga, Approche du continent invisible (Le Seuil, collection Peuples de l’eau).

A la fois guide touristique, long poème archipèlique, illustration de la poétique de la Relation d’Edouard Glissant (qui dirige la collection), cri de colère contre les aventuriers, lettre d’amour à un peuple mystérieux.

Dans Raga,  Le Clézio :

  • dresse l’éloge d’un peuple d’inventeurs, auteur « de l’un des voyages les plus audacieux de l’histoire humaine ». A savoir la traversée du Pacifique en pirogue;
  • évoque leur « art de la résistance »; 
  • critique « les grands théoriciens des sociétés primitives (…) qui ont oublié « ces histoires d’abus sexuel, de violences conjugales, de jalousies »;
  • est inspiré : « La pirogue court sans effort sur les montagnes mouvantes, et le ciel étoilé gire lentement au-dessus de son mât et de la proue à tête d’oiseau comme un monde parfait, accompli;
  • aime « ce non-lieu, peuplé de sauvages, naguère cannibales ». « Ce qui émane, à Raga, c’est l’impression de mystère à chaque pas. »
  • est inspiré par ce mystère : « S’il reste un secret, c’est à l’intérieur de l’âme qu’il se trouve, dans la longue suite de désirs, de légendes, de masques et de chants qui se mêle au temps et resurgit et court sur la peau des peuples à la manière des épars en été. » [bel usage de ce vieux mot, qui désigne, selon Le Robert, « un éclair de chaleur », autrement dit une fulguration…]
  • s’interroge sur tant de mystère : « Pourquoi les habitants de ces îles (…) ont-ils choisi de s’installer dans les hauts? C’est comme s’ils avaient choisi, au terme de leur incroyable voyage, d’oublier la mer et de devenir des paysans. Après tout, les Bretons ont fait de même, au VIe siècle… 
  • s’afflige : « Que vaut une natte en pandanus dans la socitété industrielle moderne? » 
  • interprète : « La natte est devenue pour [les femmes] une moyen d’accès au pouvoir. »
  • ressasse une impression de gravité : « Le village est pour ainsi dire agrippé à un mur noir sur lequel butent les nuages. »
  • découvre le blackbirding ou esclavage déguisé, traite d’un nouveau genre, commerce de main d’œuvre forcée entre 1850 et 1903 revendue sur les plantations de coton ou de canne à sucre du Queensland australien, aux Fidji ou dans les mines de nickel de Nouvelle-Calédonie. « La pratique du blackbirding a contribué à la désolation de l’archipel des Nouvelles-Hébrides ». Un prélèvement de quelque 100 000 Mélanésiens, qui a laissé une crainte tenace sur ces lieux dits « paradisiaques ». 
  • s’extasie: « A Raga, on est pénétré à chaque instant par le sentiment diffus, inexplicable, de la divinité. » « A Raga, c’est l’île toute entière qui est un musée. »
  • s’émerveille: « Au Vanuatu, les mythes affleurent. Ils ne sont pas séparés du réel. »
  • apprécie : « Le kava n’est pas seulement une boisson pour les Ni-Vanuatu. Comme le coca pour les Indiens des Andes, c’est la plante qui contient l’esprit du lieu, c’est leur langue, leur mémoire commune. C’est sans doute la raison pour laquelles les gouvernements coloniaux l’ont interdite. » 
  • constate: « Aujourd’hui, dans une société où règnent le papier monnaie et l’argent virtuel, les dents de cochon ont gardé pour les Mélanésiens une valeur de mémoire, d’investissement rêvé, un peu à la manière des louis-d’or de nos grands-mères. »
  • observe: « Les mythes anciens, les histoires modernes, se heurtent, s’interpénètrent, formant le tuf de la nouvelle culture mélanésienne, l’âme du continent invisible. »
  • enrage contre les aventuriers, les Gauguin pédophiles. Les seuls véritables aventuriers étant les Mélanésiens. 
  • cite justement Henri Michaux dans Misérable Miracle : « Nous ne sommes pas un siècle à paradis. »

Misérable miracle

  • reconnaît dans des statues debout sur le rivage « des loas, des esprits ». A noter l’usage de ce mot « loa », habituellement réserver aux dieux du panthéon vaudou…
  • tonne, à propos des tambours à fentes : « Pendant des siècles, ces êtres ont dansé, ont appelé. Maintenant silencieux. En exil dans les musées, quai Branly à Paris, etc. »
  • conclut : « Géants d’Ambrym et de Raga, pareils aux géants de Rapa Nui, comme si de la Pentecôte à Pâques il n’y avait plus plus qu’un seul chant mélancolique. »
  • dédie son livre à une femme Ni-Vanuatu, celle qui l’a guidé sur « les hauts de Melsissi », Charlotte Wèi Matansuè.

Simon Dimiye, Papou de la hache de pierre

L'affiche de l'exposition.     		 L’exposition « Objets de pouvoir en Nouvelle-Guinée », vient de s’achever ce lundi au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, dans la banlieue Ouest et royale de Paris. Trois cents objets dont la pierre polie sur l’affiche ci-dessus étaient présentés. Objets à la fois utiles (comme une hache de pierre destinée à couper les grands arbres de la forêt de l’Irian Jaya) et symboliques (ces objets interviennent dans des échanges lors de céréomonies). Donation Anne-Marie et Pierre Pétrequin.

