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Découvrez Maryse Condé publie « En attendant la montée des eaux » sur Culturebox !
Dix-sept romans français :
– Claude Arnaud, Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset)
– Dominique Barbéris, Beau rivage (Gallimard)
– Robert Bober, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (P.O.L.)
– Geneviève Brisac, Une année avec mon père (L’Olivier)
– Jean-Baptiste del Amo, Le sel (Gallimard)
– Philippe Forest, Le siècle des nuages (Gallimard)
– Jean Guerreschi, Bélard et Loïse (Gallimard)
– Jean-Baptiste Harang, Nos cœurs vaillants (Grasset)
– Thomas Heams, Cent-seize Chinois et quelques (Seuil)
– Fabrice Humbert, La fortune de Sila (Le Passage)
– Claudie Hunzinger, Elles vivaient d’espoir (Grasset)
– Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont (Verticales)
– Bernard Quiriny, Les Assoiffées (Seuil)
– Jean Rodier, En remontant les ruisseaux: de l’Aubrac à la Margeride (L’Escampette)
– Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël ? (Verticales)
– Balthasar Thomass, Le cercle des cendres (Philippe Rey)
– Antoine Volodine, Ecrivains (Seuil)
Et dix romans étrangers:
– David Vann, Sukkwan Island (Gallmeister)
– Thomas Pynchon, Vice caché (Seuil)
– William Boyd, Orages ordinaires (Seuil)
– Sofi Oksanen, Purge (Stock)
– Kate O’Riordan, Un autre amour (Joëlle Losfeld)
– Gonçalo M. Tavares, Apprendre à prier à l’ère technique (Viviane Hamy)
– Per Petterson, Maudit soit le fleuve du temps (Gallimard)
– David Trueba, Savoir perdre (Flammarion)
– Andreï Valerievitch Gelassimov, Rachel (Actes Sud)
– Elisabetta Rasy, L’obscure ennemie (Seuil)
Verdict mercredi 3 novembre.
Femina 2010, 1ère sélection du prix qui sera décerné le 2 novembre.
Romans français:
– El-Mahdi Acherchour pour Moineau (Editions Aden)
– Claude Arnaud pour Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset)
– Virginie Despentes pour Apocalypse Bébé (Grasset)
– Philippe Forest pour Le siècle des nuages (Gallimard)
– Gisèle Fournier pour Le dernier mot (Mercure de France)
– Mikaël Hirsch pour Le réprouvé (L’Editeur)
– Michel Houellebecq pour La Carte et le territoire (Flammarion)
– Fabienne Jacob pour Corps (Buchet Chastel)
– Maylis de Kerangal pour Naissance d’un pont (Verticales)
– Patrick Lapeyre pour La vie est brève et le désir sans fin (POL)
– Olivia Rosenthal pour Que font les rennes après Noël ? (Verticales)
– Violaine Schwartz pour La tête en arrière (POL)
– Antoine Volodine pour Ecrivains (Seuil)
Romans étrangers:
– Alberto Barrera Tyszka pour La maladie (Gallimard) – Venezuela
– Bernardo Cavalho pour Ta mère (Metaillé) – Brésil
– Shirley Hazzard pour La baie de midi (Gallimard) – Australie
– Michel Heyns pour Jours d’enfance (Philippe Rey) – Afrique du Sud
– Henrik B. Nilsson pour Le faux ami (Grasset) – Suède
– Audur Ava Olafsdottir pour Rosa candida (Zulma) – Islande
– Edna O’Brien pour Crépuscule irlandais (Sabine Wespieser) – Irlande
– Sofi Oksanen pour Purge (Stock) – Finlande
– Kate O’Riordan pour Un autre amour (Joëlle Losfeld) – Irlande
– Hwang Sok-Yong Shim Chong pour Fille vendue (Zulma) – Corée du sud
– Amanda Smyth pour Black Rock (Phébus) – Etats-Unis
– Gonçalo M. Tavares pour Apprendre à prier à l’ère de la technique (Viviane Hamy) – Portugal
– Maria Velho da Costa pour Myra (La Différence) – Portugal
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Découvrez « Demain j’aurai vingt ans », le nouveau roman d’Alain Mabanckou sur Culturebox !
