Le Nobel de littérature au poète suédois Tomas Tranströmer

Le comité Nobel a récompensé le poète suédois le plus connu et le plus traduit de sa génération. Tomas Tranströmer, né en 1931 à Stockholm, a été récompensé « car, par des images denses, limpides, il nous donne un nouvel accès au réel », selon l’Académie suédoise. Il a publié une quinzaine de recueils en 50 ans. Il est publié en France au Castor astral et chez Gallimard.

Son style introspectif, décrit par le magazine Publishers Weekly comme « mystique, versatile et triste », détonne avec la vie même du poète engagé dans un combat pour un monde meilleur, et pas seulement au travers de poèmes. (Le Figaro)

Dans La Grande Énigme, cet haïku, traduit par Jacques Outin :

Sur une saillie rocheuse
on voit la fissure du mur des trolls.
Le rêve, un iceberg.

Liens :


Lire en Polynésie en appelle aux « gouvernants » pour soutenir le livre et la lecture

 

Lire en Polynésie réunit sa 11e édition à Papeete (Tahiti), du 6 au 9 octobre, sous l’égide de l’Association des éditeurs de Tahiti et ses îles, présidée par Christian Robert (Au Vent des îles), et la Maison de la Culture/Te Fare Tauhiti nui, avec pour thème la « Nature ».

Autour de l’astrophysicien Jean Audouze, de l’écrivain australien Paul D’Arcy, de l’anthropologue calédonien Jean Guiart (L’idée océanienne de la nature), et de l’auteur américain Pete Fromm, on relève notamment les thèmes du polar vert, de la création du monde par Taaroa nui tahi tumu, de l’édition numérique, de la navigation ancestrale en Océanie, de la montée des eaux en Polynésie française.

Ce salon sera également l’occasion d’évoquer la politique culturelle dans le domaine du livre.
« Alors que les temps ne sont pas des plus prospères, le livre reste et demeure un refuge, un bien culturel qui doit être accessible à tous, écrit Christian Robert dans le journal du Salon.

Pourtant, de nombreuses questions se posent. Pourquoi si peu d’intérêt de nos gouvernants pour ce secteur ? Comment se fait-il qu’aujourd’hui notre système de lecture publique soit si peu développé ? Peut-on rester insensible à la fermeture d’une librairie ? Est ce que le livre numérique est un espoir, un leurre ? Comment développer les bibliothèques de demain ? »

« Nous souhaitons faire reconnaître la littérature polynésienne et générer un véritable marché du livre, viable économiquement » explique le dirigeant des éditions « Au Vent des îles », à Tahiti-Infos.

Signalons la sortie du très attendu n°19 de la revue littéraire Litterama’ohi, intitulé «Autochtonie et peuples autochtones».

 

Dans les faux romans que j’écris (Lyonel Trouillot)

 
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Découvrez La belle amour humaine le dernier roman de Lyonel Trouillot sur Culturebox !
À lire la belle interview de Lyonel Trouillot par Médiapart à l’occasion de la sortie de son roman La Belle amour humaine (Actes Sud)

« On est frappé par la construction de votre livre, une narration au récitatif, cette manière de croiser les voix sur le mode de l’adresse poétique. Pourriez-vous revenir sur ce choix d’écriture ?
Cela correspond à un point de vue général sur l’écriture : ce qui m’intéresse dans les faux romans que j’écris, c’est de donner de la voix à quelqu’un, et même à plusieurs quelqu’un. Et dans ce texte en particulier dont le thème est l’altérité
(…)
Ce que vous écrivez à la fin du roman d’ailleurs, «il faut mettre sa part de voix». C’est une manière de définir la «présence au monde» ?
Oui, que pouvons-nous faire à part capter quelques fragments ? Que dire dans ce grand concert de voix du discours humain ? Pour parler il faut écouter l’autre, être en relation avec ce qu’il ressent, ce qu’il pense. Aujourd’hui, le monde a évolué vers la droite, et j’ai écrit un livre communiste, d’une certaine manière, pas au sens stalinien, au sens noble. C’est pourquoi il est dédié à Jacques Stephen Alexis, un homme politique de gauche que l’on considérerait aujourd’hui comme d’extrême gauche et qui avait ce rêve d’une voix individuelle dans une quête de bonheur collectif.
etc.

Sleep son, en musique, en anglais, en arabe

SLEEP SONG -Mike Ladd & guests from Mathieu Bouvier on Vimeo.

