Prix roman France Télévisions, sélection 2010

Le prix roman France Télévisions sera décerné le 5 novembre par un jury de 21 lecteurs-téléspectateurs, qui choisiront parmi une sélection de six ouvrages :

Anne Berest, La fille de son père (Seuil),

Robert Bober, On en peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (P.O.L),

Marc Dugain, L’insomnie des étoiles (Gallimard),

Eric Faye, Nagasaki (Stock),

Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme (Actes Sud),

Claude Louis-Combet, Le livre du Fils (José Corti).

Les vingt-et-un lecteurs ont été choisis sur lettre de motivation parmi un millier de candidatures.

100 000 euros pour les artistes haïtiens

La vente aux enchères en faveur des artistes haïtiens organisé ce 23 septembre a récolté 100.000 €. Le fruit de la vente Haïti Action Artistes sera destiné à construire une coopérative sur un terrain existant où les artistes pourront travailler, trouver du matériel et recevoir une formation, sous le contrôle de la Maison des Artistes.
Les artistes les plus connus ont fait les prix attendus : Jean Jacques Lebel  6500€, Ernest Pignon Ernest 3400€, Jean Rustin 5000€, Fromanger 4000€, Télémaque 2200€, Antonio Ségui 3500€.
D’autres moins célèbres créaient la surprise telle cette œuvre de Roger Suraud partie à 1500€ sur une estimation très raisonnable de 200€.
L’œuvre d’Elodie Barthélémy qui avait fait la couverture de Libération le 15 janvier 2010 et avait servi au logo de l’opération partait à 3.200€. Elle était achetée par la communauté haïtienne en France très active durant la vente.

Patrick Saint-Éloi, un hommage de G. Delver et P. Chamoiseau

Après la mort à 52 ans de Patrick Saint-Éloi, chanteur du groupe Kassav, un hommage par Gérard Delver et Patrick Chamoiseau, publié par Madinin’Art  :

« Il y a d’abord le respect dont il faisait preuve à l’égard de tous.
Puis sa bonté.
Puis sa simplicité.

Puis cette humilité qui faisait partie de son talent, en intensité, en force et en fragilité.
 Il y a encore, l’absence de renoncement, ou de désengagement, dans une vie qu’il a voulu mener en solitaire pour mieux être solidaire.

Ce qui nous reste, c’est cette célébration constante de sa terre, de son pays et de son peuple. C’est son inclinaison naturelle à associer aux rythmiques de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, les mélodies et harmonies de toute la Caraïbe et des autres faces du monde ; comme si, dessus la base féconde de la polyrythmie du zouk, pouvait se capter et se vivre au mieux ce que nous sommes : des identités enracinées mais ouvertes, opaques mais tellement claires d’amour, de danse, d’amitié, de la joie et de la douleur du vivre…

Ce qui nous reste, c’est cette langue créole menée vers les intensités de la douceur la plus extrême, exaltée dans les célébrations du sentiment, forcée d’accorder son éclat aux labyrinthes des vieux lenbé.

Ce qui nous reste, c’est la langue créole soudain capable d’exprimer ce que les hommes d’ici savent si peu exprimer : le désarroi, la tendresse, la mélancolie, notre fragilité en face des grands soleils de l’émotion, et de la puissance des femmes.

Nous reconnaissons-là, au coeur même du créole, de sa culture et de sa langue, un tressaillement lyrique considérable.

Mieux qu’une réussite : une source singulière qui fera de son passage parmi nous un événement aussi impérissable qu’une floraison de flamboyants.

Patrick St Eloi nous a chanté la vie.
 Et de savoir que nous ne le verrons plus danser avec nous, parmi nous, fait partie de ces peines sans remèdes qu’il avait su nous faire chanter.
 »

Bookcrossing latino… « le jour B »

« Lâchers de livres » dans le cadre de cette journée du printemps et de la « bibliodiversité »… une manifestation imaginée par le réseau hispanophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants autour de l’éditeur argentin Guido Indij

Des rencontres littéraires, des animations en partenariat avec des librairies indépendantes, des débats et des conférences dans des parcs avec des auteurs ou encore des “lâchers de livres” dans l’espace public devaient marquer, mardi 21 septembre, la première Journée internationale de la bibliodiversité lancée en Amérique latine à l’initiative d’éditeurs d’Argentine, de Bolivie, du Chili, d’Uruguay, du Mexique et de Colombie.