« Mon père a baissé le son de la radio pour nous expliquer qu’Idi Amin Dada c’est un monstre plus méchant que le dragon et qu’il mangeait les gens avec du piment et du sel. Je suis étonné quand j’apprends qu’en fait il ne savait pas très bien lire, qu’il ne savait pas très bien écrire alors qu’il mesurait presque deux mètres. Pourquoi il n’a pas pris le temps d’aller très loin à l’école comme tout le monde ? D’accord, on va me dire que maman Pauline elle aussi elle ne sait pas bien lire et écrire, mais elle, elle n’a jamais tué personne et elle parle bien le français car on peut bien parler une langue même si on ne sait pas bien la lire ou bien l’écrire. Sinon comment on fait pour bien parler nos langues comme le lingala, le munukutuba, le bembé, le lari, le mbochi ou le vili alors qu’on n’a pas appris à les lire et à les écrire, hein ? » (extrait p. 130)
Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, roman, Gallimard, 382p.
Si vous ne l’avez pas lu, profitez de l’édition poche en 10/18 de La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao ainsi présenté par l’éditeur Plon :
» Peu importe en quoi vous croyez, le fuku, lui, croit en vous « . Le fuku, c’est la malédiction qui frappe la famille d’Oscar, une très ancienne légende dominicaine. Oscar, lui, rêve de mondes fantastiques, s’imagine en Casanova ou Tolkien, au lieu de quoi il grandit au fond de sa classe et de son New Jersey, binoclard fou de SF, obèse et solitaire. Ses seuls superpouvoirs sont ses voyages dans l’histoire de sa famille. Nourrie des destins de ses aïeux brisés par la torture, la prison et l’exil, la vie d’Oscar s’écrit, fulgurante et désastreuse. Et rejoint la grande Histoire, celle de la dictature de Trujillo, de la diaspora dominicaine aux Etats-Unis, des promesses avortées du rêve américain. »
Je dirai que le roman de Junot Diaz n’a rien de « surdimensionné » . Il est tout simplement à la démesure du monde des jeunes latinos des Etats-Unis. Déjà dans son recueil de nouvelles « Los Boys », le titre portait la marque de ce bilinguisme.
Avec « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao », les phrases truffées d’hispanismes sont à la hauteur de ce roman du Tout-Monde américain (Nord et Caraîbes entremélés). D’ailleurs la traduction en français de Laurence Viallet est absolument remarquable. Fallait se coltiner avec cette langue qui mélange non seulement les langues mais les niveaux (de langue), le verlan comme les argots, les héros de Tolkien comme les héros de séries de fantaisy, base de métaphores propulsives : elle rendent captivante la lecture de ce roman merveilleux.
On passe des références de Glissant à Derek Walcott de Sainte-Lucie, de Trujillo, dictature persistante, à la police dominicaine actuelle, des rêves effondrés de notre Oscar à la chronique amère de sa destinée tourmentée. Qui écrit mieux que Diaz l’impossible attachement à son île d’origine, de ses multiples identités dans un monde fractal comme les Amériques ? A l’instar de « Candide » de Voltaire, plongé dans les horreurs de l’histoire de son temps, Oscar passe d’un pays à l’autre, d’un objet de désir à l’autre, d’un contexte étudiant à un contexte tyrannique, en toute candeur, mais une « candeur moderne », celle qui croit le monde à portée de main.
« Je ne tiens pas pour nécessaire qu’un homme de Lettres doive s’imaginer que la compréhension du Lecteur, tôt ou tard, le récompensera de sa risible obstination, et l’on sait à qui s’adresse l’idolâtre amour du public. Mais qu’il soit indispensable d’être mort, c’est l’évidence même.», écrivait Richard Jorif dans un autoportrait qu’il avait rédigé en 1988 pour le Dictionnaire des écrivains par eux-mêmes de Jérôme Garcin (Mille et une nuits), rappelle Le NouvelObs.com à l’occasion de la mort de cet écrivain méconnu mais de haute stature.
