Yanvalou et lecture

A l’occasion de la sortie de Yanvalou pour Charlie (Editions Actes Sud), rencontre avec Lyonel Trouillot, librairie Le Comptoir des mots , 239 rue des Pyrénées, Paris XXe, jeudi 24 septembre, 20h.

Lecture de Thérèse en mille morceaux, dont l’adapation est mise en scène au Théâtre de l’Est parisien, du 13 au 24 octobre. Lecture d’extraits de Yanvalou pour Charlie.

 
   
 

A signaler aussi dans la même librairie, une rencontre le 27 avec William Wilson.

Haïti chérie des lettres françaises ?

Tout d’abord lire Le Monde des livres qui publie ce jeudi après-midi un éloge des deux écrivains haïtiens de la rentrée littéraire, Dany Laferrière (L’énigme du retour, Grasset) et Lyonel Trouillot (Yanvalou pour Charlie, Actes Sud), tous deux sont sélectionnés pour le Prix Wepler/Fondation La Poste (décision 16 novembre), alors que Laferrière est aussi dans la première liste du Prix Medicis (décision le 4 novembre), et dans la sélection de la rentrée Télérama / France-Culture.

ensuite rendez-vous au musée du Montparnasse, qui accueille dans le cadre de l’exposition André Malraux, le dernier voyage en Haïti, une série de rencontres,  » Sur les traces des intellectuels et artistes haïtiens, de l’île à l’ailleurs « , dont la première est organisée avec l’ambassade d’Haïti en France et le collectif 2004 images, ce jeudi à 19h : « Regards croisés sur Saint-Soleil, les peintres paysans de Soisson-la-Montagne » autour de Carlo Célius, critique d’art et Jean-Marie Drot, réalisateur, commissaire de l’exposition autour des films : Tiga, rêve, possession, création, folie d’Arnold Antonin et Le dernier voyage d’André Malraux : Saint Soleil en Haïti, de Jean-Marie Drot.

Enfin, dans la nuit, lire Laferrière et Trouillot, sous les étoiles ou à la bougie, selon le temps.

Soldats-Marrons

Dans le cadre des scènes d’été créoles, la conteuse Mimi Barthélémy nous invite à un spectacle au Cabaret sauvage (Paris, La Villette), ce dimanche à 16h30 :

 » Soldats-Marrons est une évocation de l’histoire d’Haïti jusqu’à son indépendance. A travers les jeux, les yeux, les souvenirs d’école et de vacances de la petite fille qu’elle a été, Mimi Barthélémy conte, danse, chante et célèbre l’esprit rebelle qui anime les enfants d’Haïti ainsi que la victoire de leurs ancêtres sur les maîtres de l’époque.  » C’est gratuit.

Site de Mimi Barthélémy.

 » Atteint « , de Guy Régis

Inquiétant. Ça devient inquiétant.

Comment, pourquoi inquiétant ?

De n’avoir jusqu’à présent pas été atteint.

Atteint. Atteint de quoi ?

D’une balle.

De quoi ?

D’une balle.

Tu sais, un projectile qui court…

il court, il court et il rentre ; il court, il court, il court, il ravage ; il court, il court tout ravager ; il ravage tes muscles, tes os ; il court, il rentre et tout ravage en toi ; tu ne le sens pas qui court ; c’est le feu en toi ; cette chose brûle tout en toi, et toute cette chaleur qui monte subitement, tout ça, tout ça te bouleverse, tout ça, tu ne comprends pas ; tu ne penses même pas à comprendre, tu n’es pas habitué, tu parles, personne n’est habitué à cette chose-là, mais elle est là, là, rigide, tenace, téméraire ; elle arrête même de courir pour bien se loger dans un de tes muscles ; [etc.]

Tel est le début d’un long poème de Guy Régis, Atteint, que le site de Thomas Spear, Île en île , a mis en ligne ce 21 janvier,accompagné d’une notice biographique de ce jeune poète et comédien haïtien, inspirée de la présentation des Francophonies en Limousin.

Félicitations Guy ! Une notice dans Île en île, ça vaut bien des palmes académiques !

 

Ecritures du chaos, quelle chance !