Un bookcrossing latino ?

Voir le site El dia B

Théâtre : lectures d’auteurs haïtiens contemporains le 28 septembre 2010

Une pièce pour Haïti !

Entrée libre pour des lectures des textes de trois auteurs dramatiques haïtiens : Charitable Duchens, Jean Durosier Desrivières, Guy Régis Junior.
Un communiqué de d’ETC Caraïbe : « Notre soutien aux auteurs haïtiens  ne doit pas fléchir!
Etc-Caraïbe, association d’auteurs dramatiques caribéens, a lancé dès le 14 Janvier un appel de fonds pour aider, sur place en Haïti, ses auteurs victimes du séisme du 12.
Dans le but de poursuivre ce soutien effectif  et de remercier ses donateurs Etc-Caraïbe,  en partenariat avec les Midis Libres du Théâtre du Rond Point à Paris, donne à entendre trois textes dramatiques haïtiens :

  • Acte de citoyen absolu de Charitable Duchens ;
  • Paroles en crue de Jean Durosier Desrivières ;
  • Le père de Guy Régis Junior.

Textes mis en lecture par François Marthouret et présentés par Mylène Wagram et Jacques Martial. Puis une rencontre-débat aura lieu en présence des trois auteurs.
Rendez-vous : Théâtre du Rond Point, mardi 28 Septembre 2010, 12h30.

Ecrivains mexicains, un documentaire de 13′

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=27961

Découvrez Carlos Fuentes, Martin Solares, rencontre avec des écrivains mexicains sur Culturebox !

A l’occasion du Salon du livre de Paris de l’an dernier, Christian Tortel proposait un documentaire de 13’, Écrivains mexicains 2009.

Carlos Fuentes, le doyen, l’ambassadeur, et Paco Ignacio Taïbo II, le biographe et l’auteur de polars, nous ont ouvert leur bibliothèque. Avec trois jeunes auteurs, ils sont nos guides dans un pays soumis à l’hyperviolence des narcotrafiquants, héritier de hautes cultures (olmèque, maya, aztèque, toltèque), où bouillonne une littérature solaire mais désenchantée, aux richesses méconnues.

Cette balade littéraire, mise en images par Jean-Pierre Magnaudet, nous emmène à Tampico, sur le Golfe du Mexique, en face des Caraïbes. Martín Solares s’est inspiré de sa ville natale pour écrire un roman policier aux résonances dans la terrible actualité du pays, Les minutes noires (Christian Bourgois éditeur, réédité en poche 10/18 en mai 2010).

A Coyoacán, quartier paisible d’une capitale démesurée, Guadalupe Nettel, grande lectrice d’Octavio Paz, raconte son goût pour toutes les formes de beauté, projet développé dans son recueil de nouvelles, Pétales et autres histoires embarrassantes (Actes Sud).

Plus au Sud, à Oaxaca, la rebelle, se rejoignent les traces des Codex, grands récits aztèques, et le tout premier recueil de poèmes en langue mazatèque, Tatsjejín nga kjabuya (« La mort n’est pas éternelle », bilingue espagnol). Juan Gregorio Regino nous dit ce qui change quand il écrit dans une langue
indienne, l’une des 65 du Mexique de 2009.

Écrivains mexicains 2009 s’inscrit dans une série de grands reportages littéraires : Écrivains voyageurs au Mali (2003), Écrivains mauriciens (2004), Écrivains et artistes haïtiens (2007).

James Noël : « J’écris pour avoir de mes nouvelles… »

« J’écris pour avoir de mes nouvelles, me convoquer en un tour de main. Et aussi répondre à chaque fois, comme par erreur, aux chants du cygne de ma terre malade ! La poésie me permet de partir, partir sans me fuir. »
Ainsi clôt l’excipit du recueil de James Noël, écrit avant le séisme du 12 janvier 2010, Des poings chauffés à blanc, l’un des quatre premiers titres des toutes nouvelles Éditions Bruno Doucey , ancien directeur éditorial de Seghers.
Ce poème « Dernière phase » donne le titre au recueil :
Je te tends mes poings
chauffés à blanc
des poings d’émeutier de la langue
des poings d’émeutier de la fin
la faim du monde
qui parle en langage
dans le ventre de la terre
etc.
Une poésie traversée par l’urgence de dire, car « ce n’est pas avec des gants roses qu’on assassine la mort et ses suppôts ».