« Né en 1930 à Paris, d’une mère martiniquaise et d’un père d’origine indienne, écrit Livres Hebdo, Richard Jorif montre dès son adolescence une grande exigence vis-à-vis de lui-même et de son écriture : ayant décroché un rendez-vous avec Bernard Grasset alors qu’il n’a que 16 ans, il ne s’y rendra pas, jugeant au dernier moment que son manuscrit n’était pas digne d’être lu.
L’auteur avait donc attendu d’avoir 57 ans pour publier son premier ouvrage, Clownerie, chez François Bourin en 1988.
Il avait ensuite été l’auteur du Navire Argo et du Burelain (Gallimard), ainsi que de Tohu-bohu (Julliard) et d’un livre sur Paul Valéry en 1991 chez Lattès. »
Rencontré à cette occasion au Salon du livre de Paris, il nous avait séduit par sa sérénité humble et tranquille, sa douce présence au monde.
« Richard Jorif était passionné par le Littré, se souvient Livres-Hebdo, dans lequel il voyait aussi un témoin de la vie de son auteur: “Littré avait caché sa vie dans son dictionnaire”, avait-il déclaré en 1992.
Cet amour du Dictionnaire de la langue française, qu’il avait découvert à 16 ans, était au cœur de l’œuvre de Jorif, qui affirmait : “Il faut employer les mots comme s’ils savaient qu’ils ont une histoire”.
Alors que l’écrivain avait déclaré écrire “pour répondre à une question qu’on est le seul à se poser et le seul à pouvoir y répondre”, le titre de son dernier ouvrage, Qu’est-ce-que la mort, fourrure ?, publié en 2001 au Cherche-Midi, prend aujourd’hui une nouvelle résonance. » Un recueil pour lequel Jean-Claude Lebrun de l’Humanité saluait « Un écrivain qui ne fait pas semblant ».
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=28192Découvrez « Le retour de Jim Lamar » premier roman de Lionel Salaün sur Culturebox !
« Un très beau roman d’initiation, baigné dans une atmosphère moite d’Amérique profonde. », estime Ventilo
Lionel Salaün se demande ce qui lui arrive depuis que “Le retour de Jim Lamar” est devenu un livre. Pas un énième texte perdu au fond de son ordinateur. Vingt ans qu’il écrivait la nuit sans avoir une touche. « Je me suis dit : c’est le dernier essai. Si ça ne donne rien, j’arrête. J’ai envoyé le manuscrit à quatre éditeurs. La semaine suivante, les éditions Liana Levi me disaient qu’elles le prenaient. », comme il le raconte au Dauphiné Libéré dans un article intitulé sans chicaner : « La progression fulgurante d’un écrivain savoyard ».

En Haïti comme dans l’Est du Congo, les femmes violées essaient d’exorciser leur souffrance infinie par le théâtre. Le festival de cinéma des minorités de Douarnenez présentait il y a quelques jours « Les enfants du coup d’Etat » de Rachel Magloire (2001).
En Haïti, des femmes victimes des viols collectifs durant la période du coup d’Etat militaire de 1991 à 1994, décident de monter une pièce de théâtre pour exorciser les démons qui les habitent, et réclamer une justice qui tarde à être rendue. Documentaire troublant où dominent la personnalité et le témoignage de d’Iphémie Jean-Pierre et de ses enfants.
Coïncidence, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik vient de rentrer d’une mission auprès des femmes violées dans l’Est du Congo: A la rencontre de femmes violées en RDC, avec Boris Cyrulnik. Il dit dans « Le Monde » la quasi-impossibilité de la résilience (surmonter le traumatisme), mais aussi l’espoir que suscite le passage par le théâtre… comme en Haïti.