Dominique Chancé est une universitaire dont on avait apprécié les analyses sur la littérature de la Caraïbe. Son Auteur en soufrance (PUF) avait fait mouche. Il est hélas épuisé. On la retrouve avec plaisir pour son dernier essai, Ecritures du chaos, présenté ainsi par son éditeur, Les Presses universitaires de Vincennes :

 » Face à la violence historique et à la dictature, trois auteurs de la Caraïbe, Franketienne (Haïti), Reinaldo Arenas (Cuba, Miami), Joël des Rosiers (Haïti, Québec), tentent d’inventer un symbole neuf. C’est du côté de l’Imaginaire que l’oeuvre déploie ses miroirs et ses leurres. Mais quand la langue est usée jusqu’à la trame des signifiances, jusqu’au trou du texte, c’est dans le Réel de l’écriture, chaos ou vide, que l’oeuvre essaie de faire renaître un son ou de sacrifier un reste : alors surgissent les plus belles surprises de ces écritures affolées et énigmatiques qu’une lecture au plus près des signifiants travaille à décrypter. « 

Frankétienne, l’an neuf

Pourquoi  » Amours, délices et orgues « , peuvent changer de genre en passant du singulier au pluriel ? Et les avatars qui s’ensuivent… raconte joliment Frankétienne. L’écrivain haïtien est à écouter dans l’émission de Radio Métropole Haïti, Métropolis, du 3 janvier 2009, un entretien du poète avec Nancy Roc, à l’occasion de la sortie de son livre… Amours, délices et orgues.

Bonne année Frank  !

Nouvelle Nouvelle Guinée

A chacun sa Guinée. Du temps de l’esclavage, c’était une monnaie ou une toile servant pour le troc. Aujourd’hui, la Guinée est la corne d’abondance des géographes comme des historiens.

1. En Afrique, au lendemain du coup d’Etat en Guinée,  » Les militaires putschistes ont assis leur pouvoir mercredi, en paradant victorieux dans les rues de la capitale, Conakry, après s’être choisi un chef en la personne du capitaine Moussa Dadis Camara, nous signale la  » Check-list  » du Monde.  » Vive le nouveau chef « ,  » vive la nouvelle Guinée « , criaient notamment des milliers de Guinéens. Nombreux étaient ceux qui exprimaient leur  » joie «  qu’ » un grand changement «  soit arrivé, deux jours après l’annonce officielle du décès du général Conté, au pouvoir depuis 24 ans. « 

2. Aux antipodes de cette  » nouvelle Guinée « , l’ancienne Nouvelle-Guinée, dite PNG ou Papouasie-Nouvelle-Guinée, ne vit pas qu’un conte de Noël. Courrier international du 5 décembre donne écho à l’article de The National, signé Maivo Lafanama :  » Dans une région rurale de la province des Eastern Highlands, hauts plateaux du centre de l’île de Nouvelle-Guinée, les femmes, écœurées par les guerres tribales, ont décidé de tuer tous les petits garçons à la naissance afin de réduire le nombre d’hommes et de contraindre ces derniers à cesser les hostilités. Depuis plus de vingt ans, les affrontements tribaux sèment la mort et la destruction à Gimi, dans la région d’Okapa.  »

3. Dans le vaudou haïtien,  » est restaurée sur la base de la présence de la Guinée, l’Afrique mythique d’où viennent et retournent les esprits « . Ainsi nous l’apprend Laënnec Hurbon :  » les vaudouisants ont conçu un circuit des esprits. Ceux-ci, le plus souvent, viennent de la Guinée, puis descendent vers les eaux souterraines qui constituent un monde grouillant de toutes les activités humaines, mais bâti à l’inverse de la société humaine.  »

L’histoire ne nous dit pas encore ce que deviendront l’âme des enfants tués-nés de Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans quel vaudou mythique ils se réincarneront, dans quel loa, dans quelle Afrique nouvelle ils renaitront.

Millepages, Couleur de l’aube

Yanick Lahens est récompensée du prix Millepages littérature française 2008 pour son tout dernier roman, paru en novembre, La couleur de l’aube, éditée par Sabine Wespieser.

Mot de l’éditeur :
« Angélique Méracin se lève tous les matins la première, dans la petite maison des faubourgs de Port-au-Prince où elle habite avec sa mère, sa sœur Joyeuse, son fils et son jeune frère Fignolé. Or dans l’aube grise de février, l’inquiétude l’étreint : Fignolé n’est pas rentré. Dans le lointain de la nuit, des rafales de mitraillettes n’ont cessé de retentir…
[…]

Yanick Lahens, en écrivant avec une remarquable économie de moyens le destin d’une famille hélas ordinaire, construit l’allégorie d’un pays – Haïti sous Aristide, qu’elle ne nomme jamais – où la monstruosité est la loi. Mais son livre est poignant parce qu’à chaque page sourd la révolte et éclate la volonté de vivre. »