Chamoiseau premier séminaire de l’Institut du Tout-Monde

Patrick Chamoiseau animera la première séance du séminiaire de l’Institut du Tout-Monde (présidé par Edouard Glissant) en collaboration avec l’Université de Paris 8, vendredi 28 mars à 18h30, Maison de l’Amérique Latine.  » Mondialisation, mondialité, Pierre-monde  » est le titre de la conférence de l’auteur de Biblique… Détails des autres séances sur le site de l’Institut.

De plus, Patrick Chamoiseau sera présent au Forum des revues interculturelles, à Lyon, le 29 mars, à 14h pour une intervention :  » L’interculturel, discours et pratiques « , et le 4 avril, 19h, pour le  » Tremblement du monde « . Contact : La maison des passages .

Poésie 2 : Glaneuses, glaneurs hors de toutes brisées

Glaneuses, glaneurs hors de toutes brisées, comment remplacer la pub à la télé ?, se demande le poète.

Placer la poésie en prime time permanent,
Faire donner des flopées de haïkus en rafale,
User des OGM (Odes Générales Mogholes),
Faire fi de tout bois,
Pub(lier) à bon compte d’auteur,
Se lier aux lianes ligneuses des rhizomes horizontaux,
S’affairer en folles figures figées,
Appeler quelque limier en liminaires,
Filer sans ratures les muses en filatures,
Déjouer les attendus,
Bifurquer les sens en tous sens,

Faire tomber de biais sur les codes.

Pinocchio en plein cœur

Pommerat nous frappe en plein cœur avec son Pinocchio. Les enfants ne s’y trompent pas pour cette dernière représentation de la création à l’Odéon. Ils applaudissent à tout rompre ce spectacle où le style de Joël Pommerat s’exprime à plein régime : un narrateur, torse nu, micro main qui renforce sa voix, (sa parole est forte, tranchante et rapide et pleine d’humour) raconte la seule chose qui vaille : la vérité. Il raconte la genèse, la naissance et la vie du pantin Pinocchio. Et sa quête de la vraie vie, allant du mensonge à la vérité.

Son père qui l’a fait est pauvre, timide. Alors que lui n’aspire qu’à la richesse -de manière quelque peu arrogante, et à la beauté. Les séquences se succèdent en tableaux rapides, à peine séparés par un fondu au noir sonore. Comme dans son admirable Petit Chaperon rouge, la trame sonore raconte à elle seule l’histoire. Tantôt, elle accompagne, tantôt elle ponctue, tantôt elle est surreprésentée, magistralement. Le théâtre de Pommerat rendrait le sourire à un aveugle mélancolique.

Ceux qui ont des yeux y voient aussi des mannequins, des musiciens, des personnages masqués, une fée géante, une mer comme aucune scène ne la vue aussi bien démontée (Devos en serait baba), et toujours ce jeu avant scène/fond de scène où Pommerat fait naviguer ses acteurs entre des immenses voiles de tulle. Les voiles pour la vue, les hypersons pour l’ouïe séquencent au rythme de la parole du narrateur comme autant de claps de réalisateur. La vie croissante se déroule inexorablement. Les épisodes connus (le refus de l’école, la prison, la transformation en âne, les retrouvailles de Pinocchio avec son père dans le ventre de la baleine) deviennent autant d’épreuves vers la vraie vie, non pas celle illusoire du divertissement, qui l’a tenté un moment, mais celle qui métamorphose un pantin de bois en petit homme. La vie en vrai voilà le don, une beauté, une bonté d’âme, qui dit vrai, qui dit la vérité.
Pour Pinocchio-Pommerat, la vie est une épreuve de vérité.

Extrait du dossier de presse :

Qui donc est-il, ce Pinocchio dont rêve Joël Pommerat et qu’il destine d’abord aux enfants ? Un être effaré, naïf, ravi – donc plongé, ajoute-t-il, dans «un état profondément théâtral». Autour de Pinocchio, héros d’une fête musicale et douce, le
spectacle joue du contraste entre l’austérité sérieuse du réel et les prestiges de la fantasmagorie. Ce conte librement réinventé où l’imagination enfantine se mesure à la dureté des «grandes personnes» part «de la question de la paternité et de la pauvreté».
Peut-on s’acquitter d’une dette de vie ? Comment devient-on grand tout en restant libre ? Joël Pommerat ne sait pas si les enfants se formulent de telles questions. Mais depuis qu’il a créé pour eux un Petit Chaperon rouge, il aime les histoires où elles se posent et sait qu’elles peuvent les captiver.

