Portail des bibliothèques de 14 pays francophones

Consultez sur son écran les journaux de 14 bibiliothèques francophones ? Ce sera sera  bientôt possible, selon le site de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).

Bibliothèque et Archives nationales du Québec a présenté au Congrès mondial des bibliothèques de l’information, réuni à Québec en août 2008, le prototype d’un portail du patrimoine des bibliothèques d’au moins 14 pays francophones. À travers ce portail, les bibliothèques du Québec, de France, de Belgique, de Suisse, du Luxembourg, d’Haïti, du Cambodge, de Madagascar, du Maroc, d’Égypte, du Sénégal, de Tunisie, du Mali et du Vietnam mettront en ligne différentes collections de journaux, de revues, de cartes et de livres.

La version finale du portail du Regroupement francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) sera mise à la disposition des usagers lors du XIIe Sommet de la Francophonie qui se tiendra dans la ville de Québec du 17 au 19 octobre 2008. Un prototype est déjà consultable sur le site du RFBNN. L’accent est mis sur les journaux. « 

 

Raharimanana :  » Ils me renomment et me recréent « 

(…) Ils me renomment et me recréent,
me baptisent me civilisent me délivrent m’instruisent me sauvent et me développent me démocratisent me modernisent m’arrachent à ma lie à ma boue à ma fange à mes guerres à ma sauvagerie à mon ignorance à mon obscurantisme à mes fanatismes à ma terre miséreuse et sous-développée ma terre sud ma terre lointaine ma terre émergente ma terre où se noie tout progrès ma terre de guerre de conflit de famine de corruption ma terre de dictature et de régime bananière ma terre aux catastrophes ethniques et autres joyeusetés négromaniaques (…)

remue.net publie un très beau texte de l’écrivain malgache Raharimanana, Danses, duquel est tiré cet extrait…

Mayas décodés

Vu sur Arte, l’excellent documentaire de David Lebrun, Le Code maya enfin déchiffré. Pour ceux qui n’auraient pu s’embarquer pour l’aventure, on ne saurait trop conseiller l’un des rendez-vous pour la rediffusion : le 17/09 à 9h55 ou le 20/09 à 14h. Et sur le site d’Arte pendant 7 jours. A voir par tous, dans les écoles, les lycées, les universités, à la maison, dans les cafés, dans les cloîtres monastiques, dans les avions partant pour le Yucatán (Je revis mon premier vol, destination Merida, arrivée sous des trombes d’eau, un dico dans la poche d’un jean). C’est à vous donner la vocation pour devenir épigraphiste des glyphes mayas, ces traits gravés dans la pierre, logogrammes syllabiques ou idéographiques. Quand les chercheurs ont découvert qu’un même son était représenté par plusieurs dessins, le déchiffrement est devenu un jeu d’enfant (enfin presque).

Les Mayas de l’âge classique avaient une écriture ; elle raconte leur histoire ; leur vision du monde était hautement abstraite, à base de métaphores savantes. Ainsi le mot  » implorer  » est symbolisé par le dessin d’une main saisissant un poisson dans une rivière, ce qui le fait passer d’un monde à un autre…

Le documentaire se termine par la découverte édifiante par les Mayas d’aujourd’hui de l’écriture et de l’histoire de leurs ancêtres. Et une promesse : dans plusieurs siècles on saura tout de la vision du monde des Mayas de l’époque pré-colombienne… Patience.

Deux sites pour aller plus loin : le blog du mayaniste David Stuart, qui à l’âge de 15 ans a découvert une ribambelle de significations, et la maison de production du documentaire de David Lebrun, Night Fire films. Et un livre en français, avec fiches pratiques et historiques, très appétissant :

Bloncourt :  » J’aime ses fantômes en lisière des pourritures-masures « 

Sur le blog de Gérald Bloncourt, photographe né à Bainet, en Haïti, le 4 Novembre 1926, d’une mère française et d’un père guadeloupéen, des photos insoutenables des victimes des récents cyclones, et ce très beau texte de 1987, exhumé de ses archives :

 » J’aime ce pays dans sa totalité ses habitants et sa merde j’aime ses fantômes en lisière des pourritures-masures j’aime ses mornes et l’odeur amer-sucrée des caniveaux ses regards surdoués de beauté je colle aux murs-fresques qui en disent plus long que tous nos discours à l’avenir-espoir je marche de tous ces pas pieds-nus dans la poussière de ses rues démembrées j’aime ce pays en moi de toujours ourlant mon âme hurlant ma vie dans le ventre de ce pays sur la peau de ce pays j’ai ton nom dans mes os et ta voix dans la mienne j’ai ma main ouverte au monde pour mon pays ma colère corde-à- noeuds pour grimper aux étoiles j’ai ma lutte à contre-courant des habitudes pour mon pays sans doute ai-je vécu trop près en demeurant si loin sans doute emporterais-je ma Sabine-mémoire pour être plus près de mon pays sans doute irais-je au loin dans l’ultime décade me battre pour mon pays emmenant avec moi ses yeux-diamants et ma force invincible d’aimer… «