« Dans le cadre de son programme sur la transculturalité musicale et les croisements de langages musicaux, que dirige Frédéric Deval, la Fondation Royaumont met en œuvre le projet poétique et musical de Mike Ladd sur la guerre US en Irak. À partir de témoignages qu’il a recueillis par interviews auprès de vétérans US de la guerre en Irak, le poète et slameur US Mike Ladd, résidant depuis quelques années à Paris, écrit des poèmes originaux d’une force rare, et élabore une rencontre avec des poètes et musiciens irakiens, dans leurs langues et dans leurs langages musicaux.
Comment les sons des langues anglaise (US), arabe (Irak), et les sons des musiques qui les portent, peuvent-ils à nouveau frayer un cheminement humain ? Un cheminement qui part du réel comme cauchemar, de la révulsion et de l’horreur physique de la mort et de la souffrance infligées, et établit, pas à pas, une écoute réciproque et un monde imaginaire où se trouver un réel rêvé.
L’après 11 septembre 2001 peut bifurquer vers l’un ou l’autre. »

Sleep song, au théâtre de l’Odéon (Paris), une soirée paroles et musiques, ce 3 octobre à 20h avec  Mike Ladd, slameur/performeur, Ahmed Abdul Hussein, poète irakien, Maurice Decaul, poète américain, Vijay Iyer, piano, Ahmad Mokhtar, oud, Serge Teyssot-Gay, guitare.

Excepté l’usage excessif du signe « US », la soirée est recommandable.

Grand Prix du Roman Métis 2011 (sélection)

Le Grand Prix du Roman Métis 2011 sera décerné au cours de la première semaine de décembre à l’ancien Hôtel de Ville de Saint-Denis-de-la-Réunion.
Pour sa deuxième édition, sept romans ont été sélectionnés par le jury présidé par Mohammed Aïssaoui.

La Ville de Saint-Denis et La Réunion des Livres ont le plaisir de vous annoncer cette sélection :

Mon petit bunker de Marine Bramly, JC Lattès, 2011

Samba pour la France de Delphine Coulin, Editions du Seuil, 2011

Petite reine de Saba de Rose Nollevaux, Memory Press, 2011

Sur feuille de songe… de Catherine Pinaly, L’Harmattan, 2011

Les Mamiwatas de Marc Trillard Actes Sud, 2011

La belle amour humaine de Lyonel Trouillot, Actes Sud, 2011

Corps mêlés de Marvin Victor, Gallimard, 2011

Le Grand Prix du Roman Métis est né 2010 à L’Ile de la Réunion. Initié par la Ville de Saint-Denis et La Réunion des Livres, il a couronné l’an passé En attendant la montée des eaux de Maryse Condé et Une année chez les français de Fouad Laroui, qui a reçu la mention spéciale.

Prix Roman France Télévisions 2011 (sélection)

21 téléspectateurs, dont certains d’outre-mer, choisiront, le 3 novembre prochain, le lauréat du Prix Roman France Télévisions 2011,  parmi les 6 ouvrages suivants :

–        Bessora, Cyr@no, Belfond

–        Sorj Chalandon, Retour à Killybegs, Grasset

–        Brigitte Giraud, Pas d’inquiétude, Stock

–        Christian Oster, Rouler, L’Olivier

–        Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Gallimard

–        Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, JC Lattès

Nantes round trip avec Glissant

En peintures, textures et lectures, « Nantes round trip », à l’espace Cosmopolis, accueille des « Itinéraires artistiques » (expositions, spectacles, conférences, films) consacrés à la mobilité internationale des artistes, jusqu’au 31 janvier 2012. Et parmi eux… Édouard Glissant.
« Il s’agit de montrer comment la mobilité internationale est un atout pour les acteurs culturels, les artistes, mais également pour la ville. En quoi ces échanges nourrissent le processus créatif des artistes, développent l’imaginaire de la ville et participent à son développement, à son attractivité », note le programme.
« La mobilité des œuvres et des artistes est un enjeu européen essentiel en termes artistique, professionnel et plus largement politique. Elle participe de la constitution d’un espace culturel commun et du rapport de cet espace avec le reste du monde », explique Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (PS).