Extrait du livret de présentation, texte signé Daneil Loayza :

« Mentir, bien entendu, est aussi un besoin enfantin : celui de faire l’épreuve de sa liberté, fut-elle illusoire. Mentir, pour Pinocchio, c’est encore une façon de se déraciner, d’échapper à son appartenance pour tenter de se définir que par soi-même, dans ses propres termes. Le mensonge est donc également, du moins à un certain âge, un signe de vitalité : il réclame de l’initiative, de l’imagination, un certain sesn de la transgression. S’il contribue à développer ces qualités, il peut ouvrir à une meilleur connaissance de soi [on l’appelle alors d’un autre nom : songe ou fiction, voire « histoire vraie « ]. (…) Pommerat a lié deux aliénations et deux besoins : richesse et mensonge. Dans son spectacle, l’un porte sur l’autre, l’une provoque l’autre. C’est que ces deux alinéations, au fond, ont une racine commune : l’aspiration à être plus et autre que soi-même, aspiration qui chez les enfants, oscillant entre être et avoir, s’appelle « grandir « . »

Equipe :

Pinocchio d’après Carlo Collodi, texte et mise en scène Joël Pommerat
scénographie : Eric Soyer
Lumière : Eric Soyer avec Renaud Fouquet
animaux, mannequins : Fabienne Killy
son : François Leymarie, Grégoire Leymarie, Yann Priest
musique : Antonin Leymarie

avec : Pierre-Yves Chapalain, Jean-Pierre Costanziello, Philippe Lehembre en alternance avec Daniel Dubois, Florence Perrin, Maya Vignando

Tournée :

Prochaines étapes de Pinocchio : Tours, Chambéry, Lyon, Douai, Rennes, Bordeaux, Martigues, Brétigny.

obsession monochrome

Ces deux photos n’illustrent pas un goût maniaque pour le rangement, mais la démarche de l’artiste sud-coréenne Jeong Mee Yoon. Sa fille Seowoo aime le rose.

Depuis, Jeong Mee photographie les enfants et leur couleur dans leur chambre. Elle expose son travail à la gallerie Jenkins Johnson de New-York jusqu’au 26 avril, comme le raconte Bonnie Yochelson dans le New York Times du 24 février, repris dans le supplément hebdomadaire du Monde de ce week-end. George Perec , grand amateur d’inventaires en tout genre n’aurait pas renié ce travail de l’obsession monochrome…

Nimrod lauréat de deux prix

Le prix Benjamin Fondane a été remis aujourd’hui, à l’Institut culturel roumain de Paris, à Nimrod, poète, essayiste, romancier, auteur de trois livres publiés en ce mois de mars : Le Bal des princes, La Nouvelle Chose française, Rosa Parks : Non à la discrimination raciale.

Ce prix est décerné le jour de la célébration de la lutte contre la discrimination raciale et le lendemain de la Jounée internationale de la francophonie, ce qui fait de Nimrod un poète très célébré. Il est également le poète lauréat du prix Edouard Glissant 2008.

Le prix Fondane distingue chaque année un écrivain francophone dont la langue maternelle n’est pas le français. Les deux premiers lauréats furent le tchèque Petr Kral (2006) et le tunisien Abdelwahab Meddeb (2007).

Benjamin Fondane (1898-1944), dont l’œuvre essentielle, influencée par la pensée existentielle, fut écrite en français, est mort à Auschwitz. Il a notamment écrit Baudelaire ou l’expérience du gouffre (éditions Complexe, 1999).

Salon du livre : – 8%

Avec 165 300 visiteurs en six jours, la fréquentation du Salon du livre de Paris, qui s’est terminé le 19 mars, a baissé de 8 % par rapport à l’an dernier, a annoncé le Syndicat national de l’édition (SNE). Les entrées payantes (35 000) ont accusé une baisse de 17 %.

Version outre-mer n° 14

Autant de monde que l’an dernier mais achats en baisse, telles étaient les estimations de la fréquentation et du chiffre d’affaires des éditeurs exposants, hier à la fin de la nocturne. Aujourd’hui dernier jour du Salon.