Papou, peuple poli

Les contacts entre certaines de ces populations et les Ocidentaux n’ont eu lieu que dans les années 1960… Ainsi Simon Dimiye du groupe Nduga. Ses haches de pierre sont extraites des schistes des falaises de la forêt, brûlées, puis bouchardées, et découpées en lamelles, testées au son qu’elles produisent. Enfin polies. Papou, peuple poli. Elles deviennent des haches de pierre. Des haches Wang-Kob-Me.

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[Asmat, Papouasie (ex-Irian Jaya) © Jeanne Herbert/Survival]

Simon Dimiye raconte une histoire taboue, c’est-à-dire jamais racontée. « Les N’Duga sont sortis les premiers et sont venus ici. A l’entrée de la grotte, il y avait un très grand arbre et personne ne pouvait le couper. Enfin est sorti le géant Tinok; c’était un homme blanc avec une grande hache Wang-Kob-Me. Lorsque cet homme est monté avec sa hache de pierre, les Wano lui ont pris la hache; ils ont coupé l’arbre, qui s’est écrasé au sol en tuant Tinok. Les Wano sont venus plus tard, losque le corps a été décomposé; ils ont pris les os et les ont cachés sous un grand rocher dans leur village où l’ont fait des haches, plus loin que Mulla, à Wang-Kob-Me. »

A l’entrée du musée ce principe « d’archéologie comparée »: Observer ces peuples de la forêt pour qu’ils nous enseignent comment vivaient des peuples anciens aujourd’hui disparus, comme ceux des habitats néolithiques lacustres du Jura.

Mais de quel droit et avec quel regard peut-on observer des Papous de la hache de pierre ?

Journalisme culturel

Avec la nouvelle formule du magazine culturel d’Arte, Metropolis, le journalisme culturel à la française semble confirmer son renouveau. La rentrée audiovisuelle de l’automne dernier nous avait ménagé une bonne surprise avec l’émission de Rachel Kahn, présentée par Frédéric Taddeï, Ce soir ou jamais. Les chiffres de fréquentation nous confirment qu’elle aurait trouvé son public. Défi du direct, de la surprise et de « l’actualité au prisme de la culture ».

Le nouveau Metropolis rompt avec l’ancien de Pierre-Alain Boutang dont le style suranné et la profondeur du regard faisait tout le charme. Enfin, voilà, il ne s’agit plus de charme, ou plus seulement (la nouvelle rédactrice en chef de l’émission, Rebecca Manzoni, n’en n’est pas dépourvue -voir le site d’Arte, qui conserve l’émission une semaine)… Au contraire, elle impulse son côté trentenaire, (« j’enthousiasme » et je « tiens » mon conducteur) à une émission diffusée une première fois le samedi à 20h, alors que le précédent Métropolis était relégué dans l’avancée de la nuit. Comme dans Ce soir… la culture n’est plus une chasse gardée des cultureux. En témoigne un sujet sur « l’esthétique de la langue de bois ».

Et Beckett n’est plus l’apanage des spécialistes, puisqu’il est raconté au prisme des pratiques d’autres créateurs… Eloge du silence… Le reportage sur Le Pavillon noir, alias le Centre national chorégraphique d’Aix-en-Provence, avec son côté architecture du corps du danseur avait quelque chose d’intelligent, les créateurs roumain et bulgare, devenus européens depuis le premier janvier apportaient un regard décalé mais essentiel. Complémentaire à celui d’un intellectuel d’origine bulgare souvent cité, Tzvetan Todorov.

Dark Stuff, l'envers du rock Les critiques rock nous réveillaient de la pseudo-critique de la « fan-attitude ». L’émission nous donne envie de lire le livre de Nick Kent, The dardk stuff, L’envers du rock (éd. Naïve).

On souhaite bon vent à tout l’équipe de Metropolis…

2007, le temps du rêve ?

Le nouvel an serait le temps des résolutions, invariablement, pléonastiquement qualifiées de « bonnes ».

Et si c’était le temps du rêve ?

  1. Nager avec un dauphin;
  2. S’hélicopter plus souvent;
  3. Etre upside down; 
  4. Lire un livre par jour;
  5. Les Subsahariens franchissent Gibraltar;
  6. Que l’année soit véritablement polaire;
  7. Une équipe mahoraise gagne la coupe de France de football;
  8. Les Samoans passent le 1er tour de la coupe du monde de rugby;
  9. Le haka est enseigné dans les écoles du 9-3 et des quartiers nord de Marseille;
  10. L’écrivain Alan Duff continue d’alphabétiser les petits Maoris;
  11. Les cent mille manuscrits de Tombouctou sont accessibles;
  12. Samarcande redevient un lieu de rencontre;
  13. Le musée archéologique de Bagdad fait des nocturnes le mardi;
  14. La banlieue est un opéra;
  15. Les ultrapériphériques investissent les centres;
  16. Chacun a son trophée;
  17. Les trois cent mille objets du musée du Quai-Branly s’inscrivent sur les listes électorales;
  18. Don Quichotte gagne l’élection présidentielle;
  19. Un toit pour toi;
  20. Les Aborigènes restaurent le temps du rêve;
  21. Nos enfants s’appellent Ingrid, Guy-André, Jaime ;

Mais que Zazie ne prenne toujours pas le métro.

Bonne année 2007 !