Programme consacré à Glissant :

Un monde archipel
Lectures par la compagnie de la Fidèle-idée de textes extraits de l’anthologie d’Édouard Glissant La terre, le feu, l’eau et les vents (Galaade).
Vendredi 23 septembre à 20h30

Nantes dans le « Tout-Monde » d’Édouard Glissant
En une cinquantaine de clichés, Phil Journé retrace le passage du poète à l’espace culturel Louis Delgrès.
Du 1er au 14 octobre, Espace culturel Louis Delgrès, 89 quai de la Fosse, 02 40 71 76 57
Lundi : 10h-17h30, du mardi au vendredi : 10h-19h, samedi : 12h-18h

Et la peinture (vibrations, explosions, relation)
Conférence par Renée Clémentine Lucien, enseignant-chercheur à l’Université Paris III
« La peinture « apprend à fréquenter le monde », écrivait Glissant dans La Cohée du Lamentin. C’est cette philosophie de la relation qui sous-tend la réception des œuvres de très nombreux artistes dont Édouard Glissant a étudié l’esthétique ou qu’il a personnellement côtoyés. L’essayiste des peintres des Amériques a repéré dans ces œuvres une grammaire de la fragmentation, du décentrement.
Les explosions et les vibrations qu’il y décèle ne sont pas celles d’une esthétique empreinte d’une violence qui collerait à la fureur immédiate du monde. Ce poète, qui a porté une constante attention à la consolidation d’une fragile vie artistique dans son île et au difficile ancrage de peintres antillais dans une France où ils commencent à peine à être
reconnus, savait que leur peinture est à la fois tissée de la trace de la cale et résolument fruit-rhizome. »

Proposée par Mémoire de l’Outre-Mer, le 8 octobre à 17h00, Cosmopolis, suivie de lectures à 19h :

Lectures d’Édouard Glissant
Lecture-expression corporelle sur les vagues de la poétique du Tout-Monde d’Édouard Glissant, sous la direction de Flora Théfaine. Un couple de danseurs évoluera au son du Djembé et du Tambour Bèlè sur des sections complètes des poèmes d’Édouard Glissant : Les Indes, La Traite, Les Héros, La Relation, dites par deux comédiens.
Spectacle proposé par Mémoire de l’Outre-Mer à la suite de la conférence sur « Glissant et la peinture ».
Samedi 8 octobre à 19h, Cosmopolis

Avec Sorosoro, le souffle ténu mais têtu des langues en danger

Boa Sr, était la dernière femme à parler la langue « Bo », des îles d'Andaman et des Îles Nicobar en Inde. AFP/HO/Alok Das

Boa Sr, était la dernière femme à parler la langue « Bo », des îles d’Andaman et des Îles Nicobar en Inde. (AFP/HO/Alok Das)

Vertigineuse ambition des 3èmes rencontres Sorosoro, mot araki du Vanuatu, qui veut dire « souffle, langue, parole ». Sous l’égide de la Fondation Chirac, cette manifestation se tiendra le 8 décembre prochain à la Maison des Cultures du monde, à Paris.

Aux côtés de trois langues kanak de Nouvelle-Calédonie (le xârâcùù, le xârâgurè et le haméa, ces deux dernières, parlées par seulement quelques centaines de locuteurs, étant sérieusement en danger), d’une langue amérindienne de Guyane (le kali’na), de la langue bô des îles Andaman, dont la dernière locutrice est décédée début 2010, les 3èmes rencontres Sorosoro mettront à l’honneur les langues d’Inde : « Le pays, riche d’une diversité culturelle exceptionnelle, compte 22 langues officielles, 234 langues parlées par plus de 10 000 personnes, et des centaines d’autres de plus faible diffusion. Un recensement populaire est en cours qui déterminera le nombre exact de ces langues, un chiffre qui pourrait porter le nombre des langues d’Inde à plus de 1000 ! »

À noter : c’est Alexandre François, linguiste du CNRS, spécialiste des langues d’Océanie « passionné par la diversité linguistique, ardent défenseur des langues en dangers » qui a donné à l’association l’idée du nom Sorosoro qui est un mot d’origine araki, une autre langue en danger du Vanuatu qu’il a étudiée (seules huit personnes parlent encore la langue couramment ; la centaine d’habitants qui vivent en Araki n’ont aujourd’hui qu’une connaissance passive et parcellaire de la langue.)

À venir, le Forum des langues du monde, le 25/09/11 à Lyon, en présence de l’albanais, allemand, amariq, anglais, arabe littéraire, arabe palestinien, araméen, berbère de Kabylie, berbère touareg (tamasheq), breton, bulgare, catalan, chinois, croate, espagnol, esperanto, fon, français, franco-provençal, grec, hébreu, hongrois, italien, japonais, langue des signes, maltais, néerlandais, occitan, peul, polonais, portugais, roumain, romani, russe, slovène, tchèque, turc…

Écouter Émission « Tout un monde » du 6/09/11 sur France Culture consacrée aux langues de l’Outre-Mer.