 « Chân Dàng », c’est-à-dire « engagé sous contrat » en vietnamien, est le titre d’un roman de l’écrivain calédonien Jean Vanmaï, publié en 1980. Imaginez sa tête quand il a découvert aujourd’hui le livre d’un compatriote publié par Dualpha, qui se présentent comme « éditions non-conformistes » et portant le même titre, « Chân Dàng ». « Plagiat ! », s’est-il écrié en français, scandalisé.

Teahupoo, livre sur le surf polynésien, déjà vendu à 7000 exemplaires sera prochainement traduit en japonais. Son éditeur, Au Vent des îles, annonce la sortie prochaine d’un Va’a (pirogue polynésienne) dans la catégorie « Beaux livres ».

L’écrivain haïtien Gary Victor a été récompensé du prix littéraire des Caraïbes 2008 pour son roman Les Cloches de la Brésilienne. Ce prix devrait consoler son éditeur, Vent d’ailleurs, qui n’a pas supporté la fausse alerte à la bombe de dimanche : à l’heure dite, il a dû bazarder les agapes prévues pour 300 invités !

 « Que la critique ait l’intelligence du cœur », mot entendu dans un débat au Salon, de Joseph Macé-Scaron, directeur du Magazine littéraire, dont le dernier numéro (nouvelle formule) publie un portrait de Toni Morrison signé Léonora Miano.

En 2009, l’invité du Salon du livre sera le Mexique. A lire donc, Carlos Fuentes, Octavio Paz (Prix Nobel) et l’auteur libertaire de polars Paco Ignacio TAIBO II. On connaît un écrivain franco-togolais qui a du nez : Sami Tchak vient de sortir au Mercure de France, Filles de Mexico.

 

Version outre-mer n° 13

Mardi c’est nocturne. Ouverture du Salon jusqu’à 22h.

Combien ça coûte ? Pour le stand du Pacifique, la seule location du stand coûte 16 760 €. Avec une baisse de 30% des ventes, ça fait cher payée la participation. Sur le bilan, on y revient demain, dernier jour du Salon.

Koffi Kwahulé est un écrivain, dramaturge et comédien né en Côte d’Ivoire, lauréat 2006 du Prix Ahmadou Kourouma pour son très beau roman Babyface (Gallimard, Continents noirs). En résidence dans le quartier parisien cosmopolite de la Goutte d’Or, son écriture est fêtée pendant les deux mois d’avril et de mai. C’est mérité, très largement mérité, entre colloque, théâtre et concerts de jazz. Le must : il anime avec les femmes du quartier (en foulard ou pas) un atelier d’écriture sur le thème de la joie. Ça ne s’invente pas et c’est présenté au public le 10 avril au Lavoir Moderne Parisien… Un conseil : réservez !

Un atelier d’écriture collective sur les nouvelles formes d’écriture est animé par Arnaud Cathrine au Salon à 17h30.

Version outre-mer n° 12

Dimanche : alerte à la bombe et évacuation pour une heure du Salon du livre. 

Lundi : journée professionnelle (mardi on se rattrapera avec la nocturne).

Les scolaires du 9-3 en profitent : à 9 h 30 ils rencontrent l’écrivain israélien Aharon Appelfeld.

à 10h, stand de Radio-France, un débat affiche la question provocatrice : « 80 000 titres par an, l’édition française est-elle en train de se creuser une tombe de papier ? »

à 11h30, Les premiers auteurs de la nouvelle collection d’Actes Sud junior : Ceux qui ont dit « non ». Dont le brillant et très recommandable Nimrod avec Rosa Parks : Non à la discrimination raciale [et un prochain Victor Schœlcher, annoncé pour septembre].

Les 60 ans du manga ont été célébrés samedi par un colloque à la Maison de la culture du Japon. Ce colloque se poursuit aujourd’hui au Centre d’études et de recherches internationales, 56 rue Jacob à Paris. Thèmes : 1.La réception du manga en Europe, 2.Style et narration, 3.L’avenir du manga.

L’avenir du manga a de l’avenir. Sur le programme du Salon, à 14h30, on peut lire : L’avenir du manga ! L’auteur de Je suis un écrivain japonais, Dany Laferrière, s’est fait porter pâle.

Lors de la rencontre Enseigner l’histoire de l’esclavage et la Shoah, hier sur le stand de France Télévisions, on a appris la publication (probablement pour le 10 mai) du livre de Sophie Ernst, Quand les mémoires déstabilisent l’école.